Édition du
21 October 2018

Hôpitaux : d’où vient le malaise ?

Layachi Salah Eddine

Le Soir d’Algérie

5 août 2018

Plus de 87 000 patients ont fréquenté, durant l’année 2017, les quelque 7 650 structures hospitalières publiques existantes dans des conditions que les professionnels de santé déplorent.
Le malaise qui ronge le système de santé continue de sévir et ce, malgré les 80 milliards de dinars accordés par la Cnas aux budgets de la santé publique en plus d’un apport de plus de 200 milliards de dinars accordé par l’Etat.
Où réside la faille et pourquoi les patients sont insatisfaits ? La situation ne cesse de se dégrader et les problèmes récurrents tardent à trouver les solutions. L’on enregistre toujours l’insuffisance de médicaments à usage hospitalier et le manque d’équipements médicaux sans pour autant omettre la problématique du personnel médical. L’irrésistible montée des dépenses supportées par l’Etat et en partie par la Cnas, dont la contrepartie médicale devrait être apportée aux patients, ne trouve toujours pas de répondant en matière d’amélioration de prise en charge tant espérée et l’on continue à manquer d’hygiène avec l’enregistrement du retour de plusieurs maladies et l’apparition d’autres comme l’hépatite virale, la leishmaniose, la tuberculose et les maladies vénériennes.
Au niveau de la gestion des hôpitaux, l’on relève des disparités d’attribution des indemnités de risques, d’intéressement et de contagion entre catégories professionnelles en milieu hospitalier.
Par les chiffres, les hôpitaux et la Cnas gaspillent plus de 300 milliards de dinars chaque année sur le volet médicament générique qui s’avère dans 45% des cas inutile, dans 20% des cas mal toléré et dans 5% des cas potentiellement dangereux. Donc seuls 27% des médicaments restants sont efficaces, mais le paradoxe est que les 99% des médicaments sont pris en charge par la Cnas sans aucun contrôle, pourtant c’est l’organisme payeur. Idem pour la santé publique qui n’effectue aucun contrôle en bio-équivalence. Pour l’instant, seuls les médicaments génériques de Saidal sont prisés par les patients. Il y a lieu de rappeler que Saidal possède une gamme de 215 médicaments pour 21 classes thérapeutiques alors qu’en pharmacie, on ne trouve que 25% et l’on se demande pourquoi.
La crise de la santé s’explique également par le manque de moyens humains, à savoir : chirurgiens, orthopédistes, radiologues, sages-femmes, surtout à l’intérieur du pays. Il va sans dire que des secteurs sanitaires, faute de médecins spécialistes et d’équipements médicaux, font office de salles de soins. Le droit des malades est bafoué dans la mesure où l’absence totale des médicaments dans les hôpitaux contraint les malades à faire leurs achats des produits de santé pour recevoir des soins. Les inégalités criantes en matière d’accès aux soins existent entre régions, seules les grandes villes sont bénéficiaires de prestations de soins concernant les lourdes pathologies et l’amélioration de la qualité de soins est quasi-absente ainsi que la prise en charge des urgences.

Une gestion déficitaire depuis plus de 40 ans

La gestion de l’argent des hôpitaux engendre des gaspillages massifs et des inégalités criantes. Depuis plus de 40 ans, chaque établissement hospitalier établit son budget prévisionnel de dépenses sans aucun paramètre de calcul et cette situation donne la mesure de la dérive financière dans laquelle baignent les hôpitaux. Il est anormal que des établissements de soins publics ne pratiquent pas la comptabilité analytique pour comparer les coûts d’un soin quelconque. En revanche, pour les cliniques privées, le coût d’une telle intervention est évalué de manière rationnelle et varie de 100 000 à 150 000 dinars en fonction du nombre de jours passés sous surveillance médicale. Les tarifs publics sont au moins de 2 fois inférieurs.
Le management des hôpitaux a toujours fait défaut et les lourdeurs bureaucratiques empêchent souvent de tirer le meilleur parti des ressources et de la bonne volonté d’un personnel plus ou moins impliqué mais complètement déstabilisé. Quant aux directeurs généraux de CHU et directeurs d’hôpitaux, ils n’ont pas les mains libres «tout est contrôlé par le ministère de la Santé et ce, dans une totale opacité».
A cela s’ajoute un pouvoir syndical et un corporatisme médical des plus forts. En moyenne, 25% des travailleurs des hôpitaux ne servent pas à grand-chose. Le management des hôpitaux devient chaque jour plus critique. Déjà sous tension, la gestion des ressources humaines affronte un autre problème quotidiennement, notamment ceux des médecins spécialistes qui s’adonnent à l’activité complémentaire et qui désertent leurs postes de travail au niveau des CHU et hôpitaux pour aller travailler dans les cliniques privées.
Il en résulte que les structures publiques de santé sont en crise de gouvernance, les gestionnaires ont montré toutes les limites de gestion opérationnelle et la révolution numérique n’a toujours pas franchi les portes des hôpitaux, ce qui confère un caractère archaïque aux institutions hospitalières.
Layachi Salah Eddine


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2 Commentaires sur cet article

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  • HALIMA
    11 août 2018 at 14 h 06 min - Reply

    arrêtez d’écrire ! ces gens-là ne savent pas lire !!!! l’affichage au monde entier de l’ignorance de votre ministre ne vous suffit pas??
    SORTONS A LA RUE ET DÉGAGEONS-LES DE NOTRE CHÈRE ALGÉRIE !!!! UN POUVOIR CA S’ARRACHE CA NE SE DONNE PAS.




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  • yassine
    6 septembre 2018 at 13 h 15 min - Reply

    Monsieur , le malaise vient du fait que la nomenklatura algerienne ne se soigne pas dans ces hopitaux .
    Le president depens une fortune du tresor publique , juste pour qu’un docteur « Roumi » le consulte .
    Un cout depassant les 200.00,00 Euro englobant les frais de transport et l’aramada de larbins qui le suivent et ce pour moins d’une journee .
    Une consultation a 200.000,00 Euro au moins ! Qui dit mieux !
    C’est cela l’algerie.

    Le jour ou les soins a l’etranger au frais du tresor public seront interdits pour tout le monde ; alors la . les hopitaux commenceront a s’arranger




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