Édition du
25 September 2016

L’Algérie de mal en pis

 

Algerie pays stableChaque jour, nos oreilles entendent des nouvelles qui affligent et nos yeux sont forcés d’admirer sans que nos tripes blessées puissent réagir cet obscène spectacle de «faillite nationale». Chaque jour,  nos pieds s’enfoncent dans la fange de la crise. Comme si nos «bouliticards» nous préparent à une inéluctable potence.

Bref, le soleil de l’Algérie s’incline, s’abaisse, se rabaisse…Il meurt en silence. En apnée et «gravement malade», le pays s’égare dans les brumes et les incertitudes. Plus rien ne nous console comme avant. Presque rien ne nous sourit ni ne nous renvoie du terrain l’éclatante beauté de notre emblème à trois couleurs : le printemps, la stabilité et le courage! Que dire? Que faire? Que protester? A qui s’en plaindre et crier son désarroi afin d’effacer, ne serait-ce que dans les fumées du rêve, cette malédiction du «retard» qui nous atteint dans le cortex? Au point mort, le moteur de la nation se grippe. Le moral à plat, le cœur à sec, le bras mou et la conscience somatisée aussi bien par les incohérences du fameux «Système» que les féeries de l’éden européen, le jeune algérien ne possède qu’un imaginaire statique et fataliste. Un profil «normalisé» ayant été dessiné par tous ceux qui se targuent aujourd’hui d’être ses tuteurs à vie. Ces têtes «pansantes» qui ne pensent qu’à leurs bedaines et pas à ce dont il (le jeune) a besoin, affinant pour le distraire et dans les moindres détails une «Commedia dell’arte» ou plutôt ce que j’appelle «Karaoké Khortilique», c’est-à-dire, un succédané pathogène de fausses promesses, d’affaires douteuses, de mensonges et de veulerie sur fond de luttes claniques et de zerda «boulitique». Khalifa ou Condor Brc, Sonatrach ou Panama Papers, Khelil ou Bouchouareb, qu’importe le crime ou le méfait pourvu que l’Algérie soit dépouillée,  mise à sac, vandalisée, pillée et trompée en permanence.

Le comble c’est qu’au travers de ce périple catastrophique  dans «le monde du baratin», volontairement destiné à rendre les algériens dociles et soumis, ces acteurs homériques d’un autre âge renouvellent sans cesse les bourdes sous des déguisements encore plus dévoilés! Mais foin des caricatures, personne ne peut être dans le cerveau des masses de l’Algérie profonde sauf elles mêmes! Elles seulement se connaissent de intérieur. Voilà le péril qui guette nos responsables. Lesquels, par naïveté ou par calcul malsain, croient encore que «tout est permis» dans le royaume de l’anarchie. Or l’onde de choc ne prévient jamais quand elle arrive nous apprend «la mère Histoire».

Habitués à la culture du mystère qu’ils ont fini eux-mêmes par adopter comme réflexe de survie, les algériens pourtant prisonniers des machinations des uns et des autres, c’est-à-dire, des clans au pouvoir et de certains opposants plus râleurs qu’actifs, ont la gâchette facile. A ce titre, toutes les contestations qui s’agrègent ces jours-ci ne peuvent-elles pas former un mélange détonant? La rue bout de colère, les contractuels de l’Éducation Nationale déchargent leurs laves volcaniques sur nos routes, les chômeurs diplômés devenus, faute de mieux, des manœuvres de chantier ou des cambistes bruissant des billets de la devise à l’air libre à la place Port-Said et ailleurs ont la rage au coeur, les médias pâtissant des réductions d’effectifs et touchés par les ponctions de l’austérité agonisent, les détracteurs de «l’impunité officialisée» étouffent une colère manifeste, etc. Tout ça peut nous nuire! Où va l’Algérie à ce rythme? Où vont nos autocrates qui, eux, ne larmoient ni ne se lamentent que ce «grand dérapage de la nation» soit fatidique?

Aujourd’hui, les Algériens dans leur majorité ne comprennent rien à ce cirque. Ils attendent des réponses à leurs questionnements et leurs préocuppations légitimes. Ils veulent s’assurer que leur Etat existe et que celui-ci leur donne des garanties sur la transparence et la crédibilité de ses institutions actuellement éclaboussées par des scandales dont les échos dépassent les frontières du territoire national.

 

Kamal Guerroua

 


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2 Commentaires sur cet article

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  • urons
    9 avril 2016 at 19 h 11 min - Reply

    Bonsoir,

    T’inquiètes pas Kamal. Tout se passera bien tu verras. L’Algérie s’en sortira tu verras. Le baril de pétrole va remonter pour atteindre des cimes inespérées, la pluie tombera sans arrêts durant le temps qu’il faudra sur toutes nos terres, nos ingénieux dirigeants auront le génie nécessaire pour multiplier nos richesses par X et puis nous aurons un pays prospère et nos enfants jouiront de tout son naturel et de toute sa nature…pincez moi que je me réveille. Bonne soirée à tous.

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  • AMAR
    9 avril 2016 at 21 h 45 min - Reply

    ON S ACCROCHE DESESPEREMENT A CE MAUDIT BARIL QUI, A DEFAUT DE PRODUIRE DES RICHESSES, NOUS PROJETTE A LA FIGURE ET AVEC ARROGANCE DES CHAKIBSOUS..DES BOUCHOUAREB..DES BEDJAOUIS….EST CE VRAIMENT CE QU ON MERITE??? N Y A T IL PAS UNE POSSIBILITE DE SEMER UNE AMBITION AUX ALGERIENS ? UN BIEN TRISTE SORT QUE LE NOTRE………comment faire pour animer la societe algerienne la mobiliser et la structurer vers et par le savoir………..NOTRE MORAL EST SI BAS IL ATTEIND LE FONDS..ET CA CREUSE ENCORE………….L ACTUALITE NOUS ASSOMME CHAQUE JOURS AVEC TOUT CE QUI EXPRIME LA NEGATION DE L ORDRE SOCIAL………..

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