ELECTION PRÉSIDENTIELLE INTRODUCTION AU DÉBAT
Édition du
21 August 2018

ELECTION PRÉSIDENTIELLE INTRODUCTION AU DÉBAT

 

 

Qu’importe si le ton  de la lecture de tout le communiqué fut monocorde, il n’en demeure pas moins que la nature du serment fut profonde. C’est au nom d’ALLAH, des martyres de la révolution et du peuple algérien que le vice-ministre de la défense nous apprend que l’Algérie est entre de bonnes mains et que ce faisant le legs des martyrs ne pourrait se dénaturer voire même se délaver.

Dans ce cadre, il est important de rappeler cet élan profond et tout à fait propre à la condition humaine, ou le prophète IBRAHIM (que la paix soit sur lui), patriarche des trois grandes religions monothéistes osait devant DIEU formuler cette gigantesque demande historique :

 

« Oh DIEU, montrez-moi comment vous ressuscitez les morts ?»

« Tu ne crois pas ? » (en cela) répondit DIEU.

« Non pas, mais pour (apporter) la sérénité à mon cœur. »

 

Le prophète croyait profondément que DIEU ressusciterait les morts, mais son côté éminemment humain lui commandait d’en voir la mécanique. Pour autant, et au même titre donc que pour le prophète IBRAHIM, croire que l’Algérie est entre de bonnes mains ne pose aucun problème particulier à l’Algérien partant que cette notion renvoie à la sauvegarde, à la sécurité, à l’indépendance du pays, en somme des missions qui dans le contexte relèvent effectivement des prérogatives de l’armée dont nul ne doute de son aptitude pour ce faire. Mais si le citoyen à foi en la défense du pays, il souhaiterait tout autant être rassuré sur l’avenir de l’Etat nation et se rassurerait en prenant connaissances des mécanismes arrêtés pour ce faire. Condition tout à fait humaine permettant d’atteindre enfin cette tranquillité, ce repos de l’âme, tant désiré par le prophète IBRAHIM, qui seule attribue entre autre cette confiance, dopage par excellence des forces et de l’intelligence humaine.

Inutile de défoncer des portes ouvertes sur les raisons primaires qui conditionnent le surplace dans lequel patauge le pays, il est  tellement évident pour chaque Algérien de toute condition que le terme ‘‘continuité’’ compris comme continuité systémique est devenu synonyme de tombe, de la mort, d’où ce sentiment de fuite au sens propre (haragua) et au sens figuré qui prédomine à l’extérieur du microcosme de la nomenklatura, prédomine chez les âmes mal-née.

Nonobstant la faillite technique (économie, santé, éducation, culture, sport etc…), la continuité, en place depuis 1962, a réussi (l’irréparable ?) à transformer un peuple généreux, solidaire, engagé en une société d’individus. Est-il encore besoin de répéter que le désespoir, la démission en tout un chacun, forgent l’individualisme, accentuent l’incivilité et forcément l’anarchie ? Est-il encore besoin de rappeler que pour faire retrousser les manches, redonner une priorité au travail, il faut au préalable en créer les conditions ? Au même titre que pour les affaires, le travail nécessite un environnement. Condition non suffisante certes mais absolument nécessaire et  parmi ces conditions qui forment l’environnement du travail, la confiance entre administrés et administrateurs en constitue le stimulant, la carburation majeure.

Elément immatériel, la confiance ne se décrète pas, ne se distribue pas, entre individus ou institutions, ou essentiellement entre les deux. Elle se construit, et cette œuvre gigantesque doit bien avoir un commencement. Sur cette base, et à moindre frais, il y a lieu sérieusement d’envisager l’exploration des pistes ci-dessous. Elles marqueront cette volonté du changement en intervenant sur les mécanismes opérationnels et convaincra que l’Algérien que son pays est sur tous les plans entre de bonnes mains.

Construire l’indépendance de la justice.

 

L’indépendance de l’institution est tributaire de l’indépendance du magistrat. Au même titre que le député, le magistrat doit bénéficier de l’immunité dans le cadre de l’exercice de ses fonctions afin de le libérer totalement du syndrome « du pain des enfants ». Il y a lieu de constitutionaliser tout autant, comme de bien entendu, les conditions de la levée de cette immunité. Cependant, il faut veiller à créer les conditions nécessaires qui feront en sorte que le juge depuis Ain Guezzam à la commune d’Hussein Dey (pour paraphraser le premier ministre) soit dans les mêmes dispositions que ce juge de Seattle qui, dans le cadre du droit et rien que du droit (ses intérêts n’étaient nullement engagés en défendant le droit d’entrée au territoire US de citoyens dont il ne leur était reproché que leur nationalité) ce juge obtenait justice dans son opposition à un décret du Président US.

Libérer la parole, l’accès à l’information, à l’investigation

 

La liberté d’expression est ici aussi subordonnée au préalable à celle du journaliste et de surcroit à celle de l’éditeur. Au même titre que pour le magistrat, l’immunité dans l’exercice de leur fonction accordée à ce personnel libérera quelque peu la parole et poussera à la retenue ceux qui osait tous et partout sous la protection du bâillonnement.

L’administration, ce mal sans visage

L’administration est, à raison, énormément critiquée. Elle est accusée d’être à la solde de l’exécutif, d’être en première ligne dans des malversations diverses, d’être à la source des fraudes électorales, de la bureaucratie etc… Dans ce cadre, la logique et l’expérience conduit à penser que la décision d’élever des Daïras au rang de wilayas déléguées ne fera qu’élever le volume et la taille des maux de ces institutions au niveau de ceux des wilayas. Cette formule constitue donc une fausse réforme qui à l’instar de bien d’autres et sur d’autres secteurs serait plutôt à inscrire au registre des diversions. Dans les faits, nombre de nos wilayas sont supérieures en superficie et en nombre d’habitants à beaucoup d’Etats indépendants. Et à cet effet, octroyer une certaine autonomie à la wilaya, éclore des synergies, instaurer une cohésion entre administrés et administrant, Instaurer une confiance entre les gestionnaires des différents niveaux de responsabilités de la wilaya (Communes, Daïras et chef-lieu de wilaya), libérer la coopération inter wilayas et dans tous les secteurs, passent par un unique chemin, celui de l’élection du Wali. Un wali élu dont les relations avec le ministère de l’intérieur seront fonctionnelles, hiérarchiquement, le Wali le sera devant ses électeurs. Un wali désigné est au même titre que le juge, le journaliste et bien d’autres, dans la posture du fonctionnaire, la tête sous la menace de la redoutable épée ‘‘du pain des enfants’’, ‘‘des avantages de la fonction’’, de ‘‘la considération et de l’affirmation’’etc…

Une période de rodage serait nécessaire pour vaincre bien des résistances, mais le pays aurait cessé de creuser le fond pour s’attaquer à l’ascension de la dure pente du redressement, du développement

Rêver ou s’illusionner importe peu, il est quand même nécessaire de recentrer le débat

 

DJEDDOU Mayara

BERKAT Rachid

 


Nombre de lectures : 1225
8 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Salah-Eddine SIDHOUM
    10 août 2018 at 14 h 11 min - Reply

    Vous rêvez, mes chers compatriotes! Le débat se fait au sein de l’oligarchie. Il ne concerne pas le « ghachi ».
    Etes-vous naïfs à ce point pour demander à ceux qui ont détruit le pays durant plus de 50 ans, de le reconstruire?
    Amicalement.




    9
    • Meriem
      10 août 2018 at 14 h 38 min - Reply

      @Salah-Eddine ; toujours lucide et à la pointe du combat, votre commentaire resume parfaitement les limites des capacités de discernements de certains de nos concitoyens(A moins qu’il s agit d’ un leurre), on n’ est donc pas sorti de l’ auberge .




      1
  • Meriem
    10 août 2018 at 14 h 24 min - Reply

    Finalement il faut l’ avouer et cesser de tourner en rond,on comprends bien que pour reussir il faut tout detruire .Ordo ab chao : l’ordre naît du chaos.




    1
  • hanane
    10 août 2018 at 15 h 27 min - Reply

    l’affaire Hadjar-nobel, la cocaine, …. sont les prémices d’une justice divine. En effet, seul un séisme divin les explosera. Ils ont endormi les jeunes avec l’ADL, l’ANSEJ, les demi-factures d’électricité pour le Sud et d’autres miettes et ces jeunes arabisés et illettrés comme eux ne savent pas lire ces articles. Ils ont liquidé ou écarté tous les intellectuels, mais mtkhafouch, il y a une justice divine. D’ailleurs malgré leurs milliards en poche ils vivent cachés dans leur club des pins où ils n’arrivent pas à dormir. Ils sont conscients qu’un jour ou l’autre, si ce n’est pas eux, ce sera leurs enfants… il n’y a qu’à voir comment ont fini bien des gangs !




    4
  • DJEDDOU Mayara
    11 août 2018 at 12 h 20 min - Reply

    Les commentaires de ceux que l’on apprécie hautement et à juste titre pour leur dévouement et engagement indéniables à la cause de l’état de droit en Algérie sont toujours perçus comme des enrichissements et donc forcément comme une valeur ajoutée pour notre juste compréhension des choses. Cependant, et dans le cas d’espèce, nous recommandons éventuellement une lecture un peu plus attentive et plus indulgente du texte pour s’apercevoir que nous sommes pratiquement sur la même longueur d’onde. Dans la négative, nous aurions peut être surtout échoué pédagogiquement.
    DJEDDOU Mayara




    1
  • Farid
    11 août 2018 at 18 h 56 min - Reply

    “Pour autant, et au même titre donc que pour le prophète IBRAHIM, croire que l’Algérie est entre de bonnes mains ne pose aucun problème particulier à l’Algérien partant que cette notion renvoie à la sauvegarde, à la sécurité, à l’indépendance du pays, en somme des missions qui dans le contexte relèvent effectivement des prérogatives de l’armée dont nul ne doute de son aptitude pour ce faire. “
    Toute la problematic est là, l’Algerie, depuis la pseudo independence, n’a jamais étè entre de bonne mains. La derniere declaration du secretarie general du Fln est là pour le confirmer: “le fln n’est pas un parti mais fait parti des institutions de l’état”, c’est institutions étant là pour sauvegarder et proteger “makassib athawra” c’est à dire leur makassibsa et non pour defendre les aspirations du ghachi que nous sommes.




    0
  • Farid
    11 août 2018 at 19 h 10 min - Reply

    Sans doute.
    A vouloir être trop politically correct, vous êtes tombés dans la dilution et la contradication




    0
  • Abdellah Chebbah
    15 août 2018 at 13 h 46 min - Reply

    Merci pour cette courte intervention très objective et réelle. Vous avez touché 4 aspects les plus primordiaux: justice, expression, fédéralisme et administration.
    Comme vous le savez ces 4 aspects relèvent du pouvoir de l’état. Les libérez au peuple signifie décentraliser le pouvoir au mains du peuple. Ceci ne peut se faire que quand la démocratie se décrète réellement dans son sens le plus absolu. Une démocratie se reconnait dans la totale indépendance de son exécutif, son législatif, sa presse et sa justice.
    Sommes-nous (peuple) prêts à obéir à cette démocratie, quand le régionalisme, la corruption et l’instruction font défaut.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique