Kolinda Grabar-Kitarovic, un phénomène médiatique salué par les Maghrébins.
Édition du
21 August 2018

Kolinda Grabar-Kitarovic, un phénomène médiatique salué par les Maghrébins.

Pope Francis receives a Croatia national soccer team jersey bearing his name as he exchanges gifts with Croatia’s President Kolinda Grabar Kitarovic, during a private audience in the pontiff’s private studio, at the Vatican, Thursday, May 28, 2015. ANSA / AP Photo/Andrew Medichini, Pool

Youcef L’Asnami.

 

KGK ! Kolinda Grabar-Kitarovic, la jeune présidente croate de ce petit pays d’un peu plus de 4 millions d’habitants, coincé entre la Bosnie Herzégovine et la Slovénie a failli éclipser cette coupe du monde de foot-ball 2018. Elle est devenue un phénomène médiatique quasi mondial et on ne compte plus le nombre d’articles qui lui sont consacrés dans toute la planète ! Ses comptes facebook et twitter  sont  suivis par des milliers d’internautes.   Classée  39e place du classement des femmes les plus puissantes du monde d’après le magazine Forbes, cette femme exceptionnelle, fille d’un boucher dit-on,  ne laisse pas indifférent !

Et les algériens, comme les marocains et les tunisiens du reste,  ne sont pas en reste. Sur les réseaux sociaux, la majorité de nos compatriotes et ceux de nos voisins, saluent la spontanéité de cette femme, sa proximité avec son peuple et son incroyable  soutien à son équipe nationale de foot-ball qui disputera la finale ce dimanche face à la France à Moscou.

Après avoir pris un congé sans soldes et voyagé à bord d’une ligne régulière – des vols charters selon certains médias- avec des supporters croates,  elle a suivi   le match contre le Danemark dans les tribunes populaires du stade de Nijni-Novgorod et non dans la tribune officielle avec les autres hommes politiques. Ce n’est qu’en quart de finales, contre la Russie,  habillé en tenue rouge et blanc, qu’elle s’est résolue à se placer à la tribune présidentielle, au côté du président de la FIFA, Gianni Infantino, et du vice-président russe, Medvedev. Mais elle ne s’est pas retenue au moment de la qualification suite aux  tirs aux buts en levant le V de la victoire transgressant ainsi tout le protocole dû à son rang !

Fan de football, KGK, vêtue des couleurs du drapeau national, les médias nous l’ont montrée partir aux vestiaires  féliciter les « Vatreni »  surnom  de l’équipe nationale croate qui a éliminé la Russie. Elle n’a pas hésité à danser gaiement avec les joueurs et le staff technique en donnant une chaleureuse accolade à l’entraîneur Zlatko Dalic, et tout cela dans une ambiance survoltée !

Dans ce  petit pays issu de l’éclatement de la Yougoslavie, cette ferveur populaire est loin d’être anecdotique. Le foot-ball a toujours été un instrument de communication et de rayonnement de la Croatie dans le monde.

Lors du dernier sommet de l’OTAN à Bruxelles, KGK,  a offert des maillots – N° 9 dédié aux meilleurs joueurs-  de son Equipe nationale au clown Donal Trump et au premier ministre britannique. Comme elle a offert, en mai 2015 un autre maillot national de football au pape François, avec son nom en croate: Papa Franjo. Son soutien à l’équipe nationale ne date pas d’aujourd’hui et ne se limite pas au foot-ball mais à tous les sportifs de son pays.

La presse spécialisée a beau essayer de relativiser cette flamme populaire en rappelant les accointances de KGK avec le milieu très controversé du foot-ball croate et ses relations troubles avec le pouvoir. En vain !  KGK a réussi à faire  oublier ce vieux tag « Prions Dieu qu’ils perdent tous » qui a traduit, un temps,  le divorce entre les Croates et leur sélection nationale.

Quelle que soit l’équipe qui remportera la finale de la coupe du monde de foot-ball dimanche prochain, on retiendra cette hyper médiatisation d’une présidente croate sans garde du corps ou si discrets qu’on ne les voit pas.

Sans tomber dans des comparaisons forcément hasardeuses compte tenu de nos contextes respectifs,  nous ne pouvons ne pas évoquer nos propres responsables politiques, en particulier nos ministres, qui apparaissent dans les medias toujours flanqués d’un ou de plusieurs gardes du corps. Sans parler bien sûr de notre Président ou du Chef d’Etat-Major de l’Armée nationale populaire dont la photo du garde du corps, un immense colosse habillé en civil au milieu des militaires, diffusée en février dernier dans nos médias et qui a fait le buzz dans ces mêmes réseaux sociaux. Et pour cause ! Le premier militaire du pays, censé être lui-même être le premier  protecteur de l’Algérie et qui s’affiche  protégé par ce colosse, sorti dont  on ne sait où, interroge. Les commentaires des algériens sur cette photo ont révélé le désarroi de nombre d’entre-eux !
Comme on se souvient aussi de la photo de la garde du corps d’Imène Feraoun,  ministre des PTIC qui, elle aussi, a secoué la toile avec son allure de femme de poigne…

Lorsqu’on se prévoit de la voix des urnes, a-t-on besoin d’autant  de gardes du corps quelques fois plus visibles que les ministres eux-mêmes ? Quel homme politique ne rêve pas d’une telle popularité aussi méritée que légitime ?

Si la popularité de KGK sur les réseaux sociaux a été si grande chez les algériens, c’est certainement  sa proximité avec son peuple, on l’a dit, mais aussi son humilité qui l’expliquent. Galek « la modestie argente l’or » !  Et on attend avec impatience la finale de dimanche prochain contre la France. Juste pour se délecter de la réaction de nos compatriotes si la Croatie l’emporte. Hada Makane !

 


Nombre de lectures : 1690
UN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Abdellah Chebbah
    19 juillet 2018 at 23 h 29 min - Reply

    LA COUPE DU MONDE DE 2018

    Cette coupe du monde de football a été pleine de surprises. Certaines joyeuses et d’autres néanmoins malheureuses. Elle a rempli le jarre jusqu’à la coupe. Nous avons eu pour notre argent.
    Quatre faits saillants et sublimes ont rendu cette coupe du monde exceptionnelle.
    La France a pour la deuxième fois en 20 ans, remporté la coupe du monde avec cette fois-ci un effectif de joueurs à 90% issus de l’immigration et originaire d’Afrique mais, Français. Les frontières raciales semblent s’estomper. Ceci est un très bon signe pour les extrémistes du monde entier qui sont appelés ainsi a changé leurs visions du monde multipolaire.
    L’autre fait étant l’organisation, l’accueil et l’hospitalité du pays hôte, organisateur, qui a subjugué les esprits de par sa beauté, sa culture et son histoire. Les invités n’ont pas tari d’éloges envers ce grand pays qui est la Russie. Ce pays, autrefois socialiste, renfermé sur lui-même, ce pays de Pouchkine, de Staline, des frères Karamasov…
    Pour la première fois, un cinquième arbitre fut introduit par la technologie de la communication vidéo dont les litiges se sont dissipés. Aucun incident technique n’a laissé les spectateurs dans le doute.
    L’évènement spectaculaire et inattendu, fut bien sûr, la leçon donnée par la présidente de la Croatie finaliste. Cette grande, gracieuse et très belle dame de 50 ans a assisté à la demi-finale et à la finale parmi ses siens dans les tribunes, en prenant un congé sans solde et en ayant payé son propre billet d’avion. Elle s’est permise des embrassades et des déplacements sans protocoles aux vestiaires pour encourager et remercier ses joueurs Croates. 50 millions de spectateurs et téléspectateurs ont eu leurs yeux rivés sur cette dame sortie du néant. Elle vient de défier tous les présidents du monde entier. Elle donna non seulement une leçon de gouvernance mais aussi hissé la femme sur le podium de l’humanité. Une femme modeste, humble, issue du peuple moyen, au parcours académique très distingué a gravi les échelons de l’excellence par le travail, le sérieux et la clairvoyance. Mariée, avec deux enfants encore jeunes, elle dirige et gère son pays avec amour et dévouement. Les réseaux sociaux n’ont pas tari d’éloges et n’arrêtent pas encore d’envoyer des messages de sympathie envers cette femme de classe.
    Une vraie leçon d’humanisme et de gouvernance pour le monde entier.

    Malheureusement, la plupart des amateurs de la balle ronde ont regretté et ont été déçu par la prestation des grandes équipes habituelles de haut niveau telles que le Brésil, l’Allemagne et l’Italie qui n’ont pas pu aller plus loin.

    Cette coupe du monde devrait porter le nom de KGK : Kolinda Grabar-Kitarovic




    1
  • Congrès du Changement Démocratique