Édition du
27 May 2018

La grande faiblesse de la Révolution algérienne

La grande faiblesse de la Révolution algérienne fut le manque de direction vivant au rythme des masses et exprimant leurs motivations. Le premier CCE avait pris le départ dans ce sens et son erreur fut de quitter l’Algérie.

Les membres de la direction n’étaient pas liés par une vision commune de l’homme et du monde. Ils n’avaient aucun projet de société. Leur objectif n’allait pas au-delà de l’indépendance. Cet handicap remonte à l’origine du mouvement nationaliste militant, né à l’étranger, dans l’émigration, formé en majeure partie de travailleurs illettrés, privés de l’apport des intellectuels. (Ces derniers se sont-ils suffisamment engagés dans la lutte ?) Cet handicap congénital, il le subira tout au cours de sa longue carrière, malgré l’héroïsme et le dévouement total de ses adhérents. Il n’y a pas eu à la tête du FLN une équipe capable :

– d’évaluer le rapport des forces,
– d’établir un plan d’action,
– de formuler une stratégie et un programme de développement cohérent.
Les masses ont suppléé à la carence de la direction et ont joué un rôle moteur dans la guerre. C’est grâce à elles qui fut remportée la victoire. Mais tout fut abandonné par spontanéité et la victoire se transforma en défaite. L’indépendance, acquise de haute lutte, fut gérée d’une manière catastrophique.

Le peuple ne peut triompher en définitive sans une direction alliant la théorie à la pratique, mais compatibles l’une et l’autre avec sa foi, son histoire et sa culture. On ne bâtit pas un état avec des recettes importées de l’extérieur.

Notre souhait est que les jeunes tirent les enseignements de l’histoire, qu’ils en tiennent compte dans l’édification de la nation et qu’ils sachent éviter de tomber dans les errements de la génération de leurs aînés.

Ce qui devrait les préoccuper c’est d’abord la morale, préalable à toute action, politique ou autre, qui confère à l’homme sa véritable valeur et la compétence intellectuelle. Les deux qualités sont fondamentales, notamment chez ceux qui sont appelés à être les guides de ce peuple afin d’affronter l’implacable réalité moderne de plus en plus soumise à la loi de la jungle, celle des Grands de ce monde. ….

Benyoucef BENKHEDDA la crise de 1962


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10 Commentaires sur cet article

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  • tarak
    17 mars 2018 at 23 h 25 min - Reply

    La révolution Algérienne??? je n’y crois plus, elle a servi à soumettre le peuple algérien tout entier, à une nouvelle dictature (néocolonialisme) où les droits sont spoliés au quotidien pire que durant le colonialisme français.




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  • Meriem
    18 mars 2018 at 18 h 23 min - Reply

    A quoi ça sert de se lamenter , c’ est trop tard, le mal triomphe toujours car il ne s’embarrasse pas de morale ni de valeurs contrairement au bien qui respecte toute espece avant toute chose




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  • Maiza Touhami
    18 mars 2018 at 19 h 06 min - Reply

    La morale dans ce point de vue est que pendant que l’on pensait gagner une indépendance, les français ont bien préparé leur coup et à travers de multiples bombes à retardement ont programmés une dépendance indéfinie dans le temps de l’Afrique français dont l’Algérie est la porte d’entrée. Il n’est que d’analyser l’incitation à la Révolution Agraire à travers l’exemple des CAPER créées en 1954. Les circulaires de LACOSTE et la promotion de l’élite qui s’en est suivit. Le régime spécial pour l’expropriation adopté en 1960 en Algérie qui diffère du système français quand à la valeur de la terre et bien d’autres bombes qu’ils continueront à prodiguer au fil du temps selon les époques pour consolider cette dépendance et faire de notre pays une dépendance totale ignorant son histoire (la phase colonisation française) par le biais d’un arabisation qui bloque l’accès à cette histoire. Qui peut s’imaginer ce qu’il n’a pas vécut et l’analphabétisme antérieur a bloqué la communication. La Morale est que dépendant de la mère patrie nos enfants n’ont d’autres visions que celle de faire leur avenir ailleurs sauf s’ils accède à la classe des prédateurs.




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  • mazighedine
    18 mars 2018 at 20 h 38 min - Reply

    Salem,azul

    La france impérialiste s’est retirée , et elle a laissé ses ignares suppôts encore pire qu’elle.

    VIVE L’ALGERIE INDÉPENDANTE.

    Cordialement, tanmirth.




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  • mehdi
    19 mars 2018 at 10 h 31 min - Reply

    Comme tout mouvement révolutionnaire, la révolution algérienne (1954-1962) avait certainement des lacunes. Benyoucef Benkheda , rahimahou Allah, mentionne l’absence d’une stratégie et d’un programme de développement cohérent. Malgré cela, le peuple algérien avait pu se libérer d’un colonialisme barbare. Cela est arrivé grâce à la sincérité des militants du mouvement national, de longue date , qui avaient pour objectif urgent de détruire le système colonial. Le peuple algérien victime d’humiliation et misère de ce système ne pouvait que suivre.
    L’indépendance fut acquise mais pas avant la mort, de la majorité des glorieux combattants qui croyaient, en une Algérie nouvelle. C’est peut être la raison pour laquelle l’élan révolutionnaire avait ralenti, surtout que certains qui avaient occupé le devant de la scène n’avaient rien avoir avec l’esprit révolutionnaire.
    Il n’ y a pas longtemps, j’ai entendu un général algérien dire que lui, en tant que personne, il n’a pas mené une révolution , mais il a mené une guerre contre la France.
    La nuance est de taille …
    Gloire aux martyrs.




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  • Ahmed Meftah
    20 mars 2018 at 12 h 05 min - Reply

    « Le peuple ne peut triompher en définitive sans une direction alliant la théorie à la pratique,mais compatibles l’une et l’autre avec sa foi,son histoire et sa culture.On ne bâtit pas un état avec des recettes importées de l’extérieur ».Allah yerhmek ya si Benkhedda!Vous aviez dit juste.
    Mais malheureusement c’est ce qui se fait,par nos dirigeants, depuis l’indépendance de l’Algérie à nos jours.
    Un peu de socialisme par là,un peu de libéralisme par-ci,même s’il faut corrompre des hommes de religion pour justifier telle ou telle recette afin de tromper le peuple.Pour eux l’essentiel c’est que ça donne l’impression de bouger,de faire quelque chose.Mais sans jamais prendre en considération notre propre authenticité sur le plan moral,social et culturel.
    Résultat de parcours,le peuple et ses dirigeants pataugent tous ensemble dans une hypocrisie insoutenable!Tout en souhaitant,sans aucun effort ou sacrifice, que la recette prenne d’elle-même.Mais tous ont oubliés une chose qu’entre les souhaits et la persévérance dans l’effort il y a tout un monde;ça c’est la nature des choses.
    Ainsi va la vie,combien de peuples misérables se sont libérés de leurs chaines et sont devenus l’exemple de la pugnacité dans la défense de leurs intérêts.Notre peuple en sait quelque chose.La balle est dans son camp.




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  • Betache Mohamed
    26 mars 2018 at 15 h 45 min - Reply

    J’ai lu avec intérêt cet article écrit par Benyoucef BENKHEDDA , homme historique dont j’ai énormément de respect. On y lit : « les membres de la direction n’étaient pas liés par une vision commune de l’homme et du monde. Ils n’avaient aucun projet de société.Leur objectif n’allait pas au-delà de l’indépendance. » Il ajoute que … « cet handicap remonte à l’origine du mouvement nationaliste militant, né à l’étranger, dans l’émigration, formé en majeure partie de travailleurs illettrés, privés de l’apport des intellectuels. »

    Moi je trouve que son analyse est complétement fausse, car ce sont surtout les intellectuels (arabisants et francisants)qui ont pensé et organisé la révolution algérienne! Je pense qu’il connait déjà au minimum la vision de Malek Bennabi, pour ne citer que celui-là, dans ce domaine !

    De plus, sur un plan plus général, s’il était encore vivant, je lui recommanderais de lire la plate-forme de la Soummam, qui non seulement est venue donner une organisation et un sens à la lutte de libération mais en plus elle a évoqué abondamment dans ces dispositions ce que se devait être l’Algérie après l’indépendance ! Il aurait dû dire plutôt et tout simplement : c’est par la faute de l’armée des frontières, par la faute des Ben Bella, les Boukherouba, les Ali Kafi, les Mahsas, les Boussouf , les Taleb Ibrahimi, etc… etc..qui ont fait que l’indépendance à mal tournée et que l’Algérie n’a plus eu ni vision, ni projet de société !

    Je trouve bizarre que Benyoucef BENKHEDDA ait écrit cela !




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  • Younes
    2 avril 2018 at 12 h 15 min - Reply

    Pas d’accord avec feu Benkhedda, qui fut lui même un intellectuel,porté au sommet de la république en lutte.
    Le mouvement national, puis la révolution, avait son élite éclairée dont on peut au moins citer les Messali, Imache, Abane, Abbas, Benkhedda, Ait Ahmed et des dizaines d’autres. Le problème c’est le détournement de la plateforme de la Soummam, avec l’implication malsaine de l’égypte, qui a porté les militaires (erawla) au pouvoir et le cauchemar continue à ce jour.




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    • Dria
      2 avril 2018 at 20 h 24 min - Reply

      L’Égypte dont ce pouvoir illégitime continu de nouer des relations privilégiées, pour preuve aujourd’hui notre Momie a félicité le dictateur Sissi pour son auto élection a son carnaval,en attendant le retour des félicitations pour notre mascarade du 5 ème mandat,…
      Comme quoi les systèmes autoritaires s’entraident entre entre eux, sinon comment coopérer et garder le contact avec le régime de Sissi après le carnage de Rabea et les condamnations à mort qu’on continu de prononcer quotidienement, ainsi que les injustices, disparitions et intimidations que subit le peuple égyptien , les félicitations à travers le message de fakhamatuhu ne peuvent être plus claire, le cabinet noir vient d’annoncer un message aux algériens qui aspirent au changement et à la démocratie,en voulant une intimidation du genre nous sommes tous des Sissi alors tenez vous a carreau.

      Ce message par le biais de notre momie est une insulte pour les deux peuples algérien et égyptien, la balle est dans me camp des peuples, faut il enfanter des Moïse pour en venir a bout de ces nouveau pharaon , l’avenir nous le dira…




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  • BENKHEDDA
    17 avril 2018 at 22 h 44 min - Reply

    Homme sage très bien élève par son frère aîné Abdelhalim après la. Mort de son père alors qu il avait 11ans.
    L homme intelligent. Pharmacien. Il a étudié au lycée Ibn Rouchd de BLIDA avec ABANNE RAMDHANE. SAAD DAHLAB
    BENTEFTIFA. et d autres. tous. Cadres. Sages. Biens éduqués. Intellectuels.
    BENKHEDDA. ABDELHALIM. Ne 1910. Niveau de seconde. à exercé. à la mairie de BLIDA. De 1940 a1947. Comme. Commis de bureau. Il a beaucoup travaille.
    En1932. Était trésorier. enfoot ballon U. S. M. BLIDA. Lisez. L histoire des premiers fondateurs. Et. Correctes. Tous de bonnes familles.
    BENKHEDDA ABDELHAlIM. Était responsable à l hôpital civil de BLIDA
    Administrateur trilingue. Comptable
    Il a beaucoup travaille 1962 à 1989
    Il a beaucoup. Gère l hôpital. Ducros ex militaire. Hôpital civil de B LIDA. Clinique Farroudja. .Il faisait la bonne gestion. Tout fonctionne très bien les hôpitaux. Propres de très bons Médecins sérieux qui travaillaient avec consciences. à l époque par exemple Docteur
    Hodayeb. Libanais d origine. Et d autres très bons Médecins.
    Tout allé bien.
    Mon père BENKHEDDA ABDELHALIM. À beaucoup travaille pour son pays l AlGERIE. VRAI. MOUDJAHED. À BLUDA. Centre
    Torture par le colonel Bigeard à l époque emprisonné à BLIDA prison actuelle ma mère moudjahida à BLIDA j ai une sœur chahida née en 1959.
    Ainsi la vie de MONSIEUR. BENKHEDDA
    ADEL HAKIM. ET SON frère. BENYOUCEF
    Une chaallah rahoum maa el CHOUHADAS. Rahimahoum ALLAH.




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  • Congrès du Changement Démocratique