Édition du
5 December 2016

C’est parti pour une course à l’échalote

lièvrepar Kharroubi Habib, Le Quotidien d’Oran, 7 novembre 2016

Le spectre du boycott des élections postrévision constitutionnelle auquel l’opposition se déclarait susceptible de recourir au cas où il ne serait pas tenu compte par le pouvoir de ses revendications et propositions concernant les garanties permettant un contrôle et un suivi du processus électoral véritablement indépendant de l’autorité administrative soumise aux injonctions de ce pouvoir, s’est totalement évanoui. Pratiquement toutes les formations partisanes ayant quelque assise électorale ont en effet finalement opté pour prendre part aux prochaines échéances électorales en dépit que les réponses faites aux doléances de l’opposition n’ont pas été celles qu’elles auraient voulu et même si certaines d’entre elles continuent à les dénoncer comme ayant introduit une régression dans ce qui était octroyé aux partis en terme de contrôle et suivi du processus électoral. En guise de justification du renoncement par l’opposition à l’usage de l’arme du boycott après l’avoir tant brandie, l’inénarrable président du MSP a fait valoir le douteux argument que «l’opposition s’y est résolue parce que elle «n’a pas d’autre choix» d’autant «qu’à travers» l’adoption de la loi scélérate portant nouveau régime électoral le pouvoir a voulu la pousser au boycott et donc à la politique de la chaise vide qui seraient contre-productifs pour elle».

Il résultera de la participation quasi générale de l’opposition que celle-ci serait mal venue de crier à la triche électorale et à la manipulation des scrutins au cas où les résultats des urnes lui seront contraires et tout aussi mal venue de revendiquer en sa faveur un éventuel boycott massif des urnes par l’électorat.

Si l’opposition a baissé pavillon c’est au constat que ses composantes ne se font plus d’illusion sur le semblant d’unité de vue qui leur a un moment permis d’adopter des positions convergentes à l’égard du pouvoir et de son agenda politique. Leur unité de façade a tenu tant qu’elles ont été bercées par l’illusion que le pouvoir leur a paru être en voie d’implosion, miné qu’il aurait été par la lutte de clans l’ayant secoué déclenchée par la vacance à son sommet ayant été provoquée par les ennuis de santé de Bouteflika et les rivalités s’étant déclarées en son sein sur la question de la succession de celui-ci.

La fragilité du pouvoir leur est apparue d’autant appelée à accélérer son effondrement qu’il s’est trouvé en même temps confronté à une périlleuse situation générée par la crise économique et financière dans laquelle l’Algérie a été plongée par la chute drastique de ses revenus pétroliers. Ce scénario que l’opposition a pensé devoir se produire à brève échéance n’a pas été au rendez-vous de son espérance. Ce qui fait nécessité à la plupart de ses segments de faire le «dos rond» en renonçant à leur position radicale qui a consisté à être dans la rupture totale avec le régime et de n’entrer dans aucune de ces machinations et combinaisons politiques visant à les faire contribuer à son sauvetage.

Ce qu’elles vont assurément faire en lui facilitant par leur participation aux échéances électorales la mise en scène de scrutins pseudo-multipartites et à façade tout aussi pseudo-démocratique par lesquels il compte en finir avec l’accusation de son illégitimité qui a été l’arme fatale employée contre lui par cette même opposition.


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UN COMMENTAIRE

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  • hamza
    8 novembre 2016 at 10 h 04 min - Reply

    sabah el noor, ya Jamaâ il faut croire a ce qu’ils nous raconte avec leurs élection a la con où a l’aveuglement, rien ne marche dans ce pays il faut plutôt parler du statut-quo, je n’ai la rage de voir ses députés qui gagne jusqu’à 40000dinar par moi et vont voter bientôt une loi qui s’en prend aux pauvres salaries qui gagne 15000 da par moi, des députés dont la plupart issus d’un milieu analphabète.

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