Édition du
18 November 2018

Ahed Tamimi, symbole de la résistance palestinienne !

Youcef L’Asnami

La présence de Ahed Tamimi a illuminé la fête de l’humanité 2018 qui a quelque peu perdu de son aura ces dernières années. En invitant cette jeune fille et sa famille, les organisateurs de la manifestation ont frappé fort !

« J’ai beaucoup changé en prison. Je suis devenue plus attentive, plus consciente. La prison vous fait mûrir. En un jour, vous prenez 100 ans ». C’est ce qu’a déclaré Ahed Tamimi suite à sa libération de prison israélienne après avoir purgé huit mois de prison avec sa mère, pour avoir gifler deux soldats israéliens en décembre 2017.

La scène de la gifle a été largement médiatisée sur les réseaux sociaux. Il en est de même de la condamnation de la jeune fille de 16 ans à l’époque des faits, de son emprisonnement mais aussi de sa libération. En mars 2013, le New York Times Magazine consacre sa une à son village de Nabi Saleh et immortalise son visage, au côté d’ autres Palestiniens.
On a été jusqu’à comparer Ahed Tamimi à Jeanne d’Arc ou Rosa Parks ! Dans cette guerre des images, les médias israéliens ont essayé, au contraire, de mettre l’accent sur l’attitude calme des deux soldats « agressés » par les jeunes filles accusant la famille Tamimi de faire de la propagande. Une psychiatre a considéré que la médiatisation de Ahed était en partie expliquée par le fait qu’elle soit blonde : « si Ahed avait été brune et voilée, elle n’aurait pas reçu la même empathie de la part des médias internationaux. Un tel profil [brune et voilée] est plus facilement associé à l’islamisme et donc au terrorisme. Son attitude aurait alors été aussitôt liée à de la violence plus qu’à de l’héroïsme, comme c’est le cas aujourd’hui. ».

Malgré l’interdiction qui lui a été faite par les autorités israéliennes de quitter les territoires occupés, Ahed et sa famille ont pu néanmoins rejoindre la fête de l’humanité dont elle a été la star incontestée.
Outre le débat sur la volonté de la famille Tamimi de médiatiser ses actions, il n’en demeure pas moins que Ahed est devenue un symbole de la résistance pacifique contre l’occupant israélien. Symbole que beaucoup essayent de récupérer. Comme lors de la conférence donnée par la jeune fille à la fête de l’humanité où le traducteur n’arrêtait pas de lui demander à voix haute de remercier le PCF et le directeur du journal l’Humanité de l’avoir invitée.

Certes, Ahed n’est pas la seule militante palestinienne à luter contre l’odieuse occupation d’un territoire par Israël. On pourra toujours reprocher à sa famille de chercher le buzz. Mais que faire lorsqu’on est en face d’un régime raciste, méprisant, soutenu par les puissants de ce monde, et des États arabes défaitistes dirigés souvent par corrompus ? Et face à une autorité palestinienne elle-même divisée ?

L’accueil triomphale de la famille Tamimi à la fête de l’humanité n’est pas un accueil fait à une star blonde. C’est, pour moi, l’accueil d’un symbole : celui de la résistance à l’oppression israélienne.

“La vérité monte d’un coup d’aile jusqu’au symbole.” disait Zola. Qui n’a pas en tête l’assassinat en direct, par l’armée sioniste, de Mohammed al-Durah cet enfant palestinien de 12 ans,tué par balles alors que son père tentait de le protéger.

C’est aussi l’accueil d’un espoir ! Qu’est ce qu’une gifle infligée par une jeune fille désarmée à des soldats israéliens face à tous ces crimes d’Israël contre le peuple palestinien ?

 

https://www.youtube.com/watch?v=cPhnXXiRIF8

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=kyouIVjimoM


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