Édition du
21 October 2018

La république des «Fils de…»

Frasques et prédation des enfants de la nomenklatura

La république des «Fils de…» (1re partie)

El Watan
28 JUILLET 2018

Frasques, voracité, prédation, succession… Rejetons conçus dans le dos de la République égalitaire, les enfants terribles de la nomenklatura sont les nouveaux seigneurs de cette«Algérie de papa», la version bâtarde de l’«Etat algérien restauré». Pour désigner les fils de généraux et hauts gradés de l’armée, des services de sécurité, ministres, pontes de la haute administration…, l’humour populaire est intarissable de génie créatif : ouled al qiada, meqla, qaloi, chouaker, ouled douk douk, qemqoum, les rejetons des pontes font valoir chaque jour leur droit de cuissage sur les ressources du pays. De Toufik Benjedid à Saïd Bouteflika, de Adel Gaïd à Sid Ali Mediene, de Abdelmoumen Khalifa à Farid Bedjaoui, de Rym et Farès Sellal à Amine Zerhouni, de Réda Habour à Khaled Tebboune, des fils de Meziane au fils Ould Kaddour, des fille et fils de Saadani au fils Ould Abbès, de Mehdi Remaoun à Lamine Ouyahia, de Amel Bouchouareb à Khaldoun et Sina Khelil…, des échantillons représentatifs de la caste de compradores et de fabricants d’hégémonie qui réécrit l’histoire d’un «seul héros, le pouvoir». Plongée dans les dessous putrides de la reproduction en marche de la classe des dirigeants.

Ils sont dans l’import-import (60 milliards de factures d’importation), dans l’immobilier (?), dans les «services» (12 milliards/an), dans la com’ et l’événementiel, les bureaux d’études, le consulting, les centres commerciaux et grandes surfaces, le catering, le contrôle et concessions automobiles, les franchises, les sociétés de gardiennage et de sécurité, 7 milliards de dollars que se partagent quelques sociétés appartenant à des généraux à la retraite et/ou en activité, comme celle d’un des fils de Gaïd Salah, Adel, et à des personnalités du gouvernement et de la haute administration, à l’image de Vigie Plus, société à 50 000 agents, apparentée au fils de l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Aucun créneau juteux, aucune opportunité d’affaires, aucun business florissant n’échappe à leur appétit vorace.

Shootés à l’argent public, addicts aux privilèges et rente de «l’Etat pompeur», les «fils de» ont un «couloir vert» dans les ports, les tapis rouges des salons d’honneur, occupent des postes (fictifs de préférence, mais rémunérés en devises) dans les grandes compagnies (Air Algérie, Sonatrach…), postés dans les grandes capitales mondiales. Ils sont dans la diplomatie, dans les agences et organismes internationaux. Ils ont des ports secs pour cocaïne pure (fils du général Hamel) et quincaillerie de luxe, des flottes (navires de la Cnan rachetés en partie par Réda Habour).

Ils sont dans le négoce des matières premières (Sina Khelil…), dans la distribution, souvent en situation de monopole (Mouloud Djebbar, fils du général M’henna Djebbar), «bien nés» et as du trafic d’influence, ils ont les clés des coffres-forts de l’Etat social, dépecés, en bandes organisées, lors des soirées banquet. D’affriolantes saisons algériennes pour une jet-set fâchée avec le Projet national et le principe d’égalité des chances.

Boucherie du peuple vs caudillo du régime

Kouba. «Marché des 13 salopards». «La boucherie du peuple». Il porte bien son nom, le très «modeste» magasin de Kamel «Le Boucher», gros sous-traitant présumé des cartels de la cocaïne, scellé depuis plus d’un mois. L’homme aux 701 kg de coke a entraîné dans sa chute spectaculaire deux caudillos du régime : Abdelghani Hamel et Menad Nouba, tout puissants patrons de la police et de la gendarmerie.

Au ministère de la Défense, gros client de la viande importée par «le Boucher», deux généraux-majors, Boudouaour Boudjemaa, le directeur des finances, et Mokdad Benziane, directeur du personnel du MDN, sont éjectés, «admis à la retraite». Le menu fretin (26 inculpés-1, le fils de l’ex-Premier ministre Tebboune) est envoyé au cachot. L’Algérie, ses attributs de pouvoir, ses autorités régaliennes, flirte dangereusement avec narco-Etat.

Dans le Vieux Kouba, c’est encore la consternation. La colère. De l’incompréhension aussi. «Kouba, ce sont toutes ces personnalités qui ont fait l’histoire. De Ferhat Abbas qui y a vécu (en résidence surveillée) au colonel Mohamedi Saïd, de Cheikh Soltani à Ali Benhadj et j’en passe. Mais des ”cavés” comme ça, on en avait pas.» Yazid, spécimen de cette petite bourgeoisie de Kouba qui se sent «salie» par l’érection dans son paysage de ce sulfureux personnage. «Ce berani (étranger) qui a débarqué ici presque avec son seul vélo et qui s’achètera, en un temps record, pas moins de 26 villas.»

A Alger, les gendarmes de la section de recherches ont mis au jour 22 promotions immobilières, dont les appartements de standing sont cédés à des hauts fonctionnaires de l’Etat. «L’homme aurait juré de raser toute la ville et de ne laisser au peuple de Kouba que l’Hôtel de la mairie pour ses papiers d’identité.» Au chemin Calvaire, dans le bas Kouba, il aurait offert quelque 130 milliards pour s’adjuger un djenane de 6000 m2. «La famille, une grande famille de militants nationalistes qui y résidait depuis plusieurs générations, voulait préserver la valeur patrimoniale de la résidence.

Le Boucher ne voulait rien savoir. ”Dites-moi plutôt combien elle fait en longueur, combien en largueur et combien vous en voulez !”» Le Boucher a, selon ce riverain, mis tout le monde dans sa poche, «distribuant des cadeaux et liasses de billets par-ci, des kilos de viande par-là, offrant une voiture au commissaire, de petits pécules pour les fonctionnaires des mairies, de la daïra et de la wilaya et même des omra aux fidèles de la mosquée».

Le «gueux» quadra, fils d’un boucher venu de sa «gueuse» province de Palestro (Lakhdaria), s’est blanchi sous le harnais du pouvoir et de ses camorra. Sa résidence à Kouba, située en face du commissariat de police (qui n’a rien vu) ; les bureaux de ses sociétés à La Croix et à Aïn Naâdja ne désemplissaient pas de visiteurs de haut rang qui lui mangeaient avidement dans la main. «Les magistrats sont en train de compiler les écoutes téléphoniques et quelque 3 ans de vidéo-surveillance», rapporte la journaliste Salima Tlemçani, qui enquête sur l’affaire.

Des enregistrements «compromettants pour la longue liste de personnalités civiles et militaires qui y apparaissent». 30 ans après le scandale impliquant un des fils du président Chadli – en association avec un roturier du quartier La Montagne (Bourrouba) – dans la ruine d’une banque publique, l’affaire dite «Testosa» – du nom de la célèbre Ferrari Testarossa – a fait des «petits». Beaucoup de «petits».

La patrie pour les riches, le patriotisme pour les pauvres

Portrait d’un fils de… De l’élevage ovin dans les Hauts-Plateaux à la technologie de pointe, Lotfi Nezar est un entrepreneur aussi polyvalent que coriace. «Il est impitoyable en affaires», témoigne HKM*, un employé de SLC (Smart Link Communication), la «petite» boîte familiale devenue grande (plus de 150 employés), nichée au chemin Gadouche (Ben Aknoun) sur le domaine d’une ancienne coopérative militaire.

PDG de la société, Lotfi, l’aîné, y est actionnaire au même titre que sa fratrie et son généralisme paternel, aussi président de son conseil d’administration. Pionniers dans la technologie wimax (solution internet haut débit par ondes hertziennes), les fils du général affichaient un carnet de commandes plein.

Ses abonnés clients allant des ministères de la Défense, de la Santé, de l’Enseignement supérieur aux compagnies pétrolières (Becker, Schlumberger, Sonatrach…), les banques (BNP Paris Bas…), Alstom, Peugeot. «Une véritable machine à cash dont une partie des revenus générés est perçue en devise, en Espagne, notamment», décrit la gorge profonde. Le pouvoir, la réputation du père, le général Khaled Nezzar (sauveur de la République ou fossoyeur de son peuple, c’est

selon), parmi les premiers promus sous Chadli au grade d’officier général, a fait exploser littéralement le plan de charge de la SPA, créée en 1997. «Aujourd’hui, les affaires tournent de moins en moins bien. A cause de la concurrence soutenue par deux autres fournisseurs de services, Anwar Net et Icosnet, tout aussi puissants et adossés à des pontes mais surtout à cause des déboires de la famille avec le clan présidentiel.» Le général a dû, selon la même source, rembourser quelque 40 milliards de crédits alors que d’autres ont vu leurs ardoises effacées. La patrie pour les riches, le patriotisme pour les pauvres.

«Hna fi hna, el barani yasamhna»

Déclinaison locale de «Entrepreneurs de progrès», la devise chère au FCE, le cercle des bonnes affaires sis à El Mouradia, au fond d’une impasse, rue Sylvain Fourastier, du nom du maire de Bir Mourad Raïs dans les années 1940. C’est ici, dans la proximité charnelle du pouvoir et de l’argent, à quelques centaines de mètres du Palais présidentiel, que se trouve la fine fleur du CAC 40 algérien, les Kouninef, Bairi, Mazouz, Benabdeslam, Benamar, Tahkout et consorts, empires biberonnés aux marchés publics.

«150 millions pour réserver sa place à la table du Premier ministre.» H. Imad*, témoin ulcéré par les turpitudes de cette business class «made in bladi», jeune loup de la finance, a été dans le staff de Ali Haddad, le président du Forum des chefs d’entreprise, le FCE. «Self made man» comme sait en «fabriquer» à la chaîne le cercle présidentiel, le patron du groupe ETRHB, petite société de BTP fondée en 1997, est propulsé, 20 ans après, à la tête d’un empire engrangeant quelque 400 millions de dollars de revenus annuel (Forbes). «Rebrab ? C’est rien. Mon chiffre d’affaires à moi, c’est 5 à 6 fois plus», se vanterait Ali Haddad.

Le groupe Cevital, propriété d’Issad Rebrab, affiche un chiffre d’affaires de 3,5 milliards de dollars. Agence parapublique orientée vers la captation des contrats publics, le FCE possède sa version «fils de». Jil FCE, ce pouls de jeunes entrepreneurs connectés aux centres de décisions. Comme Allégories, la boîte de com’ et événementiel, drivée par le tandem Lourari/Marhoun Rougab, fils de Mohamed Rougab, secrétaire particulier du président Bouteflika.

C’est Allégorie qui, le 3 décembre 2016, a organisé, pour le compte du FCE, le Forum africain d’investissements et d’affaires au Centre international de conférences (CIC) et qui a tourné au fiasco. Ce jour-là, le gouvernement Sellal, arguant les «entorses au protocole», se retira, sous les regards médusés de centaines d’invités étrangers. «Tout n’a pas été dit sur cette affaire du CIC, raconte Imad. Il y avait une forme de mise en scène, puisque le gouvernement était la veille en possession du programme des interventions et aurait pu décliner sa participation.»

Les enjeux se superposaient, selon lui. Dans les coulisses du CIC, aux manettes, ce fut Saïd Bouteflika, tout puissant frère et conseiller plénipotentiaire du Président. «Il fallait à la fois happer le destin de Lamamra, le MAE qui était présidentiable, saper l’autorité du gouvernement au profit d’un patronat paraissant tout puissant, et troisio, renverser la table des négociations des contrats qui s’amorçaient dans la salle (…).»

Jeunesse dorée, jeunesse offshore

De SwissLeaks à Panama Papers, une orgie à coups de centaines de millions de dollars. Les listings des propriétaires algériens de comptes dans les banques suisses (HSBC) et de sociétés offshore au Panama renseignent sur la fraude à grande échelle et sur les pratiques des faunes au pouvoir. Le scandale planétaire des Panama Papers est aussi celui de cette caste d’Algériens dont les fortunes mal acquises transhument à travers les paradis fiscaux, lavées, blanchies, «réinvesties».

Des Îles Vierges britanniques au Panama, des îles Caïman à la République suisse, de la Barbade à Maurice, de Hong Kong à Dubaï, la toute nouvelle plaque tournante du blanchiment de l’argent algérien. Aux Emirats, une société offshore, c’est 30 000 dollars de capital avec droit de succession garanti pour les ayants droit en cas de décès du propriétaire.

Dans les Panama Papers, les Algériens y sont souvent en famille : les Khelil (Chakib), père, épouse et fils, les Sellal (père et fille), les Bouchouareb, les Habour, les Chadli, les frères Bedjaoui, les Zerhouni – entre autres cités –, paraissant en qualité de propriétaires, bénéficiaires et/ou ayants droit de sociétés offshore. Journaliste d’investigation, membre du réseau ICIJ – le Consortium international des journalistes d’investigation qui révéla le scandale Panama Papers –, Lyès Hallas a eu accès à certains documents fuités de la société fiduciaire panaméenne Mossack Fonseca.

Ne se distinguant ni par des «compétences reconnues» ni par un «savoir-faire particulier», les «fils de», observe le journaliste, excellent par contre dans la «fructification des carnets d’adresses» de leurs parents, dans la mise en relation d’affaires d’entreprises étrangères intéressées par le marché algérien. Ils sont dans «l’intermédiation internationale».

Farid Bedjaoui, neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères, est de ceux-là. «Ce ne sont certainement pas les 75 000 dollars canadiens de revenus annuels générés par son ancienne société de négoce qui ont permis à Bedjaoui de s’offrir des tableaux de Salvador Dali ou des biens immobiliers à Montréal et à New York, mais, les placements de Sonatrach.

Pourquoi n’a-t-il pas pu décrocher la gestion des portefeuilles de BP ou ExxonMobil, génie en placements financiers qu’il est ?» Impliqué dans les affaires Saipem, Sonatrach, SNC Lavalin (suit une longue liste), Farid Bedjaoui passe pour celui qui sait ouvrir les portes blindées des décideurs algériens, sécurisant, via un système de commissions/rétro-commissions, les gros contrats de compagnies étrangères.

«Le drame de ce pays est que son élite dirigeante n’imagine pas son avenir, l’avenir de ses enfants, en Algérie. Son principal souci est de trouver des alternatives pour financer l’éducation, les soins ou s’offrir une douce retraite à l’étranger, parce que les salaires perçus ne sont pas en mesure de prendre en charge son train de vie. Comment un Pdg de Sonatrach qui touche 300 000 DA de salaire mensuel pourrait s’acheter une résidence à Neuilly-sur-Seine ?»

Les Gated communities du Mont Sidi Yaya

Mont Sidi Yaya… Hydra. Le «Beverly Hills» algérois, une houma branchée au grille-pain et à la compteuse à billets, n’a rien d’un quartier pour ouled bouchia. Gosses de riches, gosses de maqla (pontes) et résidus du lumpenprolétariat s’y côtoient intimement dans ce lit d’oued (oued Hydra) où la jet-set s’est offert, par flots d’argent ininterrompus, son quartier de «luxe»…

Enfant de la cité Sellier, populace suspendue aux flancs des Crêtes, Nadir a vu le quartier se transfigurer. En seulement quelques années d’économie de bazar. «Vous voyez ce pâté de villas, désigne-t-il de la main. Elles appartiennent toutes à des généraux. Le terrain sur lequel elles sont construites devait accueillir à l’origine une coopérative pour enseignants.» Banques étrangères, restaurants sélects, magasins de grandes marques, Sidi Yahia est le quartier des affranchis du pouvoir et des franchises qui prolifèrent.

Malgré les nombreux interdits dressés par la Banque d’Algérie qui proscrit le transfert des royalties au franchiseur (la maison mère détentrice de la marque). Comment s’y prennent-elles ? «D’abord, elles appartiennent toutes à de hauts responsables et/ou à leurs enfants, ensuite, elles contournent les obstacles de la BA en gonflant le prix d’achat ou en transférant les devises sous le prétexte de l’assistance technique.»

Tout autour du quartier chic, des résidences gardées. Un phénomène urbanistique en pleine expansion. Des Gated Communities où gent aisée et gent du pouvoir s’inventent un «entre-soi», loin des masses qui menacent. Safar Zitoun Madani, spécialiste en sociologie urbaine, ne hurle pas au loin pour autant. Les Gated Communities sont un phénomène «universel». De la Chine «communiste» à l’Afrique du Sud, du Maroc aux Etats de l’Amérique latine. Une tendance mondiale. L’implantation de ces bunkers hautement sécurisés renseigne toutefois sur les inégalités qui s’accroissent dans un pays. Des inégalités qui ne sont pas toujours justifiées d’un point de vue économique.

Des «inégalités un peu honteuses» et un «enrichissement pas très transparent». «Dans le cas algérien, dit le sociologue, il faut un peu le relativiser. Car ce qui le caractérise, c’est qu’avant l’indépendance, nos villes étaient extrêmement inégalitaires du point de vue de la répartition des populations dans l’espace. Il y avait d’un côté les quartiers européens, les quartiers mixtes et les quartiers musulmans où résidaient la majorité des Algériens.

A l’indépendance, cette structure ségrégationniste, inégalitaire, a complètement explosé. Nos villes se sont mélangées, des populations d’origines modeste, moyenne, ont occupé des habitations situées dans les quartiers européens. Aujourd’hui, ce que l’on constate, c’est que les élites, notamment celles qui disposent des ressources, ne se retrouvent plus dans ce mélange. Alors, elles inventent des espaces d’entre-soi.

On revient, en quelque sorte, contre l’absence de ségrégation, et par des formes inédites, à une nouvelle façon de ségréguer, de se séparer des autres.» Loin du Fahs algérois, la proche campagne d’Alger, naguère prisée par les bourgeoisies coloniales, ottomane et française, les quartiers de l’ancienne plaine de la capitale sont en plein dans le processus de «gentrification», mot désignant ces quartiers de la noblesse anglaise qui étaient à l’origine des quartiers populaires d’origine sociale modeste.

Les opérations de relogement, de résorption de l’habitat précaire, menées au pas de charge, sur fond de spéculation foncière, immobilière, vident le Vieil Alger de sa population, au profit d’une autre. «Ce sont des processus sociologiques très courants. Ces quartiers, pour des raisons pratiques, leurs positions dans la ville, la présence d’opportunités, attirent une clientèle qui prend une coloration sociale bien particulière (…).

Progressivement donc, il y a un remplacement de population.» Dans ce processus, précise le spécialiste, l’Etat n’y est pour rien : «Il n’y a pas de volonté derrière, pas de deus ex machina, pour délimiter les quartiers des riches des quartiers pauvres. Ce sont des processus objectifs.» Dans le plan d’urbanisme d’Alger, explique-t-il, qui n’est pas «ségrégatif», la volonté de vider les quartiers populaires n’y est pas.

«Même si derrière un certain vocabulaire très technique, il y a la possibilité de comprendre que telle zone, par exemple, est destinée à une population fortunée. Mais il n’y a pas de volonté de déloger les gens du centre-ville, les populations pauvres et modestes pour la périphérie. Dans les plans, il n’y a rien de cela, dans la pratique, avec les opérations de relogement en cours. Effectivement, pour certains bidonvilles du centre-ville d’Alger, les populations sont relogées en périphérie. Est-ce qu’il y a une volonté de déportation de ces populations ? (…)»


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11 Commentaires sur cet article

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  • sacco et vanzetti
    29 juillet 2018 at 19 h 12 min - Reply

    Et la solution ?




    7
  • mohamed
    31 juillet 2018 at 9 h 08 min - Reply

    Au « Premier Ministre » Ouyahia,

    Quand les jeunes vous insultent au stade, vous dites qu’ils sont payés pour cela, sous-entendu qu’au fond, ils vous adorent.

    Pour les jeunes de Djelfa, ils ne sont pas de bons musulmans.

    Ceux qui font la grève de la faim pour protester contre l’injustice (votre justice), ils n’ont qu’à crever !

    Pour les « chanceux » jeunes qui arrivent à bon port, ils n’ont qu’à ramasser des tomates et les oranges.

    Il n’y a que vous qui détenez la vérité… par la fraude, le mensonge,la rapine, les crimes et le trafic de tout genre!!!

    J’aimerai vivre le jour où « ahl debabet », vos ventrus protecteurs, vous donneront en patûrage.

    Peut-être que l’OAS viendra vous délivrer pour faire de vous un « présidentiable » à l’Algérie orpheline.




    15
  • tarak
    1 août 2018 at 0 h 57 min - Reply

    Bonsoir à tous

    Oui, il y a une volonté de déportation des populations algéroises et on l’a remarqué depuis 1985 où ouled el kasba ont manifesté devant l’APN en criant  »ouled el kasba fi el ghirane et hlima fi almaricane ». Certaines populations dont leurs logements s’étaient effondrés ont été relogés à Boudouaou, Corso, Reghaia etc. puis ça a continué pour les autres populations, pour faire un brassage et casser le lien houmisme qui était très familial et rendaient une grande solidarité entre les familles du même quartier. Car Alger était le fer de lance des revendications et manifestations politiques, quand Alger bouge c’est toute l’Algérie qui bouge. Maintenant, ce lien est très affaibli par ce brassage de populations qui ne se connaissent pas vraiment et donc plus de solidarité, plus de houmisme (ouled el houma), plus de lien  »familial », chacun pour soi et Dieu pour tous. C’est le bonheur pour ce pouvoir.




    12
  • ACHOUR
    3 août 2018 at 21 h 33 min - Reply

    Voyez vous comment est devenu ce pays, la « releve est assuré » le croient ils???
    Macron veut de jeunes interlocuteurs en Algerie, ils les a…
    Mais ce n’est pas assez, sachez que les fils de rongeurs qui sont pires que leurs paternelles sont des virtuoses du blanchiments d’argent, ils sont à la pointe dans les investissements et placements dans la haute finance et dans les plus grandes place boursieres.
    Leurs frequentations sont essentiellements des sionistes « conseilleurs » totalement vouer à « Israël ».
    « Ces fils de… » doivent à cette comunauté « élu » ce « permis d’investir » car sachez a ce niveau n’est pas qui veut place ce qu’il veut la ou il veut…
    Là ou je veut en venir, une fois l’état totalement entre leurs mains avant 2020, les enfants de clochards agiront avec determination pour la reconnaissance officielle de l’etat d’Israël.
    Oui c’est dure à y croire
    Mais à l’heure ou j’ecrit il y a maintenant suffisament d’elements de collaborations officieuses entre le mossad et le drs et echange diplomatique.
    Qui vivra verra…..




    14
  • mohamed
    4 août 2018 at 0 h 50 min - Reply

    A « Monsieur l’Algérie c’est mieux que la Suède et les USA ».

    Monsieur Sough, vous n’avez pas volé votre nom. L’Algérie c’est mieux pour vous car dans ces pays vous n’auriez même pas un job de plongeur dans une gargote dans le dernier de leurs quartiers.

    Au pays des colontraîtres, vous êtes Wali de la capitale algérienne ! Mais là n’est pas le sujet de mon post.

    Vous dites que cette histoire de carte de vote « n’est qu’une blague » ! Et bien non Monsieur. Effectivement, on me l’a exigée dans certaines Apc et même Daira du grand Alger. Il y a de cela environ deux ans.

    Je ne l’ai pas remise puisque je n’en ai pas.

    J’aimerai voir votre cynisme et votre arrogance et surtout « votre courage » quand le vent aura tourné.




    8
  • Kamel Bouras
    7 août 2018 at 15 h 30 min - Reply

    Il y a quand même de l’espoir. La voyoucratie ne pourra plus acheter la paix civile d’ici très peu d’années, et « les fils de » devront nécessairement passer devant des tribunaux populaires où toutes les garanties d’un procès équitable leur seront réservées. A condition de rembourser jusqu’au dernier centime. Sinon, c’est pas de chance…




    9
  • ADNAN
    9 août 2018 at 0 h 55 min - Reply

    « Fils de……. Bleuite »???
    Surement, peut etre, possible,????
    NON
    LOGIQUE, EVIDENT, PROUVÉ DEPUIS 62 !!!!!!!




    5
  • Rédaction LQA
    9 août 2018 at 15 h 08 min - Reply

    Frasques et prédation des rejetons de la nomenklatura
    La république des «Fils de…»
    KH. T. IBRAHIMI
    El Watan 08 AOÛT 2018

    – Droit de réponse

    Dans l’édition d’El Watan du 29 juillet 2018, en page 5, dans l’interview de Mme Khawla Taleb El Ibrahimi, titrée «Nous sommes face à un pouvoir devenu colon…» qui épaule l’enquête de Mohand Aziri intitulée «Frasques et prédation des enfants de la nomenklatura. La République des “fils de…”» , excellente par ailleurs, mon nom a été cité par l’universitaire (2e colonne, 2e paragraphe, 14e ligne).

    En effet, votre invitée affirme : «(…) Boumediène s’alliera aussi avec un certain nombre de ses anciens compagnons qu’ils aient été dans l’ALN ou dans les organisations civiles du FLN en leur donnant des avantages économiques, exemple de Khalifa Laroussi, Salah Boubnider, Commandant Azzedine et autres. On a donc la constitution par le haut d’une élite économique qui va s’adjoindre, avec la petite élite économique traditionnelle, ce capital privé, qui n’était pas énorme mais qui existait, toléré parce qu’il avait été pourvoyeur de fonds pour la Révolution.»

    Je voudrais apporter un démenti formel et catégorique. Je n’ai jamais bénéficié d’une aide économique quelconque du pouvoir de Houari Boumediène, duquel, est-il nécessaire de le rappeler, j’étais adjoint à l’état-major général (EMG), pas plus que des autres chefs d’Etat qui ont présidé aux destinées de l’Algérie depuis 1962 à ce jour.

    Pis encore, Ben Bella après m’avoir embastillé, m’a placé en résidence surveillée à Tamanrasset, tandis que Houari Boumediène m’a, lui aussi, fait goûter aux «délices» de ses geôles. Ce n’est qu’en 1982, sur insistance de frères du maquis, que j’ai fait valoir mes droits de moudjahid.

    Dès août 1962, j’ai commencé à travailler, je tiens à la disposition de l’auteure, dont je ne doute pas de la bonne foi, et qui, je suis convaincu, a été induite en erreur, mes fiches de paye. Je n’ai jamais fait d’affaires de toute ma vie et lorsque je m’y suis essayé, elle a tourné en eau de babeurre.

    Je ne sais pas à quelle source Mme Khawla El Ibrahimi a puisé cette information, mais je puis l’assurer que c’est de l’intox, ce qu’on appelle aujourd’hui un «fake news».

    Hélas, dans notre pays, les étiquettes ne le sont qu’en apparence, car au vrai ce sont des tatouages indélébiles que l’on traîne ad vitam aeternam, comme Sisyphe son rocher. Commandant Azzedin –

    – Réponse à Mme Khaoula Taleb El Brahimi au sujet de Laroussi Khelifa

    Dans l’interview réalisée par Mohand Aziri (El Watan du 29/07/2018), avec Mme Khawla Taleb El Brahimi, celle-ci cite Laroussi Khelifa parmi les exemples «d’anciens compagnons ayant bénéficié d’avantages économiques de la part de Houari Boumediène…». Et d’ajouter en substance : «On a donc là la constitution par le haut d’une élite économique qui va s’adjoindre, avec la petite élite économique traditionnelle, ce capital privé, qui n’était pas énorme mais qui existait…».

    On se demande à quel moment Laroussi Khelifa aurait pu participer à la prédation du pays, thématique développée dans le dossier d’El Watan. L’intéressé renonça de son propre gré au pouvoir, aux honneurs et privilèges attachés aux charges de : ministre (1963-64), poste d’où il démissionna ; ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Londres (1964-65), poste prestigieux qu’il quitta à sa demande. On le désignera à la tête d’Air Algérie (1965-67) et comme Président du Comité algérien pour la paix, poste qu’il occupa jusqu’à son emprisonnement en décembre 1967…

    S’il avait la bosse de l’affairisme, le seul fait d’exercer le pouvoir lui permettrait de s’enrichir, sans l’aide de Boumediène ni de quiconque… A contrario, Laroussi choisira de publier, à l’automne 1967, son second livre intitulé Sentier vers la paix. Cet ouvrage n’eut pas l’heur de plaire à Boumediène, en raison notamment de nombreuses allusions aux dictateurs qui s’emparent du pouvoir… en oubliant de le restituer aux peuples ; liberté de ton dont l’homme du 19 Juin en prendra ombrage, non sans en faire le reproche à son ancien compagnon d’armes (Wilaya V)… Boumediène en tirera les conclusions qui menèrent Laroussi Khelifa à la prison d’Oran pendant 20 mois, au motif de participation à la tentative du coup d’Etat de 1967…

    Généralement, lorsqu’un homme politique «barbote» dans la prédation, l’instinct de conservation lui commande de raser les murs, d’afficher profil bas et surtout de prendre garde à ne pas «chatouiller» le Prince… Le parcours de Laroussi montre qu’il ne s’est jamais plié à ces basses exigences, au risque d’être mis au ban du système qui ne lui épargna aucune avanie… Des mensonges et calomnies de cette veine ont reçu de ma part des mises au point argumentées en temps utiles : Cf. El Watan du 25/02/2007 ; El Watan du 22/07/2014 ; Le Soir d’Algérie du 12/11/2017…

    Pour la gouverne de Mme T. El Brahimi, Laroussi n’avait pas le sou pour nourrir sa famille au sortir des geôles du régime de Boumediène en 1969… Il entreprit, à l’âge de 53 ans, avec des prêts accordés par des amis et des membres de la famille, des études de pharmacie qu’il termina avec mention, malgré une santé précaire, fragilisée par ses conditions de détention…

    A l’issue de ses études, il ouvrira une pharmacie à Chéraga dans les années 70′, qu’il fréquentera peu en raison d’une maladie pulmonaire asthmatiforme contractée en prison.
    Il décédera en août 1990 des séquelles de cette longue maladie, qu’il affrontera grâce à l’abnégation des services dévoués du Pr Chaoui, à l’hôpital de Réghaïa où il reçut du réconfort et des traitements patients des années durant… Si Laroussi faisait partie de l’«élite économique», ou même politique, les meilleurs hôpitaux parisiens auraient été à sa portée, soit avec d’éventuels deniers propres ou par le biais des prises en charge de l’Etat… Kamel, frère de Laroussi Khelifa

    – Réponse du Pr Khaoula Taleb Ibrahimi

    Ayant pris connaissance de la mise au point du Commandant Azzeddine, je voudrais, en toute bonne foi, le remercier des précisions apportées. J’en ai pris acte. Je reconnais qu’au vu des «fake news» rapportées d’une manière récurrente dans la presse, j’ai pu en citoyenne écœurée par toutes ces révélations qui faisaient valser des sommes inouïes, tirer des conclusions hâtives et j’en suis désolée.
    Par ailleurs, je voudrais, au vu des précisions et de la mise au point de Monsieur Kamel Khelifa, reconnaître ma méprise.

    Dans le feu de la très longue interview, j’ai pu, toujours écœurée et révoltée par le comportement de «certains fils de…», citer des noms qui ont pu être liés à des affaires qui ont défrayé la chronique des années durant. Je m’en excuse auprès des proches de feu L. Khelifa Je voudrais saisir l’opportunité qui m’est offerte pour insister sur l’idée maîtresse qui a structuré les échanges avec Monsieur Mohand Aziri. Il s’agissait de tenter de décrire les mécanismes de «reproduction» – si tant est qu’il soit possible de parler de reproduction au sens défini par Pierre Bourdieu pour le cas de l’Algérie – des élites dirigeantes de ce pays.

    Ces mécanismes qui, dans des sociétés structurées par leur long cheminement historique et marquées par les acquis de luttes souvent très dures pour la justice et la démocratie, devraient obéir au principe du renouvellement par le mérite, la compétence et l’engagement citoyen qui peut s’appuyer le cas échéant sur le capital culturel et/ou le capital économique accumulé en toute légalité, ont été malheureusement dévoyés par des facteurs inhérents à la nature du pouvoir en œuvre dans notre pays depuis 1962 qui, faute de pouvoir encore invoquer la légitimité historique pour se maintenir, les a érigés en méthodes de gouvernement.

    L’appartenance et/ou la proximité aux différents cercles de décision, le clientélisme, le népotisme, la corruption et la collusion avec certains milieux affairistes ont permis la mise en œuvre de pratiques prédatrices dont les médias se font l’écho à travers des enquêtes, des comptes rendus d’audience et des débats comme ceux initiés il y a quelque temps par le quotidien El Watan justement. Je ne citerai pas le cas d’affaires récentes qui, par l’ampleur du préjudice supposé, font froid dans le dos.




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    • Salem dit Nouari
      11 août 2018 at 17 h 52 min - Reply

      Etant un proche parent par alliance de Laroussi Khalifa conjoint d’une Kebache originaire de Bejaia, je peux affirmer que Boumediène se déplaçait de temps en temps lui-même avec des gardes du corps et un dispositif très fermé, dans sa villa située dans les hauteurs chics de Hydra pour y parler de je ne sais quoi. Je ne connaissais pas le contenu des discussions puisqu’on nous conseillait de ne pas venir dans la villa tel ou tel jour ! C’est la vérité ! Pour que Boumediène se déplace personnellement de cette manière chez « quelqu’un », c’est que ce « quelqu’un » avait de l’importance et pour lui et pour son pouvoir !




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  • wahid
    25 août 2018 at 13 h 59 min - Reply
  • wahid
    25 août 2018 at 15 h 00 min - Reply

    il y a 14 Ans

    Ils avaient entre 30 et 34 ans et il faisaient des affaires avec des seniors de 65 ans et plus khalil, bouteflika, sellal, ouyahia etc……, les boutef’s, les khalilil’S et les bedjaoui’s ont pu pillé une grande partie des 680 milliards de dollars de recette en gaz et pétrole entre 1998-2018 je dirais pas moins de 100 milliards de dollars.

    Échantillon, les kouinef de tlemcen il y a 14 ans ils avaient des comptes anonymes en suisses.

    LITL SA
    http://www.monetas.ch/htm/655/fr/Publications-FOSC-LITL-SA-en-liquidation.htm?subj=1774097

    https://www.easymonitoring.ch/fr/registre-du-commerce/litl-sa-705732

    ALMASS INTERNATIONAL Ltd
    http://www.monetas.ch/htm/655/fr/Publications-FOSC-ALMASS-INTERNATIONAL-Ltd-en-liquidation.htm?subj=1753280

    https://www.easymonitoring.ch/fr/registre-du-commerce/almass-international-ltd-685966

    https://www.easymonitoring.ch/fr/registre-du-commerce/almass-international-ltd-685966

    .
    .
    https://www.courrierinternational.com/article/2009/04/09/les-reseaux-financiers-du-president




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  • Congrès du Changement Démocratique