Édition du
20 May 2018

Le fiasco du rachat d’une raffinerie en Sicile par Sonatrach

TSA

En Sicile, l’acquisition de la raffinerie d’Augusta (près de Syracuse) par Sonatrach suscite de vives inquiétudes.

« La pollution à Syracuse, c’est une histoire bien connue en Sicile et qui traîne depuis des années. Beaucoup de cas de cancers dans la région seraient liés à la pollution des métaux lourds », confie à TSA une journaliste italienne installée à Paris.

Dans ce contexte, l’annonce de la vente de la raffinerie d’Augusta à la Sonatrach la semaine dernière inquiète les associations écologiques. Dans quelle mesure le nouvel acheteur, la Sonatrach, va répondre au principe de pollueur payeur ?, s’interroge la presse locale.

Officiellement, depuis 2000 en Italie, les entreprises doivent déclarer les conditions environnementales dans lesquelles elles opèrent. Mais, si un programme de dépollution des sols existe sur le site d’Augusta, il ressemble surtout à une mascarade, estime Enzo Parisi, représentant de l’association environnementale Legambiente pour la région de Syracuse cité par MeridioNews.

« En 18 ans, nous n’avons même pas atteint le seuil de 10% de sols pollués », déplore Enzo Parisi. « Les temps sont très longs et c’est inacceptable pour la population qui continue de vivre sur un territoire contaminé ».

« Il y a une part importante qui concerne les sols de la raffinerie contaminés par divers polluants, poursuit le représentant de Legambiente, mais la majorité concerne sans doute la nappe phréatique contaminée par les hydrocarbures et les métaux lourds ».

Si la mise en œuvre du plan incombe à Esso Italiana (filiale du groupe américain ExxonMobil), le rôle de vigilance revient désormais au nouveau propriétaire du site, détaille le militant écologique à la presse sicilienne.

De son côté, Don Palmiro Prisutto, archiprêtre d’Augusta, et figure locale de la lutte contre la pollution dans la région, dit ne se faire aucune illusion sur les intentions du nouvel acquéreur de dépolluer le site.

« J’ai peur que cette nouvelle compagnie ait tout intérêt à presser la terre comme un citron sans rien rendre. Quel intérêt peuvent-ils avoir à protéger notre terre ? », lâche celui qui célèbre chaque 28 du mois une messe en mémoire des victimes de cancers liés à la situation environnementale dans la région.

Ce rachat suscite également des inquiétudes pour l’emploi. Esso Italiana a affirmé qu’elle collaborerait avec Sonatrach pour assurer une « gestion prudente de la transition ». La transaction devrait être finalisée fin 2018, mais les syndicats s’inquiètent de l’avenir des 660 emplois de la raffinerie, rapporte la presse locale.


Nombre de lectures : 753
2 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • tarak
    15 mai 2018 at 0 h 00 min - Reply

    Bonsoir à tous

    A combien va nous revenir les prix d’essence et de gas_oil  »importé de notre raffinerie de Sicile Italie »? Bien sûr ils vont être subventionnés pour camoufler le fiasco ou bien ça sera l’occasion pour aligner les prix qui seront apparemment plus élevés que ceux vendus ici en Algérie.
    M. ATTAR ex PDG de Sonatrach affirme sans aucune études technico-économiques et commerciales, que Sonatrach va gagner des millions de dollars à moyen et long terme contrairement à l’actuel PDG qui justifie l’achat de cette raffinerie par la lourde dépense réservée à l’importation des carburants par Sonatrach qui avoisine les 2 millards de dollars an.
    De cette contradiction on déduit le fiasco de ce projet qui finalement va servir les italiens et américains « Esso Italiana (filiale du groupe américain ExxonMobil) » dont s’est inquiété le KIASS du PDG de Sonatrach dans le Hammam et il avait raison de s’inquiéter.Et cela, sans tenir compte du coût de la rénovation, du coût du personnel italien exploitant cette raffinerie et les taxes liées à la pollution que Sonatrach va débourser annuellement selon le taux de pollution.
    Revenant à cet ex PDG qui appelle à annuler le projet de construction de cinq raffinerie par Sonatrach en Algérie prétextant que cela va généré un surplus de carburant que la compagnie n’en a que faire et dire qu’il était PDG de Sonatrach et va plus loin encore sur le gaz de schiste affirmant qu’il ne va pas contaminer les eaux de l’Albien sans études à l’appui.




    2
  • Dria
    15 mai 2018 at 5 h 23 min - Reply

    Toute la différence est la la mafia italienne pense à ses intérêts et à ceux des italiens et de l’Italie, la mafia algérienne ne pense qu’a s’enrichir au dépends des algériens et de l’Algérie.Notre mafia se cache derrière des institutions et ne rend compte à personne.
    Chez nous,avec le gaz de schiste ils vont s’attaquer à la nappe albienne qui va les arrêter? ils ont tout le temps avec la 5eme 3uhda en gestation, à bon entendeur salam




    5
  • Congrès du Changement Démocratique