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12 December 2018

À quoi sert un prix Nobel ? Quand Tahar Hadjar étale son ignorance

TSA

Lors d’une conférence qu’il a donnée, hier mardi, à l’occasion de la présentation des chiffres sur les inscriptions universitaires pour la rentrée 2018-2019, Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a enchaîné les déclarations choquantes et invraisemblables qui permettent de supposer que le ministre a réellement une dent contre l’excellence.

M. Hadjar a fait comprendre à l’assistance qu’il ne voyait pas de différence entre les bacheliers « surdoués » et les autres. Pour lui, « le surdoué l’est, peu importe où il est », insinuant que les bacheliers ayant obtenu leur bac avec mention excellent n’ont besoin d’aucun traitement particulier.

Aucun traitement particulier pour les surdoués

Cette façon de voir qu’a le ministre de l’Enseignement supérieur de la gestion de l’excellence est à rebours de ce qui se fait ailleurs dans le monde où les lycées, écoles, universités et pôles d’excellence spécialisés sont au cœur des politiques des États qui investissent dans leurs beaux esprits, car ces établissements garantissent les conditions optimales de vie et de formation aux meilleurs lycéens et meilleurs bacheliers.

« Ce que je sais personnellement c’est que la plupart de ces personnes réussissent facilement dans leurs études », a déclaré le ministre à propos des bacheliers surdoués. Mais réussir ses études n’est que le smic pour un lycéen excellent ou surdoué. « Réussir ses études » veut communément dire obtenir un diplôme universitaire ou, si on veut être plus précis et plus exigent, faire un doctorat ou un professorat, ce qui n’est toujours pas suffisant pour un surdoué qui, dans un système adapté, a pour vocation de sauter des années, de raccourcir les cycles de formation universitaires pour aller plus loin, plus rapidement et ainsi faire progresser la recherche et l’innovation.

Ce n’est sans doute pas dans des universités surchargées où les étudiants sont mal formés, mal logés, mal nourris et mal protégés au sein même de leurs facultés et cités universitaires que les esprits brillants des étudiants excellents algériens pourront s’épanouir et contribuer à leur mesure au bien de l’Algérie.

Ces propos tenus par le ministre chargé des universités, des étudiants et de la recherche scientifique ont de quoi choquer, surtout s’ils sont entendus par les concernés pour qui cette déception n’est sans doute pas la première et ne sera probablement pas la dernière.

À quoi sert un prix Nobel ?

Lors de la même conférence de presse, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a montré au monde qu’il ignore la signification et l’utilité d’un prix Nobel ainsi que sa répercussion sur le prestige, l’économie et l’industrie d’un pays et de ses universités.

« En quoi ça m’avance moi, si on a un prix Nobel issu de l’Université d’Alger ? Quelle serait sa répercussion sur l’enseignement ? », a déclaré le ministre, sans sourciller !

Les prix Nobel de physique, de chimie, de physiologie ou de médecine récompensent les scientifiques qui ont réalisé des avancées majeures dans leurs domaines, souvent après des années, voire des décennies de recherche. Ce que semble ignorer M. Hadjar c’est que les lauréats des prix Nobel sont souvent des enseignants chercheurs qui, en plus de diriger des laboratoires de recherche, donnent des conférences dans les universités de leurs pays et ailleurs, encadrent des thèses, mènent des projets de collaboration avec les industries, les établissements de santé, les institutions de leurs Etats.

Les chercheurs nobélisés jouent, au profit de leurs universités, le rôle de diplomates scientifiques, de représentants à l’international, de vitrine, ils attirent les fonds, les esprits les plus brillants et les meilleurs enseignants. Ils créent un cercle vertueux grâce à leur aura. Les étudiants de ces universités sont fiers de leurs établissements, ils sont motivés et mieux formés puisque l’excellence est contagieuse au sein d’un même établissement.

Entasser des dizaines de milliers d’étudiants dans une université et leur donner à manger des pâtes à l’eau accompagnés de fromage en portion et de pain rassis (repas qu’ont enduré la plupart des étudiants algériens) après les avoir envoyés étudier dans des facultés sinistrées et dénuées des moyens les plus rudimentaires ne suffit pas à faire d’eux des intellectuels, des chercheurs productifs ni à former des travailleurs efficaces.

Les chiffres, seul indicateur qui compte pour Hadjar

Pour bien former et innover, une université doit avoir une politique efficace et, surtout, une âme et même mieux encore, un ego et les récompenses prestigieuses comme le prix Nobel ou la médaille Fields de mathématiques sont la matière dont est faite cette âme et dont est gonflé cet ego.

Un prix Nobel dans un domaine scientifique ou technologique est souvent lié à des découvertes importantes qui ont permis le dépôt de brevets pour des concepts, des modes opératoires, des processus technologiques novateurs et utiles à l’industrie. Ces innovations servent d’abord les économies des pays dont elles sont originaires.

Chose que semble également ignorer le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est que les prix Nobel sont des consécrations pour les universités qui ont l’immense honneur de voir leurs professeurs et chercheurs en être récompensés. Un prix Nobel est la récompense de l’excellence des chercheurs et de leurs universités dont les laboratoires réalisent des travaux de recherche qui font avancer l’humanité. Le nombre de prix Nobel algériens en dit long sur la qualité de notre enseignement supérieur et sur la contribution de nos universités au progrès universel.

Quant aux palmarès universitaires qui semblent relever, pour le ministre Hadjar, d’opérations de marketing, il est bon de signaler que les universités algériennes sont absentes de la plupart de ces classements et ne se retrouvent que dans le dernier quart de la quasi-totalité des classements qui ne les ignorent pas.

« Si nous voulions que l’Université d’Alger soit classée parmi les 100 premières (au monde) elle le sera puisqu’elle a déjà trois prix Nobel. Même si le prix Nobel a été obtenu en 1910, il est comptabilisé mais nous n’avons pas voulu qu’ils le soient car ils ont été obtenus pendant l’ère coloniale », a déclaré confiant Tahar Hajar.

Mais ces classements, contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Enseignement supérieur ne se basent pas uniquement sur le nombre de prix Nobel obtenus par les universités mais également sur d’autres critères comme le nombre d’articles publiés par elles, le nombre de publications qu’elles placent dans les grandes revues scientifiques, le nombre de citations contenues dans des articles scientifiques et renvoyant à des articles de ces universités ou encore, sur leur présence et leur réputation sur le web.

Gageons qu’avec ces méthodologies de classement, l’Université d’Alger n’améliorera pas de façon spectaculaire son classement mondial et restera toujours très loin des 100 premières universités mondiales dans tous les classements mondiaux réputés pour être fiables et ce, même si on prend en compte les « trois prix Nobel » obtenus par elle avant l’indépendance comme l’a suggéré le ministre Hadjar.


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12 Commentaires sur cet article

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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    8 août 2018 at 18 h 14 min - Reply

    Une garderie pour adultes peut-elle produire des prix Nobel?
    Un fonctionnaire sans bac peut-il développer l’enseignement Supérieur?
    Dans un Etat qui se respecte, cet individu, faisant fonction de « ministre » de l’enseignement supérieur est démis de ses fonctions !




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  • lyes Laribi
    8 août 2018 at 19 h 56 min - Reply

    C’est une blague ??? C’est quoi ce pays??? Que doit on attendre d’un ministre algérien ??? J’ai bien compris. Dans l’attribution du Nobel, il n’y a pas de maarifa. Certainement, c’est à cause de ça, le ministre de l’Algérie des généraux nie une telle une évidence. Malheureusement monsieur l’ignare, le Nobel n’est pas attribué aux bagaras. Vous devriez avoir honte et démissionner si vous avez encore un peu d’honneur.




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  • malik
    8 août 2018 at 20 h 10 min - Reply

    ce promu ministre par les voies que nous savons, ruine l’université depuis 30 ans comme recteur puis ministre. Moi je suis certain que ce dernier coup lui sera fatal ! comment savoir ce qu’est passer un examen, son stress, ses notes, quand on n’en a jamais passé??? MAYEDRI BELMEZWED GHILLIMSSAWWAT BIH.
    Mais bien sûr !! heureusement que lui n’a pas besoin de comprendre ce qu’est la science ! ce secteur lui est étranger.
    mais les insultes aux jeunes bacheliers et aux vrais scientifiques qui lui justifient son club des pins et salaire d’or, avantages et vie dorée, lui seront fatales. la jeunesse estudiantine ne lui pardonnera pas.




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  • wahid
    8 août 2018 at 20 h 54 min - Reply

    Ce bourrin, n’a jamais suivi un cursus éducatif, lui et son frère 3oukader, ils sont issu de la tribu el-kraiches et matmata, ils sont nés a keria, fils de khamasse, ils gagnaient leur vie a reciter le coran dans la zaouia de ouled sidi adda lors des funérailles et les jours de les visites du cimetières.

    Le drame de l’algérie, les bourrins gouvernent un si beau territoire.

    https://www.vitaminedz.com/fr/Tiaret/meghila/14581/Photos/1.html




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  • Koursi
    8 août 2018 at 23 h 35 min - Reply

    C’est incroyable!!!! Un nobel ne sert a rien??? Et en plus , il ne sait même pas qu’un article scientifique répond a des critères rigoureux et à des normes internationales…un article de presse généraliste même primé ne peut prétendre à la scientificité pour figurer dans les revues spécialisées et être comptabilisé!!!! C’est quoi cette malediction de vouloir tirer vers le bas toute une société? Si le niveau , l’excellence ( et donc la reconnaissance internationale) ne servent à rien pourquoi ( et comment arrivent ils????) la nomenklatura inscrit ses rejetons à l’etranger? Mon Dieu guérit nous de ce virus qui nous tue, guérit nous de cette suffisance et de ces fausses croyances qui disposent du pouvoir de decision sur la destinée de notre pays. Dieu du ciel, nos martyrs sont ils morts pour rien. Je vois autour de moi , des familles se priver à longueur d’année pour assurer les bases matérielles de l’education a leurs enfants. Et là on leur dit , ne visez pas le meilleur , restez petits???? Mon Dieu, ecoutez ma prière!




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  • Yassine
    9 août 2018 at 11 h 29 min - Reply

    Comment expliquer a ce ministre de Bouteflika ce que veut dire un prix Nobel pour une universite .

    En footbal , pour qu’un joueur marque un but en final de la coupe du monde ; il faut qu’il joue dans une equipe qui soit elle meme la quintesence et l’excellence du football .

    De meme pour une univesite ,il faut de l’excellence durant des decennies pour y arriver !

    Alors, Ya L’ministre , vous avez un peu compris a quoi sert un prix Nobel pour une universite ?




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  • mohamed
    9 août 2018 at 12 h 36 min - Reply

    Et quoi, on s’offusque par les déclarations de Hadjar, » Ministre de l’Enseignement Supérieur » ?

    Et son Premier Ministre qui se compare à un crocodile ?

    Et leur grand chef, Abdaka el mali, le lion de la savane, fakhamatouhou ? Celui qui incarne le peuple algérien ? Celui qui arrive à marcher avec les jambes des autres !!




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  • Ignare
    10 août 2018 at 6 h 37 min - Reply

    Au moins nous n’avons pas perdu notre journée.
    Nous savons désormais que le prix Nobel ne vaut rien, si ce n’est, peut-être, et ça Monsieur le Ministre doit l’ignorer, à honorer l’excellence.

    Albert Einstein disait :
    Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »
    Comme quoi Monsieur le ministre arrive quand même à faire douter Einstein, et là, il faut au moins lui reconnaître ce talent.
    Je crois que nos dirigeants visent souvent le néant et j’avoue qu’ils l’atteignent toujours allègrement.
    Triste journée.




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  • nader bechania
    10 août 2018 at 11 h 12 min - Reply

    Il a raison parce que tt bonnement les surdoués qu’on a en Algérie n’ont rien fait pour nous débarasser de cette race à la con




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  • wahid
    17 août 2018 at 16 h 06 min - Reply

    Je lance un défi a celui qui peut nous fournir un bulletin de note, Maternelle, CEM, CEG, CEP de:

    Belkhadem Abdelazziz.

    Hadjar AEK

    Hadjar Tahar.

    Par Contre je confirme qui n’ont jamais suivi un cursus scolaire normal, probablement ont été inscrit tardivement pour poursuivre un cursus universitaire arabophone sans prérequis et ils ont acquis des diplômes bidons, et des postes politiques sensibles.

    Il n’y avait pas a keria (meghila) de route goudronnée, ni transport avant 1980, aucune école primaire sauf une dans la ferme de Langlois (douar ouled el hadj), les deux frères hadjar étaient des élèves de l’école coranique de la zaouiya de ouled sidi adda, des Gu’nadizes et des h’rarzas.

    Belkhadem oueld M’barka il vivait a sougueur (trezel) et d’origine d’Aflou, après 1962 il travaillait comme commis dans une inspection des finances a sougueur, puis enseignant de langue arabe dans l’unique lycée a Tiaret.

    A Tiaret de 1962-1975 il y avait un seul lycée, quelques CEM, Un CEG, Un CEP, quelques maternelles, une garderie (de madame robillard). Aucune de ces bourricots figuraient parmis les scolarisées dans les différents cursus.

    La preuve

    http://www.premier-ministre.gov.dz/fr/gouvernement/composition-du-gouvernement/hadjar-tahar.html

    Licence ès-lettres – Université d’Alger, 1976

    1973-1976 universitaire

    Dans quel lycée a pu être scolarisé en 1970-1973
    Dans quel CEM a pu être scolarisé en 1970-1966
    Dans quelle école maternelle a pu être scolarisé en 1966-1960

    Naissance 1953

    Ils excellent dans ……

    http://ffs1963.unblog.fr/2009/11/13/abdelkader-hadjar-achete-un-chateau-a-20-millions-de-dollars/

    Pays ou la crotte émerge spontanément en surface ne peut que sentir la merde.




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    • wahid
      20 août 2018 at 20 h 49 min - Reply

      J’ai lancé le défis et j’ai la réponse d’un ex député de bouteflika mandat 2014.

      https://www.youtube.com/watch?v=a_yN_U76qR8

      Passage de la video de 48:30 a 49:00

      C’est confirmé ce ministre n’a jamais suivi un cursus scolaire normal, il a été inscrit tardivement pour poursuivre un cursus universitaire arabophone sans prérequis et il a acquis des diplômes bidons de la SORBONNE, et un poste politiques sensibles.

      Ya bouteflika et fafa ouach dertou fi hadh chaab




      0

    Congrès du Changement Démocratique