Édition du
27 April 2018

Environnement, l’Algérie sous le couperet de Bacchus

Salim METREF

La consommation d’alcool devient en Algérie endémique et risque de devenir un véritable problème de santé publique. Les statistiques ne sont pas vraiment connues mais il suffit de regarder l’afflux d’une clientèle de plus en plus importante dans ces espaces dédiés à la vente de boissons alcoolisées  pour comprendre que le phénomène a pris une incroyable ampleur. De larges franges de la population, souvent jeunes, cèdent aux plaisirs et non moins dangers de cette consommation. Et nul ne peut dire comment est consommé ce breuvage. Avec excès, modération. Le business est quant à lui florissant et ce phénomène si étranger à nos traditions, notre culture et nos habitudes de consommation  s’incruste dans notre société et se dévoile désormais sans  honte, ni pudeur.

Notre propos n’est pas moralisateur car notre société devenue malade souffre de bien d’autres maux mais il est de dénoncer les effets pervers que cette consommation sauvage de boissons alcoolisées induit et les désagréments qu’elle provoque notamment sur notre environnement qui lui est un bien commun et un espace partagé.

Les pouvoirs publics doivent dans ce contexte réagir et légiférer, si cela n’est pas déjà fait, pour endiguer ce phénomène afin qu’il ne déborde plus sur l’espace public ni ne pollue l’environnement  et qu’il soit circonscrit dans l’espace notamment public qui lui est légalement dédié.

Aucune région d’Algérie n’est épargnée. Nos routes et nos forêts sont devenues le réceptacle de ces déjections alcooliques qu’une faune de consommateurs en folie produit et jette sans retenue. Bouteilles, canettes et emballages de toutes sortent longent désormais nos routes et remplissent nos caniveaux. Même nos réserves d’eau douce comme les barrages et les lacs ne sont pas épargnées et constituent les lieux de prédilection de ces marées humaines en transhumance éthylique et subissent leurs effets dévastateurs.

Quand on sait que dans nos campagnes et villages, de braves personnes s’échinent  à vivre dans un environnement propre, il est inacceptable que d’autres dans leur criminelle insouciance polluent et détruisent une nature si fragile.

Il est vrai enfin que chaque époque produit ses héros. Mais espérons que les dignes héritiers de Cheikh Aheddad, d’El Mokrani, de Ben Badis, de l’Emir Abdelkader et d’autres vénérables anciens ne sont pas devenus une espèce en voie d’extinction et qu’ils déploieront toute leur pédagogie et  leur courage pour sensibiliser dans la paix et la sérénité ces centaines de milliers de personnes notamment les plus jeunes des risques qu’ils encourent face à l’alcoolisme et surtout de les convaincre que les chemins de la réussite sont ailleurs et que des challenges bien plus nobles sont à relever dans un pays aussi grand que le nôtre.  Amin.


Nombre de lectures : 2613
14 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • benabbes
    4 avril 2018 at 7 h 45 min - Reply

    Bonjour. Justement, le problème c’est qu’on veut toujours moraliser ce phénomène qu’on tombe toujours sur notre tete, en s’attaquant aux libertés, au nom de la religion, en niant les besoins de nos jeunes et de la société, en matière de loisirs et d’émancipation… Vous évoquez l’état de nous routes inondées sur les fossés par les canettes et le s bouteilles de bière et d’alcool et même les sachets et de restes de volailles, mais les pouvoirs publiques de la wilaya, parent  » au plus pressé  » en  » ordonnant aux équipes d’entretien, entre autres d’aller nettoyer les routes au lieu et place de l’entretien routier au sens propre et les services de police et de gendarmerie de chasser avec parfois du zele les buveurs mobiles, faute d’endroits appropriés et de points de ventes agrées . Rien de plus, on ne se demande pas pourquoi ce phénomène, car on considère simplement que la consommation d’alcools est haram pour le citoyen lambda et qu’on entretient plusieurs discours selon l’interlocuteur, se conformer au commerce international en matières d’importations et en interdisant ou ne donnant pas la possibilité aux agréments des points de vente…




    1
  • iIssam Hireche
    4 avril 2018 at 11 h 42 min - Reply

    Vous avez raison Monsieur Metref d’évoquer ce sujet de pollution qui nous a envahie,une fois j’étais sur l’une des nombreuses plages de Bédjaia,la honte il n’ y avait pas le moindre mètre carré sans glisser sur des tas de canettes de bière et autres détritus,Il y avait même des touristes étrangers qui étaient ébahis devant cette situation.Alors pas la peine de nous sortir cette histoire de morale ou de religion parce que ce n’est pas vrai,c’est juste une question d’éducation civique qui devrait être inculquée à nos chérubins depuis l’école maternelle,leur apprendre que jeter des ordures sur les lieux et places publics est interdit par la loi et immoral.
    Remarque:j’ai cité cette région parce que j’ai y été,il parait que les autres régions du pays ne sont pas plus propre!




    4
    • Betache Mohamed
      8 avril 2018 at 18 h 32 min - Reply

      @iIssam Hireche, certes il y a le manque de civisme et d’éducation des citoyens algériens, mais il y a aussi la responsabilité de l’Etat, des collectivités locales, des APC !

      Dans les plages des kofars, il n’y pas que seulement deux ou trois poubelles le long des plages, il y en a tous les 20 ou 30 mètres. Il y a aussi des agents désignés pour çà et qui passent deux à trois fois par jour pour vider ces poubelles!

      Dans les plages des koufars, tous les matins de bonne heure il y a des engins spéciaux qui nettoient les plages avant l’arrivée des baigneurs !Ce sont des pelleteuses, des filtreuses, des petites camionnettes à benne qui ramassent les détritus, les bouteilles de bières, les bouteilles en plastiques laissées par les baigneurs etc… etc.. Chez nous, ce sont un ou deux plantons non formé ni pour ramasser ni faire pour quoi que se soit qui sont désignés rien que pour faire semblant de nettoyer !

      Mais chez nous on préfère mettre 8 milliards de dollars pour importer des voitures que d’importer des engins de nettoyage des espaces publics, des bennes à ordures etc… etc… Pour un Etat responsable, le choix est vite fait en principe!




      2
  • ripou
    4 avril 2018 at 17 h 02 min - Reply

    ils sont de quelle religion, s’ils ont une?!!! j’ai connu des Boudhistes ils respectent le Bouda, j’ai aussi connu des indouistes respectent leurs dieu ‘vache etc.., maintenant cette espèce d’algérien de vandale n’a aucune religion, laisser les se bourrer la gueule jusqu’a l’éclatement de leurs cervelet, c’est comme une grenouille je ne si pas si vous aviez essayé quand vous lui donner a fumer elle explose.




    4
    • bali
      11 avril 2018 at 9 h 50 min - Reply

      MDR




      0
  • Ali SBIH
    4 avril 2018 at 19 h 42 min - Reply

    la prohibition ne circoncit pas les effets pervers de l’alcool, le Haram ,non plus, à la limite pendant le mois sacré , une trève /accalmie est remarqué. La solution est ailleurs et les autorités ne semblent pas intéressés pour éradiquer ce piteux spectacle de beuveries dans les endroits les plus insolites et les « reliefs « de ces pitoyables convivialités.
    Pour preuve ,dans les faits divers (circulation,rixes,meurtres,incestes,divorces…)l’alcool ne semble pas etre une cause alarmante ni une variable determinante.
    Peut etre que le niveau de fiscalité est séduisant ,que le lobby préfére une « non » institutionnalisation /normalisation de la consommation de l’alccol,que les affaires religieuses puissent continuer « à vivre dans l’ignorance » de cette pratique tolérée/permise.
    Comment contenter tout ce monde ,en sacrifiant bien sur le « confort » du Citoyen.




    3
  • M.Bous
    4 avril 2018 at 23 h 07 min - Reply

    Je croit qu’on est en face d’un probleme d’éducation civique et de lois ( sérieusement appliquées ) … Les déchets de toutes natures confondues envahissent notre environnement depuis notre pallier jusqu’au lieu de notre travail … Nos jeunes  » buveurs  » ne jettent pas a l’envolée que des cannettes de bière , ils ont la meme pratique pour tous leurs déchets , de la  » chema  » au mégot jusqu’au sac de poubelle … L’alcool et la  » zotla  » ont dépassés  » l’effet de mode  » au sein de la communauté de nos jeunes et devenus un rituel d’évasion , et avant de se coucher personne ne va oublier  » la chahada  » , mal ou bien , juste ou pas , les dégats sur l’environnement et la paix sociale sont la et parfois alarmants … Notre environnement est sale et c’est nous les « salisseurs  » … On sali puisque ni notre éducation ne vas nous stopper et on vas pas avoir honte , ni  » l’humain  » qui nous regarde faire ne vas etre offensé par notre geste , ni la loi et ceux qui veillent a son application peuvent nous en empecher … Normal ! … Avec ses conditions il serait anormal de ne pas etre sale et de salir …




    2
  • Betache Mohamed
    5 avril 2018 at 16 h 41 min - Reply

    D’abord laissez moi dire une première chose : toute cette ignoble détérioration de l’environnement par des cannettes de bière et de bouteille de vins est dû dans une certaine mesure à la diminution des bars et des restaurants qui servent de l’alcool au nom de ….la religion ! Aujourd’hui se sont les buvettes illégales en pleine nature ou des vendeurs à la sauvette ou des vendeurs au détails à emporter qui font légion. On montre ici en illustration à cet article un amas de bouteilles de bières mais il y a des amas de toutes autres choses dans nos villes et campagnes.

    Du temps de Boumediène pourtant très pieux et très religieux, il n’y a jamais eu ce spectacle car de son temps jamais un bar ou un restaurant qui sert du vin n’a été fermé, sauf pour hygiène! Même Ben Bella n’a pas interdit ce type d’établissement !
    Je ne dis pas çà pour dire qu’il faille encourager l’alcool car c’est très, très nocif pour la santé (comme d’ailleurs le tabac, la chirra et la zetlaa qui pourtant sont considérée comme hallel, en tout cas non haram).

    Je ne dis pas qu’il faille encourager l’alcool, mais l’ouverture de bars et les restaurants servants de l’alcool dans des endroits appropriés peuvent atténuer cette agression envers la nature ! Il faut savoir que n’importe quelle fetwa, n’importe qu’elle loi coranique, n’importe quelle loi civile, n’importe quel décret ne pourra jamais mettre fin à la consommation d’alcool! Moi je suis plutôt pour une vigilance accrue envers les chauffeurs de voiture qui fument du hachich ou qui boivent de l’alcool au volant (il y a un taux au de la duquel la loi doit sévir énergiquement) et pour le développement de centre ou des services médicaux pour aider à la désintoxication, mais pour le reste c’est peine perdu ! j’ai connu des copains qui sont allé à la Mecque pour mettre fin à la consommation d’alcool mais qui ont sombré quelques mois après ! C’est le type de personne qu’il faut aidé médicalement et non condamné au nom d’un verset coranique.

    En tout cas rien ne sert d’interdire. Il faut informer, orienter, prendre en charge, expliquer les dégâts de alcoolisme pas par le Coran seulement mais pas l’éducation civique, pédagogique et médical !Et là c’est le rôle de l’Etat qui est le plus important aussi bien en matière environnement et de protection de la nature que contre l’alcoolisme et toutes autres drogues douces ou hard !

    j’ajoute que si ces bouteilles (de vins, de bières, de coca cola, de hamoud boualem, de saida etc…) se trouvent toujours dans ces endroits, c’est que l’Etat et les collectivités locales ont failli à leurs missions et responsabilités ! j’ai connu des villes européennes ou américaines où des milliers de citoyens jettent çà et là et sans arrêts en grande quantité en cours de journée des ordures, des bouteilles, des déchets et des détritus mais les services communaux de nettoyage sont sur place en permanence pour faire leur job de nettoyage et de ramassage ! C’est aussi cela un État !




    20
  • bouzid
    6 avril 2018 at 10 h 13 min - Reply

    Bonjour : oui question santé la consommation d’alcool entraîne des conséquences grave sur le système nerveux, et es complication au niveau du gros intestin »colon » et énormément de séquelles dans le physique si on est dépendant et on consomme pas on risque des ne pas avoir un sommeil donc entraîne aussi des insomnies; c’est une maladie qui se soigne, dans les pays développés ont investit et crée des centre des soins et des thérapies anti-tabac; s’en sortir n’est pas du tout évident, j’en ai connu des consommateurs jusqu’au dernier jour de leurs vies, dans notre culture l’islam aide a s’en sortir et soigne ce fléau vicieux, on peut par exemple lire le coran avant le sommeil et pratiquer beaucoup de sport c’est la seul manière d’y mettre fin.




    4
  • Dria
    6 avril 2018 at 22 h 46 min - Reply

    Mais il faut une vraie ivresse d’une partie du peuple pour aborder le cinquième mandat en toute sérénité

    Non je plaisante, je suis sur que les hautes autorités vont réglé ce phénomène en instaurant des emballages en papier comme pour le lait ou les jus, on servira le vin dans des restaurants et on créera de nouveaux points de ventes dans les superettes et les grandes surfaces. Buvez à volonté et à votre santé, ainsi le paysage sera plus beau, n’avez vous pas remarqué que les sachets en plastiques ont disparus de nos villes et campagnes…allez y faire un pic nic et vous comprendrer, il n’ya plus de civisme ni chez la population ni chez les responsables.

    S’il ne n’agissait que des bouteilles, hélas au règne de la médiocrité, on devient ivre rien qu’en pensant à cette réalité amer, des montagnes de détritus aux portes des immeubles, des marchés puants, des transports nauséabonds, la saleté de nos ruelles, trottoirs, des imondices dans nos terroirs, couloirs, des ordures sur nos plages , nos côtes sont des plus pollués,s’il n’y avait que ces bouteilles on aurait pu organisé un volontariat d’envergure national et on aurait régler ce problème.

    Le problème est plus profond, certes nous sommes aussi responsables, oui il faut nettoyer les mentalités à tous les niveaux, mais pour bien faire, c’est comme pour les escaliers, on doit commencer le nettoyage du haut et descendre au fur et à mesure ….

    Une question aux algériens sobres et lucides : « Qu’est qui vous pollue le plus votre environnement et votre vie: les bouteilles ou nos dirigeants? ». La réponse sera unanime même si vous êtes des écolo…

    Alors oublions le taux d’alcolemie et songeant aux degrés de médiocrité une nouvelle échelle pour faire une vraie désintoxication et améliorer notre situation sur tout les plans.




    8
  • Ali SBIH
    7 avril 2018 at 17 h 31 min - Reply

    @ Dria ,Bonjour

    Ailleurs , la collecte des déchets est modélisée à l’extreme, beaucoup de sous à gagner en vous débarrassant de vos nifayates et en les transformant en d’autres produits de chauffage ou autres que vous payez en retour: le beurre et l’argent du beurre !
    Ce que tu as décris n’est rien d’autre qu’un projet de société original :laissez faire ou carrément ….laisser aller.




    5
    • Dria
      8 avril 2018 at 6 h 47 min - Reply

      @Sbih
      Bonjour « Un projet de société original » à vous lire un étranger pensera que vous parliez du « traitement de déchet nucléaire ».

      Laissons faire, mais hachakum quand les murs, les coins de rues, d’escaliers ou les arbres deviennent des urinoires publiques.

      Quand on retrouves des déjections humaines dans des jardins publiques, au sein des cimetières, des cours et terraux d’hôpitaux.

      Quand on sait qu’on n’a pas de toilettes publiques, et si ils tente ils sont soit fermé ou hors d’usages dans nos magasins cafés et restaurants.

      Quand ils faut se rabattre sur les mosquées non pas pour faire la prière mais pour parer à l’urgence, quand ces memes lieu de culte ne sont pas épargné par l’incivisme.

      Quand ces derniers existent et que vue l’État indescriptibles dans lesquelles on les retrouvent que ce soit dans une école, un lycée ou une université ….

      Je me demande vraiment dans quelle société on vie, faut il commencer par le problème des BOUTEILLES (c’est un problème) ou s’occuper des VESSIES PLEINES (apparement une urgence spécifique que seules les diabétiques et consommateurs de bouteilles de bière connaissent).

      Je ne dis pas qu’il faut négligé ce problème de bouteilles, mais songer à un projet de sociéte avec une ÉLITE qui a peur de se faire matraquer, avec des DIRIGEANTS qui n’arrivent depuis l’indépendance à construire des sanitaires, et avec un PEUPLE qui donne plus d’importance au sachet de lait qu’a son hygiène et bien être.

      Laisser faire et laisser allez, moi je dis mieux, il faut s’en allez carrément, partir n’importe ou, Al Harba liman istata3a ilayhi sabila …ya rien a cirer c’est foutu cha3ban wa hukumatan…




      3
  • Ali SBIH
    9 avril 2018 at 9 h 25 min - Reply

    J’ai dis qu’en face du laisser faire on peut opposer à la mode de chez nous le laisser aller soit dit ne rien faire ,ne rien tenter ,ne rien prévoir.
    Déchets et eaux usées sont symptomatiques de l’urbanisation, leur traitement/recyclage sont inclusifs de dizaine de milliers d’emplois, d’élimination du gaspillage et d’une meilleure hygiène de vie ,voila pourquoi AYEURS ,ils se préoccupent plus de booster la consommation et de gérer/tirer des bénéfices de ses retombées (sans jeu de mots) allant jusqu’à codifier les comportement des ménages ,des associations de lutte pour la salubrité de l’environnement et la préservation du cadre de vie.
    Dommage que le texte de notre ami S.METREF n’aborde que l’enjeu moral de la question de la consommation de l’alcool « aggravée » par la pollution visible ,la prostitution existe mais moins visible et les effets sociaux/sanitaires sont aussi pervers ,les drogues dures ne doivent pas etre absentes du débat : Une société a t elle le droit de ne pas « veiller au grain » et etre moins « pénaliste » que morale ?




    2
  • aissa
    11 avril 2018 at 10 h 35 min - Reply

    Même notre Sahara jadis si propre en subit ce déferlement à toutes les sauces (canettes d’alcool, bouteilles et sachets plastics et jusqu’aux couches pour bébés)
    Un peuple sauvage qui ne mérite pas ce beau pays




    5
  • Congrès du Changement Démocratique