Édition du
18 July 2018

L’énigmatique retour de Boudiaf et son assassinat.

Salah-Eddine SIDHOUM.

Sincèrement, pour beaucoup de compatriotes, le retour de Mohamed Boudiaf reste une énigme.
En 86, il écrivait de Kenitra à son ancien compagnon de lutte, Tella Amor : « Comme je te l’ai dit, le pouvoir a essayé de me persuader de rentrer, ce que j’ai refusé catégoriquement comme j’ai refusé de m’allier avec des personnes qui ont participé activement dans un passé récent à l’instauration du système que nous connaissons et qui n’a pas fini de ruiner notre pays. »

Si Abdenour Ali Yahia me racontait qu’en 91, il est allé le voir au Maroc en compagnie du Dr Khatib Youcef, pour le persuader de rentrer au pays et de participer avec les anciens de la Révolution (Ait Ahmed, Mehri, Benkhedda, entre autres) à la résolution de la grave crise qui couvait. C’est un refus catégorique qu’ils reçurent comme réponse.

Une semaine avant le Coup d’Etat de janvier 92, il déclarait de Kenitra où il demeurait : « Comment l’armée peut-elle se permettre d’arrêter le processus électoral ? Elle a accepté de faire des élections. Le FIS l’a emporté démocratiquement. Il faut le laisser diriger ». (Jeudi d’Algérie du 09 janvier 1992). Quelques jours plus tard, il rentrait en Algérie, à l’appel des janviéristes. En acceptant d’être porté au pouvoir par les ex-sous-officiers « déserteurs » de l’armée coloniale, voulait-il prendre sa revanche sur le Destin ou avait-il été poussé et trompé par ses « amis » et sa très proche famille ? Dans sa naïveté il pensait sauver l’Algérie. En réalité et inconsciemment il venait sauver un régime.

Je crois que les services de l’action psychologique ont amplement mystifié le phénomène Boudiaf, après avoir effacé de la mémoire des Algériens son nom et ce, durant 30 ans.

Il est de notre devoir de dire certaines vérités et sans complaisance, sur cette figure historique de la guerre de libération nationale.
Il a été membre des 22 militants qui avaient décidé du déclenchement de la lutte armée, puis du groupe des 9 (Didouche, Ben Mhidi, Bitat, Krim, Boudiaf, Ben Boulaïd, Aït Ahmed, Khider et Ben Bella). En aucun cas il n’a été le père de la Révolution comme le prétendent certains. Il a été un des membres de la direction collégiale et rien d’autre. En octobre 56, il connaitra les geôles coloniales tout comme Aït Ahmed, Khider et Ben Bella, et ce, jusqu’au 19 mars 1962.
Au lendemain de l’indépendance, il s’opposera tout comme Aït Ahmed et Krim au pouvoir despotique de Ben Bella.

En septembre 62 il crée le Parti de la Révolution Socialiste (PRS), une formation de tendance marxiste-léniniste sans assise populaire, animée par des étudiants gauchistes dont l’écrasante majorité résidait en France. Il connaîtra l’arrestation puis la déportation dans le sud par la police de Ben Bella. En 1979, et au lendemain de la mort de Mohamed Boukharouba, se termina l’opposition de Boudiaf au régime illégitime. Il dissout son parti et se consacre à sa briqueterie de Kenitra (Maroc), contrairement à  Hocine Aït Ahmed qui continuera son inlassable combat politique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Usant et abusant de la naïveté politique de Boudiaf, les janviéristes lui feront endosser toutes les dérives répressives qui suivirent le Coup d’Etat (Etat d’urgence, arrestations massives, tortures, déportations dans le Sud, dissolution du FIS) et la création d’institutions fantoches telles que le HCE  (Haut Comité d’Etat) et le Conseil Consultatif National (CCN). Lui-même, déconnecté des réalités nationales, il s’entoura de ses anciens amis du PRS, des gauchistes et opportunistes que constituait la « bande des Quatre » dont l’un d’eux était un agent attitré des « Services », déjà du temps de la sinistre sécurité militaire.
En aucun cas, il n’écoutera ses anciens compagnons de lutte (Aït Ahmed, Benkhedda, Mehri, Lahouel Hocine, Ahmed Bouda, Kiouane) qui sont allés le voir pour attirer son attention sur le piège mortel dans lequel l’avaient attiré les aventuriers militaires et politiques.

Inconnu de la jeunesse algérienne, sans assise populaire et ramené par les blindés putschistes, il ne pouvait en aucun cas changer la situation politique du pays, en pleine tourmente.

Utilisé le temps d’une mission, il sera lâchement exécuté par la frange dure de ceux-là mêmes qui l’ont ramené, pour justifier la politique suicidaire du « tout-sécuritaire ». Mais en réalité il a été victime de sa naïveté politique criarde.

Que Dieu Ait son âme et lui accorde sa Sainte Miséricorde.


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23 Commentaires sur cet article

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  • mehdi
    1 juillet 2018 at 13 h 58 min - Reply

    Naïveté politique ?
    Il est difficile de le croire, pour un révolutionnaire, de très longue date.
    Mohamed Boudiaf, au crépuscule de sa vie, avait accepté de courir tous les risques, pour sauver ce qui restait à sauver, pourvu que le système lui laisse un peu de temps…
    Ce n’était pas de la naïveté, mais l’amour inconditionnel, à sa patrie et son peuple, qui l’avait poussé à tenter l’impossible.
    Pour cela, les jeunes, qui ne le connaissaient pas, l’avaient pleuré chaudement.
    La jeunesse ne se trompe jamais, sur le compte d’un leader, un vrai leader …
    Rahima Allah El Chouhada




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  • HASNAOUI SAID
    1 juillet 2018 at 15 h 57 min - Reply

    Merci pour cette brève contribution sur le parcours de cet historique qu’a été le Défunt Med Boudiaf (Paix à son âme)…si Mr Boudiaf n’a pas été le père révolutionnaire comme vous le signalez (membre du PPA, un des créateur de l’OS, membre fondateur et président du CRUA, un des six « chefs historiques » qui initié la création du FLN (23 octobre 1954) à qui reviendrait cette paternité? Cordialement




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  • M.Bous
    1 juillet 2018 at 17 h 19 min - Reply

    Allah yerhamou ! … A l’annonce de son retour en Algerie et n’ayant pas compris sa décision qui m’avait parue floue et incompréhensible vue l’idée que j’avais de l’homme dont mon oncle maternelle – allah yerhamou – me vantait a chaque discussion ses qualités d’homme nationaliste et intransigeant sur les questions de principes … Mon oncle nous avait quitté depuis 1987 en ces temps il ne me restait que Aami Ali un vieux routier du nationalisme ancien du PPA MTLD FLN et ami intime de Souidani Boudjemaa ( allah yerhamou ) pour dissiper la confusion intense qui me hantait … Je retrouvait Aami Ali encore plus fatigué que la derniere fois , il ne sortait presque plus de la maison et ne lisait plus les journaux depuis fort longtemps … je l’ai invité a sortir changer d’air , boire un thé et discuter un peu et il s’est réjouit vu que je le faisait beaucoup rire lors de nos rencontres … J e n’ai pas tardé a lui annoncer la décision de Boudiaf et d’un coups il a stoppé net son sourire et méchamment il m’a rétorqué : toi aussi tu te prend au jeu de l’intox ? … non sérieusement aami Ali , tu n’est pas au courant mais effectivement il a accepté l’offre des militaires … est-tu sérieux ? oui aami Ali je le suis ! … Il s’est levé en murmurant , traitre , traitre … sans se dire un mots plus je l’ai accompagné a sa maison …




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  • mazigheddine
    1 juillet 2018 at 22 h 00 min - Reply

    salem, azul

    Meskine ce bonhomme on ne dance pas avec les loups affamés, leçon aux autres.

    Rebi yerhemou.

    Cordialement,tanmirth.




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  • Afif
    2 juillet 2018 at 0 h 27 min - Reply

    Hasnaoui Saïd : si Boudiaf était le père de la Révolution, il aurait été désigné Vice-Président du GPRA quand il était en prison. Or, pendant les deux premiers GPRA, il a été désigné ministre d’état comme Khider, Aït Ahmed et Bitat alors que c’est Ben Bella qui a été désigné Vice-Président. Au troisième GPRA, il a été enfin désigné Vice-Président comme Ben Bella. Ces nominations sont effectivement une preuve de la prééminence de Boudiaf et de Ben Bella sur leurs compagnons, mais Boudiaf à un degré moindre que Ben Bella. Compte tenu de ces faits, et pour répondre à votre question, Boudiaf est certes un membre éminent de la direction de la Révolution, mais pas son père fondateur.




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  • rachida
    2 juillet 2018 at 6 h 41 min - Reply

    Pourquoi son retour serait une énigme, il faut poser la question à ses proches « amis » et « famille » car la trahison est là !




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  • malik
    2 juillet 2018 at 12 h 33 min - Reply

    franchement, je ne comprends plus rien ! pour moi Boudiaf voulait sauver l’Algérie, mais cet article me remue l’esprit !!!! surtout l’internaute M. BOUS et le fait que Boudiaf aurait voulu un gouvernement « FIS »…. wallah mafhemnèch !!!!!!!!!!!!!!!




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    • M.Bous
      2 juillet 2018 at 23 h 23 min - Reply

      @malik …. Monsieur Malik , je n’ai a aucun moment cité le  » FIS  » … ce qui m’intéressait était de connaitre la raison pour laquelle Boudiaf qui avait refusé l’offre des militaires en 62 , avait accepté la meme offre de la meme institution 30 années plus tard … Le  » FIS  » n’était pas le seul concerné par l’interruption des élections , on était au premier tour et 3 partis étaient en course pour le deuxieme tour avec bon nombre de ballotages issus du premier tour a savoir le FIS , le FLN et le FFS … Boudiaf savait ça … Aussi sentant le danger en pointe les états majors des trois partis se sont réunis et pris des décisions conciliatoires qui pouvaient faire passer la première experience démocratique en douce et sans casses , Boudiaf savait ça aussi … Et puis il y’avait la constitution Algérienne qui donnait plein droit et pouvoir au Président de dissoudre l’APN ou de changer de gouvernement at any time avec sous ses ordres l’Armée et toutes les forces de l’ordre , et Boudiaf savait ça aussi … Boudiaf savait que nous étions a la croisé du chemin et qu’il y’avait a choisir entre deux voies ,l’une était de continuer a accepter le choix de quelque hommes et l’autre , apprendre a accepter le choix de la majorité , c’était ça l’enjeu … Qu’avait Boudiaf en tete ? Je n’ai aucune idée , mais l’homme ( rahimahou allah ) était tellement sure de lui qu’il avait répondu ironiquement dans un de ses discours a une lettre que lui avait envoyé Hachani le n 1 du  » FIS  » et dans laquelle il lui disait de prendre ses précautions … Nous étions tous touché profondément de la mort de Boudiaf et surtout de la façon dont il a été exécuté , en quelque sorte tous les membres des 22 sont comme des pères pour tous les Algériens … mais voila , le constat est la et la meme situation perdure toujours , un gachis en vie humaine , en ressources , en hommes et en temps … ( je ne vous fait voir que ce que je vois ) disait un roi a son peuple 3000 ans av jc … y’a -il encore du chemin a faire ? …




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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    2 juillet 2018 at 14 h 02 min - Reply

    Très précieux témoignage de Maître Mahi Ghouadni, ancien vice-président de la LADH que présidait Me Miloud Brahimi sur la question des camps du sud et de l’attitude de Mohamed Boudiaf à leur égard. Merci, cher Maître pour votre précieux témoignage.

    __________________________
    Mahi Ghouadni In Facebook.

    Démographiquement je pense qu’aux prochaines présidentielles on ne pourra pas nous sortir de la chéchia un « historique » … Encore que !
    Curieux tout de même ces historiques qui tous criaient leur volonté de faire notre bonheur mais sans jamais nous consulter …
    Ainsi ils ont décidé de « régler » la crise du FIS en interpellant nombre de citoyens pour les enfermer dans plusieurs camps à travers le territoire national.
    Pour le compte de la LADH que certains ont cru intelligent de qualifier de ligue du pouvoir , je m’étais déplacé dans la région d’Adrar où avait été ouvert un de ces centres et ai pu accéder à l’intérieur du camp de détention mais sans pourtant être autorisé à m’entretenir avec les détenus dont certains originaires de l’ouest m’ont fait des signes pour signaler leur présence.
    J’ai rédigé un rapport que le bureau de la LADH a communiqué à la presse, rapport par lequel outre le caractère illégal je soulignais les conditions lamentables de détention sous un climat torride .
    Quelques jours après mon retour à Oran J’ai eu la surprise d’apprendre par un appel téléphonique du wali que le président Boudiaf voulait que je lui rende visite. L’entretien a eu lieu quelques jours plus tard mais il a tourné court très vite car mon interlocuteur était énervé par mes explications et son ton devint cassant au point que je me suis senti obligé de lui rappeler que c’est lui qui avait demandé à me voir et pas l’inverse.. il m’a interpellé en me disant que si j’étais un militant de la LADH lui était le président et seul à connaitre les intérêts du peuple algérien ……
    Je me pose également comme d’autres des questions….
    quel gâchis et ça continue!




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  • malik
    2 juillet 2018 at 14 h 34 min - Reply

    A Mahi Ghouadni In Facebook.
    A Salaheddine Sidhoum

    donc, Boufiaf n’était pas si sincère que l’on a voulu nous faire croire, depuis son départ Allah Yarrahmou, à ce jour !!!
    habit nefhem bark lhaqiqa. je voulais savoir.




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  • Fateh K
    2 juillet 2018 at 14 h 50 min - Reply

    On peut considerer que Mr Boudiaf se savait piéger. Et connaissait parfaitement la ruse dans laquelle les janvieristes l’hameconait.il a voulu etre plus stratégique. Plus rusé. .mais la temporalité des faits le dépassait




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  • Alilou
    2 juillet 2018 at 19 h 33 min - Reply

    Ni naïveté politique ni le sauveur ni autre dessin…..Dieu a voulu qu’il meut en martye et que toute l’algerie le pleure…il est mort avec des balles francaises…that’s it….Rebi y hebou….et nous rebi yekrehna…on aime vivre indigne…nous avons les maitres que nous méritons…




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    • Selma N.
      5 juillet 2018 at 7 h 06 min - Reply

      Dieu a voulu ,Dieu n’a pas voulu..
      Qui a autorisé ces intruts à parler au nom de dieu ? A part les messagers aucun autre humain n’a le droit de dire que des vérités!




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  • khaled
    2 juillet 2018 at 23 h 06 min - Reply

    Je vais ajouter mon petit grain de sel à cette discussion.
    Peut-on rationnellement éclairer les évènements historiques à posteriori ?

    S’il est vraiment qu’un éclairage est toujours possible sur en premier le séquentielle des évènements, il est tout à fait illusoire de pouvoir recréer les conditions, toutes les conditions qui ont données naissance à ces mêmes évènements.

    L’autre facette de cette étude est ce ‘’prévaloir ‘’à porter un jugement sur l’homme et les évènements. L’histoire n’a pas d’état d’âme et surtout pas de sens prévisible pour ceux qui la font sur le moment.

    Dans la froideur des analyses, M. Boudiaf fut un personnage éminemment historique, son rôle fut déterminant. Mais il serait illusoire de prétendre cerner la totalité des conditions qui ont fait de lui cette figure.

    Juger les humains, c’est donner d’abord un sens à leur libre arbitre. Et ceci mêmes les philosophes n’ont pu le faire.

    L’histoire ne comprends ni le bien, ni le mal. Elle est juste des volontés humaines qui une fois qu’elles se sont déchainées, déclinent des situations historiques que personne ne peut présager en premier lieu.

    Mais, ce qui nous rend perplexe, est cette violence qui semble accompagner le destin des peuples et nations, et que tout être humain récuse mais est happé indubitablement par elle.

    Quelle est la marge de manœuvre pour les humains (ici algériens) à progresser dans la paix ? Cette question est la seule qu’il faut cultiver avec abnégation en lui donnant la centralité, toute la centralité qu’elle commande dans les débats présents et à venir afin de juguler la rage historique, celle qui rend les hommes possédés, fous à lier dans leur certitude de bien faire.




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    • Alilou
      3 juillet 2018 at 18 h 20 min - Reply

      Si je compreds bien le raisonnement soit l’enfer soit le paradis qui est rempli de gens plein de bonne volonté qui ne nous voulaient que du bien….

      Permettez moi de posez juste une question…ca fait longtemps que j’ai disparu….eux….avec un grand u…..preparent un polichinel 5 et nous, nous debatons de qui est venu au monde en premier l’oeuf ou la poule…..di tayeb elwatani est mort Allah yerahmou…sa naiveté ou sa credulite ou sa culpabilité ou sa complicité sont choses du passé il est entre les mains du bon Dieu.

      Notre devoir a nous les vivant est que peut on faire pour notre patrie notre nation motre pays et a notre peuple pour eviter Boutef 5.

      Merci Alilou le fils maudit….




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  • Kaci
    3 juillet 2018 at 17 h 34 min - Reply

    Moi je pense qu’il est prétentieux de parler de père de la Révolution. A l’aube de la Révolution algérienne.
    A partir de 1944 un regroupement se réalisa entre les partisans de Ferhat Abbès, ceux de Messali Hadj, et les Oulémas. Cette nouvelle association prit le nom des Amis du Manifeste et de la Liberté qui tinrent leur congrès en 1945. Cette année là, commençait à apparaître sur l’arène mondiale les premiers symptômes de dislocation des grands empires coloniaux, avec la libération du Liban, de la Syrie, la proclamation de la république du Vietnam. L’Inde et l’Indonésie débutèrent leurs luttes décisives pur l’indépendance.
    Cette année fut pour l’Algérie terrible à la suite des manifestations du 8 mai 1945. La France soucieuse de garder sa tutelle coloniale et en retard d’un siècle sur l’histoire, et surtout pour briser la volonté du peuple algérien de se libérer de son joug, organisa un véritable pogrom, en organisant des exécutions sommaires, en incendiant des villages, où plus de 45000 musulmans furent exterminés par ce déchet de la soldatesque française humiliée par les soldats allemands.
    Le mouvement national n’arrivait pas à affirmer une action commune pour revendiquer les aspirations du peuple et son droit à s’autodéterminer.
    C’est seulement en se joignant dans un front unifié que le degré de mûrissement de la conscience nationale allait trouver son expression véritable pour le déclenchement de la révolution. Celle-ci allait être l’œuvre de chefs éclairés. Des cerveaux qui ont compris que le peuple était parvenu à une maturité et attendait le signal du guide pour se lancer à la conquête de la libération. Sans cette unité entre le guide éclairé et le peuple parvenu à maturité sur le plan politique, l’action aurait été vaine.
    Ce déclenchement allait s’opérer sous la bannière du Front de Libération Nationale (F.L.N.) qui regroupe toutes les tendances politiques (M.T.L.D., Oulémas, U.D.M.A. à l’exception du MNA de Messali Hadj).

    La lutte armée fut cependant déclenchée d’abord par un groupe restreint qui créa un comité révolutionnaire, le C.R.U.A. (embryon du futur F.L.N.) qui allait organiser les premiers groupes armés.
    Il faut éviter de tomber dans la mystification d’un personnage. Une seule main ne peut pas applaudir dit l’adage de chez.
    Moi j’ai lu « où va l’Algérie » au passage de son enfermement au sud, Boudiaf (Allah yarahmou) raconte ce qu’il a enduré. J’ai aussitôt fermé ce livre, car je n’ai pas compris comment 30 ans après il envoie de jeunes algériens pour les interner dans un camp du sud (et de surcroît contaminé). Enfin que Dieu ait pitié de son âme. Peut-être a t’il été tenté par un esprit revanchard croyant la partie jouée d’avance en acceptant la responsabilité suprême.




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  • Dria
    3 juillet 2018 at 18 h 58 min - Reply

    Disons que quand il s’est rendu compte qu’il fut manipuler par ceux qui ont fait appel à lui et sachant qu’il avait cautionner des injustices. Alors voulant se rattraper il tentât de rectifier le tir , lui qui fit parti des 22, évalua le besoin de 60 hommes intègres pour une sorti de crise. Hélas, il ne vit que des ombres de lâches qui commanditaient derrières les rideaux…

    Le problème persiste à ce jour. Est-ce une question de nombre? d’inefficacité ou d’ inexistence d’Hommes capable de faire face à la situation et d’y remédier au faux départ pris depuis 1962 …




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  • Farid
    4 juillet 2018 at 18 h 37 min - Reply

    On n’echappe pas à son destin, ”chassez le naturel, il revient au galop”.
    Il n’etait pas pire que ses pairs de la revolution, juste l’un d’eux, sans doute pas le meilleur. Il ne pouvait être meilleur que ceux qui l’on conseillaient (Benkhedda, Ait Ahmad, Mehri…) dés son retour au bled.
    Quand á cette trouvaille de “père de la revolution” c’est encore un tour de cette mafia qui a confisqué l’indépendance et pris en otage tout un peuple. En effet en 62, cette même mafia qui était absente lors de la révolution, cette mafia qui étais tapis à l’ombre des frontiers ou mise en reserve en prison, ne voulait entendre d’aucun nom, et pour cause, Elle n’y figurerait point!
    Alors, Elle nous sortit un slogan bizaroid: “un seul hero, le peuple”. On était jeune, on était contait et naif car ne voyant pas que c’était là une façon pernicieuse d’éliminer des noms illustrés et qui résonnaient encore dans la mémoire du peuple comme ceux de Amirouche, Abbane, Benmhidi, Benboulaid, Ferhat Abbas, Benkhedda …pour ne citer que quelques uns.
    En 1992, nouvelle subtile diversion: le peuple qui était “le seul hero” en 62 et qui vient de s’exprimer librement pour la première fois dans des “élections propres et honnêtes (dixit le premier minister SAG), soudainement ce peuple devient un “ghachi”(Boukrouh) irrationnel (Said Sadi) qu’il fallait jeter á la mer et/ou interner! On nous sort alors la nouvelle narration: Tayeb El Watani, Le père de la revolution! Exit le hero de 62, le peuple, ce ghachi.
    Un grand travail de décolonisation de l’histoire (récente et ancienne) reste à faire.
    Yatik essaha ya si Salah-Eddine pour cette invitation á réflexion




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    • said
      8 juillet 2018 at 20 h 13 min - Reply

      La majorité des « journalistes » participaient à l’ intox et sont donc complices de la campagne psychologique de grande ampleur visant la population dans l affaire BOUDIAF ou lors de l’ interruption du processus electorale par l armée, Ils sont donc responsables de tous nos malheurs. Ou etes vous ya les journaleux?




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  • Bendi
    8 juillet 2018 at 19 h 54 min - Reply

    @SALAH EDDINE, parfaitement bien analysé, tout a fait lucide,c’ est exactement la feuille de route des predateurs.c’ etait Boudiaf celui qui remplissait les conditions adequates pour le sale boulot,je ne l ‘aurais jamais cru , ils l’ ont utilisés puis jeter.Il a fait l ‘ erreur de sa vie, lui qui pourtant etait un vieux de la vieille, finalement on ne peut se fier a personne meme à ses « freres » de combat,ceci est Valable egalement pour kasdi merbah , Maatoub,Abrika, etc, on est trahis que par les siens. »Tout pouvoir sans contrôle rend fou. « 




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  • Tayeb
    17 juillet 2018 at 14 h 41 min - Reply

    Mr Sidhoum,

    je vous invite à visionner sur youtube les deux parties « Chronique de notre révolution » et  » Où va l’Algerie ? »ce ne sont que des montages, mais les intervenants appartiennent à l’Histoire, peut être, après le visionnage de ces documents videos vous cernerez
    un peu mieux le parcours de Boudiaf




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    • Salah-Eddine SIDHOUM
      17 juillet 2018 at 17 h 56 min - Reply

      Je n’ai pas besoin, cher compatriote, de visionner quoi que ce soit. J’ai interrogé les dirigeants survivants (les vrais) qui ont façonné notre guerre de libération et j’ai vécu des faits depuis plus de 40 ans pour me faire une idée des personnes, sans aucun parti pris ni animosité. J’ai une allergie chronique au zaïmisme et à la falsification de l’Histoire. La seule chose qui m’intéresse c’est l’avenir de notre chère Algérie, celle que nous laisserons à nos enfants et petits-enfants.
      Fraternellement.
      Salah-Eddine SIDHOUM.




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  • Tayeb
    17 juillet 2018 at 20 h 20 min - Reply

    Mr Sidhoum

    je n ai à aucun moment évoqué le térme « Zaim » , les intervenants auxquels j ai fait allusion , ce sont ceux là qui ont survécu et qui étaient présents à la réunion des 22, plus les personnalités que vous avez cité dans votre article et même le bras droit de Mr Méssali à savoir Mr Merbah. Vous en conviendrez que ce ne sont pas «  »des faux »

    Dans ce document , seulement deux personnalités du mouvement national, ont refusé de répondre aux questions de Monsieur Haia djelloul, il s’ agit de Mr Lamine Debaghine et Mr Ben Bella.
    De mon point de vue , il est difficile de falsifier l’histoire, avec des témoignages d’acteurs de premier plan.
    l’histoire ne peut être falsifiée que par les figurants de second plan.

    salutations




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  • Congrès du Changement Démocratique