Édition du
23 September 2018

CHRONIQUE AUX TEMPS DU CHOLERA.

 

« Si la religion n’altère pas la condition de l’être humain de son vivant, elle ne le fera certainement pas après sa mort. » 
Ali Shariati (Intellectuel Iranien, 1933 -1977)

Notre société vit dans la contradiction la plus totale entre les supposés préceptes de la Religion, dont chacun prétend défendre et pratiquer, et les attitudes sociales au quotidien de nos citoyens.

Qui peut nier les comportements inciviques de nos compatriotes dans tous les domaines et à longueur d’année. Pour rappel, il faut juste noter la dégradation avérée et croissante de nos villes et villages à chaque fête du sacrifice.

Villes et villages qui se transforment en abattoir à ciel ouvert où les mesures d’hygiènes les plus élémentaires ne sont pas respectées.

Ce phénomène déplorable, n’est qu’un élément d’une islamisation rampante au sein de notre société observée à tous les niveaux.

Médusés, nous contemplons aussi que cette même islamisation de l’individu et de la société dans sa forme rituelle ne modifie en rien les postures sociales dénudées de civilité de nos citoyens que ce soit en privé ou en public.

Comment peut-on expliquer un tel écart entre la pratique des préceptes religieux et les conduites presque antisociales observées ?

Cette question nous hante au quotidien. Elle est le sujet le plus discuté et commenté à longueur d’année et au-grès des saisons. Elle est présente dans tous les événements familiaux et nationaux.

Elle est l’une des questions des plus centrales autour de laquelle notre vie et société évoluent.

Le socle social de notre société est d’essence religieuse, plus précisément dérivant de l’interprétation que nous faisons de l’Islam. De ce fait, le comportement social dans la sphère du privé aussi bien qu’en public est régenté dans une large mesure par le fait religieux, et ceci de façon consciente ou inconsciente.

Mais ce sont ces rapports moraux et éthiques qui construisent et définissent une société harmonieuse où les citoyens évoluent dans la paix et la quiétude.

Pour illustrer cela, il faut observer que dans notre société quand on veut qualifier quelqu’un de bien, on dit d’elle ou de lui, qu’il est issu ou qu’elle est issue d’une bonne famille, encore moins qu’il est bon musulman ou qu’elle est bonne musulmane, mais jamais de bon citoyen ou bonne citoyenne.

C’est comme les trois sphères qui sont la famille, la religion et la société dans lesquelles nous évoluons, n’ont rien de commun et n’influent que d’une façon partielle sur notre comportement.

Si les mosquées sont remplies et débordent parfois sur les rues et ruelles de nos villes et de nos villages, il n’est pas pernicieux de dire que cela ne contribue en rien à la civilité, à la moralité et à la quiétude de notre société.

C’est un constat terrible, mais il faut le faire avec humilité et courage. C’est notre responsabilité.

Ceci n’est nullement une attaque contre l’Islam, mais une tentative de comprendre en pratique l’interprétation que nous avons fait de l’Islam.

Une interprétation qu’il faut décortiquer et revoir sans pour autant offusquer les uns et les autres. Il y va de notre devenir et celui des générations futures.

Il est tout à fait clair que cette tâche qui nous y dévolue aujourd’hui est immense. Et son immensité réside dans le fait que le débat que nous souhaitons est plus passionnel que passionnant.

L’islam, est religion, culture, tradition et civilisation, tout à la fois. L’amputer de l’une de ces composantes, c’est projeter une image dénaturée de lui. C’est ce que nous vivons et voyons aujourd’hui.

Mais surtout en final, pour pronostiquer qu’une religion qui se coupe de l’Éthique Universelle, c’est à dire d’être d’abord au service du vivre ensemble et de tout ce qui s’y attache ; pour se fixer au seul rituel ou au droit ; devient irrationnelle et inhumaine.

Khaled Boulaziz


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6 Commentaires sur cet article

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  • achraf
    27 août 2018 at 22 h 51 min - Reply

    Un long sujet qui nous menera d’une part vers l’étude de la civilisation arabo musulmane ,quel est l’attachement et dans quels contextes vivent les musulmans ainsi que les raisons de leur regression et d’autre part l’autre civilisation occidentale appelée libre .La raison veut que les deux civilisations cohabitent et « dialoguent »pour aplanir les divergences pour l’interet de l’humanité.




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  • tarak
    28 août 2018 at 0 h 57 min - Reply

    Bonsoir à tous

    L’islam ça s’apprend à la mosquée, dans les écoles et universités. Depuis 1992 la mosquée ne participe plus à l’éducation islamique des fidèles selon la devise  »tu pries et prends tes souliers » car cette medersa génère des populations qui ne savent pas voter et peut aussi fabriquer des pseudo-terroristes selon les analyses de nos gouvernants (pour rester aussi longtemps au pouvoir), donc elle a été dépourvue de son vrai rôle éducationnel de la société.
    Par ailleurs, l’Aid El Adha n’arrive qu’une fois par an et n’a jamais constitué une source de pollution des villes ou des campagnes (il y avait des gens de la campagne qui dormaient sous le même toit avec leurs bêtes).
    ça fait belle lurette qu’on assistait à la dégradation de notre environnement à l’intérieur et extérieur des villes, à la campagne et même au sahara (sachets en plastique, bouteilles en verre et en plastique, toutes sortes de papiers, ordures, pneus, bois, canettes etc.). Les moyens déployés par l’état sont en deçà des moyens requis pour tenir un espace propre et convivial pour tous les citoyens du pays (on ne mérite pas mieux) mis à part les espaces occupés par la nomenklatura.




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  • mohamed
    28 août 2018 at 1 h 52 min - Reply

    Monsieur Boulaziz,

    Votre analyse se trompe de cible en ce qui concerne ce que vit le pays.




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  • Nadia L.
    29 août 2018 at 12 h 36 min - Reply

    Toujours les mêmes réflexes maladroits de la part de pseudo-sociologues(« plutôt prophètes des temps modernes »)qu’autres choses.
    Une fixation pathologique sur les rites religieux et en escamotant consciemment ou inconsciemment « la foi du musulman ». Un être humain comme tous les autres avec leurs croyances et leurs incroyances.
    Sinon peut-on alors parler d’une « hindouisation » de la société indienne, d’une « judaïsation » de la société juive ou d’une « bouddhisation » de la société bouddhiste !???




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  • bendi
    5 septembre 2018 at 17 h 22 min - Reply

    Bonsoir,
    Mme Nadia L.
    je crois que l’auteur de l’article voulait simplement dire que la bigoterie nous envahit malheureusement, la ritualisation à l’extrême de du fait religieux est devenue le seul crédo d’une large majorité.
    L’éthique sociale est en ruines, la faute aux « musulmans », pas aux extra-terrestres !
    Amicalement




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  • Amhis Yefsah
    6 septembre 2018 at 9 h 49 min - Reply

    Mon frère qui a les jambes cassées,je ne le pousserai jamais dans le gouffre en le méprisant ; bien au contraire j’essayerai par tous les moyens de lui tendre la main pour ne pas trébucher et se casser la figure !




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