Édition du
29 September 2016

L’égalité de la femme et de l’homme dans le Coran

Tahar GaidEtude

L’égalité de la femme et de l’homme dans le Coran

Par Tahar Gaïd

Signification du terme « Adam » et origine de la création : Contrairement à la Bible, le Coran n’expose pas la création du premier homme selon un ordre chronologique. Pour se forger une idée à ce sujet, il convient de se rapporter à l’examen de la trentaine de passages qui narrent le processus de l’arrivée d’Adam et d’Eve au monde. Il convient d’observer l’emploi des termes à cet effet. Il n’est question ni de rajul (homme), ni am-ra.a (femme) mais d’expressions génériques, à savoir : al-insân, bachar et an-nâs. Il ne s’agit donc ni d’un masculin, ni d’un féminin. Les trois termes impliquent l’idée d’humanité. La lecture des versets concernant cette création nous apprend qu’elle s’est faite tantôt au seul prononcé de l’impératif « soit ! », tantôt à la suite de la formation de l’embryon, tantôt conséquente à une évolution progressive.

Quoi qu’il en soit, il est important de noter qu’il n’est jamais question d’un mâle ou d’une femelle mais d’un phénomène plus général, celui de la race humaine. Certes, c’est le terme Adam qui revient souvent, tandis que l’appellation Eve n’est à aucun moment mentionné.

Nous avons tendance à voir l’homme chaque fois que nous parlons d’Adam. En analysant la signification étymologique du terme, nous constatons qu’il ne s’agit pas à proprement parler de l’homme au masculin. En effet, la racine adama indique la partie supérieure de la terre. Il veut dire aussi « sortir de la terre ». Il s’ensuit que le mot « humain » conviendrait mieux pour expliquer son équivalent adam. C’est dire que c’est un terme générique qui indique l’humanité. Ainsi, Dieu créé non pas spécifiquement un être masculin mais plutôt un humain. C’est ce qui ressort du terme coranique.

Le Coran emploie 25 fois le mot Adam dont deux fois pour désigner un individu et 21 fois pour l’appliquer à l’espèce humaine. Si dans la sourate al-Baqara (la Vache), il est signalé que le Très-Haut a élevé Adam au rang de khalifat sur terre, c’est pour informer les anges, non pas de la création de cet être mais pour signaler la fonction qu’il doit assumer en ce monde. Par contre, à aucun  moment, le Livre saint ne mentionne que celle nouvelle créature est le premier mâle ou qu’il est prophète. Que dit le Coran dans le premier verset de la quatrième sourate « an-Nisâ= les Femmes » :

« Ô hommes (yâ ayyuhâ an-nâs =mâles et femelles !) ! Craignez votre Seigneur qui a vous a créés (khalaqa-kum = tous, mâles et femelles)) d’un seul être (min nafsin wâhida) et qui ayant tiré de celle-ci (min-hâ) (c’et-à-dire de min an-nafs ; il ne dit pas d’Adam) son épouse (zawja-hâ = c’est un possessif féminin car il s’agit toujours de nafs), fit naître de ce couple tant d’êtres humains, hommes et femmes ! ….. » Et aussi « Ô hommes ! Gardez-vous de votre Seigneur qui vous a créés (khalaqa-kum) d’un seul être ou d’une seule âme (min nafsin wâhida = de cet être ou de cette âme) son épouse (zawja-hâ) et qui a fait naître de leur union un grand nombre d’hommes et de femmes. »

Les versets spécifient que Dieu nous a créés min nafsin wâhida. Les traducteurs rendent le mot nafs par «être ». Penot précise même, dans sa traduction du Coran, que littéralement, il veut dire « âme ». Le verset poursuit en ajoutant qu’à partir de cet être, ce nafs, Dieu créa son épouse ou sa compagne ; telle est la traduction donnée à zawja-hâ. Or, le final de ce dernier terme correspond à la troisième personne du féminin, à savoir « elle ». Il s’ensuit que la traduction aurait dû être celle-ci : « créée à partir d’elle (de son âme ou de son être) son épouse » Kalaqa min-hâ renvoie à nafs et il se trouve que ce mot est, en arabe, féminin et non masculin. Donc, comment se fait-il que la quasi-totalité des traducteurs traduisent min-hâ zawja-hâ par « sa compagne ou son  épouse » ? Est-ce que les traducteurs ont pris la grave liberté de corriger la grammaire établie par leur Créateur ?

De la création du premier couple ou de l’égalité de l’homme et de la femme : Dans les discussions courantes sur divers sujets, nous remarquons que les gens se réfèrent à tel ou tel commentateur du Coran ou à tel ou tel avis d’un ‘âlam pour justifier ou confirmer leurs propos. C’est dire que leur argumentation ne s’appuie pas sur le Livre de Dieu ou sur la Sunnah de Son Envoyé. Ils ne prennent pas tout à fait conscience que les interprétations du texte scriptural émises par ces hommes sont le produit d’un cerveau humain, donc sujettes sinon à l’erreur du moins elles soulèvent des opinions personnelles qui peuvent être opposées ou contradictoires quand elles ne sont pas nécessairement conformes aux deux sources principales de la législation islamique. Aussi, en cas de divergences, est-il plus sage, pour une meilleure compréhension, de revenir à la Parole de Dieu et de réfléchir de nouveau à la question, en plaçant les versets dans leur contexte. C’est le problème qui se pose, entre autre, au sujet de la femme. C’est pourquoi, nous allons repartir à zéro et relire de nouveau les versets coraniques pour réévaluer notre jugement.

Pour le commun des mortels et même au niveau de certains érudits musulmans, la femme, au début de sa création, a été conçue à partir d’une côte d’Adam, qu’elle a été la responsable et la cause première de sa chute et de celle de son époux du Paradis, et enfin qu’elle a été créée, non  pas pour elle-même, mais pour les besoins de l’homme. A partir de ces trois croyances erronées, il est supposé que la femme est inférieure à l’homme. Ces trois éléments sont alors à l’origine de maintes fausses interprétations qui marquent l’inégalité indubitable des deux sexes.

La création d’Eve selon la Bible : Au sujet de la création d’Eve à partir d’une côte d’Adam, le Coran n’a jamais révélé cette grossière sottise. Cette fausse conception de la femme ne se vérifie dans aucun de la trentaine de pages qui traite de la création de l’homme et de la femme. Il ne peut pas en être autrement car ce serait contraire aux enseignements véhiculés par le Message divin, lequel établit, dans plusieurs versets coraniques, l’égalité de l’homme et de la femme, partant de l’idée que seule le degré de piété différencie les créatures humaines l‘une de l’autre. En vérité, cette fausse création de la femme à partir d’une côte d’Adam émane de la lecture d’un des deux récits de la Bible, dans le livre de la « Genèse ». Le premier (versets 26-27) établit l’égalité entre les deux sexes. Nous lisons ceci : « Et Dieu créa Adam, homme et femme. Et ils furent tous deux créés à l’image de Dieu et régnant sur la mer et sur la terre ». Il est clair que Dieu créa le couple de la même manière et leur accorda la même responsabilité. Il se trouve que ce premier passage de la Bible, écrit pourtant cinq ans avant le second, n’est pas pris en considération.

C’est effectivement le deuxième récit de cette même Bible (chapitre 2, versets 21-25) qui fait, en quelque sorte, force de loi. Que dit-il ? : « Le Seigneur Dieu fit tomber dans une torpeur l’homme qui s’endormit ; il prit l’une de ses côtes et referma les chairs à sa place. Le Seigneur Dieu transforma la côte qu’il avait prise à l’l’homme en une femme qu’il lui amena. L’homme s’écria : Voici cette fois l’os de mes os et la chair de ma chair ».Est-ce à ce passage biblique que les commentateurs musulmans se réfèrent-ils pour justifier leur thèse ? Il n’est pas étonnant que ce soit le cas, bien qu’il existe de surprenants hadîths, pour ne pas dire de fausses traditions, qui le confirment.

Les hadîths et la création d’Eve : Nous allons nous appesantir, quelque peu, sur cet aspect de la question pour conclure sur une idée contraire.

En effet, le récit de la côte d’Adam provient de trois hadîths rapportés par Bukhârî et trois autres par Muslim. Le fond des six textes est presque le même. Il se différence par leur forme et par quelques ajouts sans nécessairement être liés au sujet de la côte d’Adam et de ses implications. Aussi limitons-nous à citer seulement le premier nommé.

Les trois hadîths relevés dans le çahîh de Bukhârî sont :

1 – «Traitez les femmes avec gentillesse car la femme a été créée à partir d’une côte, et la partie la plus courte de la côte constitue sa partie supérieure. Si vous essayez de redresser la côte, vous la briserez. Mais si vous la laissez telle qu’elle, elle demeure courbée. Traitez biles femmes. »

2 – « La femme est comme une côte. Si vous tentez de la redresser, elle se brisera. Si vous voulez en profiter, faites-le tant qu’elle conserve sa courbure. »

3 – ‘Quiconque croit en Dieu et au Jugement Dernier ne doit pas nuire à son voisin. Et je vous conseille de prendre soin des femmes car elles ont été créées à partir d’une côte d’Adam et la partie la plus courbée d’une côte est sa partie supérieure. Si vous essayez de la redresser, elle se brisera, et si vous la laissez ainsi, elle demeurera courbée. Alors je vous prie de prendre soin des femmes. »    

Il reste à examiner la force ou la faiblesse de l’isnad, autrement dit la chaîne des garants qui authentifient la validité du hadîth. De tous les rapporteurs, le nom le plus important et le plus connu est Abû Hurayra, un des compagnons du Prophète (s).

En général, le musulman ne met pas en doute les paroles du Prophète (s) rapportées par les livres de Bukhârî et de Muslim car ils sont considérés comme authentiques ou correctes. Toutefois, il nous est permis de faire quelques réserves quand ils ne sont pas compatibles avec le Coran. Il s’agit, dans ce cas, de la création des êtres humains. Ces réserves portent d’abord sur le contenu des hadîths et ensuite sur leurs rapporteurs.

Certes, il n’y a rien dans le Livre révélé qui puisse confirmer ces prétendues paroles du Prophète (s). Il n’y a rien non plus, littéralement parlant, qui puisse les infirmer. Cependant, il est certain que les textes prophétiques cités au sujet de la côte d’Adam ne s’harmonisent pas du tout avec l’esprit de la révélation, ne serait-ce qu’en raison de leur contenu contradictoire avec la pensée coranique.

D’un point de vue divin : Dieu ne peut pas créer un être pour ensuite l’avilir ou le déprécier, d’une part, et Il ne peut pas se contredire, d’autre part : Il a créé l’Homme de la meilleure des façons, dit le Coran, alors que le hadîth fait de la femme, création  de Dieu, une personne « tordue » et « handicapée » au sens figuré, bien sûr.

D’un point de vue humain : La femme, comparée à une côte fragile pourrait se comprendre si la hadîth impliquait la nécessité de se comporter avec elle avec délicatesse. Mais si le texte est pris dans sa signification apparente, il laisse penser plutôt que la femme est un être défavorisé, voire frustré. Et puisqu’elle présente des difformités au même titre qu’une côte, ce n’est plus de la gentillesse que nous devons faire preuve envers elle mais de l’apitoiement et de la pitié, mais ce n’est pas ce que veut le Livre de Dieu qui a investi l’humain, l’homme et la femme, d’une grande noblesse et les a investis d’une grande responsabilité qu’est le khalifat, soit la lieutenance sur la terre.

Dans l’encyclopédie de l’islam, J. Robson, nous informe que « Il faut défendre ses traditions contre les soupçons, mais il est impossible de dire si cela est authentique ou si ce fut purement et simplement inventé pour vaincre les soupçons des personnes vivant à une époque plus récente. Les traditions qu’on lui attribue (il s’git d’Abû Hurayra) contiennent beaucoup de points qui ne peuvent être authentiques ; mais Sprenger est à peine dans le vrai lorsqu’il le traite de pieux farceur de la plus belle espèce. Les traditions qu’on fait remonter jusqu’à lui ne sont pas nécessairement de lui. Il peut être un peu plus qu’une autorité commode à qui on a attribué les inventions d’une période plus récente. Abû Hurayra a probablement  rapporté beaucoup d’histoires sur Mohammed, mais celles qui sont authentiques sont bien peu de choses à côté du nombre énorme de traditions qui lui sont attribuées. »      

Il est probable que les faits rapportés par un orientaliste ne seront pas admis par les musulmans soucieux de privilégier leur patrimoine et de ne faire confiance qu’à d’autres musulmans versés dans les sciences islamiques. Il y a aussi le point de vue du mu’tazilite Nizâm qui a vécu au huitième siècle : « Je rejette, dit-il, la canon des hadîths à cause d’Abû Hurayra ». Sa position peut-être également rejetée, du moins par une tendance de la pensée islamique parce que le mu’tazilisme est suspect par certains aspects de sa philosophie, d’autant plus que c’est l’ensemble de la tradition islamique transmise par ce Compagnon du Prophète (s) qui est prise à partie par Nizâm. Pourtant, il était controversé par ses contemporains et en premier lieu ‘Umar Ibn al-Khattâb qui, un jour, le reprit vertement en l’accusant de citer trop de hadîths n’importe comment. Il y a aussi l’opinion émise par Iqbal, un des plus grands philosophes musulmans contemporains, dans une de ses conférences dans laquelle il atteste qu’Abû Hurayra est un personnage controversé. Par contre, ce que pense Abû Hanifa, fondateur d’une des quatre écoles juridiques du sunnisme, pourrait avoir plus de valeur. Il a, en effet, déclaré qu’il n’acceptera jamais le témoignage de trois personnes dont Abû Hurayra.

Il y a donc tout un faisceau d’opinions qui nous laissent comprendre que nous ne devons pas prendre au mot toute la tradition héritée d’Abû Hurayra ou attribuée à lui pour être, croit-on, facilement admise, quitte à mettre sur le circuit des garants des personnes de renommée peu reluisante comme celle d’un certain Maythara dont la gloutonnerie racontée par Ibn Jihân, un des érudits les plus réputés de la science des hadîths et par al-Ismaï, grand érudit de la langue arabe dont voici l’histoire qu’il rapporte au sujet de ce personnage présenté comme un des garants de la chaîne de transmission :

« Une femme avait fait le serment que si Dieu lui accordait un certain souhait, elle nourrirait Maythara jusqu’à satiété. Son souhait fut exaucé, et elle prépara un repas à ce Maythara. Bien  qu’elle lui ait demandé, car elle était pauvre, de faire preuve de modération, il mangea une quantité de nourriture suffisante pour 70 personnes. »

Voilà un homme, non seulement glouton, mais indifférent à la pauvreté d’une femme. Bien que la gloutonnerie ne puisse pas être comparée à un  mensonge, il n’en reste pas moins qu’il est difficile d’accepter le témoignage d’une personne avec un tel caractère surtout d’un point de vue religieux. Aussi les hadîts qu’il a rapportés, dont celui relatif de la création de la femme à partir de la côte d’Adam, ne peuvent être que sujets à caution. Il s’ensuit que l’idée de l’infériorité de la femme par rapport à l’homme date des écrits de Saint Paul. Elle a été reprise, à travers l’histoire, par Saint Augustin et, plus tard, entre autres, par des théologiens protestants dont Martin Luther.

Quant aux premiers exégètes musulmans, ils n’ont rien trouvé de mieux que de reprendre à leur compte cette conception de la création de la première femme, pour en faire un être secondaire dans tous les domaines. Mawdoudi est probablement le seul ancien auteur à essayer de donner une explication à cette incartade : « Au début, dit-il, un être humain a été créé, et de lui, la race humaine s’est répandue sur terre…Nous apprenons dans une autre partie du Coran qu’Adam était cette âme unique. Cependant, Mawdoudi ne spécifie pas de quelle autre partie du Livre s’agit-il et ne donne non plus aucune référence. Il poursuit son explication : « Il était le premier homme à partir duquel toute l’humanité est apparue et s’est répandue sur terre. Nous n’avons pas de connaissance détaillée sur la manière dont sa compagne fut créée à partir de lui. Les commentateurs disent en général qu’Eve a été créée à partir d’une côte d’Adam, et la Bible contient la même histoire. Le Talmud ajoute qu’elle fut créée à partir de la treizième côte d’Adam. Mais le Coran reste silencieux sur cette question, et la tradition du Saint Prophète, citée en support de ce point de vue, a une signification différente de ce qui a été compris. La meilleure façon est de la laisser aussi indéterminée qu’elle a été dans le Coran, et de ne pas perdre le temps dans l’exposé de ses détails. »   

Des relations conjugales

Etude du verset 34, sourate quatre : Nous donnons le verset à étudier dans deux traductions en français différentes l’une de l’autre pour que le lecteur se fasse une meilleure idée.

            2 – Traduction de Mohammed Chladi : « Les hommes ont la charge et la direction des femmes en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et en raison aussi des dépenses qu’ils effectuent pour assurer leur entretien ; (En revanche), les épouses vertueuses demeurent toujours fidèles à leurs maris pendant leur absence et préservent leur honneur, conformément à l’ordre que Dieu a prescrit. Pour celles qui se montrent insubordonnées, commencez par les exhortez, puis ignorez-les dans votre lit conjugal et, si c’est nécessaire, corrigez-les.  Mais dès qu’elles redeviennent raisonnables, ne leur cherchez plus querelle. Dieu est le Maître Souverain.»         

            1 – Traduction de Abd Allah Penot : « Les hommes ont autorité sur les femmes en vertu de la préférence que Dieu a accordée aux uns sur les autres et en vertu des dépenses qu’ils font (pour assurer leur subsistance). Les femmes pieuses sont celles qui ont de la retenue et savent préserver ce que leurs époux ignorent (lil-ghaybi) par un effet de la Sollicitude  divine. Quant à celles dont vous craignez les incartades, admonestez-les, faites lit à part et corrigez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus à leur nuire car Dieu est Grand et Elevé.»

1 – De la prétendue « autorité = al-qawwama de l’homme : Certains hommes, induits par une interprétation erronée du Coran, interprètent « qawwâm » par « être supérieur ». Ce qui revient à dire que l’homme est supérieur à la femme. C’est là une idée enracinée dans les esprits depuis des siècles. En réalité, il y a une hiérarchie dans toute cellule organique au sein de la société, allant de la plus petite, à savoir la famille, jusqu’à la plus grande, c’est-à-dire le plus haut sommet de l’Etat.

La mauvaise compréhension du texte coranique provient certainement de la mentalité arabe d’avant l’islam. Mais, l’influence, de caractère universel, qui a été exercée sur le raisonnement sexiste,  et qui a abouti au statut de la femme, a probablement un champ plus vaste, celui de l’environnement où interviennent les traditions juives, chrétiennes, voire même grecques et perses.

Revenons au verset étudié et cité ci-dessus. Il est adressé certainement aux hommes et aux femmes. An-nisâ du texte (les femmes) concerne la mère, la sœur ou la fille. Il n’est pas question spécialement des épouses. Il n’est pas également précisé à quel genre d’hommes le verset fait allusion. Il s’agirait des maris, selon la compréhension courante, Cependant, ar-rijâl ne signifie pas « maris ». Cela pourrait être les pères, les frères ou les fils. C’est dire qu’il n’a pas un sens limité aux seuls maris et aux seules épouses. Il ressort, au contraire, qu’il implique, sans aucune restriction, à tous les hommes et à toutes les femmes qui composent la communauté musulmane.

Si le Coran voulait s’adresser au couple, formé de l’époux et de l’épouse, il aurait employé la forme grammaticale du duel. C’est bien cette dernière forme, intéressant deux personnes, et non pas le pluriel que le Livre saint utilise généralement pour se référer à la fois au mari et à sa femme.

Le mot litigieux du verset est qawwâmûne. Celui-ci est traduit par plusieurs expressions. C’est ainsi que nous lisons, le plus souvent, son équivalent en français par « autorité », « protecteur », « responsable », « soutien » … Il y a lieu de signaler que le terme hakîm, présenté comme un synonyme de qawwâm, signifie « dirigeant ». C’est de ce terme que provient cet autre « hakmiyya » qui traduit en islam l’idée de souveraineté détenue par Dieu. Hakîm, qui équivaut ainsi à « seigneur ». Son sens a pris de l’extension pour s’appliquer au « seigneur du château » ou au « seigneur de la maison » (rabbu al-bayt). Nous remarquons ainsi que, dans la société patriarcale, cet attribut de Dieu, à savoir Seigneur, est devenu graduellement un attribut des chefs de famille masculin (rabbu al-bayt). C’est dans le même esprit que le terme « qawwâm » est employé dans la société musulmane.

Si nous faisons donc de l’homme un hakîm (un dirigeant), il en résulte, par voie de conséquence, que la femme est mahkûma (dirigée). Quand l’un est le maître, l’autre ne peut être que son esclave. N’est-ce pas logique ? Et c’est ainsi qu’à partir du verset étudié et, en tenant compte à la fois de la variation des termes et de leur aspect sémantique, d’aucuns ont conclu : les hommes sont hiérarchiquement supérieurs aux femmes.

Il en ressort que c’est le mot qawwamûne qui fait problème. Etudions-le : il dérive de la racine qama qui veut dire soutenir quelqu’un ou maintenir quelque chose. Dans un sens socio-économique, il signifie le soutien ou le support de la famille. C’est d’ailleurs cette dernière définition que les spécialistes de la langue arabe retiennent. En effet, c’est ainsi que Bukhârî, dans son çahîh, l’emploi dans son explication du verset concerné. Pourtant, les traducteurs, voire les commentateurs du Coran, ne prennent pas en considération cette juste explication. Il s’ensuit que le passage coranique en question devrait se lire indiscutablement ainsi : les hommes sont les soutiens de famille, par rapport aux femmes ou encore les hommes offrent aux femmes leurs moyens d’existence.

Ar-Rijâlu quwwamûne se traduit par conséquent comme suit : Les hommes, quant à leurs relations avec les femmes, sont les soutiens de la famille. Cela ne signifie pas que tous les hommes sont des soutiens de la famille puisque certains ne le sont évidemment pas. Autrement dit, il convient de comprendre que tous les hommes devraient être des soutiens de famille. C’est ainsi que, dans toute société musulmane, Dieu assigne aux hommes cette fonction en vertu de la préférence faddala que Dieu a accordé aux uns par rapport aux autres. De quelle préférence s’agit-il ?

Il est question sûrement de l’aspect physique du corps. Autrement dit, parce que Dieu a donné plus de force aux hommes qu’aux femmes. Le mot « force » est sous-entendu à travers ce passage comparatif : ba’du-hum ‘alâ ba’dine qui, mot à mot, a pour sens « quelque chose par rapport à quelque chose d’autre ».Il s’ensuit : « cela est préférable à cela par certains aspects et ceci l’est par rapport à cela par d’autres aspects. »   

D’un point de vue socio-économique, faddala exprime, dans ce contexte, la direction. En d’autres termes, les uns dirigent les autres car Dieu les a rendus afdal (supérieurs). Il en résulte que, littéralement, le verset veut dire : « Dieu a accordé plus aux uns qu’aux autres », sans préciser s’il s’agit des hommes ou des femmes. C’est pourquoi deux lectures peuvent être faites : « Certains hommes sont meilleurs que certaines femmes » ou « certains hommes sont meilleurs que certains autres hommes ? » Retenons cette dernière lecture.

Le Coran, dans ce verset, ne fait pas une comparaison entre les hommes et les femmes pour fixer la supériorité des premiers, mais  cette comparaison porte sur les hommes entre eux en fonction de leur capacité et de leur force d’assumer cette responsabilité relative au soutien de la famille. Cette dernière interprétation a été arrêtée par des érudits pour lesquels, en se basant sur son sens donné par Bukhârî à la suite de l’examen des faits, déduisent que sa traduction ne peut, en aucun cas, vouloir dire textuellement que « les hommes sont supérieurs aux femmes » mais plutôt « les hommes ont pour fonction le soutien des femmes et certains d’entre eux sont plus qualifiés que d’autres.»

2 – Des attributs de la femme et de son insubordination : Voyons la suite du verset : « Les femmes vertueuses sont sincèrement obéissantes en ce qu’elles gardent, en l’absence de leur mari, ce que Dieu voudrait qu’elles gardent. »

 Autre traduction : « Les épouses vertueuses demeurent toujours fidèles à leurs maris pendant leur absence et préservent leur honneur. »

 L’environnement patriarcal a influencé l’explication de ce verset. Les traductions ne font que suivre les premiers raisonnements. Dès le moment où une hiérarchie a été établie entre les hommes et les femmes, faisant des premiers des dirigeants et les secondes des dirigées, la suite du verset se comprend aussitôt dans cette optique, à savoir que l’homme tient la bourse et prend en charge financement et matériellement la femme. Quant à celle-ci, en échange, elle doit se montrer obéissante. C’est ainsi que la relation homme-femme a été établie et comprise dans les sociétés musulmanes depuis au moins un  millier d’années. Qu’en est-il en réalité ?

Trois qualificatifs définissent les femmes dans le verset : sâlihât (vertueuses), qânitât (fidèles à leurs maris) et hâfidât (préservent leur honneur).

Nous savons que des mots changent de sens à travers les siècles. C’est dire que le sens d’une expression aux temps du Prophète (s) n’a pas nécessairement tout à fait la même signification que son usage actuel. Il n’est pas étonnant que les Arabes du XXe siècle.ne comprennent pas aussi bien le Coran que leurs ancêtres du VIIe siècle, époque de la révélation.

Sâlih, masculin de sâliha est traduit par « bon, utile ». Si nous revenons au sens originel de sa racine, nous saurons qu’une de ses significations est « capacité », « potentialité », D’ailleurs, il porte toujours cette définition en langue ourdu (Pakistan) et farsi (Iran). La potentialité des femmes est celle de porter des enfants dans leur ventre. C’est une caractéristique propre à la femme. Elle est seule à posséder cette capacité alors qu’elle partage avec l’homme toutes les activités pour subvenir à sa subsistance, tes que travailler dans un champ, dans une usine ou dans une administration.

Le mot suivant est qânita, traduit par « obéissante ». Pourtant, il a de nombreux sens en langue arabe dont celui de qânit qui est une sorte de récipient dans lequel les Arabes du désert transportaient de l’eau d’un endroit à un autre. Il porte le nom de machâq en Asie du Sud.

Nous arrivons au troisième terme hâfizât qui vient du verbe hafaza et veut dire « protéger », « sauvegarder ». Ainsi, dans le passage du verset hâfizâtune li-l-ghaybi, ce dernier mot ne signifie pas « absence » mais « ce qui est caché », donc qui n’est pas prévisible à l’œil. Il s’ensuit que ce verset comprend deux parties qu’il convient de distinguer :

La première s’adresse aux hommes pour leur dire qu’ils sont assignés à être des soutiens de famille pour les femmes. Et Dieu a favorisé les uns par rapport aux autres. C’est dire que certains hommes sont plus aptes que d’autres pour assumer cette fonction.

La seconde explique pourquoi le rôle de soutient de la famille revient aux hommes : il revient aux femmes de porter leurs enfants dans leur matrice, étant les seuls à pouvoir cacher les embryons à la vue des humains. Le verset nous laisse entendre qu’il y a une division ou une distribution des tâches entre les hommes et les femmes ;

Le Coran s’adresse à la communauté islamique et dans le verset étudié il est question de la grossesse de la femme. Nous y reviendrons. Pour le moment, poursuivons l’analyse du texte.

« Pour celles qui se montrent insubordonnées wa-l-latî takhâfûna nuchûza-hunna, », celles dont vous craignez la déloyauté et la désobéissance, donc la rébellion, terme qui traduit nuchûz. Qu’entendons-nous par « rébellion » ? Est-ce comme le pensent certains, le fait de refuser, par exemple, de saler votre salade ? Ces gens simplifient l’interprétation à l’extrême.  Est-ce que tout ce qui n’est pas du goût  de l’homme doit être considéré comme nuchûz (rébellion ou tout simplement désobéissance) ? Ceux qui pensent de la sorte se mettent inconsciemment à la place de Dieu parce qu’il est bien question ici,  certes, de rébellion mais contre Dieu et non point contre l’homme parce qu’il se permet d’exiger de sa femme qu’elle satisfasse tous ses désirs.

Nous avons vu que Dieu a partagé les tâches, non pas dans le cadre général qui régit les relations entre les hommes et les femmes, mais seulement dans le contexte particulier mentionné dan le verset. Dans le cas qui nous intéresse, il appartient aux hommes, dans leur ensemble, d’être des soutiens des femmes et celles-ci de porter leurs enfants dans leur matrice. Il arrive que des femmes puissent se rebeller et refuser donc cette fonction qui est la leur, à savoir porter des enfants en elle-même. C’est probablement impardonnable au VIIe siècle, à l’époque de la révélation. C’est pourtant tout à fait acceptable au XXIe siècle. Il n’est pas rare d’être témoins de femmes, en dehors des raisons de santé, qui ne veulent pas et ne veulent pas d’enfant.

3 – Le fait de « frapper » sa femme : Examinons ce passage du verset considéré : Ahjuru-hunna fî-l-madâji’i : la traduction donne ceci : « ignorez-les dans votre lit conjugal » ou « refuser de partager leur couche ». Elle tient compte de l’idée que se sont faits les premiers commentateurs du Coran. Il est ordonné au mari de ne pas partager sa couche avec sa femme désobéissante. Telle serait la traduction si le verset s’adressait effectivement à l’époux. Il n’est pas nécessairement question du conjoint. L’ordre est général et signifie plutôt : « Laissez-les seules dans leur lit ». Il s’agit donc de les isoler  afin de les amener à réfléchir à leur situation et, peut-être, revenir à de meilleurs sentiments. Donc, une femme désobéissante devrait être astreinte à l’isolement.

Poursuivons l’explication du verset : adribû-hunna : il est à se demander pourquoi le verbe daraba a été traduit par « frapper », « battre », « corriger », alors que si nous prenions le dictionnaire Tâj al-‘arûs, nous constatons que deux pages sont consacrées à ce terme, soit à peu près des centaines de sens. Si ce n’est pas « frapper » ou « battre » ou « corriger » le vrai sens que le texte coranique veut lui donner, quelle  est donc la signification appropriée ?

Selon Tâj al-‘arûs, « daraba » veut dire, dans un contexte juridique, « confiner », « restreindre ». C’est cette explication qui est retenue dans un autre passage du Coran au sujet des femmes coupables d’immoralité (fahâcha), sans clarifier de quelle immoralité il s’agit. Il convient donc de confiner ces femmes. Précisons que cette sanction concerne celles qui ne sont pas chastes.

Voyons les arguments en faveur de cette interprétation. Chaque religion a son objectif propre. Ainsi si, par exemple, le christianisme a pour objet  la Rédemption par rapport à ce qu’il appelle le péché originel, le but de l’islam est de créer un ordre social juste.  C’est ce qui ressort de la lecture du Coran de la première à la dernière sourate.

Le verset étudié expose donc un principe fondamental de la procréation, à savoir la maternité. C’est le caractère central de la fonction de la femme.

En définitif, l’interprétation plausible du verset litigieux pourrait être celle-ci : « Une femme, qui se rebelle, doit d’abord être exhortée, puis la laisser seule pendant une période indéterminée. C’est un confinement illimité. Si elle revient sur sa position, Dieu est alors Miséricordieux.  

 


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4 Commentaires sur cet article

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  • Diabel Thiam
    17 avril 2016 at 23 h 51 min - Reply

    Il est bien vrai qu’il existe un très grand nombre de hadiths non véridiques qui ont été déformés , mal interprétés , voire inventés de toute pièce par de soi disant ulémas à la solde de certains princes pour justifier les cupidités de ces derniers .Celà dit l’islam n’a jamais sous estimé la femme.Tout le contraire ! Dans le Coran les mêmes recommandations sont faites à l’homme et à la femme ,l’homme et la femme ont les mêmes responsabilités et attente devant ALLAH .L’idée de la femme- objet vient des anciennes coutumes arabes d’avant l’islam . Le problème est que la culture arabe est est trop souvent confondue avec l’islam, une réligion de paix et de tolérance .Si l’islam est né en Arabie ,ce n’est pas une réligion exclusivement réservée aux arabes; la majorité des musulmans n’est pas arabe et tous les arabes ne sont point musulmans. Je voudrais aussi rappeler à monsieur Gaid que le Coran est un texte révélé , sacrè et mystique qui ne peut été expliqué comme une banale explication de texte venant d’un quelconque auteur. C’est trop facile.Salut!

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  • DZiri45
    18 avril 2016 at 11 h 27 min - Reply

    Sallamu Allaykum
    Il faut le repeter, la traduction du Qoran ne peut etre traité pas des non musulmans !
    J’ose affirmer que toute traduction émanant d’un non musulman est nulle !
    Il importe aussi de se de referer à des references credibles auprès des Muslims.
    Pour « essayer » de traduire le Qoran,il faut avoir la langue maternelle des deux, et encore, C insuffisant ! Le registre de la Langue Arabe est « Moubine » !
    La langue du Qoran est d’un registre Illahi. Elle comprend des sens multiple dans sa description d’un sujet ! Tantot elle englobe plusieurs aspect (non contradictoires) de ce dernier, tantot elle le confine.

    • « 1 – De la prétendue « autorité = al-qawwama de l’homme » ?

    • « Le mot litigieux du verset est qawwâmûne. Celui-ci est traduit par plusieurs expressions. C’est ainsi que nous lisons, le plus souvent, son équivalent en français par « autorité », « protecteur », « responsable », « soutien » … ».

    Cet équivalent français est faux ! Autorité veut dire hierarchie, obeissance..
    Ce qui n’est pas le K dans la langue arabe.
    El qawama ne signifie pas autorité !
    Elqawama veut dire prise en charge, gerer, chargé de …Responsable de ..subvenir … !
    Elqaîmûn : ceux qui exercent, activent, action.

    Qoran 4/135 : يَـٰٓأَيُّہَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ كُونُواْ قَوَّٲمِينَ بِٱلۡقِسۡطِ شُہَدَآءَ لِلَّهِ
    ≈ « Ô les croyants! Observez la justice et soyez des témoins équitables…. ».

    Qoran 5/8 : يَـٰٓأَيُّہَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ كُونُواْ قَوَّٲمِينَ لِلَّهِ شُہَدَآءَ بِٱلۡقِسۡطِ‌ۖ
    ≈ « Ô les croyants! Exercez vos devoirs envers Allah et soyez des témoins équitables. …»

    Qoran :sura 4/1 ≈ « Ô hommes (yâ ayyuhâ an-nâs = les humains !) ! Craignez votre Seigneur qui a vous a créés, mâles et femelles, d’un seul être (min nafsin wâhida); et en a tiré de celle-ci son «tandem »». … يَـٰٓأَيُّہَا ٱلنَّاسُ ٱتَّقُواْ رَبَّكُمُ ٱلَّذِى خَلَقَكُم مِّن نَّفۡسٍ۬ وَٲحِدَةٍ۬ وَخَلَقَ مِنۡہَا زَوۡجَهَا وَ
    Il ne s’agit pas ici d’épouse ; (zawja-hâ = C un couple, un, une paire,), car il s’agit toujours de la MÊME nafs. Il est aussi question de la mère, la fille et la soeur.C un Tandem, Ensemble composé de deux êtres Complémentaires.

    Ex: Sura 49/13
    ≈ « Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, afin de vous reconnaitre. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur. ».
    Ce n’est pas un exclusivité masculine !

    • « Il y a lieu de signaler que le terme hakîm, présenté comme un synonyme de qawwâm, signifie « dirigeant ».
    • C’est de ce terme que provient cet autre « hakmiyya » qui traduit en islam l’idée de souveraineté détenue par Dieu. Hakîm, qui équivaut ainsi à « seigneur ».»
    • « Si nous faisons donc de l’homme un hakîm (un dirigeant). ».

    Il y a lieu de difencier entre Elhokm et Elhikma, Hakim: le 1er designe la Loi, le pouvoir, le second concerne la connaissance, le savoir, sagesse.
    Hakim renvoi à la connaissance et à la sagesse et non pas à la seigneurie…
    Le terme de seigneur renvoi à Rab ! Celui qui gere, dirige, eduque, subvient…
    Pour gerer, il faut de la Hikma, de la sagesse du savoir. Qui est plus savant qu’ALLAH !
    Dans nos invocations à Allah, on dit : Rabbi eghfirli wa li walideyya…
    On ne dit pas pas : Allah Eghferli….
    Aucune invocation ne s’adresse directement à Allah !
    Mais on peut dire Allahu ma Rabbana eghfir lana ..

    • « Dieu assigne aux hommes cette fonction en vertu de la préférence faddala que Dieu a accordé aux uns par rapport aux autres. De quelle préférence s’agit-il ? ».
    • « Il est question sûrement de l’aspect physique du corps. Autrement dit, parce que Dieu a donné plus de force aux hommes qu’aux femmes. Le mot « force » est sous-entendu à travers ce passage comparatif : ba’du-hum ‘alâ ba’dine. ».
    • « D’un point de vue socio-économique, faddala exprime, dans ce contexte, la direction. En d’autres termes, les uns dirigent les autres car Dieu les a rendus afdal (supérieurs). Il en résulte que, littéralement, le verset veut dire : « Dieu a accordé plus aux uns qu’aux autres ».».

    Accordé quoi ?
    Faddala = doté, octroyé, assigné des fonctions en relation avec le rôle attribué à chacun. il a assigné à la femme ce qu’il n’a pas assigné à l’homme et vice-versa.
    Faddala ≠ préférence. Il s’agit là d’attribut de chacun, relatifs au rôle de chacun dans la société.

    Ex: Sura 49/13
    ≈ « Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, pour vous reconnaître. LE PLUS NOBLE D’ENTRE VOUS AUPRES D’ALLAH, EST LE PLUS PIEUX. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur. ».

    Ex1 : Lorsque la femme est en menstrue, elle ne fait pas les 5 prières. Elle ne les récupère meme pas. ELLE EN EST DISPENSEE DURANT CETTE PERIODE. Ce n’est pas le K pour l’homme, qui « quelle que soit les conditions », il n’en est dispensé qu’en K de coma ou perte de la raison.

    Ex2 : En heritage, la soeur reçoit la ½ du frère. Ceci est parce qu’ELLE EST, ET RESTE, TOUJOURS A SA CHARGE EN K D’ACCIDENT DE LA VIE. Il en est également K avec la mère dans sa part d’héritage. Ceci parce que veuve, elle reste à la charge de ses enfants et de ses parents masculins.
    Et puis en matière juridic, s’il y a accusation de fornication de l’épouse, ils jurent tous deux (époux et épouse), LE TEMOIGNAGE DE L’UN EQUIVAUT CELUI DE L’AUTRE. Cette « faddala » n’a rien de supérieur de l’un sur l’autre.
    TOUT COMME LA CHARGE D’UN TEMOIGNAGE, ET SES CONSEQUENCES, LA RESPONSABILITE EN LA MATIERE, EST LA MOITIE DE CELLE DE L’HOMME, qui lui, est seul responsable.

    Ex3 : Les bien de la femme, l’épouse, lui appartiennent exclusivement.L’époux n’a aucun droit de regard sur.

    Sura 98/7
    ≈ « Quant à ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, ceux sont eux les meilleurs de toute la création. ». Ceux = masculin & feminin.

    Ce questionnement, cette equation d’égalité homme/femme est une exportation des adversaires de l’Islam. Export de ceux qui dans leurs livres traitent les femmes d’impures et d’autres qualificatifs similaires.

    Que mon frère Tahar G. prend cette intervention, avec appréhension, que je voudrais sincère pour plaire à Allah.
    Sallamu Allaykum
    DZiri

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  • barhoum
    29 avril 2016 at 10 h 30 min - Reply

    on est pas sortie de l’auberge, dans une société comme celle où nous vivons avant d’entamer ce genres d’explication faisons l’exemple, soyons un exemple, ses expilcations où conseille hadithes ne colle pas avec ce que nous vivons, donc avant de parler essayer de combattre et corriger le mal, des endroits en algérie où on ne peut même pas marcher avec son epux épouse frère famille cardes délinquants vous provoque a n’importe quel rue, cest un pays sauvage manque d’éducation et rien n’a voire avec le comportement du prophète salah allah alih wa sallame, tiens il est 19h je dois renter vite chez pour avoir peur d’être agressé etc…

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  • AMAR
    30 avril 2016 at 11 h 04 min - Reply

    JE ME SOUVIENS D UN ARTICLE AU MONDE DIPLOMATIQUE OU IL ETAIT QUESTION DU CONGRES DE LA TRADUCTION OU ETAIENT EVOQUEES LES DIFFICULTES DU METIER ….POUR TRADUIRE UN ROMAN DE L ESPAGNOL AU FRANCAIS UNE TRADUCTRICE A DU PASSER PLUS DE 3 MOIS AU MEXIQUE POUR MIEUX COMPRENDRE LE SENS DES MOTS DES ACTES …DES EXPRESSIONS… » traduire c est trahir » et MR D ZIRI 45 A BIENT FAIT DE LE REPETER……… ALORS TRADUIRE LE CORAN…..UNE OEUVRE DIVINE…CA DOIT SURTOUT SE FAIRE A L ABRIT DES VISEES DES UNS ET DES AUTRES…ORIENTER UNE RELATION DE COMPLEMENTARITE VERS UNE RELATION D EGALITE C EST BOUCLER LE DEBAT…….

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