Édition du
29 June 2017

Fafa s’inquiète de sa colonie, la sous-France.

Un résumé du rapport d’information de la commission des AE de l’Assemblée nationale française qu’a réalisé notre Ami Youcef L’Asnami. Avec nos remerciements.

LQA
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Le rapport d’information de la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale française intitulé « Sur la coopération européenne avec les pays du Maghreb » a été rendu public ce matin. 165 pages avec les annexes ya Bou Galb !

Hadik la phrase du député Guy Teissier, un des contributeurs de ce rapport, qui a évoqué le « prurit permanent » du pouvoir algérien quand il s’agit de la France et affirmé que « Dans ce pays, il y a un dysfonctionnement entre le gouvernement et le peuple : le peuple est en demande de France (sic) quand le gouvernement rejette la France et ne manque pas une occasion de vilipender notre pays »

a disparu du rapport et remplacée par :

« Par ailleurs, les investisseurs, qui arrivent souvent avec des idées généreuses, connaissent de fortes déceptions du fait du caractère tatillon de l’administration. En Algérie du moins, il reste très compliqué pour les entreprises de s’implanter. Je le vois bien dans ma ville de Marseille, il y a un foisonnement d’associations, de débats, de rencontres, mais il est très difficile de passer des engagements et des promesses à la mise en œuvre pour toutes sortes de raisons. Le résultat est que nous laissons la place à d’autres, comme les Etats-Unis et la Chine ; cette dernière est maintenant très présente alors qu’elle a été longtemps totalement absente. »
….
« La francophonie est en recul, mais il y aussi une demande forte. »

Morceaux choisis

• Ainsi au plan politique, l’intégration est au point mort, la frontière est fermée entre les deux grands voisins et leur rivalité freine toute velléité d’union régionale.

• Il n’existe pas le plus petit début d’intégration économique.

• l’Union du Maghreb arabe est aujourd’hui hélas une coquille vide.

• Bien que physiquement affaibli, Abdelaziz Bouteflika a été réélu le 17 avril 2014 dès le premier tour, avec 81,5% des suffrages face à son ancien Premier ministre de 2000 à 2003, Ali Benflis crédité de 12,2% de voix. Le scrutin s’est déroulé dans le calme, sauf en Kabylie où des incidents ont eu lieu. Le Président algérien a prêté serment le 27 avril, effectuant son premier et dernier discours public depuis 2012.

• L’économie rentière : une fragilité criante. La baisse du prix du pétrole met en danger le modèle d’économie de rente qui avait, avec le souvenir de la guerre civile, contribué – grâce à une redistribution tout azimut notamment en direction des jeunes – à prémunir l’Algérie contre la vague de soulèvements populaires de 2011.

• Par ailleurs, l’Union européenne et l’Algérie négocient actuellement les modalités d’accession de l’Algérie à l’OMC. Ces négociations sont très difficiles, notamment parce qu’Alger refuse d’abandonner les plafonds de participations à l’investissement étranger (equity caps), qui constituent des barrières à l’investissement (aucune entreprise étrangère ne peut détenir plus de 49 % du capital d’une entreprise algérienne). Alger a toutefois adopté un plan national de lutte contre la contrefaçon et le piratage, qui constitue un signal positif en vue de son adhésion à l’accord de l’OMC sur les droits de propriété intellectuelle (ADPIC).

• Selon Hubert Védrine, entendu par la mission, « il faut se garder de l’idée que nous savons tout sur le Maghreb. Notre degré de connaissance du Maghreb a considérablement baissé depuis les indépendances, nous avons vécu sur un stock de connaissances qui n’ont pas toutes été réactualisées. »

• Du fait de la mésentente entre l’Algérie et le Maroc, la relation triangulaire se caractérise en fait par deux relations bilatérales France – Algérie d’un côté et France – Maroc de l’autre sur laquelle plane l’ombre du troisième partenaire absent. Lorsqu’une des deux relations se réchauffe, l’autre se refroidit presque automatiquement. La séquence qui s’est ouverte en 2012 témoigne parfaitement de cet état de fait.

• Ces deux derniers pays sont d’autant plus sensibles au traitement qui est réservé à leurs ressortissants lorsqu’ils voyagent en Europe et particulièrement en France comme en témoigne l’émoi qu’a suscité la fouille de plusieurs ministres marocains en transit dans les aéroports parisiens en 2014 et 2015. Le rapporteur estime bien évidemment nécessaire de maintenir, dans le contexte sécuritaire et migratoire actuel, l’obligation de visa pour les ressortissants maghrébins mais il appelle à ce que les procédures soient les plus transparentes possibles, à ce que les motifs de refus soient spécifiés aux intéressés et bien évidemment à ce que le paiement du prix du visa ne soit effectif qu’une fois le visa accordé et non pas au moment de la demande.

• Notre coopération universitaire s’attache à accompagner la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat) avec la mise en place de masters professionnels ; à la formation des enseignants-chercheurs ; à la mise en place de pôles d’excellence (Ecole supérieure algérienne des Affaires, classes préparatoires, création d’un réseau d’Instituts de Technologie) ; à l’amélioration du système éducatif et de la formation professionnelle. La réforme du programme de bourse PROFAS a été finalisée, sur la base de la parité de financement (1,2 millions d’euros par an, 650 boursiers) et deux instituts de technologie ont ouvert en septembre 2014.

• Le dispositif Campus France Algérie est parmi les plus importants au monde : 18 326 dossiers de demandes d’études en France enregistrées en 2013/2014 et 3 367 visas pour études. En 2014-2015, les étudiants en provenance d’Algérie étaient près de 23 000 à poursuivre leurs études en France, ce qui représente plus de 7% des étudiants internationaux et le 3ème groupe d’étudiants étrangers après le Maroc et la Chine. La majorité des étudiants partent en mobilité non-encadrée et sur leurs fonds personnels.

• L’enseignement du et en français est également au cœur de notre action : aide à l’amélioration de la formation initiale et continue des enseignants de français dans le secondaire et le supérieur ; appui aux doctorants de français ; soutien à la mise en place de centres d’enseignement intensif des langues dans les 35 universités du pays. Le réseau scolaire français en Algérie est concentré à Alger. L’ouverture de nouvelles écoles à Oran et Annaba vient d’être annoncée. L’ouverture du site oranais est prévue dès 2017, dans des locaux temporaires, pour la rentrée prochaine. L’aide de nos partenaires algériens a été déterminante pour l’avancement de ce dossier.

• Notre coopération s’appuie sur un réseau culturel français redéployé depuis 2000 (cinq instituts culturels à Alger, Annaba, Oran, Constantine et Tlemcen). La réouverture de l’institut français de Tizi Ouzou est à ce stade refusée par les Algériens pour des raisons sécuritaires. Le lycée-collège international Alexandre Dumas à Alger, rouvert en 2002, scolarise plus de 1000 élèves, une autre école primaire à Alger en scolarisant 500. Des projets d’ouverture d’écoles françaises à Oran et Annaba ont été conclus lors du dernier CIHN.

En annexe, les PIB par pays en milliards de dollars. Surpris par celui de la Libye !

Algérie 214
Libye 29,72
Maroc 97,1
Mauritanie 5,44
Tunisie 43,02

http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4384.asp

 


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6 Commentaires sur cet article

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  • ppp
    28 janvier 2017 at 10 h 08 min - Reply

    moi je ne vais pas chez eux! je ne veux pas qu’ils viennent chez moi, c’est aussi simple que sa.




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  • Fafa s'inquiète de sa colonie, la sous-France – Diaspora Saharaui
    28 janvier 2017 at 15 h 30 min - Reply

    […] Le Quotidien d’Algérie […]




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  • Mustapha
    29 janvier 2017 at 1 h 58 min - Reply

    Malheureusement beaucoup d’algériens et algériennes continuer d’espérer être Français. La raison à cela, un régime despotique et sanguinaire qui a confisqué la grande histoire de l’Algérie.

    En 2017, un grand pays comme l’Algérie dépend de la France pour fournir une baguette de pain à son peuple. Par ailleurs, la petite économie que nous avons est dominée par les entreprises françaises.

    Aussi, nous pouvons parler de l’école, de l’université qui fabriquent des milliers de diplômés, mais sans la moindre utilité pour nos entreprises.

    Je pourrais passer tous les secteurs, pas un seul n’échappe à la gabegie qui gangrène toutes les institutions du pays y compris la présidence de la république.

    Eh oui, une Présidence que nous avons confié à un nommé Bouteflika, jugé et condamné par la cour des comptes en 1982 à rembourser plus de 58 millions de dinars. Cette somme équivaut a plus de 130 milliards aujourd’hui.

    Et pour rajouter l’insulte au mépris, certains poussent l’indécence jusqu’à qualifié cet individu de président de la république.

    Pouvons-nous parlé de l’Algérie comme un État, alors que ce régime multiplie les mesures de répression contre le peuple et refuse de ce plier aux dispositions de la constitution qu’il a pourtant lui-même rédigé?

    Le plus dramatique, c’est que tout cela nous laisse complètement indifférents. mais quel genre de peuple sommes-nous enfin??…




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  • Nordine
    2 février 2017 at 15 h 12 min - Reply

    132 ans ça laisse des traces !!!
    A ce titre on est une pure « extension » ou « annexe » de la France …….
    j’ai une anecdote qui pèse sont poids par sa source quand fut organisé le referendum pour « l’autodétermination de l’Algérie » le 03/07/1962 il était fixé comme date symbolique de l’indépendance le 07/07/1962 mais Mr Ben Bella superstitieux comme pas deux la fit changé pour le 05/07/1962 pourquoi ?? parce que parait il pour les mouchriks que le 5 ça porte bonheur, et que ça protège, (main de je ne sais quoi, etc, etc) ??????
    On en est ou aujourd’hui leurs idolâtries nous on telles protégées ????
    Et ça continue avec sieur boutelflika




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  • Alilou
    4 février 2017 at 18 h 39 min - Reply

    Je viens de voir un doc Algérie vue du ciel.
    C’un français qui m’fait découvrir mon pays.

    Nous ne méritons pas ce pays magnifique.

    Je comprend maintenant pourquoi le bon Dieu nous a envoyé nos maîtres qui nous font vivre une vie d’enfer.

    Nous méritons cette dictature.

    Oui la France s’inquiète de son ancienne colonie. Ils seraient resté on aurait jamais eu cett




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    • Alilou
      4 février 2017 at 18 h 40 min - Reply

      Cette vie de misère. Ils auraient fait de notre pays un vrais pays.
      Nos martyres nous maudissent de l’au-delà.
      Nous avons trahi leurs sacrifices.




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    Congrès du Changement Démocratique