Édition du
21 November 2017

Guerre de Religions et Religions de Guerre.

 

‘’ La défaite définitive est celle qui termine les guerres et fait de la paix elle-même une souffrance sans guérison. ‘‘ Albert Camus.

Si tout engagement intellectuel doit conduire à refuser totalement la Guerre, alors la première exigence pour l’humanité, la civilisation et tout progrès facilitant la lente transformation de la bête sauvage en homme, c’est la paix : non pas la « paix » que Guerre de Religions et Religions de Guerre ont concoctée, celle où des hommes et femmes armées de fausses certitudes se font face, prêts à s’annihiler mutuellement.

Avant d’être un être pensant, l’homme est un être souffrant. En butte à sa finitude, il se construit mythes et discours religieux dans lesquels il vit en totale contradiction. Entre pacifisme et nécessité de défense, organisation et chaos, efficacité et justice, sa tragédie l’accompagne en tout temps, comme l’orage accompagne les nuages.

Même si c’est du fond de son cœur et avec une farouche sincérité; il prône un pacifisme comme la philosophie directrice de tous les actes de sa vie, dans la réalité sa conduite n’est que méprisable lâcheté, une conséquence directe de son échec à ordonner, transformer et surmonter sa propre perdition.

A sa juste valeur, le pacifisme doit être en premier le révélateur d’une conception rationnelle de la société : il est absurde de faire de la guerre le moteur du progrès des civilisations ; car la violence détruit les idéaux de l’humanité.

En second, il faut invalider cette croyance erronée selon laquelle « une guerre peut mettre fin à la guerre ».

On croit toujours que les guerres sont justes et que l’on combat pour les intérêts de la paix, mais aucune guerre jusqu’ici n’a mis fin à la guerre.

Aucune guerre n’est juste si elle n’est pas justifiée par une invasion ; et tout enthousiasme pour la guerre est le signe d’une cruauté sans limite. Si celle-ci doit se terminer autrement, alors elle doit engendrer un esprit nouveau, et surtout elle doit nous débarrasser de cette conviction ardente et faussement humaine que l’autre est cruel.

Il ne faut pas s’y méprendre : la guerre ne repose ni sur l’exigence de la justice ou des intérêts bien compris ; mais sur les instincts liés au combat. C’est pourquoi le souci de toute nation est de faire naître l’amour de la patrie, loin des idéaux de vérité et surtout des discours religieux qui prennent le pas sur les faits et conditionnent des comportements belliqueux.
Pour changer les mentalités, pour combattre les instincts, il faudrait éduquer l’être humain à la seule fin de développer des sentiments moraux, ceux du vivre-ensemble; sans élévation de la société, aucun progrès n’est possible.

La connaissance accompagnée d’une élévation de l’esprit est l’instrument principal du progrès humain ; la connaissance sans élévation de l’esprit devient facilement démoniaque, et elle aggrave les blessures que l’homme inflige à l’homme et s’inflige à lui-même.

Et que si l’effort intellectuel se peut s’inscrire que dans une contestation des certitudes admises et des dogmes partagés, il ne s’agit pas alors de défendre des idéaux politiques, mais de repenser des idéaux de vie.

Il faut donc agir pour une société pacifique et généreuse qui ne nie pas la liberté de l’individu. La politique devrait avoir pour seul but de rendre la vie des individus aussi bonne que possible.

C’est pourquoi ce sont les forces créatrices de l’individu qui doivent se développer, et non l’instinct de possession, car la « possessivité » est cause de tous les maux. Elle engendre le désir de dominer.

La difficulté politique est de parvenir à concilier précisément cette liberté créatrice et possessive de l’individu avec l’exigence d’égalité et de justice.

Finalement, si l’Histoire nous enseigne que Guerre des Religions et Religions de Guerres n’ont pu garantir ni la liberté, ni une véritable république, ni une paix durable, ni le progrès scientifique dont le monde a besoin ; il n’y a aucune raison de penser que leurs envers dans ces domaines soient en quelque façon temporaire.

La paix n’est pas seulement l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, et de justice. La faire régner durablement, ce n’est pas uniquement défaire Guerre de Religions et les Religions de Guerre, mais c’est surtout promouvoir la Paix des Religions et les Religions de Paix.

Khaled Boulaziz


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4 Commentaires sur cet article

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  • Mennah Lokmane Wakidi
    31 juillet 2017 at 19 h 18 min - Reply

    La guerre est la guerre des hommes.Toujours sale.Elle se déclare quand les hommes côtoient la sphère du mal et de l »ignorance.La paix au contraire, elle est la guerre des idées sages.




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  • HANI GHORAB
    11 août 2017 at 21 h 45 min - Reply

    les stratèges judéo-chrétiens américains ont pondu la 4emme génération des guerres et la 5emme génération des guerre, ils ne pensent plus au confrontation de deux armés
    ils agissent selon une méthode propre bien réfléchie et bien cernée[problem-réaction-solution]bien sur la solution c’est eux.
    vous la preuve dans le « Kharab al arabi » la finalisation de Bernard Lewis, Brezinski et Gène Sharp,les penseurs, il faut pas oublier les pondeurs de l’idée en 1982 Oded yinon et son ami Ariel Sharon; monsieur Boulaziz ne regardez plus du coté du cerbère Wahabi qui protège Israel, pensez en temps réel du moment.




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  • Fateh Kassa
    20 août 2017 at 16 h 06 min - Reply

    Bonjour
    Un fond de sagesse de culture et de connaissance de l’auteur
    Quelle subtile analyse!!j’ai été enthousiasmé de lire cet article
    Fateh Kassa




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  • khalatha tesfa
    20 août 2017 at 21 h 19 min - Reply

    Il y a des gens qui font de la politique au nom de la religion.
    Et il y a des gens qui font de la politique au nom de l’irréligion.
    Deux extrêmes à ne pas suivre car c’est la destruction mutuelle assurée.

    Comme il y a l’hypocrisie de la religion,il y a aussi « l’hypocrisie de l’irréligion ».

    « L’irréligion sied mal aux femmes,il y a trop d’orgueil pour leur faiblesse » citation de Louis Vicomte de Bonald.




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