Édition du
21 May 2018

Hommage à titre posthume à un humble.

 

J’ai été attristé d’apprendre via les réseau sociaux la disparition en exil d’un humble, le professeur en médecine Messaoud Ouziala.

Ce citoyen contraint à l’exil comme des milliers d’autres algériens est mort tranquillement,sans déranger personne.

Nous apprenons que le défunt ( Rahimahou Allah) était médecin spécialiste,habitait un quartier populaire où il a été élu démocratiquement par le peuple qui l’a porté à la magistrature de sa commune.

Le défunt ,qu’Allah ait pitié de son âme,après 4 ans d’internement injuste dans les camps de la mort a été libéré sans aucune charge.il a continué à subir les persécutions et l’arbitraire de la police politique de la junte,ce qui l’a forcé et contraint à l’exil.

Ce que je retiens de ce triste événement est:

1- le premier crime du défunt et de beaucoup d’autres persécutés et d’avoir été démocratiquement choisit par son peuple pour le servir et se mettre à sa disposition.

2- le deuxième crime est d’être un enfant du peuple qui a réussi brillamment ses études universitaires,sa vie sociale et professionnelle.

3- le troisième crime est de ne pas faire partie de la gangrène,des analphabètes du système et ses affidés.

Encore une fois,après la fonte de la neige toute la crasse de la junte criminelle remonte à la surface.

Le défunt,comme beaucoup de frères que j’ai connu à l’étranger,ne répondent pas au profil dressé par les criminels de l’oligarchie militaro-fasciste et ses organes subversifs pour les discréditer.

l’intelligence,la compétence ,le patriotisme et la citoyenneté ont été assassinées délibérément et remplacées par des tôliers,des marchands de poules et d’olives sanguinaires qui font partie des GIA ( les Groupes Islamistes de L’Armee) pour vider le pays de sa seule véritable richesse.la bonne ressource humaine.

Je m’incline pieusement devant ta dépouille et te fais part à titre posthume de mon immense estime,considération et respect.

Repose en paix frère .

Qu’Allah t’offre sa grâce et procure force et patience à ta famille pour supporter cette douloureuse épreuve.

A. Abdel

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http://www.algeria-watch.org

Algérie: « Disparitions »

Le cas du Dr Messaoud Ouziala

Extrait du livre «Algérie le Livre Noir» des reporters sans frontières, Human Rights Watch, Fédération internationale des ligues de droit de l’homme et d’Amnesty International dans les éditions la découverte.

Messaoud Ouziala, néphrologue de quarante et un ans, a été enlevé le 8 juillet 1997 alors qu’il venait de quitter son travail à l’hôpital Mustafa, dans le centre d’Alger, et rentrait chez lui en voiture. Son épouse, également médecin, et ses proches ont pris contact avec les services de sécurité et les autorités judiciaires pour déposer une plainte à la suite de sa  » disparition », mais les services de securité ont refusé de l’enregistrer. Amnesty International a elle aussi pris contact avec les autorités algériennes immédiatement après l’enlèvement de cet homme, mais elle n’a reçu de réponse que bien après sa libération. Il n’a pas été possible d’établir tout de suite Si le Dr Ouziala avait été enlevé par les forces de sécurité ou par un groupe armé d’opposition, étant donné que les deux camps opèrent habituellement de la même manière. Le fait que les forces de sécurité aient refusé d’enregistrer une plainte pour  » disparition » et que des journaux algériens aient indiqué à Amnesty International qu’ils ne pouvaient pas annoncer l’enlèvement laissaient toutefois à penser que le Dr Ouziala avait été emmené par les forces de sécurité. Cet homme a été libéré sans inculpation ni jugement le 22 juillet 1997, après quinze jours de détention secrète. Le président de l’ONDH a écrit à l’organisation le 30 juillet pour confirmer la libération du Dr Ouziala, sans faire la moindre observation à propos de l’enlèvement et du maintien en détention secrète de cet homme en violation de la législation algérienne et des normes internationales relatives aux droits de l’homme . Le Dr Ouziala avait déjà été arrêté en février 1992 et maintenu en détention administrative, sans inculpation ni jugement, pendant prés de quatre ans dans un camp situé dans le désert, dans le sud de l’Algérie. Remis en liberté sans inculpation en décembre 1995, il avait repris son travail à l’hôpital en février 1996. il était convoqué régulièrement par les forces de sécurité depuis sa libération, en 1995, pour des interrogatoires de routine.

Amnesty International a recueilli depuis 1993, et plus particulièrement depuis 1994, des informations fiables sur des centaines de cas de  » disparitions « . L’organisation craint toutefois que le nombre des  » disparus  » s’élève à 2000, étant donné les informations qu’elle a reçues de différentes sources et rapports. Ces personnes, des hommes pour la plupart et quelques femmes, ont  » disparu  » après avoir été arrêtées par les forces de sécurité à leur domicile, sur leur lieu de travail ou dans la rue. Les efforts déployés par les familles de ces « disparus  » et par leurs avocats pour connaître leur lieu de détention restent vains, car les autorités nient systématiquement disposer du moindre renseignement à propos de ces personnes, même dans les cas où leur détention a été confirmée par d’autres détenus ou par des membres des forces de sécurité ou d’autres fonctionnaires ayant informé confidentiellement les familles.

Certains des  » disparus  » seraient morts des suites de torture ou auraient été sommairement exécutés en détention. Au cours des deux dernières années, le gouvernement a répondu aux organismes des Nations unies qui s’enquéraient du sort de « disparus » que certains d’entre eux avaient trouvé la mort au cours d’affrontements avec les forces de sécurité ou lors d’une tentative d’évasion, voire qu’ils avaient été assassinés par des groupes  » terroristes « . Les autorités n’ont toutefois pas fourni les détails nécessaires ni expliqué pourquoi elles s’étaient abstenues pendant des mois, voire des années, de faire connaître le sort des « disparus  » à leurs familles et à leurs avocats alors que ces derniers continuaient de solliciter des renseignements sur leur lieu de détention.


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23 Commentaires sur cet article

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  • lyes Laribi
    1 mars 2018 at 11 h 05 min - Reply

     » À dieu nous appartenons et à dieu nous retournons ».
    Je présente mes sincères condoléances à la famille Ouziala. Encore un exilé, après tant d’autres. Il est mort debout sans se courber aux généraux algérien. Il est mort en Homme et comment pour un médecin spécialiste. Au moment où la nouvelle génération se fait tabasser dans les rues d’Algérie par des ignares. Un symbole et une symbolique cette mort en exil de ce grand monsieur avec un grand cœur pour tous les médecins résidents d’Algérie.




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  • ibn Arabi
    1 mars 2018 at 12 h 37 min - Reply

    Allah yarhamah.




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  • Abdel
    1 mars 2018 at 12 h 39 min - Reply

    c’est à Ain taya sur le territoire de sa propre commune que le sinistre Belkheir a réuni le conclave des généraux criminels pour anéantir l’Algerie,exterminer ses enfants,détruire son economie,se bâtir dans l’impunité des fortunes colossales assassiner l’intelligence et exiler les compétences.
    Repose en paix grand homme.qu’Allah t’accorde sa grâce et sa miséricorde.




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  • Mohamed
    1 mars 2018 at 18 h 29 min - Reply

    Svp ce monsieur ellah yerrahmo est un ami intime de mon père

    Je veut renseigner sur le lieu et la date d’enterrement ??
    0550542024




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    • Rédaction LQA
      1 mars 2018 at 19 h 07 min - Reply

      Cionfirmé : enterrement samedi 03/03/18 au cimetière de Sidi M’Hamed (Belouizdad) après Salat Edhohr..




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  • Abdelhamid Charif
    1 mars 2018 at 20 h 42 min - Reply

    اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُ وارْحمْهُ وعافِهِ واعْفُ عنْهُ وَأَكرِمْ نزُلَهُ وَوسِّعْ مُدْخَلَهُ واغْسِلْهُ بِالماءِ والثَّلْجِ والْبرَدِ ونَقِّه منَ الخَـطَايَا كما نَقَّيْتَ الثَّوب الأبْيَضَ منَ الدَّنَس وَأَبْدِلْهُ دارا خيراً مِنْ دَارِه وَأَهْلاً خَيّراً منْ أهْلِهِ وزَوْجاً خَيْراً منْ زَوْجِهِ وأدْخِلْه الجنَّةَ وَأَعِذْه منْ عَذَابِ القَبْرِ وَمِنْ عَذَابِ النَّار
    اللهم أنزله منزلاً مباركاً وأنت خير المنزلين وأنزله منازل الصديقين والشهداء والصالحين وحسن أولئك رفيقاً. اللهم اجعل قبره روضة من رياض الجنة و لا تجعله حفرة من حفر النار. اللهم افسح له في قبره مد بصره و افرش قبره من فراش الجنة. اللهم أعذه من عذاب القبر واملأ قبره بالرضا والنور والفسحة والسرور
    اللهم إن هذا عبدك وابن عبدك وابن أمتك خرج من روَح الدنيا وسعتها ومحبوبيه وأحبائه فيها إلى ظلمة القبر وما هو لاقيه .كان يشهد أن لا إله إلا أنت وأن محمداً عبدك ورسولك وأنت أعلم به. اللهم إنه نزل بك وأنت خير منزول به وأصبح فقيراً إلى رحمتك وأنت غني عن عذابه آته برحمتك رضاك وقِهِ فتنة القبر وعذابه وآته برحمتك الأمن من عذابك حتى تبعثه إلى جنتك يا أرحم الراحمين
    اللهم واظله تحت عرشك يوم لا ظل الا ظلك ولا باقي الا وجهك. اللهم بيض وجهه يوم تبيض وجوه وتسود وجوه. اللهم يمن كتابه وثبت قدمه يوم تزل فيها الاقدام. اللهم اكتبه عندك من الصالحين والصديقين والشهداء والاخيار والابرار. اللهم اكتبه عندك من الصابرين وجازه جزاء الصابرين
    اللَّهم اغفر لِحَيِّنَا وَميِّتِنا وَصَغيرنا وَكَبيرِنَا وذَكَرِنَا وَأُنْثَانَا وشَاهِدِنا وَغائِبنَا اللَّهُمَّ منْ أَحْيَيْتَه منَّا فأَحْيِه على الإسْلامِ وَمَنْ توَفَّيْتَه منَّا فَتَوَفَّهُ عَلى الإيمانِ اللَّهُمَّ لا تَحْرِمْنا أَجْرَه وَلا تَفْتِنَّا بَعْدَه
    اللهمّ ارحمنا إذا ورينا التّراب وغلّقت القبور والأبواب وانفضّ الأهل والأحباب
    اللهمّ ارحمنا إذا فارقنا النّعيم وانقطع النّسيم وقيل ما غرّك بربّك الكريم
    اللهمّ ارحمنا إذا قُمنا للسّؤال وخاننا المقال ولم ينفع جاهٌ ولامال ولا عيال وليس إلّا فضل المتعال
    اللهمّ لا تحرمنا أجره ولا تفتنّا بعده واغفر لنا وله واجمعنا معه في جنّات النّعيم يا ربّ العالمين
    اللهمّ أنزل على أهله الصّبر والسّلوان وارضهم بقضائك. اللهمّ ثبّتهم على القول الثّابت في الحياة الدّنيا وفي الآخرة ويوم يقوم الأشهاد
    اللهمّ صلّ وسلّم وبارك على سيّدنا محمّد وعلى اّله وصحبه والتابعين بإحسان إلى يوم الدّين




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  • Si Salah
    3 mars 2018 at 12 h 28 min - Reply
    • Dria
      3 mars 2018 at 23 h 39 min - Reply

      Allah yarahmou, j’ai souvent lu ces contributions, et réagi a ces commentaires qui ne laisser pas indifférent, je ne sais pas s’il s’agit d’un ingénieur en agronomie qui connaissait bien le système algérien. C’est la première fois que je vois sa photos rahimahou Allah , ainsi que le Dr Messaoud OUZIALA que je ne connaissais pas non plus , ces martyrs des temps moderne , mort en héros en tant qu’ exilé, un vibrant hommage a ces hommes et femmes qui ont refusé de courber l’échine ou de prendre part à la mascarade du règne de la médiocrité, ou la hogra, l’injustice et surtout l’impunité était la devise, qu’ils reposent en paix dieu reconnaîtra les siens et heureusement qu’il ya une justice divine.
      Nous allons tous les rejoindre un jour pourvu qu’on leur annoncera la bonne nouvelle, celle d’avoir pu ce debarrasser de la vermine qui nous gouverner et l’instauration d’un état de droit et d’une justice efficace et autonome amiiiiiiine




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  • chems
    3 mars 2018 at 22 h 20 min - Reply

    allah irahmo, mais je ne comprends comment des gens qui paraissent aussi intelligent ont pu suivre le fis ? je suis jeune et je n’ai pas connu cette époque mais ca me rends triste de voir que l’algerie n’aurait pas connue une réelle démocratie quelque soit le scénario , celui du coup d’état militaire qui a enterré en quelques sorte le semblent de démocratie naissant ou la victoire du fis qui aurait vite fait annuler cette démocratie impie avec laquelle il aurait accéder au pouvoir




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  • Farid
    4 mars 2018 at 14 h 46 min - Reply

    A Chems
    De 2 choses l’une, oh bien ces gens instruits et intelligents qui ont suivi le FIS n’étaient que des idiots et des imbeciles, ou bien alors le FIS n’était pas ce que l’on t’a raconté.
    Tu as commencé à réfléchir et à poser des questions, continue, tu es sur la bonne voie.




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    • slimane
      5 mars 2018 at 10 h 59 min - Reply

      ellah yarham erdjal

      Notre pays a été corrompu depuis L’indépendance par el harka, on est victime d’un système laissé par la France, il a tous les moyens pour détruire l’Algérie comme ce qui se passe en Syrie.

      Je pense que a ce moment en parle d’un 5 Emme mandat pour un président paralysé totalement que par contre ont perd quotidiennement des personne irremplaçable dans la société,
      un professeur compétent brillant dans son métier, une réflexion de sagesse dans les pays qui se respecte sa vraie place est dans le développement et la recherche de solutions efficientes et efficaces au niveau du ministère de la santé qui est otage de la bureaucratie.
      Ellah ya rahmak vous etiez un grand monsieur




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    • chems
      5 mars 2018 at 20 h 13 min - Reply

      justement farid on me raconte beaucoup de choses que le fis c’est le terrorisme que le fis c’est le choix légitime du peuple qui a été spoilé de ses droits bref de mes petites recherches je me suis tantôt retrouver charmé par le fis et tantôt compatissants et d’accord avec ses détracteurs pour au final me retrouver un peu perdu tellement la situation est complexe et qu’il ya des responsables des deux côtés et des victimes des deux côtés , on ne peut pas avoir une vision manichéenne de ce drame tellement il ya d’acteurs et d’événements au final j’aimerais avoir une pensée pour toutes les victimes de ce drame qu’elle soit civil ou militaires , leurs familles , pour les militants sincères qu’il soit du fis ou démocrates , pour les défenseurs des droits de l’homme qui se lèvent contre n’importe quelle injustice d’ou qu’elle vienne et aussi pour l’algerie tout entière qui paye encore les conséquences de ce drame national espérons des lendemains joyeux pour ce peuple .




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      • Adel Amine
        6 mars 2018 at 12 h 44 min - Reply

        Donc pour vous Monsieur,vous mettez tout ce beau monde sur le même pied d’égalité(bourreaux et victimes,agresseurs et agressés)?
        Tout le monde parle d’un système politique pourri,qu’il faut changer pacifiquement,mais comment? SI ce n’est qu’à travers les urnes et selon les propres normes de ce même système.
        Avouer que l’on est perdu quand on suit un raisonnement pareil.Un raisonnement qui ne fait que tourner en rond et faire perdre beaucoup de temps à une Algérie tant espérée libre et juste envers tous ses enfants.




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        • chems
          6 mars 2018 at 22 h 08 min - Reply

          bonsoir monsieur adel Amine , non je ne mets pas tout le monde sur un pied d’égalité je dis juste que pour moi on ne peut pas avoir une vision manichéenne de ce drame dans le sens ou c’est soit les gentils islamistes contre les putschistes ou les méchants islamistes terroristes contre les gentils démocrates et bien sur que les responsables et bourreaux doivent payer de leurs crimes,l’impunité fait des fois plus de mal que le crime lui même , apres quel est pour vous le raisonnement juste ? et justement on sait que le problème est ce système pourrit mais on trouve pas de mouvement qui fédère toute les forces vives du pays de tout les horizons alors que le problème numéro un est partagé par tout le citoyens.




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          • Amir Nour
            7 mars 2018 at 10 h 18 min -

            Dans une société ou il y a beaucoup d’antagonisme,soit on accepte le changement pacifique par les urnes soit on sombre dans la violence.
            Pour se convaincre,il suffit juste de regarder ce qui se passe dans le monde des dictatures.Mais il faut se rendre à l’évidence qu’en lisant l’histoire de l’humanité,il y a plusieurs étapes de développements sociétaux entre le chauvinisme ,la raison d’état et le droit.Pour conclure il faut dire que dans nos sociétés,on n’est pas encore arrivé à un Etat de droit ou ce dernier n’est que l’émanation d’un peuple libre.




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  • nordine
    4 mars 2018 at 17 h 14 min - Reply

    bonjour
    je viens d’apprendre cette triste nouvelle et présente à la famille mes condoléances. j’ai travaillé avec ce médecin hors norme à l’hôpital Mustapha fin des années 80 début des années 90 avant son arrestation et les histoires du Fis. d’autres que moi peuvent témoigner devant dieu que c’était l’un des médecins du service du Pr Drif le plus remarquable dans son travail et dans ses relations avec les patients,ses collègues et même les simples employés. je garde l’image, comme dans cette photo de quelqu’un ( allah yerahmou) qui était toujours souriant, aimable et tellement impliqué dans son travail. D’ailleurs il était connu pour être celui qui était souvent parmi les derniers à quitter le service. c’est sa générosité et son intégrité qui parlent pour lui.repose en paix.




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  • Si Salah
    4 mars 2018 at 18 h 41 min - Reply

    In hoggar.org

    L’Algérie pleure le Dr Messaoud Ouziala, par Salim Benkhedda

    Il est très difficile de trouver les mots justes pour décrire fidèlement la personnalité d’un homme de la trempe du Dr Messaoud Ouziala que nous venons de perdre subitement et cruellement.

    Messaoud est tout un symbole et je ne sais par où commencer tellement les souvenirs et les idées se bousculent dans ma tête.

    Tout d’abord Messaoud est le symbole représentatif d’une génération de scientifiques et de techniciens, produits de l’effort éducatif de l’Algérie indépendante, venus à la politique par le biais d’un ressourcement et d’un enracinement dans l’Islam et par refus de la corruption et de la déculturation, et qui ont su gagner la confiance d’une majorité d’Algériens.

    Messaoud a été élu maire FIS de Aïn Taya lors des élections municipales de 1990. Il a servi la population avec dévouement et sincérité. Ce médecin humble et modeste était aimé par le peuple. Il était tout à fait le contraire de « l’élu » parachuté qu’avait l’habitude de connaitre la population. La devise de Messoud était servir et ne pas se servir. Aimé et respecté par tous il sera réélu lors des élections législatives de 1991. Massoud était un pacifique, un homme de dialogue et de science qui a cru sincèrement aux élections et au changement par l’affrontement pacifique des idées.

    Malheureusement les décideurs avaient décidé que le peuple algérien n’était pas mur pour faire son choix. Et c’est comme cela que le Dr Ouziala, élu du peuple, au lieu de rentrer au parlement rentrera en prison, puis sera déporté et « interné » dans les camps du grand sud à l’instar de milliers d’élus. A ce titre il symbolise la grande hogra de 1992, celle de l’avortement violent du choix populaire Et de l’injustice qu’a subi toute une génération.

    Messaoud a passé 4 ans dans les camps d’internement irradiés du grand sud, balloté entre Aïn Mguel, Oued Namous et Reggane dans des conditions effroyables et inhumaines. Sa mére Khalti zineb Moudjahida de la révolution était obligé chaque semaine de parcourir plus de 3000 kilomètres pour rendre visite à son fils unique et lui ramener le fameux couffin dans ces camps de la honte.
    La famille de Messaoud est le symbole de la famille algérienne révolutionnaire qui a donné ses meilleurs fils pour l’indépendance de ce pays et qui a dû subir l’arbitraire et l’ingratitude de « l’Algérie indépendante ». Mon pére Rahimaho Allah me disait que Massoud ressemblait beaucoup à un de ses oncles Ahmed Bouda rahimaho Allah un nationaliste de la première heure qui était connu pour son sens du sacrifice, son humilité, son honnêteté et sa piète.

    Le Dr Ouziala est l’exemple type du médecin compétent expert, poussé à l’exil et qui a fait le bonheur des hôpitaux français. Messaoud était un néphrologue spécialiste de la transplantation rénale et une référence indiscutable dans ce domaine pour l’ensemble de la communauté scientifique. Le professeur Legrain père de la néphrologie française qui a séjourné plusieurs années à Alger pour lancer la néphrologie et la transplantation rénale ne tarissait pas d’éloges sur ce néphrologue hors pair formé dans les meilleurs centres parisiens. J’ai eu pour ma part la chance et le privilège de travailler avec lui plusieurs années à Mustapha, des moments de complicité et de fraternité inoubliables. J’ai vu Messoud passer plusieurs nuits au chevet des patients transplantés sans rentrer chez lui « il faut surveiller les malades transplantés comme le lait sur le feu », aimait il répéter. J’ai vu Messaoud donner de l’argent aux malades pour un taxi, pour acheter des médicaments ou des vêtements, j’ai vu Messaoud pleurer à chaude larmes la perte de patients, j’ai vu Messaoud prendre les patient et leur famille chez lui à Aïn Taya ou Khalti Zineb fournissait gite et couvert. Je témoigne devant Allah que je n’ai jamais vu un médecin avec une telle disponibilité, un tel dévouement et une telle humilité.

    En juillet 1997, il sera encore une fois kidnappé de son domicile et effroyablement torturé; il ne devra son salut, après Allah, qu’à la mobilisation de l’opinion publique nationale et internationale en sa faveur. Sauvagement torturé, il sera relâché une vingtaine de jours après son arrestation.

    Ses amis et sa famille le supplieront alors pour qu’il accepte de quitter le pays et pour qu’il sauve sa peau. C’est la mort dans l’âme que Messaoud quitte cette terre d’Algérie qu’il aimait tant et ce peuple qu’il chérissait de façon maladive.

    Malgré son exil forcé en France, il continuera à servir son peuple. Son corps était certes là-bas en France mais son âme et sa raison sont restée ici en Algérie. Je ne pourrai fournir une liste exhaustive des patients que je lui ai envoyés et les dizaines de compatriotes qu’il a aidés matériellement et humainement. ni les tonnes de médicaments et équipements de toutes sortes qu’il a acheté et envoyé en urgence pour les nécessiteux du « bled ». Messaoud a travaillé dur en France : Klemrin Bicetre, Hôpital Européen Pompidou, La Roseraie… Les hôpitaux prestigieux parisiens se disputaient les compétences de ce néphrologue expérimenté disponible et d’un grand humanisme. Et ce n’est pas avec l’argent de la rente pétrolière et de la corruption qu’il achètera une maison au sud de Paris à Vitry sur seine. Il aménagera un étage indépendant avec toute les commodités pour accueillir les « 3abiri Sabil », les malades, les pauvres et toutes sortes de nécessiteux. L’exemple le plus frappant est celui de cet officier supérieur du DRS à la retraite que j’avais confié à Messaoud pour une maladie de Berger compliquée. A son retour, cet officier me racontait les larmes aux yeux comment il a été pris en charge par le Dr Ouziala, ce médecin qui avait toujours le sourire aux lèvres. Il restait impressionné par sa bonté, son humilité, sa disponibilité, son hospitalité, la cuisine de sa mére Khalti Zineb. A la fin, notre officier à la retraire n’a pu se retenir et a éclaté en sanglot.

    Mon ami mon frère Khoya Messoud, nous sommes peinés par ta séparation et ce matin, tu es parti, subitement.
    L’Algérie te pleure ya Massoud.
    Nos pensées profondes, notre sympathie et nos condoléances d’abord à ta mère khalti Zineb avec laquelle tu avais une relation fusionnelle; tu étais son enfant unique, sa raison de vivre, elle a tellement souffert pour toi… Je ne sais pas si elle pourra s’en sortir après ton départ…

    A ton épouse à tes enfants qu’Allah leur donne la force pour surmonter cette Mosiba.
    Que toutes celles et tous ceux qui ont connu Messaoud prient pour lui; les enfants de Aïn Taya, la famille du Handball, les lycéens de l’Emir Abelkader, les centaines de transplantés, les malades, les collègues, les membres de la SAHA de la SAC de la société de néphrologie du CHU Mustapha des hôpitaux parisiens, ses codétenus des camps de la honte, ses tortionnaires et ses bourreaux et toutes celles et ceux qui lisent ces lignes. Priez pour Messoud.

    Nos prières t’accompagneront comme le souvenir de ta présence, de ta générosité et de ton sourire…
    Que Dieu t’accueille dans Son amour, Sa miséricorde et Son vaste paradis

    .Innâ li’Llahi wa innâ ilayhi raji’oune.

    Allah Yerahmek ya Messaoud.

    Salim Benkhedda
    3 mars 2018




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    • Ahcèn Habib
      6 mars 2018 at 13 h 16 min - Reply

      Bravo Dr Salim B.pour cette oraison funèbre digne d’un algérien authentique!
      Quant au défunt Messaoud on ne cesse d’invoquer le Grand Seigneur des mondes;le Très Miséricordieux de l’envelopper de Son immense miséricorde.
      Allah yerhmek ya Messaoud bi rahmatihi el wassiaa.




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  • bouatra
    5 mars 2018 at 7 h 08 min - Reply

    اللهم ارحمه رحمة واسعه




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  • aziz
    5 mars 2018 at 9 h 04 min - Reply

    Lorsque un bon homme pareil meurt dans l’exil, on sens la tristesse pour ce pays. Allah yarahmou birahmatihi elwasi3a. C’est ça le chemin des hommes, des vrais 3oulama et des prophètes.




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    • Nadir El-Eulmi
      7 mars 2018 at 22 h 07 min - Reply

      Pour ne pas tomber béatement dans des surenchères gênantes de situation comme celle-là;on peut dire simplement que la lignée des prophètes et des messagers s’est arrêtée depuis très très longtemps,14 siècles déjà!ça c’est juste pour éviter toute équivoque d’hommes saints et parfaits de nos jours.




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  • Fatima ATTOUMI
    6 mars 2018 at 0 h 42 min - Reply

    Paix à l’âme du Dr Messaoud OUZIALA.
    Condoleances attristées à sa famille et proches. Je suis émerveillée et admirative par la bonté que témoignait ce spécialiste ( Allah Yarahmou ) à ses patients.




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  • Dr IZEMRANE.
    6 mars 2018 at 12 h 13 min - Reply

    En lisant ces témoignages, on se rend compte de la grandeur et de la bonté du défunt. Un battant que le système voulait réduire au silence.

    Repose en paix, il y a des noms que l’histoire et la mémoire collective retiendra et d’autres qu’on regarde chaque jour mais qu’on fait vite d’oublier, vu leurs méfaits.

    « Taghamadaka Allahu bi-rahmatihi al-wâsi3a, wa askanaka fasîha dinânih.Ina-lilahi wa ina ilayhi râdji3ûn ».

    Mes sincères condoléances à sa mère, son épouse et ses enfants.




    8
  • Congrès du Changement Démocratique