Édition du
5 December 2016

De Ben Aknoun à El Mouradia, ou le trou noir du régime

trou de Ben AknounPar Jugurtha Abbou Dans le 23 novembre 2016

Le projet de loi de finances 2017 vient d’être sans surprise aucune, adopté par une écrasante majorité de l’assemblée populaire nationale, attendant de connaitre le même plébiscite au sein de la deuxième chambre du parlement.

L’effet surprise n’a lui aussi pas marqué les débats consacrés à ce projet, bien que parfois, les députés du pouvoir ont donné l’impression de vouloir malmener quiconque élu osant prononcer le mot de la crise, ou un concept semblable, accusant les quelques voix discordantes de partisans de l’instabilité et d’ennemis d’un pays se portant à merveille par la grâce de ses dirigeants ingénieux et clairvoyants qu’ils sont.

Photo.D.R.

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Les chiffres avancés et les mesures d’austérité qui les ont accompagnés ne peuvent que contredire les champions olympiques de la chita, un sport au secours duquel  ne viendront ni le fonds de régulation des recettes ni les prévisions budgétaires des années à venir..

Au-delà des chiffres, les faits sont visibles, un gouvernement incapable de procurer un sachet de lait à ses gouvernés, un gouvernement incapable de distribuer des logements et en même temps de nous prémunir d’émeutes contestatrices, assez souvent fondées sur une distribution injuste et maladroitement établie.

Partout dans le monde, on cherche des causes aux problèmes, on les élimine, et on va vers les solutions. Chez nous, il est interdit de parler des causes, allons-y droit aux fausses solutions, aux maquillages et bricolages auxquels ils nous ont habitués depuis plus d’un demi-siècle, soit depuis le temps que les Algériens ont cru sortir du trou, ne s’apercevant pas de l’autre (trou) que le régime leur creusait.

De bricolage en bricolage, d’une maladresse à une autre, d’un trou à un autre, le voila celui qui devrait annoncer l’apocalypse d’un pouvoir que le peuple espère finissant. Rien de cela, le trou de la couche d’ozone a accouché d’un trou donnant au pays l’image la plus ridicule qui soit, l’image d’une autoroute –projet du siècle-, dont la longueur des scandales va d’est en ouest.

Partout dans le monde, un scandale pareil aurait débouché sur une commission d’enquête suivie de démissions en cascades des responsables de l’accident. Il se trouve qu’en Algérie, le ministre chargé du secteur refuse à priori de parler des causes, il exhorte qui veut l’entendre à se remettre au « replâtrage» tout en louant les efforts du wali  et des membres du gouvernement dépêchés sur les lieux une fois l’information révélée par une chaine de télévision privée.

A propos de ces membres du gouvernement, qui au lieu de se jeter la balle au sujet d’un médicament (dangereux) importé d’Israël, n’est-il pas plus judicieux pour eux de sortir de ce trou dans lequel ils sont blottis et auquel ils s’accrochent bon gré mal gré? N’est-il pas  plus judicieux pour eux de réduire le fossé qui sépare leur discours de la réalité? N’est-il pas plus judicieux pour eux de soigner leurs trous de mémoire et leur rappeler les fins tragiques de leurs semblables à travers le monde?

Il n’en demeure pas moins que l’Algérie peuple et pays, s’enfonce davantage dans un fossé de loin plus profond que celui de Ben Aknoun, dans une crise de loin plus aigue que celle d’un sachet de lait, et qui risque d’être malheureusement, de loin plus fatale qu’un paracétamol périmé.

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UN COMMENTAIRE

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  • rachid dahmani
    28 novembre 2016 at 12 h 37 min - Reply

    Bonjour à tous,

    Pour rester encore dans l’absurdité de nos dirigeants incompétents et corrompus, TSA vient de mettre en ligne un article sur la gestion des eaux, plus particulièrement celles produites par les stations de dessalement. Il est écrit que L’Algérie produit d’importantes quantités d’eau dessalée qu’elle ne consomme pas, faute de moyens de stockage. Le problème, c’est que l’État paie cette eau aux entreprises de dessalement de l’eau de mer, détenues en partie par des groupes étrangers. Donc il y a de l’eau qui est dessalée et qui retourne à la mer. La quantité produite qui retourne à la mer est payée par l’état donc par le contribuable et en parallèle le problème des coupures d’eau n’a jamais été résolu (pour diverses raisons). S’il ne faut pas jeter au cachot tous ces dirigeants ou tout simplement les pendre….

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