Édition du
23 October 2018

PLAIDOYER POUR LA PAIX

 

A la vue de l’actualité qui défile devant nous, et les graves évènements qui en découlent pouvant mener à une guerre entre les superpuissances, un discours datant de plus d’un demi siècle résonne encore par sa lucidité et son courage devant l’adversité.
Ce discours est celui que John F. Kennedy donna le 10 Juin 1963 à l’université Américaine, véritable plaidoirie pour la paix.

 

Khaled Boulaziz

‘’S’il m’est permis d’exprimer un dernier souhait se serait celui de voir les générations de demain vivre de leur travail, s’entourer de bien-être et vivre en paix.’’

Ferhat Abbas

J’ai choisi cette prestigieuse université, aujourd’hui pour m’exprimer sur un sujet sur lequel l’ignorance abonde trop souvent et la vérité n’est que trop rarement perçue – C’est le sujet le plus important sur terre: La paix.

De quelle paix je veux parler et quelle sorte de paix recherchons-nous? Pas une Pax Americana imposée sur le monde par les armes de guerre américaines, et certainement pas la paix des cimetières ou celle des esclaves.

Je parle d’une paix authentique- celle qui rend la vie sur terre digne d’être vécue – qui permet aux hommes et aux nations de grandir, d’espérer et de construire une vie meilleure pour leurs enfants – la paix non seulement pour les Américains mais la paix pour toutes les femmes et tous les hommes de ce monde – pas seulement la paix en notre temps, mais la paix en tous les temps.

Je parle de paix aujourd’hui à cause du nouveau visage de la guerre qui se profile à l’horizon.

La guerre totale n’a aucun sens à une époque où les grandes puissances peuvent maintenir de grandes forces nucléaires relativement invulnérables et refusent de capituler sans avoir recours à ces mêmes forces.

Cela n’a aucun sens surement à une époque où une seule arme nucléaire renferme presque dix fois la force explosive de toutes les forces aériennes alliées durant la Seconde Guerre mondiale.

Finalement, cela n’a aucun sens à une époque où les poisons mortels produits dans un échange nucléaire seraient charriés par le vent, l’eau, le sol et les graines jusqu’aux confins du globe et aux générations futures.

Certains disent qu’il est inutile de discuter de paix ou de droit mondial ou de désarmement mondial, mais je crois fermement que nous devons en parler toute en réexaminant nos propres attitudes – en tant qu’individus et en tant que nation – car notre attitude est essentielle.

Et chaque diplômé de cette école, tout citoyen qui désespère de la guerre et souhaite apporter la paix, devrait commencer par regarder intérieurement – en examinant sa propre attitude envers les possibilités de paix, vers le cours de la guerre froide et vers la liberté et la paix ici dans notre demeure.

Beaucoup d’entres nous pensent que c’est impossible. Beaucoup pensent que c’est irréel. Mais cette une attitude est dangereuse et défaitiste. Elle ne peut mener qu’à la conclusion que la guerre est inévitable – que l’humanité est condamnée – que nous sommes pris par des forces que nous ne pouvons contrôler.

Nous ne pouvons accepter ce point de vue. Nos problèmes sont d’origine humaine – par conséquent, ils peuvent être résolus par l’homme. Et l’homme peut être aussi grand qu’il veut.

Aucun problème impliquant le destin humain n’est au-delà des êtres humains. La raison et l’esprit de l’homme ont souvent résolu l’apparemment insoluble – et nous avons la ferme conviction qu’ils peuvent le faire de nouveau.

Je ne parle pas ici d’un concept absolu et infini, de paix universelle et de bonne volonté dont rêvent certains. Je ne nie pas la valeur des espoirs et des rêves.

Mais concentrons-nous plutôt sur une paix plus pratique, plus réalisable, non pas sur une révolution soudaine de la nature humaine mais sur une évolution progressive des institutions humaines – sur une série d’actions concrètes et d’accords efficaces qui sont dans l’intérêt de tous. Toute en sachant qu’il n’y a pas de clé unique et simple pour cette paix – pas de formule grandiose ou magique à adopter par une ou deux puissances.

La paix véritable doit être le produit de nombreuses nations, la somme de nombreux actes. Il doit être dynamique, pas statique, et évolutive pour relever le défi de chaque nouvelle génération. Car la paix est un processus – une manière de résoudre les problèmes.

Avec une telle paix, il y aura toujours des querelles et des conflits d’intérêts, comme il y en a au sein des familles et des nations. La paix mondiale, comme la paix communautaire, n’exige pas que chaque homme aime son prochain – il faut seulement que les hommes et le femmes de ce monde vivent ensemble dans une tolérance mutuelle, soumettant leurs différends à un règlement juste et pacifique.

Et l’histoire nous enseigne que les inimitiés entre les nations, comme entre les individus, ne durent pas éternellement. Aussi fixes que puissent sembler nos goûts et nos aversions, la marée du temps et les événements apporteront souvent des changements surprenants dans les relations entre les nations et les voisins.

Alors laissez-nous persévérer. La paix n’a pas besoin d’être périlleuse, et la guerre n’est pas nécessairement inévitable. En définissant plus clairement notre objectif, en le rendant plus maniable et moins éloigné, nous pouvons aider tous les gens à le voir, à en tirer l’espoir et à aller irrésistiblement vers lui.

Donc, ne soyons pas aveugles par nos différences – mais concentrons notre attention sur nos intérêts communs et les moyens par lesquels ces différences peuvent être résolues. Et si nous ne pouvons pas mettre fin à nos différences, nous pouvons au moins contribuer à la sécurité du monde dans la diversité.

Car, en dernière analyse, notre lien commun le plus fondamental est que nous habitons tous cette petite planète. Nous respirons tous le même air. Nous chérissons tous l’avenir de nos enfants. Et nous sommes tous mortels.

John F. Kennedy


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