Édition du
25 September 2016

Leçons algériennes du coup d’Etat avorté en Turquie.

Je partage totalement ton point de vue, mon cher Samir. Comme je l’avais dit précédemment dans un commentaire, je suis abasourdi et sidéré par les « réactions » et les jugements péremptoires de certains de nos alphabètes (le terme « intellectuel » ne sied plus hélas dans notre société déliquescente) concernant les événements de Turquie.

Sidéré de voir certains de nos alphabètes donner des leçons de «démocratie » et de « droits de l’homme » à la société turque !!! Abasourdi de voir comment ces alphabètes, au nom d’un «humanisme» mal placé, transforment les bourreaux en victimes ! Comme tu l’as si bien dit, ils restent prisonniers de leur crasseuse idéologie qu’ils mettent au-dessus de l’intérêt national.

Comme nous l’avons observé, certains adeptes du zaïmisme et du slogan populiste « djeich, chaab, maak ya…., versent aveuglement dans la vénération du Président Erdogan. D’autres, aveuglés par l’idéologie éradicatrice et la haine de l’islamisme sont attristés par l’échec du Coup d’Etat qui devait «rétablir la démocratie», la même que celle qu’ils ont applaudit par le passé en Algérie et en Egypte, au nom de la «modernité» et de la «sauvegarde de la République», à l’ombre des blindés.

Je passerais sur les insultes et autres invectives à l’encontre du Président Erdogan, insanités que nous n’avons ni lu ni entendu chez les turcs eux-mêmes, opposés à leur Président. Tout comme je passerais sur les théories fumeuses, burlesques pour ne pas dire puériles de «complots».

Alors que nos alphabètes vociféraient et gésticulaient, chacun, selon la crasseuse idéologie qu’il défendait, nous étions admirablement surpris de voir le peuple turc dans sa diversité politique et idéologique envahir les rues et places publiques, moins d’une heure après l’annonce du pronunciamiento et affronter les balles assassines des putschistes qui voulaient « rétablir la démocratie » en bombardant par l’aviation son propre peuple, le Parlement et en tentant d’assassiner dans son hôtel, un Président légitime, démocratiquement élu.

Tout comme nous avons apprécié la maturité de cette population qui ne braillait pas : «djeich, chaab, maak ya Erdogan» ni brandissait le portrait du «zaïm». Cette population brandissait le drapeau national et défendait la souveraineté populaire, la démocratie et le pouvoir légitime issu de sa volonté.

Tout comme nous avons apprécié la lucidité des représentants du peuple lors de la session extraordinaire du Parlement que nous avons suivi sur les chaines satellitaires. Les responsables des quatre principales formations politiques se sont succédés à la tribune pour dénoncer à l’unisson le Coup d’Etat et appeler à la défense de la souveraineté du Peuple et de la démocratie. Et Dieu Sait les divergences idéologiques qui traversent ces quatre formations politiques. Mais devant la menace qui pesait lourdement sur la Patrie, l’intérêt national a primé sur l’idéologie et la vision partisane.

Voici les leçons que nous avons modestement retenu de cet événement. Loin de nous de prétendre nous immiscer dans les affaires internes de ce pays. Ce qui se passe sur le plan politique est l’affaire du Peuple turque et de sa société civile mûre et lucide qui n’a rien à voir avec notre société servile procréée dans les labos des « srabess ». Il serait prétentieux pour nos alphabètes planqués ici et Outre-Méditerranée, de donner des leçons à autrui, alors qu’ils sont incapables de se débarrasser d’une poignée de voyoucrates locaux qui ont détruit notre patrie et ruiné notre peuple.

Nous l’avons toujours clamé haut et fort, l’Algérie n’est pas seulement malade de son système politique. Elle est surtout malade de ses «élites» hautaines, méprisantes et lâches.

Salah-Eddine SIDHOUM
Alger. 19 07 2016


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2 Commentaires sur cet article

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  • rachid dahmani
    20 juillet 2016 at 8 h 53 min - Reply

    Bonjour à tous,

    Effectivement:  » l’Algérie n’est pas seulement malade de son système politique. Elle est surtout malade de ses «élites» hautaines, méprisantes et lâches. »
    Il faudrait être alors lucide et reconnaître de ce fait que la lumière sur ce pays n’est pas pour demain. On ne peut être optimiste en pareils circonstances. Bonne journée à tous.

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  • ExAlgerien
    21 juillet 2016 at 1 h 20 min - Reply

    Bonsoir à tous

    Article très pertinent, merci M. SIDHOUM. Que peut-on s’attendre de ceux qui ont applaudit le coup d’état dans leur propre pays et appelé l’armée à déporter et exterminer les vainqueurs des élections libres et honnêtes? On se rappelle dans la conférence de presse de Said Saadi appelant les anti-islamiques à prendre les armes contre ceux que le peuple avait choisi librement etc. Donc on n’attend rien rien et rien de ce genre d’alphabètes que la ruine du pays. Et la différence est de taille entre le peuple turc et le gâchis (ghachi) algérien. Nous saluerons au passage le comportement héroïque et démocratique du peuple turc. La leçon doit être apprise par cœur.

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