Édition du
25 June 2018

Assad massacre et le monde observe

 

Editorial – Baudouin Loos

Que faire ? Un massacre a lieu dans la banlieue de Damas, en Syrie. La région jouxte la capitale syrienne et s’appelle « la Ghouta ». Elle est aux mains des rebelles depuis cinq ans. Elle est aussi assiégée par le régime, qui recourt à tous les moyens pour écraser les insoumis. Depuis quelques jours, les bombardements ne cessent plus, les victimes civiles s’accumulent par centaines, dont un tiers d’enfants. C’est une boucherie. Un scandale qui glace le sang.

Le monde observe, navré ou choqué. On convoque « l’impuissance » pour occulter l’inaction, la lâcheté voire l’indifférence. Mais les images continuent à nous parvenir. Les smartphones ont changé la face des conflits. On tue en direct. On meurt devant la caméra. Le cri des blessés et celui des parents qui portent leur enfant meurtri résonnent dans les consciences. Ou devraient résonner.

Alors on fait un communiqué. Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, se dit par exemple « préoccupé ». Préoccupé. Il parle de « violation grave du droit humanitaire ». Il « soutient l’appel de l’Union européenne à l’égard de toutes les parties impliquées dans le conflit à prendre les mesures nécessaires afin de diminuer la violence et de protéger la population syrienne »…

Pendant ce temps, la mort rôde dans la Ghouta. Elle frappe ici ou là. Sans prévenir, sans choisir, au hasard. Dans un décor d’apocalypse, les derniers témoins joignables hurlent leur douleur, appellent à l’aide.

Mais, au fond d’eux-mêmes, ils savent que leur sort est scellé. Personne ne viendra. Ils sont cernés, bombardés, affamés. Ils attendent l’offensive terrestre qui serait imminente et dont on peut craindre le pire.

Pour des violations massives des droits humains au Kosovo en 1999, l’Otan s’était mobilisée pour frapper, bombarder et terrasser la Serbie. En Syrie, l’Occident ne bougera pas. Trop compliqué. Trop risqué. La Russie couve le dictateur Assad et lui prête même bombardiers et pilotes. Le funeste précédent libyen hante les esprits. Etc. Les bonnes raisons s’accumulent et dissipent la mauvaise conscience.

Les assiégés mourront donc. Ou ils se rendront à leurs bourreaux pour un destin des plus incertains. Dans d’autres cas de villes rebelles assiégées, des accords d’évacuation ont eu lieu depuis 2015. Populations et rebelles qui le souhaitaient ont été conduits vers Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Mais cette zone, toujours insurgée, attend maintenant elle aussi l’assaut final de la soldatesque assadienne…

Depuis 2012, les occasions n’ont pas manqué, comme la première attaque chimique du régime, qui eussent justifié d’envoyer une coalition aérienne pour détruire l’aviation du régime, sauver ainsi des milliers de vies et épargner à des millions d’opprimés les tourments de l’exil. Seuls les hideux djihadistes de Daesh eurent droit à ce régime, parce qu’ils avaient frappé sur notre sol, pour le plus grand ravissement d’Assad et ses sbires.

L’édito de Baudouin Loos.
PLUS.LESOIR.BE

Nombre de lectures : 3042
4 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Ahmed Houari
    22 février 2018 at 17 h 40 min - Reply

    Toujours les deux poids deux mesures de l’ONU et autres « machins » pour préserver la paix dans le monde,ce n’est que de la poudre aux yeux des mahgourine partout dans le monde. Pour moins que cela, l’OTAN ou autres gouvernements militaristes(cas dès USA en Irak en 2003) se sont mobilisés pour frapper à la tête la bête immonde !?
    Il ne reste que les écologistes ou autres ONG de défense de droits des animaux pour venir à la rescousse des opprimés s’il reste encore quelque chose que l’on peut appeler « conscience humaine libre »!?
    Car vu ces tragédies humaines, l’humanité a perdu tout sens crédible chez les sauvages des multi-trans-nationales et le croupion de politiques avec leurs conflits d’intérêts qui ont atteint les cimes de l’égoïsme de l’homme que l’on dit « Moderne »!?




    7
  • tarak
    22 février 2018 at 22 h 28 min - Reply

    Bonsoir

    DAECH a sauvé bechar. Comment donc? l’ennemi de mon ennemi est mon ami. DAECH créée en irak pour finalement s’installer en syrie pour unir la coalition occidentale avec bechar contre DAECH et du coup bechar devint le bourreau des terroristes anti_occidents. Ce scénarion a été déjà tourné quelque part… en Algérie (les GIA et les massacres des occidentaux en Algérie) quelles expériences M. Messahel???




    1
  • Mounir
    23 février 2018 at 10 h 17 min - Reply

    I think, qu’il est grand temps de s’allier avec les musulmans des Turquie nous algériens on a pas le choix, on doit avoir une puissance conforme a notre culture de nous protéger, il faut signer des pactes avec la Turquie, rappeler vous ce que nous a fait la France, guillotine, exécution sommaire des algériens, expulsion définitive des algériens vers la nouvelle calédonnie, utilisation de notre peuple dans la première et la 2ème guerre mondiale, détention abusive de nos hommes politique »cas tarik ramadan actuel » et enfin elle nous a mis des harkis qui ont volés nos bien pour les investir chez eux en France a l’instar de ce ouled kaddour, et l’ancien ministre des moujahidine cherif abbès saadani, sellal et compagnie, restons très unis afin de déclarer la guerre a cette secte.




    0
  • Cherif
    23 février 2018 at 10 h 49 min - Reply

    Pour ceux qui a obstinent à ne pas vouloir comprendre la situation de la Syrie . Qu attende vous ?

    La réponse est : la destruction total de la Syrie
    Et de deux la mort de Assad jusqu’ au dernier des Al Assad
    Si Assad est un Home digne autrement si il était autre que allaouite il sera parti de lui même y a longtemps

    Mais au moyen Orient on ait ds un autre type d humain on parte pas sauf par la guillotine comme sans vousin.appres avir vendu sonbtertoure au iranien russe américains et autre il nous bassine avec la résistance qu’elle résistance hchouma




    0
  • Congrès du Changement Démocratique