Édition du
21 May 2018

Joyeux anniversaire Mr. Le président 

 

Depuis  Mai 1999 vous nous présidez, j’avais à l’époque à peine 09 ans, je me souviens d’une l’Algérie meurtrie par la violence et le sang, l’Algérie vivait dans l’insécurité la plus totale et l’Algérien assumait  avec lourdeur son malheur et sa destinée,  quelques années plus tard on aura bien reformulé nos souvenirs de cette époque sordide  qui allait porter désormais le  nom de « la  décennie noire » , je me souviens de cet élan de solidarité que vous avez bénéficié de l’opinion publique, vous  avez pu rassembler tous les Algériens : grands, petits, femmes et hommes, tous avaient  un seul objectif :  vous faire élire afin que l’Algérie aille de l’avant et que les Algériens vivent mieux.

A l’époque de mes neuf ans , je vivais à quelques centaines de mètres de la mer à port aux poules aux environs d’Oran, dans une ambiance marine et sereine, mes parents avaient tout fait afin que je ne manque de rien, 09 ans à peine, mais déjà avec un emploi du temps digne d’un ministre : cours de violon, cours de natation, footing avec mon papa, balade dans la forêt en VTT avec notre berger Allemand,  des balades en rollers et bien sur du temps pour la lecture si j’ai tous mes devoirs scolaires achevés.

Mes parents se préparaient à voter pour la première fois de leur vie, ils avaient foi en vous, un choix appuyé par mon grand-père maternel ancien MOUDJAHID qui vit à Blida et qui ne jure que par vous, pour lui vous êtes  : notre l’abbé pierre, notre Dalai Lama et notre Gandhi,  ils avaient la télévision branchée sur vous , ne loupant jamais le moindre de vos  discours, je me souviens avoir mon temps pour mes dessins animés amputé car vos discours de l’époque duraient des heures interminables…

A port aux poules prés de notre appartement se tenait un épicier, où tout le quartier venait se ravitailler, cet épicier voulait  agrandir son commerce, je me souviens qu’un de ses maçons dans la hâte et dans l’excitation de vous voir bientôt président avez offert à l’épicier une figurine en plâtre de notre président  Boumediene vous tendant une colombe blanche signe de gage et de confiance,  cette image de cette figurine est longtemps restée gravée dans ma mémoire.

Aujourd’hui vous avez soufflé vos 81 bougies Mr. Le président, mais quel est réellement votre bilan ?

Même si du chemin a été fait, nous manquons cruellement de sécurité, l’insécurité reste un problème majeur à résoudre, beaucoup de voyous vivent en toute impunité, l’informel est roi, la religion est instrumentalisée et ni la tolérance ni les libertés individuelles ne sont respectées, qu’en dites-vous  sur disparité nord-sud ? De la discrimination à l’embauche ? De l’inégalité aux chances ?

Qu’en dites-vous sur la cause des femmes ? A Oran les deux seules associations féministes ont été mises sous scellées par votre Wali! Qu’en dites-vous sur ces femmes divorcées traitées de mégères ? Que pensez-vous de ces mères célibataires à la situation précaire déjà bien victimes de leurs réputations et du regard impitoyable de ton peuple?

Comment gère- t-on l’harcèlement sexuel au travail et dans les rues Mr. Le président ? Comment peut- on mépriser les victimes et défendre les agresseurs?

Qu’en dites vous des enfants orphelins jetés  à leur sort  et abandonnés par tous ? Et ces enfants victimes de sévices  maltraités et laisser vivre dans leur environnement infâme?

Qu’en dites vous de ces personnes âgées maltraitées parfois même dans leurs centres d’accueils ?

Qu’en dites vous de ces enfants malades chroniques diabétiques, asthmatiques, cœliaques, insuffisants rénaux, insuffisants respiratoires livrés à leur désespoir surtout si leurs parents n’ont pas de couverture sanitaire ? Comment peut un quelconque enfant malade être victime du travail et du choix de ses parents ?

Qu’en dites vous de nos hôpitaux délabrés, archaïques et anarchiques ? La majorité  de ces hôpitaux est un héritage colonial pendant que la population a quintuplé le nombre d’hôpitaux n’a guère changé: pas le moindre plateau technique, ni la moindre condition, ni le moindre examen complémentaire, nos hôpitaux tournent au ralenti, faute d’une réelle ambition de votre ministère, nos hôpitaux sont laissés à l’abandon est c’est le médecin et le malade qui payent.

Je vous enverrai volontiers quelques photos de mon lieu de garde aux urgences pédiatriques au CHU d’Oran.

Les médecins résidents réclament un environnement de travail digne, quatre mois qu’ils sont en grève, sans la moindre considération, c’est malheureux que d’être victime du mutisme de la tutelle.

Mr le président, c’est avec beaucoup de chagrin et avec le cœur meurtri que je vous écris, comment comptez-vous gérer le boom démographique et la crise du logement ?

Jusqu’à quand ces incompétents  députés,  cerveaux vides et poches pleines ?

Mr. Le président le pays traverse une crise financière sans précédent car ni les bonnes décisions n’ont été prises, ni les bonnes personnes sont dans leur bonne endroit, comment peut-on élire un gouvernement qui nous méprise et nous abandonne ?

Depuis quand règle-t-on un déficit budgétaire en arrêtant d’importation des biscuits et du chocolat ? Pourquoi ne pas réduire les salaires et les privilèges des ministres, des députés et des hauts gradés ?

Mr. Le président que comptez-vous réellement faire quant à l’éducation, la santé, l’économie, l’industrie et le  tourisme ?

Parlerai-je encore du domaine de la justice, des droits de l’Homme ?

Parlerai-je  encore de l’intégrisme  qui gangrène notre société ?

Qu’en dites vous sur nos villes sales et polluées ? Qu’en dites-vous sur l’incivisme du peuple Algérien ?

Tout ça pour vous souhaiter un bon et heureux anniversaire Mr. Le président .

Amina FEDJER


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2 Commentaires sur cet article

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  • lyes Laribi
    4 mars 2018 at 20 h 35 min - Reply

    Tout le monde a parlé de cette anniversaire qui à mon avis ne concerne que Bouteflika. Tandis qu’il est 20h30 en ce jour du 4 mars, personne n’a fait rappeler à ce pauvre peuple la commémoration du martyr Ben m’hidi. Et oui, mon cher peuple, ils vont te faire oublier ton histoire (la vraie) en te faisant oublier tes héros, puis ils créeront une sur mesure.
    Allah marhimhou ouarham chouhadaana alabrar.




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  • tarak
    17 mars 2018 at 22 h 59 min - Reply

    Bonsoir

    Il ne faut pas oublier que Fahamatouhou était le fameux Abdeka El mali. C’est pourquoi il veut transformer l’Algérie en pays qui ressemble beaucoup à MALI.




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  • Congrès du Changement Démocratique