Édition du
23 September 2018

LA VIOLENCE DANS LES STADES

Moulay T.

La période postcoloniale  a fait basculer chronologiquement notre pays, de la modernité à la corruption, de la corruption à la folie, de la folie à la démence, de la démence à la bestialité. Aucune raison au monde ne pourrait justifier ce parcours, pour un peuple qui a trouvé un pays bâti, structuré et prêt à aller de l’avant. Aucune explication sociologique  ne pourrait être donnée  à ce cheminement, si ce n’est l’évolution d’évènements voulus, contrôlés et forcés qui a mené à une régression des mentalités.

Ce qui se passe actuellement dans notre pays et en l’occurrence chez nos jeunes dans les stades montre explicitement cette descente aux enfers. Cette jeunesse qui est né dans le sang, a vu et vécu les scènes les plus horribles de la décennie noire et un conservatisme religieux moyenâgeux, se retrouve sans espoir d’un avenir certain.

Ayant été complètement ignorée pendant une trentaine d’années par les pouvoirs publics, cinquante pourcent d’entre eux se retrouve marginalisé. Le chômage, le système éducatif, le manque d’initiatives, de ressources, d’encadrement, de laisser faire, de motivation ont fait naitre un sentiment de frustration psychologique inadmissible pour un jeune de trente ans qui aspire à vivre, à fonder un foyer et à bâtir un avenir.

Aucune prise en charge, ni modèle de vie et de réussite ne leur a été proposés.

Cette frustration a donné naissance à toutes les possibilités de survie, du commerce informel à la Harga et au crime à rançons. L’important est de survivre.

L’Algérie compte environ 65% de jeunes de moins de trente ans. Un potentiel humain  que pas mal de pays occidentaux nous envient. Cette jeunesse est abandonnée à elle-même dans l’errance la plus totale. Non considérée par leurs aînés et leurs dirigeants, elle s’adonne à tous les vices destructeurs.

La revanche de ses jeunes contre la société, qui n’a rien à leur offrir, se justifie par des instincts violents et criminels. Du problème de salubrité dans nos villes, en passant par les vols, les crimes, les Kidnappings, le banditisme, les viols, la destruction de biens publics et les drogues très nocives, apparues ces derniers temps, le jeune n’a plus rien à perdre et par conséquent ne craint plus personne.

C’est nous et eux, contrairement à nous ou eux.

La frustration et le désarroi dans lesquels se retrouve cette jeunesse, se répercutent automatique sur la société qui elle-même se recherche et essaye de se maintenir dans le correcte.

Sont-ils à blâmer pour les erreurs commises par une société et un système politique rigide et défaillant qui perdure?

Ces jeunes délaissés, nés de la violence ne peuvent régénérer que la violence dans un système qui s’éternise.

 


Nombre de lectures : 3092
8 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • Benzerga Mohamed
    17 avril 2018 at 15 h 44 min - Reply

    pas étonnant si on sais que nos dirigeants sont tous septuagénaires et octogénaires !




    3
  • Ayoub Bouazza
    17 avril 2018 at 17 h 12 min - Reply

    Ces jeunes délaissés sont les victimes du nidham.




    3
  • AM
    17 avril 2018 at 17 h 59 min - Reply

    Le football est l’opium du petit peuple…




    2
  • lyes Laribi
    17 avril 2018 at 22 h 40 min - Reply

    Bonsoir,
    Je reprends ici une partie de votre texte dont vous dites :
    « Ce qui se passe actuellement dans notre pays et en l’occurrence chez nos jeunes dans les stades montre explicitement cette descente aux enfers. Cette jeunesse qui est né dans le sang, a vu et vécu les scènes les plus horribles de la décennie noire et un conservatisme religieux moyenâgeux, se retrouve sans espoir d’un avenir certain. »
    Je vais vous citer quelques événements de violence très connus du grand public sportif algériens des années à ce que vous appelez la décennie noire:
    1) USMMC/USMB (en 71), les supporteurs harrachis ont jeté les blideens à El oued à El Harrach, plusieurs morts.
    2) Borj mnael/ kahla (la même année, plusieurs blessés et un mort)
    3) Mouloudia/JSK (74): le fameux match 1 à 0 but zenir sur penalty. 6 mois de suspension pour cerbah et zenir, bagarre générale, des dizaines de supporteurs de la JSK blessés à la fin du match sous le regard complice des policiers.
    4) Mouloudia/JSK (77, deux à zéro, but Ben cheikh à la cinquième minutes et bousri 79 mn) plusieurs supporteurs de la JSK blessés à la sortie du stade et les policiers ont bloqués les sorties de façon à ce que les kabyles tombent face à face avec ceux du Mouloudia. C’est ce jour là que le fameux chant imazighen était accompagné par le fameux ata…in des mouloudiens.
    5) JSK/ Mouloudia (78) Tizi, toutes les voitures immatriculées à Alger étaient attaquées à la sortie de la ville juste après le rond point. À ce moment là, il n’y avait pas d’habitation et c’était une dune.
    6) MCO/ DNC (finale coupe d’Algérie, Batna), les quelques supporteurs du DNC, se sont fait massacrés par les oranais, plusieurs blessés.
    7) même année, après une demi finale perdu à Tlemcen contre le MCO, les supporteurs usmistes sont tombés dans un guet à pan sur leur chemin de retour, le passage par Oran était obligé (oui, à ce moment là personnes ne parlaient de programmation)
    8) À mes souvenirs, presque tous les derby algérois dans les années 70 où 80 se terminaient avec des bagarres entre supporteurs et les plus célèbres étaient entre les mouloudiens et les harrachis.
    9) Lors de la fameuse demi finale JSK/MCO à Constantine 86 (je crois), une arme à feu à été utilisée par un kabyle contre un groupe de supporteurs oranais très violent. Ouallah, je pourrais vous citer le nom de la personne et des témoins présents.
    10) Lors du fameux Algérie/Tunisie 76 (coupe du monde), le khfafgi d’El Harrach a été tabassé d’une manière sauvage, lors du match Mouloudia/ canon Yaoundé les supporteurs mouloudiens jetaient des cacahuètes sur Nkono (le gardien de but) et j’en passe car il y a un livre à écrire sur la violence des stades depuis l’indépendance et ça n’a rien à voir avec les années noires, ni avec les islamistes. La violence est né déjà par le coup d’état de 62 et la confiscation du pouvoir par les harkis.
    Je vous laisse méditer par cette extraordinaire vidéo des supporteurs d’El Harrach qui dit et exprime tout.
    Cordialement.




    10
  • lyes Laribi
    17 avril 2018 at 22 h 52 min - Reply
  • lyes Laribi
    17 avril 2018 at 23 h 02 min - Reply

    Il faut lire : années antérieures, guet-apens.




    1
  • Assange
    18 avril 2018 at 14 h 37 min - Reply

    Qui seme le vent recolte la tempete, Aprés les horreurs de la decennie noire ceux qui ont programmés ces massacres, juste pour de l’ argent et des privileges, sont les responsables de la destruction de la société.Jamais le pays ne se remettra de ces monstruosités, qu’ on se le dise, le pouvoir a formaté dans la memoire des algeriens,de la violence , du mensonge, de la haine, de la lacheté et de la cupidité.




    5
  • tarak
    29 avril 2018 at 23 h 14 min - Reply

    Bonsoir à tous

    Ce système a pris le pouvoir par la violence en 1962 et confirmé en janvier 1992, donc impérativement il partira par la violence dont les prémices sont portées par ces jeunes élevés dans ce milieu violent favorisé par les agissements des responsables au pouvoir.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique