Édition du
30 September 2016

Guerre et Paix

 

Mandela2“En temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils.” Hérodote (Historien Grec 484-420 BC).

Cet article me tenait tellement à cœur. Il est un exutoire avant d’être une réflexion. Il fait suite à une contribution sur LQA sous le titre ‘1er Novembre, révolution laïque ou religieuse’ dans laquelle j’avais avancé que la liberté et les progrès prônés par l’être humain ne sont construits que dans la violence et l’effusion du sang.

L’être humain conforté dans sa quête de dominer la nature pour son bien-être, a acquis aussi parallèlement le pouvoir brutal de subjuguer son semblable.

Cette brutalité dans sa représentation de guerre a été et continue dans une dialectique démentielle d’être la matrice féconde du progrès technique et idéologique.

Ce fait social fut étudié sous tous les cieux sans qu’aucune explication rationnelle ne soit trouvée.

Au lieu de chercher une origine à cette folie structurelle de l’Histoire, il faut remarquer que le progrès matériel qu’offre la science est vraiment précieux tant qu’il libère la bonté innée du cœur humain. Il ne serait pas une bénédiction mais une malédiction s’il n’est pas assujetti et contrôlé par les principes et idéaux moraux d’hommes et de femmes dans la simplicité et la décence universelles.
Il faut alors penser à chaque instant pour que ce progrès soit le salut, afin qu’il ne pave pas le chemin de la perdition.

Pour gérer cette oscillation entre salut et perdition, l’être humain s’est inventé la politique, principe à partir duquel se négocie et s’organise la vie en commun, principe qu’on retrouve dans toutes les sociétés humaines.

Fruit d’une adhésion au vivre-ensemble, l’action politique conduite, au sein des États et de groupes sociaux, par les gouvernants et les gouvernés ; n’a d’objectif que l’agencement de la vie en commun et assurer la survie de la société et son représentant l’Etat.

De ce fait, il faut conclure à la centralité du politique dans l’organisation de la vie humaine et surtout que l’État se constitue à partir d’un contrat social, résultat et essence de consensus entre les gouvernants et les gouvernés.

La paix vue comme la fin de la guerre ne veut pas dire que tous les problèmes sont réglés. En réalité, il reste beaucoup à accomplir pour établir un état de paix durable, notamment la reconstruction du pays et la création de structures permettant d’instaurer la justice sociale et de favoriser le développement de toutes les populations.

Par conséquent, on peut dire que la paix ne se limite pas à un problème de désarmement, de cessation des hostilités, mais qu’elle concerne aussi la vie des populations.

Dans cette optique, il faut distinguer « paix positive » et « paix négative ». La « paix négative » est l’absence de guerre ou de conflit violent entre les Etats, ou à l’intérieur d’un même Etat. Définir la paix de cette manière, c’est-à-dire par défaut, est aussi réducteur que de définir la santé comme étant l’absence de maladies. Une telle définition ne décrit pas la paix, ne dit pas à quoi elle ressemble et encore moins comment elle s’établit et comment il est possible d’œuvrer à sa promotion et à sa préservation.

Par « paix positive », on entend non seulement l’absence de guerre ou de conflit violent, mais aussi un état d’équité, de justice et de développement. La paix est alors un état de la société dans lequel l’exploitation est entièrement éliminée ou, tout du moins, minimisée et où aucune violence manifeste, d’origine structurelle ou individuelle, ne vient dénier au peuple l’exercice de ses droits fondamentaux.

Cette paix positive et durable doit être la seule boussole de l’humanité ; car il faut toujours se souvenir que de belles paroles ont été dites déjà contre la guerre, et des hommes et des femmes de paix ont servi de modèles magnifiques, et les calculs les plus savants ont démontré sa folie, mais la guerre reste toujours aussi vivante.

Khaled Boulaziz


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UN COMMENTAIRE

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  • Guerre et Paix (Suite et fin) – Presse et Actualité – Revue de Presse Généraliste
    20 septembre 2016 at 1 h 23 min - Reply

    […] suite d’un écrit publié sur LQA ayant pour thème la société dans sa dimension de guerre : (http://lequotidienalgerie.org/2016/05/06/guerre-et-paix/), où il fut conclu que: le pouvoir doit être vu au sens large à la fois comme des relations et […]

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