Édition du
18 November 2018

La tentation sécessionniste? Parlons-en !

 

Par Salim METREF

Pour éviter toute équivoque, plantons d’abord le décor. L’Algérie est une et indivisible. Portée par une histoire millénaire, la nation algérienne ne pourra que connaitre le destin qui lui échoit, celui d’une puissance qui rayonnera sur toute l’Afrique, la Méditerranée et le sud de l’Europe et qui graduellement se subsistera à d’autres puissances qui inéluctablement ont déjà entamé leur déclin.

En plus des traumatismes endurés durant la période coloniale, l’Algérie a eu parfois à subir depuis l’indépendance les conséquences de choix politiques qui souvent, inconsciemment où pas, ont en reproduit d’autres parfois similaires aux premiers.

Et puisque le débat est désormais public et ouvert, la question de la tentation autonomiste voire indépendantiste en Kabylie mais pas seulement puisque la ferveur sécessionniste s’est déjà révélée ailleurs comme dans le sud, les Aurés ainsi que dans d’autres régions où des manifestations similaires peuvent la suggérer bien qu’elle ne soient que de l’ordre du non-dit mérite d’être débattue et discutée.

Il ya lieu pour espérer être objectif de dire que l’exaspération, le déni, la répression, les exactions ont toujours fait le lit de cette dérive et l’ont parfois sciemment entretenue.

Et les dernières décisions politiques prises comme l’officialisation de la langue Amazigh et le décret instituant Ennayer journée nationale bien qu’elles soient éminemment porteuses de paix sociale et d’apaisement d’un long déni identitaire pourraient apparaitre cependant pour certains tardives puisque en la matière aussi mais pas seulement nous avons sous la pression de différents lobbys politiques perdus beaucoup de temps.

L’Algérie est aujourd’hui une puissance émergente qui dispose des moyens d’assumer la  vocation de grande nation écoutée et consultée qui s’annonce. Et Ferhat Mehenni, fils de chahid, n’a sans aucun doute aucune leçon de patriotisme à ne recevoir de personne. Poète hors pair, il porte au plus profond de lui-même les blessures et tortures qui lui ont été infligées par tant d’arrestations et de séjours en prison. Son seul et unique tort durant toute sa vie de poète et de militant a été d’avoir comme beaucoup d’autres fait sien le combat pour la liberté. Et n’oublions pas que dans ce pays il fût un temps où exhiber un document écrit en Tifinagh pouvait vous conduire en prison pour intelligence avec l’ennemi et être déféré devant la cour de sureté de l’état.

Mais dans le contexte algéro-algérien, le cas de Ferhat n’est pas unique. D’autres militants issus d’autres mouvances politiques ont connu un traitement identique voire subi pire. Monsieur Ali Belhadj en est un exemple. Les militants communistes ont également connu les mêmes affres. Sans oublier d’autres militants appartenant à d’autres familles politiques.

La tentation autonomiste est probablement une fausse réponse à une vraie colère. La Kabylie qui a comme d’autres régions payé un lourd tribu pour libérer l’Algérie ne peut se contenter d’un espace réduit comme le sien mais a besoin de toute la splendeur de ce pays continent pour s’épanouir, s’enrichir et s’émanciper. Les habitants du sud algérien ont légitimement le droit de solliciter un partage équitable de toutes les richesses naturelles du pays.

L’Etat algérien dans toute sa puissance et sa pérennité ne peut rester insensible à ce qui ressemble à l’expression d’un mal pire d’un mal être profond chez soi. Nous prêchons le vivre ensemble à l’ONU, ce qui est en soi très noble,  mais nous l’interdisons quasiment chez nous et il faut cesser de malmener par l’exclusion,  ce sentiment d’appartenance a un pays et cette estime de soi qu’il faut constamment irriguer par le bon sens et la raison.

Dommage que le débat politique actuel ne soit véritablement devenu indigent sur le plan de la qualité  et que les questions essentielles comme le futur qui appartient certes à Dieu mais que les études prospectives qui ne sont pas une hérésie peuvent apprécier et la préservation de la cohésion sociale et territoriale d’un pays devenu le plus grand d’Afrique soient parfois occultées. La trahison ne viendra pas de ces algériens capables des plus grandes audaces mêmes les plus mal venues et les plus contestables  mais d’un nouvel ordre mondial en gestation qui ne nous fera pas de cadeau si nous ne prenons pas en charge nous même  nos propres différences.

Beaucoup rêvent de nous broyer. Ceux qui se trompent de colère doivent aussi comprendre que ce pays ne peut que grandir et que le salut ne viendra certainement pas de ces faux amis qui ne nous veulent que du mal. Ceux qui ont dépecé la Palestine, l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, le Mali et d’autres contrées du monde aiguisent déjà leurs couteaux et ne pensent et ne rêvent qu’à nous faire la peau. Qu’on se le dise.

Et désormais faisons en sorte que nul algérien ne soit contraint de solliciter confort, sérénité  et protection ailleurs que chez soi, ici dans son pays en Algérie.


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7 Commentaires sur cet article

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  • mohamed
    24 juin 2018 at 19 h 24 min - Reply

    Vous glorifiez presque cet individu qui appelle à la guerre civile, qui considère que seul le kabyle (c’est à dire lui) est chez lui tandis que les autres Algériens sont des étrangers occupants en Algérie et vous le comparez à Ali Benhadj.

    Je n’ai rien de commun avec Ali Benhadj à part son nationalisme et son algérianité en plus de son combat contre le pouvoir mafieux, mais me demander d’essayer de comprendre un traître qui collabore avec un pays ennemi encore en guerre avec l’Algérie en plus des autres pays hostiles à mon pays (pardon puisque en tant qu’Algérien je suis un étranger en Algérie).

    Non rien ne peut justifier la trahison !




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  • Ali
    25 juin 2018 at 13 h 05 min - Reply

    « Et puisque le débat est désormais public et ouvert, la question de la tentation autonomiste voire indépendantiste en Kabylie mais pas seulement puisque la ferveur sécessionniste s’est déjà révélée ailleurs comme dans le sud, les Aurés »

    C’est faux M.Metref, autant j’ai de l’admiration pour votre plume,autant je suis étonné de lire que la ferveur sécessioniste s’est déja révélé dans l’Aurès.

    Vous savez très bien que l’Aurès n’a jamais été tenté par la sécession, c’est vouloir faire diversion de votre part. D’ailleurs, même la Kabylie n’est pas tenté par ces gens en mal de célébrité.

    Je vous prie d’être plus attentifs dans ce que vous écrivez.
    Merci




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  • canan
    25 juin 2018 at 18 h 18 min - Reply

    La solution elle est ni chez les kabyles « peuple a fuie les empires romaine et perse en se réfugent dans les foret et les montagnes ni chez les autres peuple autochtones fuient aussi les empire coloniale, ces peuples tous ont les m^mes origine la m^me descendance du prophète Noé au prophète Moise, c’est la en fait ou s’est passé la dislocation, cette période de la tribu sauvé par Moise leurs descendant et après des milliers d’année sont parti partout dans le monde en iran comme en italie comme en egypte comme en amérique du sud, jusuq’à la venu du prophète Aissa »Jésus allih sallamet après Mohamed sallam allih.




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  • Selma N.
    25 juin 2018 at 18 h 58 min - Reply

    La solution c’est tamezgha? Comme prônée par d’autres internautes,le vers est dans la pomme.
    On s’attendait,sincèrement,à mieux,à d’autres idées porteuses d’espoir et de perspectives lumineuses pour tout un peuple,non,chacun s’est recroquevillé instinctivement poursurvivre,non,pour disparaître. Quelle déception?! Quelle sécheresse dans les idées?! Pauvre algérie,l’alarme du grand danger a sonné!




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  • Assange
    25 juin 2018 at 20 h 12 min - Reply

    Etats fédéraux
    République fédérale : Allemagne
    République fédérale démocratique : Éthiopie
    République fédérative : Brésil
    Fédération : Russie, Saint-Christophe-et-Niévès
    République : Argentine, Autriche, Inde, Irak, Soudan
    République bolivarienne : Venezuela
    Confédération : Suisse
    Commonwealth : Australie
    États fédérés : Micronésie
    Royaume : Belgique
    État : Népal
    Union : Comores
    Émirats unis : Émirats arabes unis
    États-Unis : Mexique, États-Unis d’Amérique
    Sans titre : Bosnie-et-Herzégovine, Canada, Mala




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  • Si Salah
    28 juin 2018 at 9 h 38 min - Reply

    Ferhat Mhenni est fils de chahid, il a donc le droit d’appeller la population de Kabylie à prendre les armes, pour qu’eventuellement des Kabyles de Kabylie s’entretuent avec des Kabyles d’Alger…

    Il faut des fois juste pousser la « logique » un petit chouia pour voir à quelles
    extremes cela peut conduire.

    Je serais à la rigueur « comprehensif » si Mhenni prenait le maquis dans le Djurdjura avec tout son « gouvernement », mais là il veut regarder le match à partir de Paris. Les va-t-en-guerre des restos climatisés des Champs Elysées, non merci, on a déjà donné…




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  • BENDI
    28 juin 2018 at 12 h 23 min - Reply

    Bonjour,
    Merci à monsieur Metref pour son article, et pour ses opinions, il a raison de dire que monsieur Mehenni se trompe gravement en appelant à la scission du pays.
    Et il a aussi raison de rappeler le passé militant de monsieur Mehenni.
    Il est tout aussi vrai que les « Traîtres » sont nos différents dirigeants, à l’origine des principaux maux que vit le pays (Il y’a de quoi devenir sécessionniste avec Bouteflika et ses copains!!).
    Jamais les « vrais » traîtres n’ont été inquiétés, on fait comme si l’on n’a rien vu, on continue à applaudir Bouteflika et ses amis, le bigotisme s’est généralisé; on convoque Dieu pour n’importe quoi, on parle au nom de Dieu, et l’on est incapable de nous nourrir de notre propre terre!
    Nous souhaitons en dépit de tout le bien pour notre pays.




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  • Congrès du Changement Démocratique