Édition du
21 November 2017

Vingt ans après les massacres de la guerre civile Mémoire interdite en Algérie

Nous n’avons pas pu publier l’article complet car la Rédaction du MONDE, au vu de la loi ne nous autorise pas. Nous l’avons donc retiré et laissé uniquement l’introduction telle que présentée sur le site du quotidien.
http://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/DAUM/57773
Toutes nos excuses à la Rédaction du Monde.
La Rédaction LQA.

MONDE DIPLOMATIQUE AOUT 2017

Vingt ans après les massacres de la guerre civile

Mémoire interdite en Algérie

Au milieu de la « décennie noire » des années 1990 — particulièrement durant l’été 1997 —, plusieurs massacres de population ont endeuillé l’Algérie, déjà dévastée par les affrontements entre forces de l’ordre et groupes islamistes armés. Les lois d’amnistie et la volonté des autorités d’étouffer le souvenir de ces épisodes sanglants empêchent aujourd’hui tout un peuple de panser ses plaies.

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Nadjib Bouznad. – Aire de jeux, casbah, Alger, 2016

Bentalha, nuit du 22 septembre 1997. Dans ce hameau agricole situé aux confins de la périphérie d’Alger, plus de quatre cents villageois sont assassinés en quelques heures par des hommes du GIA, le Groupe islamique armé. Le lendemain, Hocine Zaourar, un photographe de l’Agence France-Presse (AFP), saisit la douleur déchirante d’une femme dont la famille a été tuée. Ce cliché, intitulé La Madone de Bentalhatant il rappelle l’iconographie chrétienne, est reproduit dans les journaux du monde entier, mettant un visage sur la violence en cours en Algérie depuis plus de cinq ans. Trois semaines plus tôt, un massacre analogue avait ensanglanté le village de Raïs, situé à quelques kilomètres de Bentalha, faisant près d’un millier de morts. L’Algérie plongeait dans une sidération que les tueries à venir n’allaient cesser d’aggraver. Le mois suivant à Sig, dans le Sud oranais : cinquante morts. En décembre à Ammi Moussa (monts de l’Ouarsenis, wilaya de Relizane) : quatre cents morts. En janvier 1998 à Had Chekala (Ouarsenis) : plus de mille tués. Quelques jours plus tard à Sidi Hamed (Mitidja) : cent trois personnes assassinées, etc. Après quelques années de violence ciblée contre les militaires, les fonctionnaires, les intellectuels ou les étrangers, la guerre civile algérienne prenait un nouveau visage, absolument terrifiant, avec des massacres de civils, créant une onde de choc en Algérie comme à l’étranger.

Bentalha, printemps 2017. Du passé agricole il ne reste plus rien. L’urbanisation dévorante de la plaine de la Mitidja a rattrapé les ruelles aux maisons basses de l’ancien hameau. En vingt ans, chaque maison a gagné deux étages, montés de briques rouges ou de parpaings gris. Les rues offrent ce visage de laideur rouge-gris caractéristique des villes algériennes d’aujourd’hui. Seul élément de charme dans ce triste décor : une mosquée toute neuve trône à l’entrée du quartier. Aucune femme ne se déplace sans un foulard cachant rigoureusement ses cheveux, le corps serré dans un manteau aux (…)

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11 Commentaires sur cet article

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  • Free
    30 juillet 2017 at 22 h 54 min - Reply

    Je suis désolé les terriristes les vrais se trouvent au sein de l’état qui a créé le gia le gis les escadrons de la mort les gld les miliciens armés ect…
    Le général BENHADID chef de la région ouest oranie lors de la sale guerre des généraux putschistes et criminels à drclaré l’année passée que le chef du gia région ouest le dénommé BENCHIHA était au service du drs et sous les ordres du genocidaire général Smain Lamari.
    Le massacre de Bentalha était filmé en direct et le criminel Nezzar Khaled le boucher sans foi ni loi regardait en direct les massacres des population civiles toute proches du FIS militants familles et sympathisants.
    Remka le criminel hadj maire de reliZane était poursuivi par la justice algérienne pour ce crime ou plus de 1500 victimes ont été froidement égorgés par les sbires de ce criminel cité plus et bien sûr sur a ordre du général boucher médiene le genocidaire il a été relâché de la prison.
    Et la liste est longue la box populli dit DRS = GIA.
    tout le reste n’est que mensonges de la part des médias qui sont complètement assujetti au drs et mdn et bien sûr sans oublier le role primordial de l’état français (le général rondeau et marchianis ans oublier pasqua et ses réseaux mafieux et criminels)
    Mais les algériens savent tout maintenant il y’a qu’à voir la demission du peuple envers l’état et la haine que les algériens portent envers les généraux putschistes et genocidaires.
    Tout le monde en Algérie te confirmera que les crimes et génocides des civiles par villages et quartiers entiers sont l’oeuvre des militaires et spécialement du drs !!!




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  • François Gèze
    31 juillet 2017 at 0 h 02 min - Reply

    C’est évidemment une bonne chose que « Le Monde diplomatique », dans cet article repris ici par LQA, revienne sur les ignobles massacres des années 1990, perpétrés « au nom de l’islam », et les profonds traumatismes qu’ils ont laissés au sein de la société algérienne. Mais on doit légitimement s’interroger sur le fait que l’auteur n’ait mené qu’une enquête aussi superficielle, comme s’il s’interdisait de chercher à répondre à la seule vraie question posée pertinemment par la psychanalyste algérienne Karima Lazali, qu’il cite fort justement : « Qu’est-ce qui, à l’intérieur de notre société, a engendré une telle violence ? »
    À preuve par exemple : il interroge notamment Omar Chikhi et cherche à rencontrer Abdelhak Layada, présentés comme d’anciens émirs du GIA, sans rappeler un instant que ces deux hommes étaient des agents du DRS très tôt chargés de manipuler les « maquis islamistes », ce qui est pourtant notoire et parfaitement documenté, et de longue date.
    Pas un mot non plus sur les principaux orchestrateurs d’une « telle violence », à savoir les généraux Tewfik Médiène, Smaïl Lamari, Larbi Belkheir, Khaled Nezzar et quelques autres, comme cela avait été très précisément documenté dès 2003 par le rapport d’Algeria-Watch et du docteur Salah-Eddine Sidhoum (pourtant fondateur de ce site d’information LQA), intitulé « Algérie, la machine de mort », consultable ici :
    http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvtort/machine_mort/machine_mort.htm
    Ou, s’agissant des massacres des années 1990, le « Dossier n° 2. Les massacres en Algérie, 1992-2004 » établi en 2004 par Salima Mellah pour le Tribunal permanent des peuples, téléchargeable sur cette page ainsi que de nombreux autres rapports très détaillés sur les mécanismes de la « machine de mort » (et de désinformation) clandestine mise en place alors par les chefs du DRS et de l’ANP :
    http://www.algerie-tpp.org/tpp/presentation/dossiers_presentes.htm
    Mais on pourrait citer également des dizaines d’autres analyses, témoignages et documents jamais réfutés sérieusement qui apportent une réponse sans équivoque à la question de Karima Lazali : « Qu’est-ce qui, à l’intérieur de notre société, a engendré une telle violence ? »
    Aujourd’hui, c’est donc une autre question qui reste sans réponse : comme expliquer qu’un journal sérieux comme « Le Monde diplomatique », sous la plume d’un enquêteur en principe sérieux lui aussi comme Pierre Daum, semble avoir décidé d’effacer des pans essentiels d’une vérité qu’il prétend faussement éclairer (les références que je donne dans ce commentaire sont publiques depuis des années, elles auraient pu, a minima, être mentionnées et discutées) ? Et, question subséquente : comment expliquer que LQA et Salah-Eddine Sidhoum relaient aujourd’hui une telle analyse, qui flirte dangereusement avec le négationnisme historique ?




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    • Salah-Eddine SIDHOUM
      31 juillet 2017 at 5 h 59 min - Reply

      Bonjour mon cher François,

      J’ai eu la même réaction que toi concernant l’aspect superficiel de l’article. Si je l’ai publié, malgré son absence de profondeur et de consistance, c’est pour justement tenter de susciter un débat sur la question .Et ton intervention pour inaugurer ce débat est judicieuse en tant qu’observateur avisé du drame que nous avons vécu et Dieu Sait qu’Algeria-Watch a été pour les rares militants des DH que nous étions à l’époque une tribune bénie depuis laquelle nous avons montré l’autre visage de la sale guerre qui était loin d’être l’image véhiculée par les « commandos médiatiques  » (pour reprendre notre Ami François Burgat) envoyés en Europe par les ex-sous-officiers « déserteurs » de l’armée coloniale qui avaient plongé notre pays dans les abysses de l’horreur.
      Je te remercie encore une fois pour ton intervention et tes remarques pertinentes.

      PS : juste une précision : je ne suis pas le fondateur de LQA. Je l’ai repris avec mon ami Samir Bellatéche à partir de 2012. C’est une question d’honnêteté intellectuelle de le préciser.
      Cordialement.




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  • Benderra
    31 juillet 2017 at 13 h 21 min - Reply

    Article honteux
    Plusieurs rapports ont apporte de nombreux arguments pour dénoncer les autorités algeriennes, responsables de ces massacres.le GIA et le GSPC etaient des creations du pouvoir .
    L auteur en fait l impasse, et axe son propos sur le fait que les algériens sont étouffés par un islam rigoriste.




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    • Omar Benderra
      1 août 2017 at 8 h 52 min - Reply

      Afin d’éviter toute équivoque je tiens à signaler que je ne suis pas l’auteur de ce commentaire et je ne sais pas du tout qui est ce « Benderra ».

      Je n’ai pas (encore) commenté cet article que je trouve par ailleurs parfaitement scandaleux mais tout à fait dans la ligne de « gauche » blanche du Monde Diplomatique.




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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    31 juillet 2017 at 17 h 12 min - Reply

    Pour rétablir la vérité et montrer l’autre visage de la sale guerre que le régime illégitime et sa minorité élitiste éradicatrice ont voulu cacher à l’opinion publique internationale, j’invite mes compatriotes à consulter les articles et études que nous avons rédigé durant les années de sang et de larmes, avec nos Ami(e)s d’Algeria-Watch.
    _____________________________

    Algérie : La machine de mort
    Rapport établi par Algeria-Watch et Salah-Eddine Sidhoum, octobre 2003
    http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvtort/machine_mort/machine_mort.htm

    La torture, une pratique systématique (Algeria-Watch et Salah-Eddine Sidhoum, pdf, 95KB)
    http://www.algerie-tpp.org/tpp/pdf/dossier_1_torture.pdf

    Les massacres en Algérie, 1992-2004 (Salima Mellah, pdf, 520KB)
    http://www.algerie-tpp.org/tpp/pdf/dossier_2_massacres.pdf

    Les milices du régime
    http://www.algerie-tpp.org/tpp/pdf/dossier_17_milices.pdf

    Exécutions sommaires : http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/1100_executions/1100_executions0.htm

    Disparitions forcées : http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvdisp/cas_disparitions/disparitions_introduction.htm

    Chronologie du drame national : http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/chrono/chrono_1992.htm




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  • lyes Laribi
    31 juillet 2017 at 22 h 42 min - Reply

    Encore un article sur commande, pour moi c’est un peu rassurant. Les dafistes ne sont jamais arrivés à faire croire leur version d’histoire même vingt ans après.




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  • rachida
    31 juillet 2017 at 22 h 46 min - Reply

    question: Qu’est-ce qui, à l’intérieur de notre société, a engendré une telle violence ? »
    réponse: la culture de l’amnésie!




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  • djamel
    2 août 2017 at 17 h 39 min - Reply

    Il reste qu’un jour il faudra dire la vérité et c’est les familles ainsi que les descendants de ceux qui sont responsables de ces massacres qui vont en pâtir. Les vrais responsables des massacres eux seront en train de rendre des comptes devant le créateur tout puissant et ce jour là ils ne trouveront ni presse ni juges aux ordres pour les disculper et les couvrir.




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  • Nordine
    3 août 2017 at 17 h 06 min - Reply

    Vingt ans sont passés ……?????????
    Déjà !!!
    L’Algérie et une chimère, une illusion un état qui existe grâce à la mythomanie d’une guerre de libération terminée en 57/58 d’où on doit notre indépendance au referendum du 03/07/1962, ou la gouvernance profonde de ce pays ne sont pas les personnages que l’on voit, ils sont dans le coté obscure du véritable pouvoir ils partagent les richesses du peuple avec leurs maitres bien assis à paris ils sont patrons de grosses PME, banquiers, Chef de partie politique, artistes, écrivains, historiens, responsables de presse,
    Juste un échantillon …
    Rappelez vous la commission d’enquête de Mary Rbbinson de 1998 torpillée scandaleusement par andré gluckssman et ses autres acolytes de presse française, politiques et culturels qui entre deux larmes de chacal ….
    Admirez Comment ils ont sauté à la rescousse de leurs pigeons d’alger ….!!!!




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  • Alilou
    19 août 2017 at 23 h 01 min - Reply

    Si les dafistes ont pensé et exécuté leurs plan machiavélique il falait qu’il y ait déjà une assise en place…un terreau….des rabatteurs des endoctrineurs etc….ils avaient tout préparé. …avec leurs complices. …les prêcheurs de feu.

    Je hais les deux….un à fourni le bâton l’autre à fourni l’excuse….criminels des deux bords…..

    Qui est le cerveau derrière tout ça ????? Ne me dites pas que ces ploucs de caporaux étaient capables de penser un tel stratège aussi machiavélique ? ??? Qui sont les hommes de l’hombre ?

    Le dicton populaire est toujours à jour:Dieu faites grossir les rangs des cons pour que le petit nombre de malins puisse survivre. ..

    L’un ne pouvait pas exister sans l’autre. Les deux bords sont responsables de la tragédie




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