Édition du
28 June 2017

AU SUJET DE LA DYSPHASIE : ON FAIT DANS DE LA NEUROPSYCHOLOGIE ET DE L’ÉPIGÉNÉTIQUE ET NON DANS DE LA NEUROLOGIE

 

Pr Nacira Zellal, orthophoniste de la Faculté de Médecine de Paris

www.urnop-alger2.com

le 02/06/2017

J’invite au débat scientifique ceux qui, parmi mes élèves orthophonistes, ont, le 10 mai 2017, participé à un colloque sur la dysphasie, me le cachant, par crainte de ma participation, alors que nous travaillons dans le même Département, ce Département-là, dont le monde entier sait l’Historique de la Fondation et qu’un colloque sans référence ni débat contradictoire, risque de rester sans apport, limité à de la description sémiologique ou, pire, dans de l’énumération de techniques plaquées au patient, sans réflexion.

Il a suffi que je le relève, pour que se déchaînent, comme de coutume, insultes venimeuses féminines, diffamations et mensonges, comme lors d’une crise terrible, de la plume par ailleurs truffée de fautes, de l’une d’entre elles. Dans une université normale, quand on ne sait pas écrire, on est interdit d’enseigner et de pratiquer l’orthophonie.

Ces personnes anonymes-là, stagnantes, ne peuvent, en effet, réagir que par un tel langage, vu que le langage scientifique leur fait défaut. Sinon, qu’elles relèvent donc le défi, en répondant dans mon langage, celui scientifique, qui, comme dans tous mes articles, anime ce rappel de mes travaux en dysphasie (depuis 1979, cours Etudes de cas, si prisé des étudiants, dispensés aux CHUs Mustapha, Beni-Messous et en EJS, Formations Continues de la SAOR, encadrement de stages en Europe et en pays arabes, …).

Ainsi, je fais dans la démonstration scientifique et brièvement ici, car j’ai beaucoup publié dans ce domaine, je donnerai juste des indications, doublées de quelques références.

Je ne vais pas réécrire tout ce que j’ai produit dans le domaine de l’acquisition, depuis la thèse soutenue dans ce secteur en 1979, je ne fournirai ici, que des indicateurs que le désireux d’apprendre n’a qu’à consulter dans notre site : un site est fait pour cela.

 

Comme en médecine, toute prise en charge en orthophonie s’inscrit dans un corps conceptuel, un modèle théorique, faute de quoi, l’on tomberait dans de la « parapsychologie », dans le soin qui consiste à plaquer des techniques, de façon mécanique, sans exploitation du fruit d’une recherche, prouvant l’expérience dans le domaine. Il existe des guérisseurs et des hrouz, mais là, on est à l’Université : on fait de la recherche et on en publie les résultats, pour servir ceux qui en ont besoin.

Comme vous le constaterez en ligne, au travers de vos consultations de moult textes publiés en Algérie et à l’étranger, il s’agit d’un Parcours dessinant une théorie, qui a pris corps à partir de l’observation de ce qui se passe dans le développement du langage chez l’enfant normal, puis lors la rééducation de ce même processus, lorsqu’il est compromis. Un va-et-vient théorie-clinique et clinique-théorie, permet la proposition, dans divers conférences et articles produits depuis les années 80, d’un protocole de rééducation de la dysphasie, qui a fait et fait ses preuves. Notre cours Études de cas, OPU 1992, scanné et publié en ligne, rapporte aussi des essais, qui seront développés jusqu’aux débuts des années 2000, sur le terrain clinique par nous-même et à travers les milliers de mémoires et thèses que nous dirigeons, depuis 40 ans, travaux qui se poursuivent à ce jour.

Ainsi, je ne fais pas dans la sémiologie des diverses formes de dysphasie ni dans la description des techniques utilisées par les orthophonistes, tout ceci est dans le net.

Ces techniques sont plutôt intégrées dans un modèle théorique, afin que le praticien « sache où il va et comment ». S’il comprend ce qu’est l’acquisition, puisque la dysphasie est un trouble d’acquisition, il pourra alors faire des miracles avec l’enfant dysphasique !

Aujourd’hui, les troubles d’acquisition sont rangés parmi les troubles neuropsychologiques, cela veut dire que le soin de l’enfant dysphasique ne relève ni de la psychiatrie ni de la neurologie. Les spécialistes distinguent les 02 termes de la dichotomie : génétique et épigénétique. Nous nous inscrivons dans le second concept.

D’abord, le diagnostic doit être clairement posé, c’est-à-dire à l’aide d’un bilan d’examen neuropsychologique, adapté à la réalité algérienne et y étalonné, sachant que le seul test disponible en Algérie depuis l’indépendance, qui réponde à ces critères, c’est le « MTA » (N. Z., 1999, CMEP 91MDU177), batterie d’épreuves practo-gnosiques, linguistiques et cognitives, que le doctorant Salah Kacemi a numérisé en 2017 et exploité dans sa thèse récemment déposée. Novateur, ce Logiciel a fait l’objet de sa distinction lors du Salon National du produit de la recherche (DGRSDT, 18-21 mai 2017).

Donc, déjà, lors de ce colloque du 10 mai, j’aurais sans doute mis mal à l’aise les orthophonistes présents, car je leur aurais posé la question de savoir à l’aide de quels instruments cliniques justifiés par une recherche scientifique et rendus techniquement disponibles, le dysphasique algérien est-il cognitivement exploré et diagnostiqué ? L’à peu près et le « para » n’a pas droit de cité en Science.

Ensuite, le clinicien intègre chacune de ses techniques et la progression de leur utilisation, dans un modèle aujourd’hui connu sous le libellé « cognitivo-comportementaliste », proposé en 2003 suite à l’expérimentation de ses caractères opératoires, et ce, dans une publication, qui est mise en ligne depuis plusieurs années.

Y est expliquée la spécificité de la rééducation de la structuration spatio-temporelle du dysphasique, par des techniques, qui soient propres à chaque cas, d’où l’impératif d’une évaluation scientifique et rigoureuse, des compétences cognitives du patient, par des tests spécialisés.

Il s’agit du résultat de l’atelier animé, en matière de rééducation des troubles d’acquisition dont la dysphasie, lors de la Croisière en Méditerranée, organisée par une Association française, l’Association Méditerranéenne de Formation des Orthophonistes, AMFOR (Gênes, Naples, Messine, Tunis, Palma, Barcelone, 24-31 mai 2003).

À ce titre, je propose donc à l’orthophoniste de consulter les données théorico-cliniques au sujet de la rééducation de la dysphasie, contenues dans le lien publié dans le site de notre Laboratoire : http://www.laboslancom-univ-alger2.dz/images/pdf/lien24.pdf

Il consultera aussi tous les articles sur l’enfance et sur l’acquisition-apprentissage in : https://urnop-alger2.com/images/cv_zellal.pdf, autant d’articles à l’écho publié aussi dans notre site (article d’Alterinfo), qui ont pu faire reculer le MEN, face à l’erreur qu’il allait, ne maîtrisant pas la différence scientifique et spécialiste entre langage et langue, commettre, d’enseigner la daridja à l’école.

Dans cette optique, l’enfant dysphasique est rééduqué en langage jusqu’à 7-8 ans (stade de l’acquisition), puis en langue au-delà (stade de l’apprentissage), car intellectuellement, il n’est pas détérioré, il a la même intelligence que celle de l’enfant normal ; l’orthophoniste doit savoir lui donner les moyens de l’exprimer.

 

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4 Commentaires sur cet article

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  • Kacemi
    2 juin 2017 at 17 h 48 min - Reply

    Chère Professeure Zellal, la vérité est sur tous les arbres de Bouzareah, ce Campus où ces personnes vivent cachées et vous guettent nous sommes témoins, pour vous nuire chaque jour. Ils ont du temps. Elles sont cachées dans un bâtiment noir. Même les présents à ce colloque se moquent d’elles. Sans le Maître, l’élève ne fait rien de rien de crédible c’est normal, avec un niveau aussi ridicule! Mes paroles sont destinées aux enseignants ingrats ils sont en poste grâce à vous Pr Zellal, le proverbe arabe dit : fakido elchayi la you3tih. Nous avons appris qu’un des moyen d’apprendre à l’enfant les règles de la vie humaine, c’est de lui demander d’avoir des signes de reconnaissances pour ce qu’on lui donne et d’apprendre à dire : »merci » dans les sens ! Dans le temps de cette petite pause, l’enfant découvre que ce qu’il reçoit de la part de l’autre, c’est de l’attention, des efforts, des sacrifices et c’est donc une question d’EDUCATION ! Ces personnes ne sont donc pas éduquées, c’est tout ! Vous êtes là fondatrice de la science de la parole qui est dans l’Orthophonie en Algérie yhabo wala yakarho et personne y compris ces enseignants ne nie sacrifices, vos compétences pluridisciplinaires, vos efforts via la meilleure spécialité des sciences humaines l’orthophonie et qui dit orthophonie dit zellal lakad kawantom oumma ya oustadatina we ltarikh yachhad . Kacemi Salah, Maître Assistant en orthophonie et tous mes collègues qui ont créé la chaire d’orthophonie à l’université de Annaba, sont aussi les élèves de Zellal




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  • Bouabdallah
    4 juin 2017 at 0 h 46 min - Reply

    Chère Professeure Zellal :
    Votre ardeur scientifique est une brillante distinction qui honore toute l’action humaine, généreuse et efficace que vous avez menée pendant toute votre carrière scientifique, professionnelle (L’ORTHOPHONIE EST JURIDIQUEMENT RECONNUE COMME DÉPARTEMENT AUTONOME )et pour tout le bien que vous avez fait autour de vous. Je vous remercie pour l’aide et les conseils que vous donnez à tous vos étudiants sans distinction .
    Votre carrière est faite de rectitude, de dévouement et de grandes compétences. Je tiens à vous féliciter chaleureusement pour cette haute distinction. Vos activités exemplaires couronnent les éminents services que vous avez rendus à la collectivité.

    Y. Bouabdallah Maître assistant –A-




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  • Z. BARKA
    6 juin 2017 at 12 h 54 min - Reply

    A TOI NACIRA

    L’intelligence brille, avance et illumine son entourage

    La nullité et la bétise tournent sur elles mêmes dans une obscurité abyssale

    Quoi dire de plus sur ceux qui ne méritent aucune attention !

    Conclusion après lecture de ton brillant l’article.

    PR Z.BARKA USTHB




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  • Souhali Hichem
    10 juin 2017 at 14 h 54 min - Reply

    Professeur Zellal,
    Vos élèves ont du lire (comme moi) avec passion ce très bel Article. Outre ce style (le votre) d’écriture d’un beauté et d’un limpidité rare, Vous incarnez le chercheur émérite qui propose des solutions aux troubles du langage alors que d autres font dans la description de l échec (Ne sachant pas manier la langue) La science et le pays ne peuvent progresser dans les démarches douteuses des constats d échec. On connait l échec … On se doit de le réparer. Bravo Professeur pour votre démarche de réhabilitation des sciences de l homme.

    H. Souhali – Maître-Assistant – Université de Batna 2




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  • Congrès du Changement Démocratique