Édition du
5 December 2016

Le problème est en nous, les Algériens

chacun pour soi

 

 

 

 

 

 

 

Ce n’est pas notre pays qui est foutu, c’est plutôt nous qui sommes foutus! Un pays bien foutu comme le nôtre – avec tout ce que cette phrase porte de symbolique – ne peut être foutu que parce que nous avons cessé de le voir comme une source d’espérance.

Il va bien falloir le reconnaître une bonne fois pour toutes : On n’aime pas travailler chez nous, on n’aime pas rêver, on n’aime pas dialoguer, on n’aime pas critiquer sans blesser ou diffamer, on n’aime pas aller vers l’autre dans sa différence et sa diversité, on n’aime pas tolérer, on n’aime pas réviser nos erreurs pour les corriger et les éviter par la suite, on n’aime pas partager nos richesses, nos expériences, nos savoirs, notre amour, nos vécus avec générosité, on n’aime pas « aimer » son frère, son ami, son voisin, son compatriote, son prochain.

On se déteste parce qu’on refuse de se connaître de l’intérieur, rentrer en nous-mêmes, nous auto-critiquer avec impartialité, établir tout le temps le compte rendu intégral de notre conscience….avancer.

Le principe socratique à la base de la civilisation grecque ne suggère-t-il-pas par exemple à chaque membre de la Cité ce fameux « connais-toi toi-même » ? C’est-à-dire, cette connaissance de soi qui se transforme en « connaissance », comprendre, une nouvelle naissance à la vie, un réveil au monde et surtout « une résurrection de notre âme authentique ». En tous cas, cela ne nous étonnerait jamais, à vrai dire, si l’on voyait aujourd’hui en Algérie nos syndicalistes, nos ministres, nos officiels, nos chefs, nos cadres et nos élites démobilisés, dépatriotisés, dénationalisés, désorganisés, etc.

Car quand, avant de parler de l’école, certains vous parlent de la mosquée, avant de parler de la terre, ils vous parlent du ciel, avant de parler de la logique et de la raison, ils vous balancent « hypocritement » à la figure plein de formules pieuses qui ressemblent à tout ce que vous voulez sauf à l’esprit de la religion authentique, avant de parler de la vie d’ici-bas, ils vous parlent du paradis de l’au-delà, avant de parler de l’homme, ils vous parlent de Dieu, etc., l’équation de nos problèmes devient dès lors trop difficile à résoudre! Voire d’une complexité rédhibitoire.

Car le problème que nous « croyons » incrusté chez l’autre est, en vérité, en nous-mêmes, dans nos cerveaux, nos têtes, nos idées, nos gestes, nos comportements et nos manières de percevoir la réalité du monde.

Du coup, affirmer par exemple que « moi, je crois » ne signifie pas, et en aucune manière, que « moi, je ne dois pas penser» et agir en conséquence, être humaniste, utile à la société, porter secours aux autres, accepter leur croyance et la respecter. En termes simples, on doit penser ce que l’on croit, sinon notre foi ou croyance deviendra un obstacle à la pensée, la nôtre!

Encore faudrait-il qu’il y en ait une au sens propre comme au figuré. En gros, nos problèmes se compliquent et se compliqueront davantage et notre pays sinon nos pays (je faisais allusion à tout le territoire musulman) deviendront des « Absurdistan » tant qu’on arrive pas à trancher cette question.

Kamal Guerroua


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4 Commentaires sur cet article

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  • amar mokhnache
    7 novembre 2016 at 19 h 58 min - Reply

    ca me parait un peu trop simple d en vouloir au  » ghachi  » que nous sommes….nous ne sommes pas si différents que les autres la preuve quand on va « la bas » on s intègre mieux sinon autant que les autres….il me semble qu une société c est a peu prés comme un grand orchestre lorsqu il y a un solfège harmonieux et un bon chef les musiciens produiront certainement la musique exécutée….!! le pays raisonne par l absurde tout simplement parce qu il est gouverne par des absurdités… très…absurdes…des les zaouias…sont devenus par la force de l absurde des agences de promotions et de blanchissements ….devant un delit on peut dire j assume meme a la sortie du tribunal….on peut échapper a une inculpation en disant tout simplement  » J AI ETE bete »…avec une therapie pareille n importe societe s’abrutirait en moins que ca …

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    • Alilou
      27 novembre 2016 at 16 h 14 min - Reply

      pardon Mr Mokhnache…vous dites « la preuve quand on va « la bas » on s intègre mieux sinon autant que les autres«  laissez-moi rire un peu…la-bas ou !!! a l`etranger vous voulez dire !!! pas vrais…les compatriotes ressortissants algeriens sont les memes ailleurs ou in situ…la meme gente…

      on traine notrew medsiocrité avec nous…

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  • djelloul habib
    8 novembre 2016 at 11 h 10 min - Reply

    Pourquoi invoquer Athènes et Socrate à propos de la connaissance de soi? L’Envoyé de Dieu n’a t-il pas dit « men 3arafa rabah 3arafa nefseh?

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  • Mouloud
    23 novembre 2016 at 10 h 41 min - Reply

    C’est vrai l’Algérien est devenu psychologiquement sado-masochiste, il ne s’aime pas et il n’aime personne sauf les personnes qui vante son ego surdimensionné.

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