Édition du
11 December 2016

FRONT DE LIBERATION NATIONALE. GRANDEUR & DECADENCE

 

 

 

FLN d'hier et d'aujourd'hui

 

Les hommes politiques algériens, tout comme du reste la presse, sont tous d’accord pour affirmer que le FLN post Abdelhamid MEHRI (Rahimahou ELLAH) est moins un parti politique qu’un appareil soumis à la volonté de ceux qu’on appelle communément les décideurs.

En 2012, un mouvement de redressement au sein de l’appareil FLN revendiquait la tête du secrétaire général qu’il finit par avoir le 1er février 2013. Abderrahmane BELAYAT endossait alors l’habit de la légitimité des textes du parti et eu par voie de conséquence à s’opposer aux redresseurs tombeurs de Abdelaziz BELKHADEM. Le résultat voulu et planifié par les décideurs de l’époque consistait justement (par le processus de la fausse bataille, qui se devait de durer, entre redresseurs et partisans de la pseudo légitimité) à faire mordre à l’appareil FLN sa queue pour l’abandonner ensuite dans le rituel du chien. Ce faisant, le personnel de l’appareil, fort occupé à guerroyer contre les moulins à vent, au même titre que d’autres partis politiques du reste et pas des moindres, permis de cette manière la mise à l’écart du FLN et d’autres mouvements politiques des grandes manœuvres en cours au sein de la maison Algérie. Des observateurs avertis de la scène politique estimaient que des hommes qu’ils qualifiaient de sans foi ni loi et au fait du pouvoir réel, imposaient des changements significatifs au sein de partis politiques sensés être indépendants (Départ de Saadi, Bouguerra, Belkhadem, Ouyahia entre autres…) et ceci dans le but de justifier le dénouement de l’alliance présidentielle en poursuivant l’isolement du Président d’une part et permettre la naissance d’autre part de nouvelles formations et entités politiques absolument contre nature rassemblées uniquement dans une opposition radicale, voulue et planifié, au Président de la République.

La nouvelle et fraiche opposition préfabriquée avait beaucoup de grains à moudre avec les grands déballages, offert selon un timing préétabli, sur les affaires de corruption (à un niveau relevé de la hiérarchie politique puisque l’on se situait dans la cour des ministres, secrétaires généraux et autres du même acabit) dont aujourd’hui encore le commun des mortels en ignore le vrai du faux des éléments rapportés par une presse aux ordres partant que la justice dans ce cadre est restée muette sur certaines affaires, comme elle a traité par-dessus la jambe certaines autres.

Ces hommes, plutôt psychopathes que sans foi ni loi disait DJEDDOU Mayara ouvrirent également le champ médiatique algérien à des chaines de télévision qui commencèrent à exercer dans l’illégalité la plus totale, et qui se rejoignaient toutes (au même titre que la nouvelle opposition) dans une ligne éditoriale d’une rare virulence et animosité à l’encontre du Président. Les patrons de ces chaines de télévision auraient-ils osé aller au charbon (télédiffusion) sans l’aval des maîtres ? La question reste posée, mais toujours est-il que ces médias à destination de tous les segments de la société se devaient d’impacter l’opinion publique nationale pour bénéficier de son adhésion pleine et entière ‘‘à un complot en cours’’ dont très peu d’Algériens soupçonnaient même l’existence au moment.

Les hommes de l’ombre renforçaient également par ailleurs leur pouvoir en opérant des changements stratégiques de cadres et dirigeants au sein des grandes institutions de l’Etat.

Sur le plan international, ‘‘les psychopathes’’ fournissaient, partie visible de l’iceberg, carburant et espace aérien national à une France, engagée de son coté militairement au Mali, en Cote d’Ivoire, en Centrafrique et autres pays africains dans le cadre d’une géostratégie occidentale dont la substance consiste principalement à faire barrage à l’expansion économique des pays du BRICS en Afrique notamment. Le Président Bouteflika objet du coup d’état en mouvement ne pouvait ne pas jeter l’éponge, signifiant son départ à travers ce fameux « TAB EDJNANA ». A l’instar de BENDJEDID ou ZEROUAL,  BOUTEFLIKA s’en sortait vivant en attendant mieux, et le mieux vint d’abord et avant tout par la grâce de DIEU et qu’importe comment et par qui le putsch fut mis en échec. Malgré tous les moyens humains (de tous bords), matériels, et financiers engagés dans la mise en œuvre du complot, avec l’asservissement de la nation au consortium occidental, condition sine qua none du dossier à constituer pour l’obtention du visa autorisant le passage à l’acte, le coup d’état avait en dernier ressort échoué. On peut ne pas être d’accord mais on comprend l’ampleur de la purge en cours en Turquie dont se plaint l’occident qui perd dans l’affaire énormément de sa clientèle. En comparaison, Bouteflika a effectué un léger toilettage à la suite du putsch ce qui l’oblige aujourd’hui encore à faire face à des offensives très pernicieuses et hautement déstabilisatrices. Le Président Turc est-il en torts dans son action de nettoyage ? L’avis du Président Algérien sur la question serait certainement hautement instructif.

BOUTEFLIKA revenu en force mit fin à la mise en touche du FLN le 29 aout 2013 avec la nomination de Amar SAADANI au poste de secrétaire général. Le retour sur le terrain politique de l’appareil fut, et le moins que l’on puisse dire, très remarquée et combien utile pour ses promoteurs.

Dans l’agitation qui secoue de nouveau le FLN de 2016, on remarquera juste pour la petite histoire que BELAYAT est passé entretemps dans le camp des redresseurs tout en se prévalant toujours être mû par la légitimité des textes de son parti. Force est de constater la présence de l’homme depuis « aam zekini » dans toutes les joutes internes qui ont secoué le FLN en le retrouvant tantôt sur ce bord et tantôt sur l’autre. Et, toujours pour la petite histoire et sans nous étaler, il suffit d’examiner les faits dans leurs formes et contenus, les déclarations des uns et des autres, pour pouvoir affirmer que l’action dite des « 14 » comme celle dite des « 19 » revêtent toutes deux la même marque de fabrique et renvoient donc dans leur conception au même laboratoire.

Il nous semble inutile de revenir sur les motivations sous tendues par l’action du groupe des ‘‘19’’ d’abord et avant tout parce qu’elle est en poubelle depuis longtemps et parce que nous sommes également dans l’impossibilité de soupeser son influence sur les personnes objectées. Nous avons cependant au moins une idée sûre : qui travaille pour qui et comprendre ainsi les motivations et commanditaires de certaines agitations antérieures et à venir.

On pourrait certes considérer que l’action des ‘‘14’’ ne constitue qu’un simple pet en l’air, rendu à peine audible par l’aboiement redondant des mêmes caniches. En effet, bénéficiant de l’appui et soutien du Pouvoir, qui pourrait croire que Saadani et son équipe pourraient être dégommés aussi facilement ? Un vœu pieux que cet engagement des ‘‘14’’ ? DJEDDOU Mayara me disait, en dissertant sur le sujet, que le laboratoire émetteur de la déclaration, agit en toute connaissance de cause et en expert sur le processus et sur les intervenants dans la prise de décision au niveau de l’Etat, et dans ce cadre, il ne saurait croire pouvoir obtenir de cette façon satisfaction à la demande exprimée par le communiqué. Mais alors, pourquoi la mobilisation de 14 Moudjahids et pas des moindres, que l’on fait accompagner par un tapage médiatique soutenu sans espérer obtenir satisfaction ?  Faire du bruit, pour juste le plaisir d’en faire ?

Je possède l’intime conviction, répondait DJEDDOU Mayara, que les ‘‘14’’ au même titre que la presse du reste ignorent totalement les véritables dessous visés par l’action (il suffit de lire les déclarations de Meziane Cherif et du commandant Azzedine à la presse pour s’en convaincre), car auquel cas la pluralité des intervenants mèneraient à coup sûr les objectifs réels à tomber dans le domaine public et en aucun cas ne sauraient ensuite être concrétisés.

Grande manipulation en somme ? Sourire de DJEDDOU puis : absolument et tout comme dans l’action des ‘‘19’’, pour faire un gâteau par exemple vous aurez besoin d’un certain nombre d’ingrédients (farine, œufs, beurre huile etc…) n’est ce pas ? Et bien considérez que les ‘‘14’’ ou ‘‘19’’, la presse avec les commentaires des uns et des autres ne constitue que la matière nécessaire pour ce genre d’opération. N’oublions jamais que ce type de préparation est un travail de laboratoire donc objet de maitrise pour un résultat pour le moins étudié. En conclusion, et pour éviter de m’étaler dans les dédales du détail, tout prête à penser que l’objet de la manœuvre se préoccupe peu de la tête de Saadani et de son bureau politique dans un premier temps mais vise plutôt à catalyser une déstabilisation durable dans le temps de l’appareil FLN. Tout porte donc encore à croire que le FLN ne connaitra pas la paie interne durant les prochains mois, et tout ce raffinement dans la gesticulation est destiné in fine à pousser ceux qui distribuent les quotas dans toutes les joutes électorales à abandonner l’option FLN (devenu très peu crédible dans l’arène politique national de par ses incessantes querelles et ne saurait ce faisant remplir dignement, correctement et convenablement ses obligations de parti de pouvoir notamment par temps de crise),  pour lui préférer le deuxième appareil de l’Etat que vous devinerez être le RND. Le laboratoire souhaite donc orienter le choix des ‘‘quotatistes’’ vers le RND pour nous répéter. Hadj Aissa, Aissa Hadj ai-je rétorqué. Que non ma fille, j’ai toutes les chances de croire que le RND serait nettement plus proche des laborantins que ne l’est aujourd’hui le FLN et c’est dans ce cadre qu’il faut peut être aller chercher la signification des paroles de Saadani qui disait en gros en direction d’Ouyahia,  ‘‘je n’ai aucun problème personnel avec lui mais je n’ai pas confiance en lui en politique’’.

Voici donc ou en est réduit le FLN de ces décennies, une marionnette objet de toutes les bassesses et manipulations qui empêche aujourd’hui la jeunesse algérienne à considérer ou même à penser au FLN du 20 Aout 1955 et 1956.

Grandeur et décadence.

Céléna.D


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4 Commentaires sur cet article

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  • oup
    22 août 2016 at 16 h 21 min - Reply

    FLN allah yabarek, ils ont fait leur devoir de libérer le pays, mais cependant n’ontpas fait leurs devoir de foutre la paix au peuple algériens, la Mort tout le monde mourra, je viens d'(ailleur de regardre sur TRT HABER chaine Turque suite au derniers évènement de quelle manière les turque se jette sur les chars pour y passer dessous mon dieu quel courage je mù’arrête la car je suis dégouté par les khra hachak’m qui sont chez nous.

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  • AMAR
    23 août 2016 at 13 h 44 min - Reply

    En 1962, La population algerienne a tres bien exprime sa joie de gouter a l independance….elle le montrait sans hypocrisie dans toutes les villes en affichant sans complexe ses origines rurales dans toute leurs splendeurs…le FLN n a fait que l accompagner et partager toute cette joie avec BENDIR et ZORNA…
    .aujourd’hui autre temps autres moeurs…
    phagocyte de l interieur par des opportunistes de tout bord…le bendir use par le compromis a du ceder sa place a la derbouka!…la resonnance n est pas la meme…l echo d une voie que l on croyait etteinte revient … »sournois..perfide …et lache elle a eu raison du sage…
    monsieur MEHRI A QUI TOUTE L ALGERIE AURAIT DU RENDRE LE PLUS GRAND DES HOMMAGES n a pas ete menage par cette horde de loups affammee….l histoire retiendra que le FLN d aujourd’hui ne reconnait plus les siens et qu il a deja un pied chez son adversaire d hiers!

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  • Sabiha
    25 août 2016 at 8 h 57 min - Reply

    Sincèrement Chapeau pour une analyse d’une grande pertinence madame. On souhaiterait vivement vous lire régulièrement pour aider à une prise de bon sens pour un éveil des conscience.
    Sabiha.B

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  • benaouda
    28 août 2016 at 12 h 08 min - Reply

    je n’ai lu que le titre ,décadence oui mais aucune grandeur .dans un reportage fait par « el yatima » notre pauvre chaine ,je ne me rappelle pas la date: MAHSAS et le bougre de HAROUN ils reconnaissent que jusqu’à 1956 les moudjahidines croyaient encore que le chef de l’insurrection est bien MESSALI .on dit que les révolutions sont préparées par des génies faites par des naïfs mais exploitées par des opportunistes(je m’excuse sur la terminologie de celui qui la dite) et la DE GAULLE lors du cout d’état avorté a demandé le pourquoi,ils lui ont répondu parce que tu es revenu sur notre accord.il a demandé lequel ils ont répondu pour que l’Algérie reste française il a répondu que je suis toujours pour ça,ils lui demandent et pourquoi don l’indépendance? il répond simplement en stratège (il faut le reconnaitre) que je n’ai jamais dit qu’en reste en ALGÉRIE mais l’Algérie reste française et a partir de 1958 ils ont commencés a placer les traites a tout les niveau malheureusement du F L N je ne vais pas m’étaler,parce que j’ai beaucoup,en simple citoyen,a dire sur ce sujet.seulement je termine par dire que le fils de DE GAULLE a écrit quelque part,que son père lui a dit qu’on a laissé
    167 000 en Algérie (devinez qui)

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