Édition du
12 December 2018

LES ENJEUX VITAUX DE LA PROCHAINE PRESIDENTIELLE ETRE OU NE PAS ETRE LA RESPONSABILITE PLEINE ET ENTIERE DE L’ELITE ALGERIENNE ENVERS LA NATION

 

 

Le terrorisme étant défini et désigné comme tel par les intérêts occidentaux, dire que la lutte contre ‘‘ce terrorisme’’ en Lybie, au Sahel, au Moyen Orient ou dans le monde ne sert essentiellement et principalement que ces mêmes intérêts constitue une lapalissade. Pour autant, tout engagement dans ce sens ne peut donc traduire en réalité que l’adhésion et le soutien à cette fameuse stratégie US du ‘‘Full Spectrum Dominance’’ adoptée par le Pentagone en l’an 2000, qui n’est qu’un segment d’une feuille de route extraite du ‘‘PNAC’’ (Project for New Américan Century) qui en substance, traduit la manière avec laquelle sera cuisiné le monde courant du XXIème siècle pour construire et assoir ‘‘l’Empire’’.

La lutte contre le radicalisme (nouveau concept pour la justification de tous les abus) semble relever en Algérie des prérogatives de l’éducation et des affaires religieuses. Une mission qui s’exerce pour le premier d’une manière très sournoise à travers les programmes d’enseignements disent les opposants et, pour le second, effet de mode oblige, semble viser le ‘‘salafisme’’ chargé pour les besoins de la cause, des attributs des moulins à vent propre à Cervantès. La gestuelle du lutteur se suffit ici de l’interdiction des imams à grouper les prières du ‘‘Maghreb’’ et ‘‘El Ichaa’’ quel que soit le degré des intempéries du jour, à formaliser les prières de l’Aïd et du vendredi, à interdire d’activité les très restreintes commissions de fidèles qui veillent essentiellement et bénévolement à la propreté des lieux de culte.

Depuis quelques temps, la lutte contre l’immigration clandestine est venue se greffer à celles dirigées contre le terrorisme et le radicalisme attirant contre notre pays les foudres des ONG et pas seulement. Des médias lourds comme AP (associated Press), TV5, Euronews, l’AFP ou Reuters entre autres, publient des images et témoignages dénonçant à tort ou à raison les modalités d’expulsion usitées par les autorités algériennes à l’encontre des immigrés africains. L’Europe reconnait officiellement être informée par Alger du refoulement par ses soins de subsahariens et donc cautionne pleinement une démarche qu’elle aurait très probablement suggéré mais retire cependant toute sa responsabilité des us et pratiques opérationnels des Algériens pour ce faire.

Cet engagement de l’Algérie sur ces trois fronts, extrêmement couteux de par ailleurs, ‘‘lui’’ attribue en retour, à en croire le ministre des affaires étrangères, le label ‘‘d’école en matière de lutte contre le terrorisme et d’opposition au radicalisme’’.

 

Sur le plan économique, et en février 2012 déjà, au cours d’une conférence de presse au niveau de l’ambassade US en Algérie, la secrétaire au foreign office US expliquait que l’Algérie se présentait comme un tabouret à trois piliers. Son second étant un secteur privé dynamique, ouvert sur l’extérieur et créateur d’emplois. Sur le même registre, le FMI n’avait jamais cessé tout au long de ces années de recommander, la dernière incitation remontant à mars 2018, des réformes structurelles pour ‘‘favoriser le développement du secteur privé algérien’’. C’est sans aucun doute dans ce couloir étroit, disait un observateur de la scène économique algérienne, que réside les soucis ayant conduit au débarquement du précédent et éphémère chef de gouvernement en aout 2017. Il est absolument hors de question, poursuit notre interlocuteur, de tenter d’assainir, d’organiser et de discipliner un secteur privé, parfaitement dans son rôle pour une part très importante du volume des importations algériennes, sans fâcher les tenants de l’ordre économique mondial ce que les autorités du pays semblent ne point pouvoir se permettre. Un secteur privé protégé, parce qu’essentiellement orienté vers des projets garantissant un retour ultra rapide sur investissement, et dont il suffit de s’intéresser aux publicités qu’il réalise pour en apprécier l’extrême pauvreté de sa nature d’un côté et l’expression majeure d’une vocation éminemment prédatrice de l’autre.

Bien avant le conseil des ministres ou le vote des députés, nous avions également expliqué dans un précédent article que l’ensemble des augmentations opérées sur les taxes traitées par la LFC 2018 tout comme du reste la TVA sur les véhicules montés en Algérie ne constituaient que de l’habillage pour un texte venu régir une disposition d’urgence probablement forcée. Dans le fond, la LFC 2018 ne possède pour objectif principal que l’institution d’une taxe douanière dont la valeur varie de 30 à 200% sur un certain nombre de produits non encore connus et ce pour obéir et rester dans les grâces de l’union européenne en faisant écho aux complaintes de la commissaire au commerce, la suédoise Anna Cecilia Malmström. Cette disposition touchera les produits concernés de toutes les origines à l’exception de ceux émanant de l’UE et probablement de ceux des pays de l’ALENA (Accord de Libre Échange Nord-Américain réunissant les Etats-Unis, le Mexique et le Canada) livrant ce faisant le marché national sans efforts et sans mérites aux produits occidentaux qui ne pouvaient supporter la concurrence des fournisseurs internationaux d’une manière générale, turc et chinois en particulier. Remarquons également que si cette disposition s’inscrit en droite ligne dans le sens de la nouvelle guerre commerciale US dirigée contre la Chine, elle ne sera pas sans résulter à plus ou moins court terme et sur le plan interne, un affaissement réel du pouvoir d’achat du citoyen algérien.

Par ailleurs, et conformément à ses déclarations, le PDG de Sonatrach serait l’homme qui aurait confié à des bureaux d’études ou de conseils américains le soin de l’élaboration de la prochaine loi sur les hydrocarbures. Sur le plan de la forme il aurait été moins agressif d’imputer cette opération au ministre de l’énergie chargé de la conduite de la politique énergétique du pays respectant ce faisant formellement les prérogatives et responsabilités des uns et des autres. Sur le fond, il est donc confié à coup de millions de dollars au loup de veiller sur la bergerie malmenant une souveraineté nationale, ressentit individuellement par chaque Algérien comme le bafouement de sa propre dignité.

Après une activité d’approche remarquable du ministre de l’énergie, le 28 septembre 2016 à Alger, l’OPEP réussissait à trouver un accord qui gelait la production à 32,5 million de barils jours en vue du redressement des prix des hydrocarbures. Le Brent est alors passé de 50 à près de 80 dollars en 18 mois (décembre 2016/mai 2018)

Fin juin 2018,  le président US exigeait de l’Arabie Saoudite une augmentation de sa production pétrolière afin d’infléchir les prix. Le  4 juillet 2018 l’Algérie augmentait  sa production de 26 000 b/j. Un volume totalement négligeable (0,0008%) sans le moindre impact sur les prix. Cette augmentation ne pouvait  donc  prétendre  refléter  plus que  ce geste, en fait  hautement  symbolique, de ‘‘l’obéissance’’.  

Cependant, et nonobstant le coté économique de la question dont les spécialistes se sont fait justement l’écho, l’achat par Sonatrach de la raffinerie sicilienne d’Exxon mobil se présente comme un cataclysme géostratégique sans précédent. Dans ce cadre, nous renvoyons les stratèges de toutes sortes et de tous bords à méditer la grande bataille de Malte qui eut lieu dans le courant de la deuxième guerre mondiale. Soumise à un sérieux blocus allemand opéré principalement à l’aide de sous-marins (U-BOAT), l’Ile manquait cruellement de carburant. Les stocks stratégiques s’épuisant risquaient de clouer totalement au sol l’aviation alliée basée sur l’ile et chargée de la protection des convois navals de l’alliance d’où la grande bataille de Malte destinée à briser le siège de l’Ile aux fins de la remettre en ordre de bataille en lui fournissant les carburants nécessaires, véritables nerfs de la guerre pour l’ensemble de l’approvisionnement des armées alliées engagées dans le pourtour méditerranéen.

Pour autant, et en cas de conflit, comment approvisionner en carburant l’Algérie ? Comment permettre aux avions de combat algériens, aux blindé, à toutes les brigades motorisées de mener leurs missions si notre brut est empêché par l’ennemi d’arriver en Sicile pour y être raffiné, ou si en dernier lieu les carburants en provenance de la raffinerie algérienne d’outre-mer ne peuvent atteindre d’une manière ou d’une autre en quantité et à échéance les ports algériens ? Quel est le poids en temps de guerre d’une armée totalement ou partiellement statique et à faible protection aérienne quelle que soit de par ailleurs sa puissance théorique réelle ou supposée en temps de paix ?

Si en 2002, au motif de s’extraire de l’isolement politique, l’Algérie s’est précipité sur l’accord d’association avec l’UE présenté à l’époque comme une panacée, nous mesurons aujourd’hui l’ampleur des conséquences néfastes de cette décision sur la gestion de l’économie nationale. Pour autant, les mobiles du jour, même ceux pouvant être qualifiés de ‘‘raison d’état’’ justifiant l’acquisition de la raffinerie d’Augusta pourraient-ils soutenir la comparaison avec l’argumentaire géostratégique soulevé par la question et y endosser publiquement et pénalement l’ensemble des responsabilités y afférentes ? Indéniablement, les raisons géostratégiques, économiques tout autant que sociales qui cernent la question renvoient à la construction, sur les bases d’une technologie du jour et sur le territoire algérien, de raffineries modernes au lieu et place de la vieillerie d’Exxon mobil.

Très loin du tracé d’une carrière professionnelle redressée, le chemin menant de Blida à la présidence de Sonatrach ne semble être qu’une mandature renforcée, destinée à exécuter une partition sans fausse note de la symphonie ‘‘America first’’. Tout à fait malheureux d’être amené à penser qu’à l’instar d’autres pays arabes, fortement désavoués par les Algériens, confier aux yankees la confection de la prochaine loi sur les hydrocarbures, acheter leur antiquité de raffinage, remettre notre gaz et pétrole conventionnels et de schiste à leurs majors, plonger corps et âme dans les luttes contre le terrorisme, le radicalisme et l’immigration clandestine ne constituent en fait que l’expression de la rançon, destinée à assurer la stabilité et la sécurité du système politique algérien et de ses mentors. Faudrait-il encore souligner le rigorisme du ‘‘nouvel Empire’’ qui fait payer même ses plus proche alliés leur protection fournie dans le cadre du pacte atlantique pour affirmer que le moment voulu et lorsque la conjoncture l’exigera, le pays sera dévoré sans aucun état d’âme à la sauce irakienne ou syrienne quel que soit le volume des versements consentis.

Récemment encore, le pouvoir politique algérien préconisait aux opérateurs économiques nationaux de s’appuyer sur les pieds noirs pour pénétrer les marchés africains. Quelques jours plus tard et parce que ces propos avaient suscité une grande consternation et inquiétude au sein de la société, parce qu’interprétés comme une avancée relativement grave à l’encontre de notre histoire récente et de ses martyrs, le premier ministre revenait sur la forme et en aucun cas sur le fond de cette déclaration. Cette recommandation, estimait un observateur de la scène politique algérienne, loin de pouvoir être dans les faits d’une quelconque utilité aux pseudos exportateurs algériens, prête plutôt à penser qu’elle constitue une sorte d’invitation ou une proposition en direction de l’ancien colonisateur. Elle semble charrier selon lui, comme une allusion à un possible engagement d’ouverture de l’Algérie à des contentieux toujours considérés par les Algériens comme tabou, absolument non négociables. Pour notre observateur, une offre aussi ambitieuse se doit d’être fortement soutenue politiquement, elle ne peut être donc que clanique et ne peut en aucun cas être gratuite. Elle possède cette odeur caractéristique des marchés algériens, relativement conjoncturel et de court terme, type gagnant-tout perdant sollicitant en retour, le soutien lourd, à une éventuelle accession propre ou à celle d’un élément du clan à la magistrature suprême du pays.  Le négociant semble en demander plus, à en croire son ministre des affaires étrangères, qui affirmait que des discussions ont lieu avec la partie algérienne en vue de permettre le retour des Harkis au pays. L’ambassade corrige, l’avenir aura à confirmer ou à infirmer.

Loin d’être exhaustif, ce qui précède est simplement développé pour traduire par des exemples l’ampleur d’une soumission souvent obligée, parfois peut être irréfléchie parce qu’elle surenchérie même sur la demande, que concède le pouvoir politique algérien à un ordre international mafieux, néocolonial de surcroit, faisant remonter en surface et rendre bien visible ce constat très fort et déprimant d’une souveraineté nationale abimée et du vampirisme respectivement direct et indirect de nos ressources naturelles et humaines. Combien de temps notre pays pourrait-il soutenir ce racket ? Quels délais nous accorderont encore nos hydrocarbures, gaz et pétrole de schiste compris ? Quel avenir pour la nation une fois le pays exsangue, ruiné ? Une fois ses grands principes mémoriaux et historiques consommés, tout autant vendus ?  Demain serait un autre jour répondrait Scarlett O’hara pour aller dans le sens de la ruine intellectuelle algérienne qui focalise sur le refus d’un cinquième mandat, pénétrant et se positionnant ce faisant à l’intérieur d’une lutte des clans dont l’essence serait, selon monsieur Luis Martinez, Directeur de recherche au CERI-Sciences Po : « Il y a un consensus pour considérer que l’hypothèse du non-changement est plus rassurant »

 

Il faut cependant oser reconnaitre, l’honnêteté intellectuelle l’exige, et c’est d’une importance majeure pour l’exploration des solutions possibles à cette situation, que cette soumission aux maitres supposés ou réels du monde n’est pas propre au personnel politique du moment. Elle remonte au moins à la décennie 80 et les évènements d’octobre ne sont pas en reste. Il est connu également que ces maitres du monde s’immiscent même dans la désignation des grands dirigeants des pays lorsqu’ils n’interviennent pas directement pour les imposer, ce qui éventuellement semble justifier l’offre sus exposée présentée dans le cadre de la concurrence clanique au soutien à la magistrature suprême. Pour mémoire et sur le sujet, il y a lieu de revenir sur les dessous des motivations de la mission du panel onusien en Algérie (22 juillet au 04 Aout 1998) qui, selon certains observateurs et médias, se devait de donner son quitus, sésame pour l’organisation des élections présidentielles qui amenèrent le président actuellement en exercice au pouvoir.

En 1986, en pleine guerre froide, l’influence des structures du pouvoir mondial fermait au pays l’accès aux marchés financiers internationaux. Surendetté, et face à la chute drastique de ses revenus, l’Algérie, ne pouvait plus faire face à ses obligations envers ses créanciers mais aussi et surtout envers une population dont il était craint une réaction jugée ‘‘déstabilisatrice’’ pour l’ensemble de la nation, et plus particulièrement peut-être pour ses dirigeants. Examinée depuis l’intérieur étroit de ce prisme, la soumission aux recommandations de ceux qui tenaient les cordons de la bourse devenait inéluctable disent les spécialistes relevant et condamnant cependant une manière d’y faire dramatique, extrêmement couteuse en vie humaine (octobre 1988).

Trente ans plus tard, sorti des griffes du programme d’ajustement structurel du FMI, et après avoir traversé une période faste ou les revenus atteignaient un niveau inégalé, l’Algérie muni pourtant d’une cagnotte de plus de 90 milliards de dollars pour une dette extérieure quasiment négligeable (2,5% du PIB), est en train encore une fois de se débattre à l’intérieure d’une crise financière majeure toujours des suites de la baisse de ses revenus pétroliers. Si au cours de la crise de 86 l’abdication des dirigeants du pays alors en cessation de paiement avait bénéficié de l’indulgence des spécialistes, comment comprendre et justifier aujourd’hui ces attitudes décrites plus haut ?

Le caractère rentier de l’économie algérienne est pourtant reconnu en tant que tel et galvaudé depuis au moins cette crise de 86, et les tentatives et actions entreprises pour diversifier l’économie n’ont pu être d’aucun effet. L’extrême faiblesse et la précarité de l’économie algérienne est telle que la plus primaire des sanctions ‘‘des maitres’’, comme le simple gel des avoirs du pays par exemple (aujourd’hui les 90Mds de $) mettra à l’arrêt l’industrie algérienne depuis celle du ‘’cachire et des jus’’ à la pétrolière. Elle stoppera les services, le commerce, et affamera les Algériens et leurs bétails. Ces sanctions meurtrières pèseraient-elles comme une épée de Damoclès sur le pays et justifieraient elles ce profil bas ? Ne devraient-elles pas inciter plutôt à envisager la résistance et de s’y préparer objectivement ? Même sous profil bas, situation oblige, n’est-il pas permis en parallèle d’entamer la forge des armes répondant à la situation et commencer par celles qui permettent d’enrôler pour ce faire, d’abord et avant tout, ce bouclier extrêmement résistant qu’est le peuple algérien ?

Ne faudrait-il pas faire plutôt soumission à la sagesse, au courage et reconnaitre que la faillite algérienne ne repose pas fondamentalement sur une faiblesse structurelle somme toute induite de son économie, ou et sur, une inaptitude dressée des différents exécutifs qui se sont succédé à la tête du pays ? L’examen objectif des faits tend à démontrer que le personnel ‘‘dirigeant’’, les institutions tout comme et surtout ce nerf de la guerre dans le cas de figure qu’est l’économie furent de tout temps les prisonniers d’un système politique rentier dont le fonctionnement carbure à l’incompétence, au népotisme, au non droit, et ou les malversations permises sont usitées comme monnaie clientéliste (un ancien premier ministre disait : ‘‘Nous étions les harkis du système’’).N’ayant pas su, à l’instar des pays européen de l’Est à la fin de la guerre froide, opérer entièrement sa mue lorsqu’il en était le précurseur, ce système entièrement dépassé et en fin de vie dans notre pays résiste avec la volonté du désespoir. Pour autant, et alors que ‘‘le couteau arrive jusqu’à l’os’’, que ‘‘la planche à billets devenait nécessaire pour payer les fonctionnaires’’, d’aucuns s’acharnent à répertorier les réalisations opérées ces vingt dernières années pour exiger avec une extrême vigueur, et sans aucune pudeur la ‘‘CONTINUITE’’. Il est impossible de croire que l’irresponsabilité dans le cas de figure puisse relever ou être motivée exclusivement par la rente, le pouvoir ou le syndrome du colonisé, elle ne peut relever que de l’inconscience ou d’un caractère franchement débile. Non intégrés à l’intérieur d’une stratégie de développement claire, les réalisations en question, quelque-soit leur nombre et gigantisme, n’avaient pas d’âme, n’avaient donc pas de vie, ne pouvaient forcément à aucun moment imprimer une dynamique salvatrice à une économie mourante, étouffée par un immobilisme systémique l’ayant contrainte à une totale perfusion externe. Rappelons, juste pour mémoire et pour éviter de se perdre dans les dédales d’un faux débat, que les malversations tous types confondus (corruption, népotisme, passe-droit, trafic d’influence, conflit d’intérêt, incompétence etc…) doivent nécessairement disposer, loi de la nature oblige, de l’environnement adéquat, du vivier nourricier pour exister. Elles sont, (mathématiquement modélisées), une fonction du nombre et de la taille des projets mis en œuvre, multipliés par le volume de la masse monétaire correspondante, divisés par le degré de la présomption de justiciabilité.

Nous avons essayé tout au long de cet article de démontrer que l’économie au même titre que la faillite managérial étaient comme pour l’ensemble des autres secteurs, éducation, santé, sport etc… des victimes systémiques. Quel que soit l’expérience, le niveau de formation des chargés de sa mise en œuvre, tout modèle économique quel que soit sa force et son ingéniosité de par ailleurs, au sein de l’environnement algérien, ne peut connaitre que l’échec.

Une fois ruiné, une fois le produit des martyrs de la révolution consommé, tout prête à penser que le pays se détruira. Orchestré, Il le sera probablement de l’intérieur, les exemples en ce sens ne manquent pas d’où l’urgence d’une action pacifique responsable. Très loin de toute motivation idéologique, un sursaut salvateur de l’ensemble de l’intelligentsia algérienne, quelle que soient les convictions de chacun et sa position dans la hiérarchie nationale est nécessaire pour tenter de s’opposer à une continuité systémique suicidaire. La survie du pays ne repose pas sur un cinquième mandat ou sur une toute nouvelle et première magistrature, même pas sur un consensus national si celui-ci ne s’engage dans la refondation systémique d’une gouvernance faible, sans perspectives, sans aucune vision que celle de survivre d’une échéance électorale à une autre à quelque prix que ce soit. Un prix, que l’inconscience et la folie ne peut évaluer, un prix qui pourrait mener la nation algérienne depuis les couloirs de la mort, à l’intérieur desquels elle poursuit son errance, non pas vers la liberté, mais vers la chambre à gaz.

ELLISA.D


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3 Commentaires sur cet article

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  • achraf
    23 juillet 2018 at 17 h 39 min - Reply

    Le pouvoir en place ne résisterait jamais si le peuple decidait un jour de « casser les chaines » .C’est comme si cette autorité de fait dit au peuple : tant que vous m’acceptez et tant que vous ne pouvez rien faire et tant que nous vous considérons comme une quantité negligeable et comme du simple bétail ;nous ferons de vous et de la constitution ce que nous voulons.
    vous pouvez constater de facto que c’est un comportement de laches pour les raisons qui suivent:
    *Si le peuple n’a pas dit son mot ce n’est pas par faiblesse ,ce n’est pas par inconscience ,ce n’est pas par manque de maturité mais par sa garande sagesse et attend que la sagesse l’emporte et éviter les catastrophes.
    *Le héros de la révolution algerienne est le peuple c’est a travers sa résistance et ses sacrifices qu’il a arraché son indépendance.
    *Si un jour le peuple se reveillait « certains » s’enfuieront comme des traitres.




    8
  • rachida
    24 juillet 2018 at 20 h 04 min - Reply

    Le « peuple » ne dit pas son mot car ça roupille. Où sont les minorités agissantes ?




    3
  • wahid
    24 juillet 2018 at 23 h 49 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique