Édition du
20 May 2018

LA LFC 2018 Ou l’irresponsabilité forcée d’un exécutif illégitime

 

 

 

Après avoir défini l’impérialisme d’une manière générale, l’universitaire de renom qu’est Noam CHOMSKY répondant à une question d’un journaliste ajoutait : ‘‘ les accords de libre-échange sont aussi de l’impérialisme’’.

 

En effet, comment pourrait-on qualifier dans ce sens l’accord de libre-échange en cours entre l’Algérie et l’UE ? Ne contrevenant pourtant d’aucune manière dans le fond aux dispositions de l’accord (Aucune taxe douanière appliquée aux produits importés de l’Union Européenne), la commissaire européenne au commerce, la suédoise Anna Cecilia Malmström a vivement critiqué la décision des autorités algériennes qui pour réduire la facture d’importation du pays en proie à des difficultés financières avérées avaient interdit l’importation d’un certain nombre d’articles définis comme non essentiels ou parce que produits localement.

Devant les commissions des affaires étrangères et économiques du parlement français la commissaire déclarait :

 

 “L’Algérie, beaucoup des choses qu’ils font, ne sont pas en conformité avec nos accords de libre-échange”, Les actions de l’Algérie “favorisent la Chine”, a souligné Mme Malmström en réponse à une question d’un député.

“Il faut qu’on trouve des solutions, sinon il faudra évoquer, dans l’accord, les clauses de règlement de différend” a-t-elle averti.

“Nous sommes dans un échange de lettres et discussions avec les autorités algériennes à ce sujet”, a-t-elle ajouté, en assurant que l’UE menait un “dialogue” avec le pays.

 

Nonobstant les timides levées de boucliers défensifs des patrons des syndicats des entrepreneurs et travailleurs, et le vice-président du conseil national économique et social (CNES) que l’exécutif à fait réagir en direction de la galerie, les lettres et discussion, autrement dit les revendications de madame Malmström semblent avoir abouti.

 

En effet, le premier ministre, lors de l’inauguration de la foire internationale d’Alger, a confirmé l’existence d’une LFC pour 2018 qui serait examinée par le conseil des ministres dans une ou deux semaines. Auparavant, la presse avait traité de la question insistant principalement et surtout sur le relèvement exorbitant des taxes sur les cartes grises des véhicules et permis de conduire. En aucune façon l’attention des Algériens n’était attirée vers les dessous de la taxe douanière imposée aux produits finis importés et qui serait de l’ordre de 60 à 200%.

 

Le traité d’association avec l’Union Européenne étant en gros un traité de libre-échange, la taxe douanière de la LFC 2018 s’exercerait donc uniquement sur les produits importés depuis les pays n’appartenant pas à l’UE. Elle agirait principalement et forcément à l’encontre des produits chinois en premier lieu sachant que ce pays constitue de nos jours le premier fournisseur de l’Algérie. Probablement soufflée par les négociateurs de l’UE, cette mesure instituerait une concurrence parfaitement déloyale aux Chinois mais aussi avec des répercussions déstabilisatrices sur le marché algérien à moyens termes.

 

Juste après l’annonce de la LFC 2018, Federica Mogherini, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères affirmait à travers un communiqué publié en date du 3 mai et en parfaite connaissance des résultats ‘‘du dialogue’’ UE-Algérie que ‘‘notre partenariat progresse et se consolide’’.

Si rien n’est plus vrai pour les opérateurs économiques européens qui doivent se frotter les mains, cette mesure examinée froidement au travers de la rigueur économique aura à n’en pas douter un impact inflationniste à plus ou moins court terme sur le marché algérien détériorant encore plus le pouvoir d’achat de la population accentuant d’autant le malaise social.

Ceci étant, il est donc légitime de considérer que les lettres et discussions de la commissaire européenne aient abouti et que cette nouvelle disposition qu’est la taxe douanière justifie à elle seule l’élaboration de cette LFC. Tout le reste, c’est-à-dire les taxes sur les cartes grises, permis de conduire ou TVA sur les véhicules ne constituent que de l’habillage pour autant absolument et totalement injustifiable quel que soit les taux des taxes arrêtées considérant le relèvement du prix des hydrocarbures et de son impact sur les finances algériennes et du rôle de la planche à billet. Ces taxes auraient eu plus de raison d’être et donc plus de crédit si elles avaient été inscrites en décembre 2017 dans la loi de finance annuelle.

Par ailleurs, le chèque de 10 millions de dinars offert par la Chine aux réfugiés Sahraouis au siège du croissant rouge algérien traduisait une symbolique du soutien fort de la Chine à l’Algérie au moment où l’ensemble des pays arabes, indirectement s’alignait derrière la position de notre voisin de l’ouest dans son accusation formulée à l’encontre de l’Algérie. Une accusation qui n’est pas sans nous rappeler les relents nauséabonds des mensonges formulés froidement par C.Powell à l’encontre de l’Irak.

Rappelons quand même et encore une fois aux décideurs qu’une Algérie forte et sereine se construira avec l’ensemble de ses enfants ou ne le sera jamais. Ceux qui s’y opposeront en porteraient indubitablement devant Dieu et l’histoire la responsabilité de la déliquescence d’une nation pourtant prête à relever l’ensemble des défis.

Rappelons également à certains de nos compatriotes qui jouissent de notre estime et considération qu’il importe peu de sortir de la tutelle française si nous sommes prisonniers des griffes de l’UE dont outre l’Allemagne, la France en est aussi un moteur.

En fait, quelque soient le degré et la nature des pressions, une nation bien informée sur les enjeux, actrice dans la décision à travers une réelle représentation devient solidaire dans l’adversité. Elle prendrait en charge en toute connaissance de cause courageusement et avec justice la mise en œuvre de politiques équilibrées envers l’ensemble des nations du monde dans le cadre d’une souveraineté apaisée et responsable.

 

ELLISA.D


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UN COMMENTAIRE

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  • mohamed
    12 mai 2018 at 14 h 44 min - Reply

    que peut-on attendre d’un usurpateur né et né dans un milieu douteux et d’une ville douteuse dans un pays voisin.Que peut-on attendre d’un fraudeur en chef, local celui-là – qui se vante d’être venu le klash sur les épaules pour frauder des….élections ….quel stratège guerrier !!- que peut-on attendre d’un personnel mi-fou -mi-guignol – mi-pervers ?? quoi attendre d’une faune de lèche-bottes pour quelques miettes de privilèges ? Non rien sauf qu’en fin de compte que si nous subissons cela c’est que nous ne valons pas mieux –




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