Édition du
21 November 2017

LE MONDE ARABE DANS LA LONGUE DURÉE. LE PRINTEMPS DES PEUPLES ?

NOTES DE LECTURE. LE MONDE ARABE DANS LA LONGUE DURÉE. LE PRINTEMPS DES PEUPLES ?

SAMIR AMIN

 LibreAlgérie.info

Par Benyassari

L’année 2011 s’est ouverte par une série d’explosions fracassantes suivie d’une grande colère des peuples. Depuis cette date, les luttes sociales des peuples de la région arabe, ont été perverties par la machine infernales et les manipulations des puissances occidentales qui ont aidé à mettre en avant des forces destructrices passéistes. Les pays qui ont vu naître les aspirations légitimes au changement, sont aujourd’hui au bord de l’implosion. Les pouvoirs autoritaires en place, utilisent les perspectives de changements auxquelles aspirent les peuples, comme un épouvantail pour faire peur à leur opinion nationale. Il serait judicieux de revisiter cette dynamique des printemps arabes et d’aller voir de façon scolaire ce qu’il en est. Qui mieux que Samir Amin, pour parler de cette dynamique des peuples qui a suscité beaucoup d’espoirs et nombre de déceptions. Les printemps des peuples arabes « comme ceux des peuples d’Amérique latine depuis deux décennies, que Samir Amin appelle la seconde vague de l’éveil des peuples du Sud, revêt des formes diverses allant des explosions dirigées contre les autocraties qui ont précisément accompagné le déploiement néolibéral à la remise en cause de l’ordre international par les pays émergents ». Ces printemps coïncident avec l’automne du capitalisme, le déclin du capitalisme des monopoles généralisés, mondialisés et financiarisés. Pour l’auteur, « les mouvements partent, comme ceux du siècle précédent, de la reconquête de l’indépendance des peuples et des Etats des périphéries du système, reprenant l’initiative dans la transformation du monde ».

Dans ce livre, « Samir Amin analyse le mouvement, ses potentialités, mais aussi les dangers de dévoiement et de récupération qu’il court (comme par exemple celui de l’instrumentalisation de l’islam politique par les puissances occidentales). Au-delà de ces évènements qui changent la face du monde, « il montre comment, pour mieux comprendre le monde arabe, il faut l’envisager sur la longue durée. » Cet essai est une esquisse fondamentale de l’histoire du monde arabe et de ses rapports avec les puissances impérialistes. Pour Samir Amin, il l’affirme clairement, « Ce qui est sûr, c’est que plus rien ne sera comme avant. Car, il ne s’agit pas d’un soulèvement avec pour seul objectif celui de se débarrasser des dictateurs en place, mais d’un mouvement de protestation de très longue durée, qui remet en question à la fois l’ordre social interne dans ses différentes dimensions, notamment les inégalités criantes dans la répartition des revenus, et l’ordre international, la place des pays arabes dans l’ordre économique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au néolibéralisme, et dans l’ordre politique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au diktat des Etats-Unis et de l’Otan ».

L’une des thèses, est que « le monde arabe (et au-delà le monde musulman d’une manière générale) était bien parvenu, dans un passé désormais lointain, à s’imposer comme acteur actif dans le façonnement de la mondialisation ancienne, pré-moderne. Mais il n’a pas su éviter le déclin et a succombé aux assauts de la mondialisation capitaliste moderne, en dépit des tentatives répétées et fortes au XIXe puis au XXe siècles de sortir de son statut de périphérie dominée par l’impérialisme des puissances occidentales. Ce défi pour être surmonté selon l’auteur, « exige plus de sacrifices et l’abandon définitif des illusions passéistes, c’est-à-dire de toute perspective d’islamisation de la société et de la politique ». Cette posture doit bien entendu rejeter tout ralliement à une occidentalisation de pacotille qui au demeurant est compatible avec « l’islamisation » en cours, mais elle devrait se faire « au bénéfice d’une libération des capacités inventives des peuples arabes (orientées vers l’invention de l’avenir et non le retour au passé), nécessaire pour leur permettre de devenir des agents actifs dans le façonnement de leur avenir avec et aux côtés des autres peuples en lutte contre le capitalisme/impérialisme dominant ». De tout ce qui précède, l’auteur tire pour conséquence la nécessité qu’ « on ne pourra avancer dans la réflexion et l’action sans un retour sur la lecture critique du passé et du présent du monde arabe ».

Le chapitre premier du livre propose une lecture assez exhaustive des explosions de l’année 2011 et les quatre chapitres suivants, retracent la dynamique d’évolution du monde arabe, dans la longue durée, dans les systèmes mondiaux d’hier et d’aujourd’hui et ceci dans le cadre d’une appréhension globale de l’histoire. Ces quatre chapitres, dit l’auteur, « sont organisés autour des quatre concepts directeurs : la plaque tournante, le déclin, le sursaut, la dérive ». Ainsi, « ces titres correspondent à la succession historique de la place et du rôle du monde arabe dans les systèmes anciens du monde tributaire puis dans les phases successives de déploiement du système capitaliste mondialisé ». L’auteur s’inscrit dans la logique du déclin du capitalisme dans l’équation incontournable, à l’échelle de l’humanité entière : socialisme ou barbarie généralisée (serions-nous dans la seconde hypothèse ?).

En effet, « le projet de contrôle militaire de la planète par les forces armées des Etats-Unis et de leurs alliés subalternes de l’Otan, toujours en cours, le déclin de la démocratie dans les pays du centre impérialiste, le refus passéiste de la démocratie dans les pays du Sud en révolte (qui prend la forme d’illusions parareligieuses « fondamentalistes » que les Islam, Hindouisme et Bouddhisme politiques proposent) opèrent ensemble dans cette perspective abominable ». La démocratisation devient dans ce cadre, un enjeu décisif dans une phase ou « la perspective d’une émancipation des peuples s’oppose à la barbarie généralisée ».

Des explosions populaires de 2011, l’auteur retient une lecture ambivalente mais porteuse d’espoir peut-être ? Les avancées du monde arabe « s’inscriront nécessairement dans le mouvement de dépassement du capitalisme/impérialisme à l’échelle mondiale. » L’échec par contre, signifierait la régression inéluctable et maintiendrait « le monde arabe dans son statut actuel de périphérie dominée, lui interdisant de s’ériger au rang d’acteur actif dans le façonnement du monde ». L’auteur fin connaisseur et maîtrisant son objet, ajoute pour plus de vigilance « il est toujours dangereux de généraliser en parlant du monde arabe, en ignorant par là même la diversité des conditions objectives qui caractérisent chacun des pays de ce monde ». Pour une question de méthode, il centre les réflexions sur l’Egypte « dont on reconnaîtra sans difficulté le rôle majeur qu’elle a toujours rempli dans l’évolution générale de la région ». Elle est d’abord, le premier pays qui a tenté d’émerger, bien avant le Japon et la Chine, « dès le XIXe siècle Mohammed Ali avait conçu et mis en œuvre un projet de rénovation de l’Egypte et de ses voisins immédiats du Mashreq arabe. » Cette expérience forte a marqué le 19e siècle et s’est essoufflée lors de la seconde moitié du règne du Khédive Ismaïl, au cours des années 1870. L’analyse de son échec, consécutive à la violence de son agression par la puissance majeure du capitalisme mondial de l’époque, la Grande Bretagne qui a poursuivi avec acharnement « la mise en échec de l’émergence d’une Egypte moderne. » Pour Samir Amin, cette tentative d’essor remarquable, inscrite dans la logique du système capitaliste, « portait en elle les germes de son échec, à la différence du projet de la seconde tentative égyptienne (1919-1967) » celle-ci, s’avérera originale par bien des égards. Il reste conclut-il, que « sans l’agression de l’impérialisme, ces contradictions auraient probablement pu être surmontées, comme le suggère l’exemple japonais. » L’Egypte réduite au statut de périphérie soumise, « va voir ses structures façonnées pour servir de modèle de l’accumulation capitaliste/impérialiste de l’époque. » Cette régression imposée, ne concernera pas seulement le système productif en question, mais les structures sociales et politique en profondeur du pays confiné par des conceptions idéologiques et culturelles passéistes, à demeurer indéfiniment dans le statut de pays subordonné.

L’Egypte, son peuple, ses élites, la nation qu’elle représente, ne se sont jamais accommodés d’un tel statut. Un mouvement ascendant, qui va constituer la seconde vague de radicalisation du mouvement social, « va se déployer au cours du demi-siècle suivant (1919-1967). Ainsi, « le premier coup d’Etat des officiers libres (1952), mais surtout le second inaugurant la prise de contrôle de Nasser (1954) sont alors venus pour couronner cette période de flux continu des luttes ». A l’époque beaucoup avaient considéré que le discours idéologique du nassérisme abolissant toute l’histoire des années 1919-1952, pour faire remonter « la révolution égyptienne » à juillet 1952, comme un parti pris flagrant et avaient analysé les coups d’état de 1952 et 1954 « comme destinés à mettre un terme à la radicalisation du mouvement démocratique. » L’auteur estime que cette approche était globalement fondée parce que le nassérisme ne s’est cristallisé comme projet anti-impérialiste qu’après la conférence de Bandoung en avril 1955. C’est alors qu’il est arrivé à imposer une posture internationale résolument anti-impérialiste avec « un lien aux mouvements panarabe et panafricain, des réformes sociales progressives (mais non socialistes) par en haut, sans démocratie et abolissant toute forme de vie politique (en interdisant aux classes populaires le droit de s’organiser par elles-mêmes et pour elles-mêmes.»

Pour Samir Amin, le vide politique créé par le nassérisme « appelait l’islam politique à le remplir. » La défaite de 1967, « marque la fin de ce demi-siècle de flux. Le reflux est amorcé par Nasser lui-même, choisissant la voie des concessions à droite (l’infitah), l’ouverture à la mondialisation capitaliste plutôt que la radicalisation pour laquelle se battaient entre autres, les étudiants (dont le mouvement occupe le devant de la scène en 1970, peu avant puis après la mort de Nasser », Sadate qui succède accentue le cours de l’infitah et cherchera à intégrer les frères musulmans dans une sorte de système autocratique dont héritera Moubarak, qui persévèrera dans la même voie. Pour l’auteur, suit une période de reflux qui va couvrir presqu’un demi-siècle (1967-2011), « l’Egypte soumise aux exigences du libéralisme mondialisé et aux stratégies des Etats-Unis, a cessé d’exister comme acteur actif régional et international ». Dans la région conclut l’auteur, « les alliés majeurs des Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël occupent le devant de la scène ». Israël, peut désormais s’engager dans la voie de l’expansion de sa colonisation de la Palestine occupée « avec la complicité tacite de l’Egypte et des pays du Golfe ». L’Egypte de Nasser « avait mis en place un système économique et social critiquable mais cohérent. Elle avait fait le pari de l’industrialisation pour sortir de la spécialisation internationale coloniale qui cantonnait le pays à l’exportation du coton ». Ce système a assuré une répartition des revenus favorable aux classes moyennes en expansion, sans appauvrissement des classes populaires. »

Sadate et Moubarak ont démantelé le système productif auquel ils ont substitué un système totalement incohérent, fondé sur la rentabilité d’entreprises qui ne sont pour la plupart que des sous-traitants du capital impérialiste. Pour les puissances impérialistes ce régime protégeait l’Egypte du danger islamiste. Pour l’auteur, « le régime égyptien avait parfaitement intégré l’islam politique réactionnaire (le modèle wahabite du Golfe) dans son système de pouvoir, en lui concédant la gestion de l’éducation, de la justice et des médias majeurs (la télévision en particulier ». Il montre comment le seul discours toléré était celui des mosquées confiées aux Salafistes, leur permettant de surcroît de faire semblant de constituer « l’opposition ».

Mais le ralentissement de l’émigration vers les pays pétroliers, va alimenter les résistances et « les grèves de 2007, les plus fortes du continent africain depuis 50 ans, la résistance obstinée des petits paysans menacés d’expropriation par le capitalisme agraire, la formation des cercles de protestation démocratique dans les classes moyennes (les mouvements kefaya et du 6 avril) annonçaient l’inévitable explosion, attendue en Egypte, même si elle a surpris les  observateurs étrangers. »

Pour l’auteur, « nous sommes donc entrés dans une phase nouvelle de flux des luttes d’émancipation dont il nous faut alors analyser les directions et les chances de développement. » La dynamique de la dernière révolution égyptienne a porté la possibilité de la fin du système néolibéral, « remis en cause dans toutes ses dimensions politiques, économiques et sociales. » Elle a associé trois composantes actives intimement liées à des forces sociales dynamiques : « les jeunes re-politisés par leur propre volonté et dans des formes modernes qu’ils ont inventées, les forces de la gauche radicale, celles rassemblées par les classes moyennes démocrates. » Les jeunes, (environ un million de militants) ont été « le fer de lance du mouvement et ils ont été rejoints par la gauche radicale et les classes moyennes. » Les islamistes ont appelé a boycotter le mouvement persuadés de son échec inéluctables, mais au bout de quatre jours, lorsque celui-ci atteint 15 millions de manifestants, ils ont accepté à le rejoindre. Les jeunes et la gauche radicale, poursuivent des objectifs communs liés à une révolution démocratique et anti-impérialiste, favorable sur le plan économique et social aux classes populaires. Le mouvement des jeunes diversifié dans sa composante sociale, est spontanément ancré « à gauche ». Les classes moyennes, se reconnaissent elles, dans le seul objectif démocratique, sans remettre en cause nécessairement la nature néolibérale de l’économie et l’alignement international de l’Egypte. Des blogueurs issus des classes aisées, développent sur le thème de la démocratie, dans une version proche de celle manipulée par Washington. C’est le visage patiné, déguisé en « révolution démocratique » sur le modèle « des révolutions colorées de l’Europe de l’Est », qui participe de ce fait à la chaîne des acteurs des contre-révolutions orchestrées par les Etats-Unis. Dans l’ouvrage, le lecteur peut trouver moult arguments qui montrent que « la CIA tente néanmoins de renverser le sens du mouvement, d’éloigner les militants de leurs objectifs de transformation sociale progressiste et de les dévoyer sur d’autres terrains. »

L’auteur guidé par une intuition politique évidente, peut alors montrer que les chances de succès du complot deviennent sérieuses « si le mouvement échoue dans la construction de la convergence de ses diverses composantes, à identifier des objectifs stratégiques communs et à inventer des formes d’organisation et d’action efficaces. » L’ampleur du mouvement populaire, a légitimé les trois composantes actives du mouvement et « le succès politique foudroyant (et plus d’un millier de morts les premiers jours), va obliger Hillary Clinton et Obama à changer de fusil d’épaule et à lâcher Moubarak qu’ils avaient soutenu jusqu’alors. Ce qui va pousser les dirigeants de l’armée à refuser de s’impliquer dans la répression et finalement à déposer le président et ses suppôts majeurs. » Alors, « la généralisation du mouvement à l’ensemble du peuple égyptien, constitue par elle-même un défi positif. » L’entrée dans la bataille de la classe ouvrière (5 millions de travailleurs) a fait progresser les formes d’organisation amorcées en 2007 et il y a désormais plus d’une cinquantaine de syndicats indépendants. Des comités populaires des « pauvres » dans les quartiers sont nés pour défendre la révolution. Des recompositions se font dans la société. L’auteur déduit que « des avancées non négligeables dans la construction du front des forces démocratiques et des travailleurs sont en cours en Egypte », dans la mesure où le mouvement social appartient à une dynamique porteuse d’avenir quelque soient les aléas fortuits du moment. Des partis à orientation socialiste, « ont constitué une Alliance des forces socialistes et se sont engagés à poursuivre leurs luttes en commun.

Un Conseil national (Maglis Watany) a été constitué par toutes les forces politiques et sociales acteurs du mouvement. Les frères musulmans et les partis de droite ont refusé de participer à ce Conseil. La dynamique de cette révolution sociale de grande ampleur, contrariée par des forces contraires internationales (Etats-Unis, Arabie Saoudite, pays du Golfe) et les forces internes liées à l’impérialisme, peut un moment trébucher mais l’inconscient collectif de la société égyptienne à enregistré le point de non retour de la dynamique sociale, « tout comme dans la période de flux des luttes du passé, le mouvement démocratique anti-impérialiste et social se heurte en Egypte à un bloc réactionnaire puissant. » L’analyse sociologique, « le bloc réactionnaire est dirigé par la bourgeoisie égyptienne dont les formes d’accumulation dépendante à l’œuvre au cours des quarante dernières années, ont provoqué l’émergence d’une bourgeoisie riche, bénéficiaire exclusive de l’inégalité scandaleuse qui a accompagné ce modèle libéral mondialisé ».

La caractérisation de cette classe dominante, plus parasitaire montre qu’ « il s’agit de dizaines de milliers non pas d’entrepreneurs inventifs, comme les présente la Banque mondiale, mais de millionnaires et de milliardaires qui tous doivent leur fortune à leur collusion avec l’appareil politique (la corruption, est une composante organique de ce système ». Cette bourgeoisie compradore, constitue « le soutien actif de l’insertion de l’Egypte dans la mondialisation impérialiste contemporaine. Elle est l’allié inconditionnel des Etats-Unis ». Le versant rural de cette logique de classe, est parachevé par la volonté de la paysannerie riche réactionnaire, d’accélérer l’élimination de la petite paysannerie. Dans les centres urbains, une partie des classes moyennes (les officiers de l’armée, de la police, les technocrates et les professions libérales), viennent de la paysannerie riche. Ces couches réactionnaires, disposent d’instruments politiques à leur disposition (l’armée et la police, les institutions de l’Etat, le parti politique privilégié qui est une sorte de parti unique, le Parti national démocratique créé par Sadate, l’appareil religieux d’Al Azhar, les courants de l’islam politique dont les frères musulmans et les salafistes).

L’ouvrage met en lumière, les réseaux occultes qui irriguent cette bourgeoisie compradore rétive à tout changement, qui trouve son intérêt dans le statu quo. Ainsi, l’aide militaire octroyée par les Etats-Unis à l’armée égyptienne (1,5 milliard de dollars annuels) « n’a jamais été destinée à renforcer la capacité de défense du pays mais au contraire à en annihiler le danger par la corruption systématique, non pas connue et tolérée, mais soutenue positivement, avec cynisme ». Cette aide a permis à des militaires de s’approprier des segments importants de l’économie compradore égyptienne, au point qu’on parle en Egypte de « la société anonyme/armée » (Sharikatal geish).

Ainsi, « le commandement de l’armée qui a pris la responsabilité de diriger la période de transition, n’est de ce fait pas neutre bien qu’il ait pris la précaution de paraître l’être en se dissociant de la répression. Le gouvernement civil à ses ordres, composé des hommes de l’ancien régime, a pris une série de mesures parfaitement réactionnaires, pour freiner la radicalisation du mouvement populaire ». Des éléments au fil de la lecture, qui corroborent l’analyse sur ce qui s’est passé suite au développement du mouvement populaire (Arrivée des frères musulmans au pouvoir avec Mohamed Morsi et putsch militaire avec la bénédiction des Etats-Unis), « les frères musulmans, sont la seule force politique dont le régime avait toléré l’existence, mais dont il avait soutenu activement l’épanouissement. Sadate et Moubarak leur avaient confié la gestion de trois institutions fondamentales : l’éducation, la justice et la télévision ». Les frères musulmans, sont en fait une partie de la bourgeoisie compradore et seront l’instrument idoine pour sauver le système de la déferlante populaire. Ils ont d’ailleurs pris fait et cause contre les grandes grèves ouvrières et les luttes des paysans pour conserver la propriété de leur terre. En tant que tels, « ils sont acquis au système économique basé sur le marché et totalement dépendants de l’extérieur. Ils ont refusé de formuler un programme économique et social quelconque et que, de fait, ils ne remettent pas en cause les politiques néolibérales réactionnaires et qu’ils acceptent de facto la soumission aux exigences du contrôle des Etats-Unis et dans la région ». Ainsi, « les trois puissances qui ont dominé la scène moyen-orientale au cours de la période de reflux 1967-2011, sont les Etats-Unis, patron du système, l’Arabie Saoudite et Israël. Il s’agit là de trois alliés intimes. Ils partagent tous les trois la même hantise de l’émergence d’une Egypte démocratique ».


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