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22 May 2018

Éducation: la ministre, fermée à toute négociation, fait monter la pression

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Éducation: la ministre, fermée à toute négociation, fait monter la pression
Crédit photo : DR | Éducation: la ministre, fermée à toute négociation, fait monter la pression
L’ultimatum lancé par la ministre de l’éducation avant l’entrée en vigueur de la sanction de radiation de plus de 19.000 enseignements prend fin aujourd’hui. Le département de Nouria Benghabrit vend à l’opinion l’image d’un ministère qui agit conformément à la législation et surtout qui maitrise les retombées de ces décision et minimise surtout l’impact de la grève. Les différents responsables qui s’expriment au nom du ministère rassurent quant à l’efficacité du plan de rattrapage déclenché et décrivent un ministère « dans une situation confortable ». Dans une lettre adressées hier soir aux élèves, aux parents et aux enseignants, la ministre a rappelé la position de son département vis-à-vis des grévistes « le MEN consent des efforts pour résoudre les problèmes socioprofessionnels qui peuvent l’être (…), ce que la situation actuelle nous apprend, c’est l’urgence de cibler dans la formation des enseignants , les dimensions relatives à l’éthique et à la morale liée au métier ainsi que le respect de la réglementation et au droit auquel tout fonctionnaire doit se conformer ».

« surenchère »

La ministre a qualifiée de « surenchère » la position du CNAPESTE, pénalisant « doublement » les élèves : « non seulement vous n’avez pas cours pendant un certain temps, mais vous constatez que vous accumulez des retard alors que vos camarades qui ont les moyens suivent des cours particuliers », insiste la ministre s’adressant aux élèves. Cette dernière rassure les élèves quant à la prise de toutes les mesures nécessaires  pour assurer la continuité des cours « votre inquiétude est entendue », lance la ministre dans la lettre rendue publique. Mme Benghabrit assure veiller à ce que le principe de l’équité et l’égalité des chances « soit effectif et qu’aucun ne soit lésé ».

« seulement quelques wilayas étant concernées »

El Aziz Arab, inspecteur principal de la pédagogie au ministère, invité du dernier numéro de « kahwa w djournane » d’une chaine privée, a minimisé l’étendue de la grève du Cnapeste, « seulement quelques wilayas étant concernées », selon lui. Aussi, ce responsable invite l’opinion  à considérer à sa juste valeur le retard accusé en raison de la grève, « ne dépassant pas un mois réel », a-t-il expliqué. La grève enclenchée depuis le 27 novembre dans les wilayas de Bejaia et de Blida a connu des interruption, aussi, a-t-il souligné, il faut prendre en compte que le la semaine scolaire contient des heures de formation qu’il faut prendre en compte dans l’évaluation des heures réellement perdues ne dépassant pas les 35 jours, selon le même responsable.

« Bourrage des cours »

D’ailleurs a–t-il dit, « le ministère a eu affaire à des périodes de perturbations avec des retards plus longs ». L’année scolaire dernière, les wilayas de Tizi Ouzou, Setif et Bordj Bouareridj ont enregistré des perturbations dues aux intempéries ayant causé plus de deux mois de retard. « le ministère a développé des plans pour faire face à ce genre de situations, nous sommes donc à l’aise pour ce qui est du rattrapage des cours », insiste le me même responsable, « notre premier souci, pour lequel nous sommes tous mobilisés est d’envoyer nos enfants prêts pour les examens de la fin de l’année, sans recourir au bourrage des cours ni coupure du programme », ajoute M. Arab, rejetant toute possibilité de recourir à la « Ataba », amputation d’une partie du programme pour les élèves qui passeront le baccalauréat.

Comment le gouvernement se sert de cette grève

Pour certains syndicalistes, le conflit MEN-Cnapeste cache un enjeu dépassant le secteur de l’éduction. Dans une contribution publiée ce matin, Bachir Hakem, syndicaliste de l’éducation (conseil des lycées d’Algérie, puis es retraités de l’éducation), estime que l’impasse « maintenue » par les responsables du secteur à des visées politiques : « les responsables cherchent à travers cette dernière grève illimitée dans l’éducation à incriminer les syndicats de l’éducation et tout en poussant à faire perdurer cette grève dans le seul but de démontrer que les grèves dans l’éducation ne doivent pas exister et doivent être régies par des lois les rendant presque impossibles ». Le gouvernement sert, selon ce syndicaliste, de ce conflit, pour faire aboutir l’avant projet d’amendement du code du travail.

« Commission d’arbitrage »

« Pour pousser les grévistes à radicaliser leurs mouvement, rien de plus simple après les ponctions sur salaire que le licenciement de grévistes grâce à l’instrumentalisation de la justice qui a déclaré la grève illégale. Cette action est une ligne rouge à ne pas atteindre et qui poussera évidemment tous les enseignants de l’éducation à laisser leur différends de côté et de se solidariser entre eux sans l’aval des syndicats, ainsi cela conduira à l’anarchie dans le secteur » lit-on dans la même contribution. « Maintenant toute la société civile s’organise en dénonçant les syndicats et quel que soit l’issue de la lutte menée par les syndicats, désormais toute la population sera d’accord pour que dans le nouveau code du travail, le service minimum pour l’éducation soit adopté, le coté juridique présent : On fera comme il est prévu à une commission d’arbitrage désignées par des juges d’instruction pour légaliser la grève et qui demandera un certains temps plus d’un mois pour être légale », ajoute le même syndicaliste.


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  • Lecteur assidu
    22 février 2018 at 19 h 56 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique