Édition du
7 December 2016

Consulat d’Algérie à Montréal: rien appris, rien oublié

 

Cerveau du régimeVu l’insatisfaction générale de la qualité des services offerts par le consulat d’Algérie à Montréal, je tiens à rédiger ce petit témoignage qui se base sur mon expérience personnelle et sur les commentaires recueillis auprès des membres de notre communauté établie au Canada.

Résidant à Montréal depuis plusieurs années, je ne peux qu’être scandalisé par les différentes situations vécues auprès de ce consulat.

Je me rappelle des années où le consul général était Abdelaziz Sbeaa. Un diplomate de bas étage qui ne devait son poste que grâce au quota dont bénéficiaient ses parrains et commanditaires. Le consul Sbeaa , trop sur de l’appui de son clan et dépourvu de compétences et de belles manières, ne prenait même pas la peine de dire bonjour  ou d’exprimer les salutations d’usage. Quand il daignait répondre au téléphone, choses rare d’ailleurs, il commençait toujours par manifester sa mauvaise humeur et son manque de politesse par un Ouai, wach khossek. Dans une communication téléphonique que j’ai eue avec lui, il m’a répondu que le consulat d’Algérie emploi des algériens et qu’il faut faire avec. Je lui ai rétorqué que je suis d’accord avec lui mais que la communauté algérienne au Canada regorge de compétences et qu’il y a moyen d’y trouver de bons candidats. D’ailleurs, à cette époque, j’ai vu de mes propres yeux, un agent consulaire cigarette à la main se baladant à l’intérieur du consulat. Bien sur, je n’étais assez convaincant auprès de Sbeaa et de certains de ses agents qui  d‘ailleurs lui ressemblaient beaucoup. À chaque remarque exprimée avec la plus grande politesse par les membres de la communauté, on a souvent droit à des réponses telles que : je ne travaille pas pour toi. Apparemment, ils ne sont pas comptables et sont au dessus de toute critique. Je me vois obliger de crier VIVE LE PROFESSIONALISME (rire). Une impolitesse très payante puisque ces mêmes agents sont toujours là et souvent promu à des postes plus importants.  À ma connaissance, même l’ancien consul Sbeaa a été promu ambassadeur en Europe. Belle promotion pour un piètre personnage!

Des membres de la communauté ont été victimes d’intimidation et de séquestration de documents juste parce qu’un membre du personnel ne les trouvait à son goût ou était de mauvaise humeur ce jour-là. On dirait qu’il n’y a pas de règles claires. Tout dépend des circonstances et des humeurs du moment.

L’année dernière, dans le cadre du renouvellement de mon passeport biométrique, j’ai du faire plusieurs appels téléphoniques au Consulat. La plupart des répondants ont brillé par leur mépris et leur faiblesse de communication. Un agent consulaire doit être professionnel, poli et sympathique sans être familier ou insultant. À les entendre parler, on dirait qu’ils jouent une partie de dominos ou qu’ils regardent le Classico Barca-Real dans un café populaire d’Algérie où certains écarts de langage sont tolérés. Et encore.

Je dois reconnaitre que la secrétaire du consul était sympathique et professionnelle. Rare consolation! Je la salue pour ses qualités et je lui souhaite beaucoup de réussite et surtout beaucoup de patience car elle est dans un milieu où ses nerfs sont certainement mis à rude épreuve.  Le professionnalisme de la secrétaire montre qu’il y a de bonnes volontés au sein de notre consulat mais elles souvent marginalisées et leur efforts sont  diminués par un environnement qui  n’apprécie guère la compétence.

Chaque visite au consulat nous rappelle le dentiste. On n’a pas vraiment envie d’y aller ou d’y passer du temps. C’est tout un calvaire. Ma dernière visite  remonte à l’été 2015. Déjà devant la porte d’entrée, on trouve des  agents parlant à haute voix et racontant leurs aventures à ceux qui veulent les entendre. Ils vous jettent des regards agressifs et s’adressent à vous sur un ton méprisable et méprisant. Des années de séjour au Canada n’ont pas suffi à leur inculquer les bonnes manières. Une fois à l’intérieur du consulat, c’est le règne de l’anarchie. Le numéro 16 passe avant  le numéro 1. Aux guichets, les agents s’adressent à nous avec les termes : aya, au suivant, aya, au suivant…. On dirait qu’ils s’adressent à des prisonniers. Même les videurs des boites de nuit se montrent plus respectueux. Bien que je ne fréquente pas ces endroits. On se pose des questions sur les critères de recrutement.  De gré à gré?? Selon la tête du client ?? À la petite franquette !!

L’Algérie mérite une meilleure représentation et a les moyens d’en avoir. Plusieurs responsables du consulat (consul-adjoint, chef de service, etc.) viennent d’Alger, coutent cher à l’état et n’ont aucune expérience de vie en Amérique du Nord. Il y a la possibilité de recruter sur place au Canada auprès de la communauté algérienne riche en compétence et dont les années d’immigration, d’études et de travail leur ont ouvert les yeux sur des réalités méconnaissables pour un diplomate d’Alger parachuté à Montréal.  Cette communauté déjà bien établie au Canada est capable d’offrir un meilleur service et à moindre frais. Une autre solution consiste en le recrutement de femmes. C’est toujours agréable de voir une femme bien éduquée, sympathique et souriante aux guichets. Féminiser le personnel du consulat serait une idée généreuse. Alors plus de chance aux femmes!

Mes  commentaires sont rédigés dans un but constructif et non pour nuire à telle ou telle personne.  Comme je l’ai déjà mentionné, tout n’est pas noir et il y a de belles valeurs au sein du Consulat.  Cependant, il reste beaucoup de points à améliorer. Nous aimons l’Algérie et nous espérons le meilleur pour elle.

 

Rachid Kihel


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7 Commentaires sur cet article

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  • rachid dahmani
    25 mai 2016 at 15 h 10 min - Reply

    Bonjour Rachid,

    On restera je crois éternellement insatisfait. On n’improvise pas de nouvelles attitudes et de nouveaux comportements sociaux du jour au lendemain d’autant plus qu’on a H’MIDA sur tous les fronts. Il est le gardien de but, le défenseur, l’attaquant et surtout l’arbitre. Alors comment voulez vous vous y prendre? Tout n’est pas noir certes et même au niveau de tous les consulats d’Algérie du monde, mais je ne pense pas qu’il y ait plus d’une longueur d’onde qui définit la couleur du contexte. Bonne journée.

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  • Nacim
    25 mai 2016 at 18 h 11 min - Reply

    Après l’indépendance nous avions une diplomatie dés plus honorable avec de grands diplomates, de vrais professionnels et de grands nationalistes, puis tout a évolué vers ce que nous a décrit Mr Rachid Kihel malheureusement. Reste à signaler que cet article n’a décrit qu’une infime partie de l’iceberg visible. La situation est beaucoup plus grave que cela.

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  • djamel
    28 mai 2016 at 10 h 30 min - Reply

    M.kihel c’est tout simplement une question d’éducation, et là nous enregistrons un déficit énorme. Nous avons vu pire. Un jour j’étais reçu en compagnie de quelques amis scouts par le wali de Bejaia et ce dernier n’a pas trouvé mieux que d’enlever de sous ses levres sa chique, et quelques secondes après de prendre une boîte à chique, la frapper contre le bureau dernière lequel il était assis et d’en remettre une autre chique dans sa bouche tout en parlant. J’ai eu la nausée et je suis sortis du bureau sans dire au revoir. Des exemples comme ça il doit y en avoir des centaines voir des milliers. Quand ce n’est plus la compétence et le mérite qui désigne les candidats reçus aux recrutements alors il faut s’attendre au pire. Malheureusement le pays s’enfonce dans l’incivisme, l’indiscipline, le manque de savoir vivre, la saleté…

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  • Alilou
    30 mai 2016 at 17 h 44 min - Reply

    Mr R. Kihal

    Vous avez mentionné un café d’Algérie ou durant un classico Real-Barca certaines écarts de langage sont tolérés…

    sachez cher compatriote que les cafés de notre communauté de Montréal sont fréquentés par ces mêmes algériens à quelques exceptions près, Rue Jean-Talon Est près de Pie9, ça traverse n’importe comment et n’importe où et ça se comporte comme à Alger et les demi-tours en franchissant la ligne jaune etc…

    Donc mon cher compatriote, je crois que le problème est profond et ancré, là où on va on trimbale notre bagage pas trop reluisant.

    Le recrutement à Montréal pour notre consulat ??? Je me pose la question…on va recruter qui ? des gars comme vous et moi ? Ou bien on va chercher ceux qui sont dans des cafés ou joue le classico Real-Barca sur Jean-Talon Est ? Moi je n’irai pas bosser aux consulats pout tous l’or du monde.
    Car ceux qui sont comme vous et moi ne chercheront jamais à aller bosser aux consulats algériens ni dans n’importe quel bureau ou on a à faire à notre communauté.

    Mon cher Compatriote, j’ai quitté ma patrie pour ne plus avoir à faire avec CA (Sic la communauté) j’en avais ma claque de me sentir extra-terrestre (des fois j’ai eu droit à telaabha gawri m’rabi) avec mes bonnes manières et mon civisme, à se dire que si tu veux être Algérien 100% il faut : Taaref tchenef tous les jours, te plaindre au quotidien, tkoun m’wessekh, termi zoubia par la fenêtre, il faut être un sauvage quoi, sinon tu es traité de gawri.

    De vous à moi, le consulat Algérien à Montréal est le moins catastrophique j’ai vu pire… j’ai eu à faire a 5 consulats différents en 30 ans de ghorba, le technaf est quasi présent partout dans tous nos consulats mais le pire consulat, la palme d’or hors catégorie et à l’unanimité revient à celui de New-York suivit de près par Washington DC….

    Mais la bonne question à se poser…car les constats on n’en finira jamais d’en dresser et dans tous les domaines…POURQUOI SOMMES-NOUS COMME CA ET POURQUOI MEME EN ALLANT VIVRE AILLEURS LA MAJORITE RESTE EGALE A ELLE MEME ET NE CHANGE PAS POUR MEILLEUR ?

    Aller visiter le parc François PERREAULT….vous verrez que vous avez l’impression d’être à Alger pas au Canada….la communauté qui a assimilé les vrais valeurs civiques est celle qui s’est intégrée à la société d’accueil et qui s’est fondu dans la société et non pas celle qui vie dans la guettoisation.

    Néanmoins, ceux qui se sentent offusqué sont ceux qui ont quitté leur patrie pour un monde meilleur ou ils se sentent bien et qui malheureusement se font vite rattraper par la réalité du cauchemar fuit quand vient le moment d’aller faire affaire avec nos consulats, la my friend c’est le réveil brutal et le dur retour à la réalité pour laquelle tu as tous sacrifié.

    Pour les autres ils se sentent chez eux, trop habitué à ce brouhaha, bain de foule et surtout les odeurs au quotidien qui leur rappel le pays, il ne faut pas leur en vouloir ils n’ont connu que ça et sont trop nostalgiques, ils aiment bien vivre à l’algérienne mais ailleurs qu’en Algérie…

    comme quoi beaucoup voudraient avoir le beurre, l’argent du beurre l’emballage et le c…. de la fermière.

    My Friend il faut se rendre à l’évidence quand tu dois aller faire affaire dans l’un de nos consulats tu m’appel je vais te donner de quoi te blinder…pour affronter LA BETE….

    Bon Courage et lachez pas

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  • Rachid
    30 mai 2016 at 20 h 08 min - Reply

    J’apprécie vos commentaires. Car le problème est beaucoup plus profond. C’est avant tout, une question de mentalité. Beaucoup d’algériens se déplacent avec leurs problèmes et créent des micro-états en occident. Finalement, ils ne sont pas très différents en algérie ou ailleurs. Moi, par mon article, j’espère qu’il y ait un peu de ménage et qu’on recrute de vrais professionnels compétents et sympathiques.

    Les algériens de plaignent souvent de leurs responsables et de leurs représentants mais en réalité ils leur ressemblent beaucoup.

    Par mon article, (qui je l’avoue n’est pas très profond, c’est juste un petit papier d’une page), je compte faire bouger les choses. Il y a certainement beaucoup de choses à dire et à commenter. Peut-être, à une autre occasion. Si Dieu le veut.

    Rachid Kihel : auteur de l’article

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    • Alilou
      31 mai 2016 at 13 h 17 min - Reply

      Il existe un adage qui dit (ma t’khafche mel-echabaane ida djaa, khaf mil el djiaane ida ch’baa).
      Il existe 90% d’algériens pauvres qui ne rêvent qu’a de devenir riches, regarde dans le rétroviseur (histoire) tu verras que ceux qui se sont enrichie (90%) étaient des pauvres et regarde ce qu’ils ont fait de notre patrie.
      Les 10% qui étaient déjà des riches et sûr et certain que 90% des 10% sont devenu des pauvres mais n’ont pas fait les dégâts que les 90% de pauvres devenu riches.
      En résume les algériens compétents et qui pensent à leurs prochain et qui font leur boulot convenablement et qui n’abusent pas de leurs statut, qui ne trichent pas, ne volent pas et qui soient honnêtes dans leur travail, sont de l’ordre de 10%.
      Les algériens cités ci-haut n’accepteront pas de travailler au consulat, ils ont déjà des jobs bien plus intéressants, mais les arrivistes eux sont avides de ce genre de postes et je te pari que le système va se perpétuer…
      Un chat échaudé craint même l’eau froide.

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  • Fares Dargaoui
    5 juin 2016 at 0 h 42 min - Reply

    bizzard…a 200 km plus loin au consulat algerien a Ottawa la situation est totalement differente….pourquoi ? ON EST DANS UN MILIEU ANGLOPHONE …pas de french mentalité…oui apres 16 ans je le remarque méme nos representant ici changent de comportement
    Le Canada est vaste ..Kaddour quitte Brahim si tuas des enfants et tu veut reussir …
    Hassan

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