Édition du
20 May 2018

« LA COUR DU ROI PÉTAUD« 

 

Le titre de cet article se réfère à une locution utilisée pour désigner un lieu de désordre et de confusion absolus où tout le monde est le maitre sauf le roi. Un lieu où il est impossible de s’entendre car on parle tous en même temps, mais personne n’écoute, ni obéit et où tout tourne autour de la critique personnelle de l’autre. Ce lieu est appelé une Pétaudière.

Depuis 2012, l’Algérie est devenue une pétaudière. On entend toutes sortes de choses venant d’en haut comme d’en bas en ayant la conviction que chacun détient la vérité infuse.

L’Algérien de nature est versatile dans ses propos. Du matin au soir il peut changer d’avis en se fiant à la propagande et à la rumeur. Ce citoyen a évolué pendant longtemps dans un bouillon de culture frelatée et frustrante pour devenir l’être névrosé au caractère reptilien, arrogant, dictatorial et intraitable dans ses certitudes. Même s’il a une ignorance galactique du sujet, il s’implique dans des débats qui dépassent ses compétences cognitives et son degré de connaissances. Ainsi, il a un avis sur tout, connait presque tout en étant partout. La politique, l’économie, le social, la religion, l’enfer, le paradis, les mystères du monde invisible sont autant de sujets sur lesquels il déblatère frénétiquement, étalant des arguments inconsistants et décousus dans une ambiance  souvent violente et agressive pour faire taire son interlocuteur.

Aucune discussion ne se fait dans le calme et l’apaisement. La nervosité et l’émotion sont toujours de mise. Le caractère reptilien prêt à vous foudroyer pour un mot, une phrase, une opinion, une idée qui ne cadre pas avec sa vision fussent- elles désastreusement fausses et dangereuses, vous fustige.

Ainsi, on feint de vous écouter, de vous lire, non pas pour comprendre, mais pour vous répondre, vous contredire et vous humilier.

 

Ce qui est encore plus aberrant se retrouve chez notre soi-disant classe politique qui non seulement est versatile mais aussi volatile. C’est dans un brouhaha de contradictions et d’abracadabrants qu’elle pense attirer une audience qui n’est plus à l’écoute. Ne réalise-t-elle pas que ceux qui la compose sont devenus des personnes abjectes sans aucune intelligence ni personnalité ni charisme au point de se référer à des imams fonctionnaires pour leur résoudre des problèmes de société. Croient-ils que ces faux imams prêchant la parole de dieu vont venir à bout de problèmes structurels d’une nation. Certains ministres, chef de partis et walis tiennent des propos vulgaires et méprisants qui sèment une anarchie. Une soi-disant opposition plongée dans des débats infernaux n’arrive pas à trouver un consensus sur la voie à définir. Autant de blablabla sans résultats probants.

 

Dans cette cour des grands, quand nul n’est à sa place et que les émotions, la vulgarité et l’indécence l’emportent sur la raison, le lieu de discussion devient « la cour du roi Pétaud« .

Nouri M.

 

 


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7 Commentaires sur cet article

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  • Ayoub Bouazza
    22 avril 2018 at 13 h 45 min - Reply

    Hommage à monsieur Nouri M. pour sa publication à la fois expressive et réelle, il réussi à retracer ce q’aucun ne pouvait exprimer ce qui nous arrive, notre société est devenue innefFable.




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  • Benzerga Mohamed
    22 avril 2018 at 15 h 45 min - Reply

    « Aucune discussion ne se fait dans le calme et l’apaisement. La nervosité et l’émotion sont toujours de mise. Le caractère reptilien prêt à vous foudroyer pour un mot, une phrase, une opinion, une idée qui ne cadre pas avec sa vision fussent- elles désastreusement fausses et dangereuses, vous fustige.

    Ainsi, on feint de vous écouter, de vous lire, non pas pour comprendre, mais pour vous répondre, vous contredire et vous humilier. »

    L’algérien est frustré dans sa vie, depuis sa genèse, il se confronte à la cela dès le début de sa vie, avec la dictature paternelle dans la cellule familiale, puis ça continue à l’école ou on l’apprend à écouter seulement et « absorber » ce que la nomenclature l’exige comme juste sans lui donner lieu de réflexion ou de critique, puis ça continue dans le milieu du travail ou il doit apprendre à obéir au lieu de réfléchir ou faire des initiatives. Ainsi sera créer un être obéissant docile, grand parleur mais vide de son essence même de créativité, de critique constructif, d’initiative et surtout de pensée logique et réfléchie.




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  • Farid
    22 avril 2018 at 17 h 58 min - Reply

    … et celà devient plus compliqué quand, au lieu d’un, il y a plusieurs roitelets qui s’entre déchirent pour succeder au roi moribond. Sachant qu’il n’y a plus de prophete á venir, seul in sursaut d’orgueil du peuple peut sauver la mise.




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  • Ahmed Nouni
    23 avril 2018 at 11 h 16 min - Reply

    Un « peuple reptilien »d’après cet article, peut-il se révolter ? Peut-il s’enorgueillir d’avoir un passé glorieux ou un passé tout court puisqu’il est classé d’après la théorie de Darwin au plus bas de l’échelle de l’évolution cérébrale?!
    Tout en restant dans ces généralités non savantes et ces bruitages cacophoniques on ne fait que défoncer des portes laissées grand-ouvertes par l’histoire !
    Alors que la sagesse devrait nous pousser à chercher des issues de secours pour sortir notre peuple de cet état statique dans lequel le hasard de l’histoire a fait plonger toute une nation qui a eu un passé d’une civilisation glorieuse qui a rayonné sur les deux mondes oriental et occidental.




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  • Assange
    23 avril 2018 at 11 h 47 min - Reply

    Petaudiere:c’ est le propre de tout regime despotique




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  • Dria
    23 avril 2018 at 15 h 15 min - Reply

    La cour de Petaud certes , mais c’est la faute aussi a nous autres, la pépinière à 41 millions de pétards mouillés qui n’arrivent même pas a faire du bruit ni a créer une petite fumée…méditons sur le sort que nous méritons, une république Pétaudière et Pétrolière, la belle affaire, sucez l’argent, squatter les terres, la fin ne sera pour tous que plus amer, du moment qu’on ne veut ou qu’on ne peut rien faire …
    Ni le politique, ni le religieux, ni l’intellectuelle ni le civil, ni le militaire ne semble pouvoir changer la donne , alors pétaudière ou chaudière on est devenu la risée des nation et on est fière…al 3uhda al khamssa inchallah…




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  • Antar Al Kotomi
    25 avril 2018 at 5 h 32 min - Reply

    Des millenaires de domination étrangère et de patriarcat tyrannique ,une absence de mémoire historique et d’identité culturelle rassemblantes expliquent nos déboires .En vérité ,nous n’étions pas prêts à s’autogouverner et c’est ce que Nelson Mandela avait compris en préservant la minorité blanche in Afrique du Sud.Depuis l’indépendance ,le pays a été « géré » par des apprentis sorciers incultes et ineptes. Ces aventuriers assoiffés de pouvoir ne savaient pas qu’il ne savaient rien .Si seulement ,ils avaient lu Ibn Khaldoun ,ils auraient appris l’Histoire des Berbères ,les méfaits dévastateurs de la corruption et de l’absence de légitimité des gouvernants ,le rôle primordial de la valeur du TRAVAIL seul créateur de dignité et de richesse.
    On est un proto peuple ,une nation en gestation .Il nous sera très difficile de préserver notre intégrité territoriale entre temps car l’Algerie « utile » c.-à-d. le Sahara ( très riche et très peu peuplé) est déjà convoitée par la France et les USA qui ont déjà des bases au Mali et au Niger .L’absence désastreuse de relations de confiance avec nos compatriotes Touaregs ,l’incroyable mal gouvernance et le manque d’une politique juste de répartition des richesses créent un sentiment de profonde injustice dans le Sud .Tôt ou tard le prix de notre silence et de notre lâcheté vis à vis du Pouvoir des malfrats sera très élevé .Heureux les martyrs ……




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  • Congrès du Changement Démocratique