Édition du
22 May 2017

Mohamed TAMALT…jusqu’au bout !

 funerailles-du-journaliste-mohamed-tamaltYoucef L’Asnami

 

« Si j’étais Mohamed Tamalt, je serais un journaliste algérien qui vient de mourir en prison. J’étais incarcéré pour insulte au président algérien, le toujours en exercice Abdelaziz Bouteflika, mort également, mais sans qu’il ne veuille le reconnaître, lui. Mon pays est donc dirigé par un mort, avec à sa solde une ribambelle de morts-vivants qui lui font croire qu’il est vivant, et pour ce faire astiquent religieusement sa statue tous les matins. Mais comme ils en vivent grassement, on ne peut pas leur en vouloir. Faut bien croûter, n’est ce pas ? L’Algérie, c’est Walking Dead au pays de l’or noir. Et la base line, c’est « dans le Djebel personne ne vous entendra crier ». »

C’est par ces paroles si sensées que Karl Zero a rendu, ce matin sur France Info, un vibrant hommage au journaliste, qui s’est éteint dimanche dernier suite à sa grève de la faim.

 

«Durant sa présence à l’hôpital, sa famille a pu suivre son état de santé et le suivi médical et cela à travers six visites effectuées par son frère et une visite par la mère et deux visites effectuées par un représentant de l’ambassade britannique en Algérie », ont clamé les autorités officielles qui ont présenté leurs condoléances à la famille. Le culot !!!

Et voilà ! Une voix qui dérange en moins ! Le plus surprenant dans ce tragique événement, c’est la réaction de la « presse nationale » pour le moins partagée. Certains reprochent à Mohamed de trop s’attarder sur la vie privée de nos responsables politiques au détriment des analyses documentées sur l’état de notre pays sur les plans économique, sociologique, culturel et stratégique.

Or la vie privée des hommes politiques ne l’est plus dès lors qu’elle engage directement les fondements d’un Etat qui se veut de droit et de justice.

 

La tiédeur des réactions de certains médias face à ce drame s’explique en fait. Candidats à la mangeoire gouvernementale via la publicité notamment, on se tait sous peine d’être privé de rente. Surtout en ces temps de crise.

Alors que la presse mondiale a rapporté et commenté l’événement, il faut aussi souligner le silence presque assourdissant de nos « partis politiques » quant à cette tragique disparition d’un homme, qui, quoi qu’on lui reproche, est mort pour ses convictions, qu’elles soient partagées ou non. Et que pour ça, il mérite honneur, respect et Rahma !

Les médias qui ont préféré continué à disserter sur « Rahmat Rabi » retirée du marché, ignorent que nous sommes à l’ère des réseaux sociaux. Et que leur silence complice est largement  compensé par une extraordinaire mobilisation populaire de la société civile qui donne espoir que, peut être, rien n’est perdu dans ce pays. Des honneurs lui ont été rendus même par des personnalités médiatiques qui ne partageaient pas du tout ses idées, ou qui ne le connaissaient même pas. Quelle légitime fierté de voir cette attitude responsable et parfaitement cohérente avec l’idée que l’on se fait de la démocratie.

Cette mort rappelle étrangement les paroles de Mitterrand prononcées lors des funérailles de Pierre BEREGOV en mai 1993

« Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous. ».

Paroles parfaitement transférables dans ce douloureux contexte. Comme le sont celles de Georges BRASSENS

« Mourir pour des idées, l’idée est excellente
Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue
Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente »
Repose en paix Mohammed.


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3 Commentaires sur cet article

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  • Kamel Bouras
    13 décembre 2016 at 23 h 34 min - Reply

    Bouteflika 80 ans, Toufik 79 ans, Gaid 84 ans, Ould Abbas 84 ans….vieillards hideux, rongés par le deshonneur, la corruption et le crime, haïs des hommes et des choses, ayant passé leur sordide vie à empoisonner l’existence de leurs enfants, les voilà qu’ils s’acharnent sur leurs petits enfants de l’age de M. Tamalt. Quel malheur, quelle malédication!




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  • Mohammed
    14 décembre 2016 at 11 h 39 min - Reply

    Vous voulez dire les enfants du petit peuple,ça oui!!!
    Quant à leur progéniture(de tous les responsables politiques algériens de quelques rangs qu’ils soient)leur avenir est assuré pour 2 ou 3 générations si ce n’est pas plus..
    Au fait!M.Tamalt(Rahimaho Allah)parlait de quoi au juste!??




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  • VUVRIT – IW.
    15 décembre 2016 at 13 h 48 min - Reply

    Les parents du défunt doivent engager des poursuites judiciaires, mais devant quelle justice ? et contre qui ?
    Certainement pas devant la Justice du F.L.N. de la nuit, qui l’à tué ! Mais devant les instances internationales, comme la Cour Pénale Internationale ou devant les tribunaux des Etats civilisés ou la justice et non seulement indépendante mais elle est compétente pour statuer sur des questions qui concernent les citoyens des Etats tiers, à l’image de la justice Espagnole ou de la Suisse, mais l’instance judiciaire la plus habilité à s’auto saisir c’est la Justice Britannique, car Mohammed TALMAT est détenteur de la nationalité anglaise.
    Et contre qui ?
    Cette action judiciaire internationale doit être dirigée contre toute la chaîne des commis de l’Etat impliqués de près ou de loin dans la mort de Mr TALMAT.




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