Édition du
17 November 2018

Cinquième mandat de Bouteflika : quand l’Algérie s’éveillera…

http://www.jeuneafrique.com

par Marwane Ben YahmedMarwane Ben Yahmed est directeur de publication de Jeune Afrique.

L’éventualité d’une cinquième candidature d’Abdelaziz Bouteflika, malgré un état de santé chancelant, est l’arbre qui cache la forêt. C’est surtout sur les enjeux de la prochaine présidentielle qu’il convient de se pencher : une classe politique sclérosée, une administration pléthorique et une défiance maladive à l’égard du secteur privé…

Édito. Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, cloué dans un fauteuil roulant depuis l’accident vasculaire cérébral dont il a été victime le 27 avril 2013, briguera-t-il un cinquième mandat en avril 2019 ? Ailleurs dans le monde, à de rares exceptions près, la question pourrait paraître saugrenue. Pas en Algérie.

Mais puisque personne, pas même l’intéressé, ne sait s’il poursuivra le plus long « règne » d’un président algérien ou s’il passera la main, il est prématuré, voire inutile, de s’étendre sur la question. Les enjeux de la prochaine présidentielle, c’est-à-dire la situation et les perspectives du pays, méritent en revanche que l’on s’y arrête.

De quoi l’Algérie a-t-elle le plus besoin aujourd’hui ? De modernité, tout simplement. En politique, d’abord, pour instaurer un véritable débat démocratique et renouveler les cadres qui ont fait leur temps. La nation ne peut plus s’offrir le luxe de se dispenser des idées neuves d’hommes et de femmes moins enclins à rechercher et à conserver des privilèges – et à lécher les babouches du zaïm – qu’à bien faire leur travail : proposer, discuter, faire bouger les lignes, préparer l’avenir, représenter dignement leurs électeurs.

Classe politique sclérosée

La classe politique algérienne est sclérosée. Pas une nouvelle tête n’a émergé. Ce sont les mêmes leaders et personnalités dont on parle depuis toujours, toutes tendances confondues.

Autre défi, colossal, la réforme de l’administration, cette hydre bureaucratique qui fait crouler toute une population sous des tombereaux de paperasse et transforme la vie quotidienne du citoyen lambda ou de l’entrepreneur en infernal parcours du combattant. Un héritage des années Boumédiène, anachronique, paralysant, voire suicidaire pour un pays qui a vocation, par son jeune âge, ses potentialités et ses richesses, surtout dans l’environnement mondialisé qui est le nôtre, à innover, à libérer ses énergies et à rayonner par-delà ses frontières.

Ensuite, et par conséquent, la sphère économique. Il faut en finir une fois pour toutes avec cette défiance maladive à l’égard du secteur privé, considéré depuis trop longtemps comme l’ennemi à abattre. Pourquoi renoncer à la créativité dont font preuve chaque jour les Algériens ?

À cette aptitude, érigée en art, à toujours se débrouiller pour contourner les obstacles ? Pourquoi ne pas « légaliser » un secteur informel parmi les plus dynamiques du monde ? Car ce n’est que par le secteur privé qu’on pourra enfin diversifier une économie « monomaniaque », créer des emplois et relancer une industrie dans le coma depuis des lustres. C’est une évidence qu’il est absurde d’avoir à rappeler au XXIe siècle.

Enfin, le volet social. Inonder de dinars – et il y en a moins qu’hier – ceux qui ne s’en sortent pas, sans se pencher sur les raisons de leurs difficultés, c’est soigner les symptômes du mal sans jamais s’attaquer à ses racines. Une aberration.

A quoi servirait un cinquième mandat ?

On en revient à la politique économique, à l’initiative privée, au cadre fourni par l’État, etc. Une société, quelle qu’elle soit, a aussi besoin d’air, et c’est peu dire que la société algérienne étouffe, asphyxiée par le conservatisme, les tabous, l’absence de loisirs et d’accès à la culture, la corruption endémique et le culte de l’argent facile. Et s’enferme dans le déni : son code de la famille, et la place qu’il réserve aux femmes en particulier, est un autre anachronisme difficilement acceptable. Autant demander aux Algériens de ne marcher que sur une jambe…

Ces multiples fers aux pieds – dont la liste n’est hélas pas exhaustive – ne sont évidemment pas le fait d’Abdelaziz Bouteflika. Ils existaient bien avant lui et sont tellement ancrés dans les mentalités qu’ils semblent presque impossibles à briser. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis 1999 : réconciliation nationale, stabilité, davantage d’infrastructures, d’universités, d’écoles ou d’hôpitaux que durant tout le reste de la période post-indépendance. Mais il reste tant à faire, surtout le plus dur : révolutionner les mentalités.

À quoi servirait un cinquième mandat – et du reste aussi le premier mandat d’un nouveau venu – sinon à régler les vrais problèmes ? Celui qui sera élu en 2019, quel qu’il soit, aura en tout cas une lourde responsabilité sur les épaules. Et l’avenir du pays entre les mains.


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7 Commentaires sur cet article

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  • Antar Al Kotomi
    26 avril 2018 at 0 h 23 min - Reply

    Je crois bien que l’auteur de cet article connaît très peu la réalité algérienne .La réconciliation nationale a été décrétée mais elle n’a jamais eu lieu car des dizaines de milliers de mères cherchent en vain les dépouilles de leurs enfants disparus.Soyez décent vis à vis d’elles.
    Oui il y a eu construction de quelques hôpitaux …militaires.Les hôpitaux universitaires et publiques sont des hospices pour indigents.
    Quant aux « écoles » ,c’est le plus criminel des gâchis : celui de l’intelligence de nos enfants.
    Monsieur ,Il ne faut pas confondre stabilité et abrutissement général .
    A moins que vous ne soyez à la solde de Said…..




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  • tarak
    26 avril 2018 at 0 h 30 min - Reply

    Bonsoir à tous

    Quand l’Algérie s’éveillera?
    Ben! contre le colonialisme français l’Algérie a mis 132 ans pour s’éveiller, contre le colonialisme des frères ennemis elle va mettre beaucoup plus de temps pour s’éveiller. Pou preuve il y a des gens qui sont prêtes à voter pour Fahamatouhou même s’il est dans son tombeau.




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  • Said
    29 avril 2018 at 14 h 25 min - Reply

    http://www.elwatan.com/une/l-activite-syndicale-frappee-d-interdits-29-04-2018-367181_108.php

    – LORSQU’ON AURA UN PRÉSIDENT QUI S’ADRESSE LUI MÉME À SON PEUPLE.
    – LORSQUE LE PEUPLE QUI CHOISIRA LUI MÉME SES REPRÉSENTANT, SON PRÉSIDENT, DANS UNE VÉRITABLE DÉMOCRATIE.
    – LORSQUE NOS ÉLUS, DÉPUTÉS, MINISTRES QUI PRENDRONT EUX MÉMES DES DÉCISIONS ET SERONT RESPONSABLES DE LEUR DÉCISIONS ET AUSSI JUSTICIABLES.
    – LORSQUE LES LOIS SERONT REPECTÉS ET APPLIQUÉS SUR TOUT LE MONDE.
    – LORSQUE LA JUSTICE SERA LIBRE ET INDÉPENDANTE.
    – LORSQUE TOUS LES CORPS DE SÉCURITÉS FONCTIONNERONT EN RESPECT DES LOIS.
    – LORSQUE LES RICHESSES NATIONALES SERONT ÉQUITABLEMENT PARTAGÉS, ET TOUT LE MONDE PAYENT SES IMPOTS.
    – LORSQUE TOUT LE MONDE DEVIENDRA JUSTICIABLE….
    ………………………………………………………….
    CE JOURS LA, ON EN REPARLERA DES SYNDICATS AUTONOME QUI DOIVENT SE CONFORMER AUX NOUVELLES LOIS DU MINISTERE DU TRAVAIL
    =============================================================================
    LE JIL BOUTEFLIKA OU GÉNÉRATION BOUTEFLIKA DE OULD ABBAS NOUS RAPPEL UN PEU LA JEUNESSE HITLÉRIENNE, SAUF CETTE DERNIERE, ELLES OEUVRÉS POUR CONSOLIDER LA PUISSANCE ALLEMANDE , À L’INVERSE DE LA BOUTEFLIKEINNE QUI DÉTRUIT L’ALGÉRIE.

    OULD ABBAS, LE JIL BOUTEFLIKA VEULLENT QUITTER LE PAYS DE BOUTEFLIKA…A PART LES CORROMPUS DE L’ANSEJ, FLN ET RND.




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  • tarak
    29 avril 2018 at 23 h 54 min - Reply

    Bonsoir à tous

    Ould abbas le clown du pouvoir (kbir ou djayeh), a voulu acheter la masse estudiantine par la création d’un mouvement  »génération fahamatouhou » oubliant que ces jeunes étudiants sont les petits petits fils de fahamatouhou et non sa génération et oubliant aussi la dernière parole prononcée réellement par fahamatouhou à Sétif en 2012 que sa génération était bien cuite (tab djenanhoum).




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  • Yousssef
    5 mai 2018 at 18 h 45 min - Reply

    Quand les CRIMINELS & MAFIEUX tentent de S’HUMANISER !

    La question est souvent posée, mais aucune réponse plausible n’a été formulée à présent. Mais alors, pourquoi ces CRIMINELS ET MAFIEUX de GÉNÉRAUX au pouvoir ont-il gardé un infirme, sénile, immobile, sénile, qui ne décide pas, ne gouverne pas, ne commande pas ?

    En vérité, il y a là un grand coup de comm’, un message soft (!), qui consiste à rendre HUMAINS, COMPATISSANTS, TOLÈRENTS … ces sanguinaires et prédateurs que sont les décideurs réels, les vrais détenteurs du pouvoir que sont les Maîtres du DRS, et certains Généraux de l’État-major en l’occurrence ….

    Un coup à l’Américaine, à la Roosevelt’ienne ! Dans les séries américaines, très souvent, la police et l’armée sont ‘ humanisées ‘ , des liaisons sentimentales, des histoires d’amour, et des couples se forment…. C’est fait sciemment et insidieusement pour ‘ humaniser ‘ ces institutions pourtant réputées pour leur violences racistes, xénophobes……. C’est presque un rituel, dans tous les films Hollywood (très lié au Pentagone et à la CIA) ….




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  • MALIKA
    5 mai 2018 at 19 h 20 min - Reply

    quand ce vieux guignol nous épargnera t-il de voir sa tête de monstre? mon Dieu rien qu’à voir sa tête on a envie de vomir




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  • wahid
    17 juillet 2018 at 5 h 30 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique