La rapine institutionnalisée.
Édition du
19 August 2018

La rapine institutionnalisée.

Le projet de la LFC révisé

Les documents administratifs surtaxés

El Watan le 19.05.18 

 

 Contrairement à ce qu’a laissé croire la rumeur, la deuxième lecture du projet de LFC-2018 n’a pas abouti à la baisse des taxes contenues dans la première mouture, mais instauré des seuils plus élevés pour l’établissement des passeports, permis de conduire et cartes grises.

Les permis, les cartes grises, les passeports, les cartes d’identité et même le téléphone seront plus chers à l’avenir. Le gouvernement décide, visiblement, de faire payer au citoyen le prix fort de la politique économique hasardeuse en vigueur depuis plus de 20 ans. C’est en tout cas l’esprit de la nouvelle mouture de la loi de finances complémentaire (LFC-2018), dont le contenu est divulgué par des médias depuis jeudi dernier.

Et contrairement à la propagande officielle qui a tenté de faire croire à l’opinion que le chef de l’Etat était contre ces mesures, la nouvelle copie de la LFC-2018 est pire que celle présentée au début du mois de mai. Sous le prétexte de «la nécessité de renflouer les caisses de l’Etat» vidées, l’Exécutif vise la poche du citoyen.

En effet, la nouvelle mouture du projet, devant être examinée prochainement par le Conseil des ministres, met une forte pression sur les Algériens qui seront contraints, désormais, d’assumer des taxes en vrac. Plusieurs services risquent d’être accessibles seulement aux catégories les plus aisées de la société, à l’image du permis de conduire, du passeport et la carte d’identité biométriques.

En effet, le prix du permis de conduire sera, à la faveur de ce texte, de 15 000 DA pour la catégorie B et de 30 000 DA pour le poids lourd. Même chose pour le passeport biométrique, dont le prix du timbre passe à 10 000 DA (28 pages) et 50 000 DA (48 pages). Jusque-là épargnée, la carte d’identité biométrique sera désormais payante. Après l’entrée en vigueur de ce texte, il faudra débourser 2500 DA pour l’avoir.

Pour la carte grise, les prix oscilleront entre 10 000 DA pour les véhicules de 2 à 4 chevaux et 20 000 DA pour les voitures de plus de 10 chevaux. Pour les tracteurs, le prix de la carte grise sera fixé à 10 000 DA, alors que celle des engins des travaux publics atteindra les 30 000 DA.

Ouyahia : Spécialiste des taxes

Le gouvernement décide également de revoir à la hausse la taxe sur les recharges téléphoniques qui ont subi, rappelons-le, plusieurs augmentations ces dernières années. Le texte prévoit aussi de lourdes taxes sur les produits importés destinés à la consommation. Pourquoi le recours aux taxes, alors que le Premier ministre avait promis, à l’occasion de la présentation de son plan d’action au Parlement en octobre dernier, «qu’il n’y aura aucune taxe en 2018» ?

Visiblement, Ahmed Ouyahia est le plus grand spécialiste des taxes. Ses passages au gouvernement ont tous été marqués par de lourdes taxes que les Algériens continuent de subir jusqu’à aujourd’hui : la vignette automobile, la taxe sur le véhicule neuf… Et comme d’habitude, le gouvernement trouve toujours des justificatifs pour ses mesures.

Cette fois-ci, il invoque les «difficultés» financière de l’Etat. Pourtant, le Premier ministre a assuré le contraire, il y a quelques semaines à l’occasion d’une conférence de presse. Il avait affirmé que «la situation économique du pays s’est nettement redressée avec le recours à la planche à billets». Mais pour faire passer la pilule des taxes, il adopte un nouveau discours.

«Certains services publics incombant aux institutions étatiques ont connu des hausses en termes de coût pour les réaliser, et ce, en raison de l’évolution économique et technologique. Ces surcoûts impliquent inéluctablement plus de subventions qui doivent être puisées sur le budget de l’Etat, lesquelles se sont heurtées ces dernières années à des difficultés budgétaires», justifie le gouvernement.

Madjid Makedhi

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4 Commentaires sur cet article

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  • mohamed
    19 mai 2018 at 15 h 49 min - Reply

    En somme, un document administratif n’est plus un droit mais une propriété des décideurs.Vous ne devez plus payer une taxe administratif mais faire un achat. Le prix n’est pas négociable ! A quoi a donc servi la planche à billets ? Et pourtant la solution est entre nos mains.Lorsque j’ai proposé à des citoyens de ne pas acheter les vignettes parce que injustifiées, ils m’ont pris pour un fanfaron. Eux ils se sont levés à 4h du matin pour faire la queue devant les contributions, d’autres ont payé la « chipa » pour ne pas faire la chaîne !
    Chiche cette fois-ci résistons, ne payons plus d’impôts, boycottons ! Exigeons notre droit de regard où va l’argent des contribuables ! chiche pour une fois soyons solidaires !




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  • tarak
    21 mai 2018 at 2 h 51 min - Reply

    Bonsoir à tous

    Que peut on faire devant un régime plus mafieux que la mafia d’Italie, quoique la mafia d’Italie enlève l’argent aux riches pour le donner aux pauvres contrairement à la mafia algérienne qui raquette les pauvres pour enrichir les riches (la pègre).
    Toute la mauvaise gestion du pays en général et particulièrement en économie découle de la médiocrité et de la régression que le clan de Fahamatouhou a imprégné à toutes les institutions du pays, à l’Oranie on parle de la wilaya 13, (13 virgule en parlant des wilaya limitrophes de la wilaya de Tlemcen) à l’est et au centre du pays on parle des gens de l’ouest dont la majeure partie des responsables y sont issus.




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    21 mai 2018 at 13 h 01 min - Reply

    remarque à Tarak
    Je suis algérien originaire de la wilaya 4 historique.Le fait que ces fripouilles soient de l’Ouest de notre pays n’a rien avoir avec la situation que nous vivons. C’est cet usurpateur qui a été les chercher là, qui les connaissait et savait qu’il pouvait compter sur eux pour sa haute trahison car de la même pâte ! Le hasard a fait qu’ils soient de cette région, mais vous semblez oublier que d’autres fripouilles non moins nuisibles sont originaires d’autres régions du pays Donc ce n’est pas une question de régions mais de catégorie d’individus à l’esprit malsain. Mais cher compatriote, le problème est en nous-même par notre lâcheté, notre masochisme et autres saletés.Que nous reste-t-il quand des puissances étrangères et les Saoud nous imposent qui doit nous gouverner. Méritons-nous encore de vivre quand un sinistre personnage qui sert de Premier Ministre s’empresse à demander des excuses quand un bou gandoura montre sa mauvaise humeur et traite des jeunes algériens de barbares, dans leur propre pays parce qu’ils ont montré leur dégoùt envers la trahison des Palestiniens.Que nous reste-t-il encore d’honneur quand des types du moyen âge ont fait des ravages au sein de notre société avec leur doctrine satanique qui a pénétré nos foyers jusqu’à casser nos cellules familiales, tout comme nos traîtres mais avec d’autres méthodes.

    Salutations




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  • tarak
    22 mai 2018 at 4 h 01 min - Reply

    Bonsoir à tous

    @ ; et non 13,

    Je suis tout à fait d’accord avec vous et votre remarque est légitime, seulement le clan au pouvoir est de l’ouest donc pour assurer ses arrières il a fait appel à des fripouilles dont la majeure partie est issue de l’ouest, choisies au détriment des critères de compétence, intégrité, nationalisme, qualification etc. Comme il aurait été de même si le tenant du pouvoir est un vendu de l’est, du centre ou du sud il agira de même sorte. L’Algérie a besoin d’un algérien circulant dans ses veines du sang algérien et non d’un vendu.




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  • Congrès du Changement Démocratique