Édition du
29 September 2016

Devons-nous continuer à palabrer et à tourner en rond alors que le bateau Algérie coule ?

alwatanSalah-Eddine SIDHOUM

Nous sommes en face d’un système politique antinational, criminel et profondément corrompu qui ne recule devant rien pour préserver ses privilèges mal acquis. Face à ce régime illégitime c’est le vide politique sidéral. Il n’existe pas de véritable opposition. La majorité des partis politiques a été préfabriquée par les labos de la police politique. Ce qui reste est empêtré dans des problèmes internes inextricables. Beaucoup d’ « intellectuels » lâches et hautains, ne daignent pas se mêler au « ghachi » qu’ils méprisent et ce dernier le leur rend bien d’ailleurs. Il reste cependant de nombreux électrons libres qui s’agitent mais qui n’arrivent pas à constituer une force agissante. La société, devant cette situation déplorable est totalement désorientée, ce qui ne facilite pas les choses. Telle est la triste réalité que nous vivons, hélas. A notre humble avis, l’opposition est à reconstruire sérieusement sur des bases saines. En cette phase cruciale que traverse notre pays assis sur un véritable volcan qui peut faire éruption à tout instant, aucun parti, aucune tendance et aucun « zaïm » ne peut à lui seul mener cette lutte pour le changement du système. Il est impératif de rassembler au sein d’une opposition unie, un véritable Front du Changement, toutes les volontés politiques, intellectuelles et citoyennes, toutes tendances confondues et sans exclusion aucune, autour d’un compromis politique. Ce dernier est une forme de charte politique et éthique qui doit être acceptée et respectée par toutes ces volontés qui œuvreront à cette dynamique et qui sera très claire et sans aucune ambiguïté sur les questions politiques de l’heure et qui souvent nous ont divisé. Il s’agit de notre Algérianité forgée par l’histoire et dont ses fondements ne doivent pas servir de fonds de commerce politique, la démocratie comme moyen de gestion politique, la sacralité des droits de la personne humaine, le respect et la promotion de nos cultures dans toutes leurs diversités, le rôle de l’armée qui doit être celui de toute armée républicaine. Tout comme la phase transitoire sera définie pour préparer l’élection d’une Assemblée Constituante et qui aboutira à l’adoption d’une constitution issue pour la première fois depuis l’indépendance de la volonté populaire.

Ce compromis politique est très important. Il permet de baliser le terrain politique et d’éviter tout dérapage et tout débordement d’une quelconque partie au cours de cette dynamique du changement et de la phase de transition. Tout comme il est important que tous les partenaires politiques se débarrassent pour un certain moment de leurs carcans idéologiques, le temps de remettre l’Algérie sur ses rails. Par la suite, chacun pourra rejoindre sa chapelle idéologique et participer de manière loyale et selon les règles définies par la Constitution, aux joutes électorales, le peuple souverain étant le seul juge.

Nous insistons sur le fait que le changement doit être pacifique et radical. Il ne s’agit pas de changer quelques figures du régime mais de changer le système dans sa totalité. Et qui dit changement radical dit remise de tous les instruments du pouvoir aux représentants authentiques du peuple, élus démocratiquement.

Seul ce changement mettra fin à la cruciale question de la LEGITIMITE DU POUVOIR, cause de la grave crise politique qui perdure depuis 1962 et permettra à notre patrie de sortir de cette impasse dans laquelle l’ont enfermé les aventuriers au lendemain de l’indépendance.

 


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4 Commentaires sur cet article

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  • rachid dahmani
    7 juin 2016 at 3 h 10 min - Reply

    Bonsoir Mr Sidhoum et saha Ramdanek,

    C’est la véritable question et problématique de l’Algérie. La légitimité du pouvoir (dans l’optique de la monopolisation des richesses du pays). Le système y est parvenu par la force, il ne pourra y être délogé que par la force. Car enfin, et c’est mon avis, je ne vois aucunement et personne faire cadeau d’une source de richesse ou d’un pouvoir quelconque pacifiquement à quelqu’un d’autre. C’est dans l’ordre naturel de l’humain. Il jettera quelques miettes oui, c’est ce qu’a fait ce système jusqu’à présent, mais ne remettra jamais sa source. Si changement il doit y avoir, il faudra nécessairement se battre et user de la force. ça reste un avis certes, mais les grandes démocraties de la planète nous l’ont démontré et je ne vois pas pourquoi on fera exception à priori. Saha shourkoum.

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  • Moussa
    7 juin 2016 at 11 h 15 min - Reply

    Très bon article Merci Khouya barak allah fike », Comme vous l’aviez mentionné on a besoin d’un vériatble changement ce n’est pas possible ce qui est entrain de se passer sous nos yeux, ils dilapides nos bien en direct et on les applaudit!! Ya mes amis la Turuqie aussi les USA sont prêt a nous aider si le changement survient « gentillement » une douce transition sa va sauver des vies et changement le pays c’est la seule solution a mes yeux, il faut qu’ils partent

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  • Moussa
    7 juin 2016 at 11 h 17 min - Reply

    j’ai oublier saha ftourk’m!.

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  • Djeloul Habib
    14 juin 2016 at 0 h 55 min - Reply

    Si Salah Eddine SIDHOUM,
    saha Ftourek,
    ça urge en effet,mais comment agir? vous venez d’évoquer vous même un cadre organisé pour au moins assurer une transition douce.Je pense qu’il faut commencer par battre le rappel de ses propres forces. par le biais d’une pétition préalable sur les réseaux sociaux: un appel aux bonnes volontés à l’adresse des hommes politiques, ,militaires,intellectuels simples citoyens inquiets sur l’avenir du pays.Ensuite peut être constituer des ateliers de réflexion afin d’établir une plate forme consensuelle expurgée des problèmes identitaires et religieux (non oubliés mais relégués à plus tard dans un cadre plus serein).
    Ne pas faire le procés surtout des des hommes qui ont conduit la révolution.paix aux morts.Ils ont fait leur devoir et les erreurs inévitables dues à un contexte révolutionnaire.
    Examiner les fondamentaux de notre caractère national et ne pas leur plaquer des concepts étrangers à notre processus historique.la démocratie parlementaire,les élections etc…doivent s’appliquer comme outils sans leur gangue idéologique.
    Nous sommes des individualistes et il faut en tenir compte dans l’organisation économique. par ex.: pas de salariat mais un système coopératif sans état providence
    invasif.Mettre un grand coup de pied dans la fourmilière bureaucratique, source de beaucoup de maux. En venir à la démocratie directe au niveau du quartier pour une prise en charge directe et localisée (police de quartier,ramassage des ordures,délivrance des papiers administratifs,aides etc..)à atour de rôle des habitants citoyens.
    Régionalisation chère au regretté Mr Ait Ahmed,le contraire du régionalisme. Assemblées régionales avec des candidats jeunes et assemblées des sages sur le modèle des anciennes Djemaa.
    Refonte complète du système éducatif élitiste et compétent sans laisser en rade les exclus.remettre à l’honneur les métiers en parallèle avec une formation continue tout au long de la vie,par le biais d’internet.
    Revoir la doctrine de la défense nationale. Quelle armée et pour quels besoins?
    Armée de métier moderne à la hauteur des enjeux régionaux ou de conscription?
    Valoriser de toute urgence notre potentiel énorme d’énergie solaire,un secteur prioritaire afin de booster une agriculture bio et de qualité.
    Faire appel aux séniors étrangers qui se morfondent dans leurs pays et mettre à contribution leur expérience au profits de nos jeunes en lieu et place des contrats faramineux et ruineux avec des multinationales.En parallèle engager nos expatriés dans la relève du pays:industrie,formation,start-up…
    Récupérer les avoirs considérables volés,mais cela il ne faut pas le dire pour l’instant.
    MR SIDHOUM,
    A mon humble niveau (je ne suis qu’un modeste retraité),je suis prêt à m’investir dans n’importe quelle tâche que le CCD voudrait bien me confier.Hada akel imen.
    Salutations

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