Édition du
21 November 2018

Que reste-il des idéaux de Benyoucef Benkhedda à  l’université d’Alger 1 ?

 

Quelle fierté lorsqu’on aperçoit le nom de Benyoucef Benkhedda gravé sur le panneau à l’entrée de  l’université d’Alger 1 !

Un ancien étudiant de cette université,  révolutionnaire et intellectuel, ses principes fondamentaux étaient : Liberté, démocratie, constitution, et respect de l’islam. A l’intérieur de cette université, une réalité amère se dévoile, antinomique de la vision et des convictions de Benyoucef Benkhedda.

Tout porte à croire que dans cette université, il y a des impératifs à respecter, faute de quoi, on subit les affres de l’autoritarisme des responsables.

On décèle la pratique du clanisme et du régionalisme sans faille. Une université qui devient « une dachra ». Il y a ceux qui pratiquent la brosse « chitta » dans notre langue ce terme a une charge plus significative et plus expressive, et ils la font majestueusement, garent à ceux qui ne la font pas dans le sens du poil. Des privilèges sont conséquents.

Et l’autre catégorie, en retrait, observatrice du déclin de l’université.

Certains  sont silencieux par peur des représailles, et d’autres par reddition à un état de fait généralisé et se limitent à la « khoubza » espèrent et attendent une providence utopique.

Dans ce marasme quotidien et un désordre normatif où les médiocres dirigent et émettent des injonctions, les compétents et les vertueux, sont écartés et réduits au silence.

Un autre aspect corollaire à cette situation, la dégradation de la pédagogie, comment peut-on expliquer les transferts massifs des étudiants de la faculté des sciences de la fac centrale à l’université de Bab-Ezzouar ? alors qu’au départ c’était un fait inverse.

En parlant de l’université, parlons du mode de désignation des responsables : recteur, vice-recteurs, et doyens dans les universités occidentales et développées, cela se fait par une élection de la communauté universitaire, qui mieux que ses pairs pour être reconnu compétent et intègre, je dirai plutôt, intègre et compétent.

Le mode idéal pour diriger ses pairs, une garantie d’un travail dans un climat serein, d’une confiance et d’un respect mutuels.

Le président de l’université devrait être élu à la majorité des membres en exercice, des enseignants-chercheurs, des représentants des étudiants et  du personnel, pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois. De même que pour ses adjoints : vice-recteurs, doyens, secrétaire général…  C’est  ça la démocratie à l’université, à l’instar des universités des pays développés, l’université doit servir de guide pour la démocratie dans le pays.

Dans ce cas là, le président de l’université se conformera aux attentes de ceux qui l’ont élu, il ne sera ni un haggar ni un corrompu, il sera juste le modèle d’intelligence, d’intégrité qui va inspirer la communauté universitaire. L’université a besoin d’un leader, d’une icône intellectuelle et humaine qui draine les universitaires et inspire les étudiants. Eric Dacheux disait : « pas de démocratie universitaire sans courage des universitaires »

Le désengagement des universitaires dans la vie et la gestion des universités nous conduit à un déficit démocratique qui s’accroit, laissant place à  une gouvernance défaillante et imposante. John Kennedy disait : « L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs »

Chez nous la prévalence est à la « hachia », quelle que soit sa compétence, plutôt son incompétence et son désengagement pour le bien de l’université.

Voilà la problématique cruciale de nos universités. Quand on démarre sur de mauvaises bases, il ne faut pas s’étonner des résultats, tout est synchronisé. Espérant que les autorités se pencheront sur ce problème, cela devient urgent, l’université doit être maintenue dans un esprit équitable où chacun évolue dignement sans pressions ni internes ni externes.

Je suis un rêveur, laissez moi donc rêver.

Un enseignant universitaire
K. Yacine


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20 Commentaires sur cet article

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  • Nacer.Khaimi
    25 septembre 2018 at 16 h 12 min - Reply

    c’est un sujet crucial; le vrai facteur pour evaluer le developpement d’ un pays ce sont ses universités et ceux qui les dirigent, les nôtres, ce sont les interets personnels qui les interessent
    pas les enseignants pas les etudiants




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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    25 septembre 2018 at 16 h 26 min - Reply

    Quelles « autorités » espérez-vous qu’elles se penchent sur ce « problème »? Celles qui ont ruiné le pays? Ceux qui ont participé à la destruction du pays sont-ils les plus aptes aujourd’hui à le reconstruire?
    Ayons le courage de poser le problème politique. Sans résolution du problème politique (illégitimité du pouvoir),il n’y aura aucune solution aux autres problèmes qui en découlent. Or, ce problème politique, notre pseudo-« élite », le fuit. Elle préfère régler ses problèmes personnels et épater le « ghachi » avec ses grades et diplômes pompeux.




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  • mohamed
    25 septembre 2018 at 17 h 10 min - Reply

    je suis enseignant dans cette université je dois dire qu’il ya un silence complice; chacun s’occupe de sa vie familiale, on a plus de mentor, la gestuon administrative l’emporte sur le pedagogique, pas de repondant à nos doleances…..chacun pense à sa retraite déjà qu’il ya eu des departs à la retraite massifs en 2015!!!!




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  • samah N.
    25 septembre 2018 at 18 h 47 min - Reply

    Justement,Monsieur,le mal de ce pays,ce sont les « autorités » elles-mêmes qui ont cadenassés toutes les sorties pacifiques,barrés des voies à toutes solutions honorables aux problèmes que vivent toutes les institutions du pays,à commencer par l’université;pour ne laisser en face que des sorties de « secours »mortelles pour toute la nation.Alors dans ces cas leur demandé de régler les problèmes de l’université c’est leur souci insignifiant sur lequel beaucoup ont essayés leurs souliers pour grimper l’échelle du pouvoir.




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  • mohamed
    25 septembre 2018 at 19 h 15 min - Reply

    et nos enfants dans tout ca? ce sont leur modèle à l’université?




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  • Ali
    25 septembre 2018 at 19 h 53 min - Reply

    Le DRS installe leurs « choses » à la tête des universités, voyez comment ça fonctionne, ils ont le controle de tout.
    CouCou BigBrother….




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  • Abdellah Chebbah
    25 septembre 2018 at 22 h 14 min - Reply

    Il n »y a ni universités,ni hôpitaux, ni écoles, ni entreprises, ni quoique ce soit. Tout est mort Il y a des zombies. C’est le suicide collectif. Sauf qui peut.




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  • Dria
    25 septembre 2018 at 22 h 19 min - Reply

    Le désengagement des universitaires et de l’élite, toute la question est là. C’est notre cauchemar, ne laissant place hélas à aucun rêve, de là a espérer que des autorités se pencheront sur ce problème،? Quelle autorité? vous voulez dire la tutelle? C’est à dire Le ministère, plus exactement le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Mr Hadjar quoi..hi ho ha. C’est l’exemple type, il était recteur a l’Université d’Alger1 et était le modèle de la problématique que vous venez de soulever et il fut promu ministre, alors dites vous bien, qu’on mérite ce genre de gouvernant.

    Pourquoi ce cacher la face nous savons d’où vient le mal, nous savons qui est qui et qui fait quoi, ils nous restent qu’une chose a faire si on veut que ça change et sauver notre avenir et celui de nos enfants.

    Soit en assume soit on se tait, laissons les Hadjar nous représenter et laissons leur le complexe d’El Hadjar, la sonatrach, et les autres fleurons de ce pays, eux ils avent comment en profiter, eux ils agissent et ne font pas que parler contrairement à l’Elite …

    Que reste t il des ideaux de Benkhedda Allah yarahmou, presque rien a defaut d’élite, ils ne restent que des tireurs d’élite, qui nous mettront bientôt en joug si on ne réagit pas …le 30 c’est pour bientôt , rester juste chez vous , ce sera le début de la fin si vous le ferez….salam




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  • hamid
    26 septembre 2018 at 6 h 31 min - Reply

    chaque president d’une universite devrait prendre des cours de management humain, il doit apprendre à gerer les relations , apprendre aussi les langues etrangères, il represente la communauté universitaire devant des etrangers
    comment est ce qu » il ne maitrise pas ni le francais ni l’anglais?????




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  • abdelkader
    26 septembre 2018 at 7 h 02 min - Reply

    la situation dans nos universités est, comme souligné dans cet article déplorable … je ne trouve pas de mot plus adéquat. Ce ne sera malheureusement pas résolu par une élection du président dans les conditions actuelles ! Pour deux raisons essentielles : i) pour être élu il faut se présenter, et qui va se présenter parmi les gens intègres qui sont silencieux et ii) les médiocres, comme il est dit, tiennent les reines et … les élections.
    Pour moi, le responsable de l’université devra être (élu ou désigné peu importe) sur un programme de développement de l’institution et soumis à la concurrence. D’un autre côté, il me semble que nous avons d’abord un problème de société !

    A. Abdelkader
    professeur en retraite mais toujours actif au service de notre université et de notre société




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  • enseignant a la fac centrale
    26 septembre 2018 at 9 h 48 min - Reply

    je n »aime pas les gens qui critiquent juste pour critiquer, il faut être juste et objectif,quand Hadjar etait recteur; il y avaitde la stabilite et il recevait dans son bureau meme lesfemmes de menage ; pour dire tout le monde sans exception et il etait attentif à nos doleances, d ailleurs beaucoup regrettent son depart, ce chiffon actuel c est une autre race




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  • S. Houria
    26 septembre 2018 at 10 h 20 min - Reply

    @enseignant a la fac centrale
    Désolé, monsieur l’enseignant, mais c’est un grossier mensonge. Apparemment vous êtes de ceux qui aimez tenir la canne par son milieu. J’ai enseigné durant toute la période de ce recteur parachuté et je sais de quoi je parle. J’espère que d’autres enseignants intègres interviendront pour parler de ce règne de la médiocrité et du népotisme.




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  • samia
    26 septembre 2018 at 10 h 35 min - Reply

    ce chiffon comme vous dites chèr collegue est applaudi par la tutelle
    je plains la nouvelle generation qui vont trouver ces tyrans sans conscience professionnelle
    vive l emigration!!!!




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  • Si Tchad
    26 septembre 2018 at 20 h 45 min - Reply

    Pour résumer l’histoire de l’université en algiré: Il y avait d’abord l’âge d’or, les années 70. Ensuite vint l’âge de bronze avec Benbouzid, et maintenant nous avons l’âge d’el Hadjar, c.-à-d. l’âge de la pierre…




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  • MOHAMMED
    26 septembre 2018 at 22 h 46 min - Reply

    regretter Hadjar comme recteur??? Quoi????????? Vous faites sûrement partie de sa tribu car il en avait. Voilà ce qu’il a fait de l’université : une poubelle. il a ruiné la SCIENCE!
    LE MONOLINGUISME A TUE NOTRE UNIVERSITE.
    Il ne recevait jamais ceux qui le dérangeaient, il se cachait pour ne pas recevoir les vrais enseignants car rien ne marchait (cas de l’agent comptable Hamani, qui a fait 10 ans de prison, cas de son SG décédé, …).
    Et oui, c’est vrai il recevait les femmes de ménage à leur place.
    jamais l’université n’a connu un aussi bas niveau ! Hadjar instruisait ses sbires pour qu’ils rejettent les compétences. Ses recteurs sont des douctours choisis sur « critères ».




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  • universitaire trilingue
    27 septembre 2018 at 13 h 00 min - Reply

    je partage parfaitement l »idée de democratie à l’université, on nous impose des recteurs incompetents et surtout hautains, ils ne prêtent aucube attention à ce que les universitaires pensent de lui, ce n’est pas grâce à eux qu »il est là, si seulement ces koursi puissent devenir des CACTUS…..




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  • mehdi
    27 septembre 2018 at 15 h 42 min - Reply

    Hélas !
    Le constat est plus qu’amer …
    Mais ce n’est certainement pas un destin obligé, s’il y aura des algérien(ne)s intègres et compétents, prêts à courir tous les risques, pour que ça change…
    Rappelons-nous, l’Algérie n’aurait jamais eu sa liberté, s’il n y avait pas cet énorme sacrifice, des glorieux martyrs…
    Le combat, cette fois est tout autre, mais aussi important, pour que PEUPLE et PATRIE aient leur place au sein des nations …




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  • Djamel Seradj
    28 septembre 2018 at 8 h 24 min - Reply

    il n’ya pas d’elite en Algerie, aucune opposition à l’autoritarisme flagrant, chaque recteur se comporte comme un conquerant , il n’a que foutre des autres, à alger1 celui quu ouvre sa gueule, il en subit de severes consequences, un terrorisme non-declaré
    pou




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  • Djamel Seradj
    28 septembre 2018 at 8 h 33 min - Reply

    il n ‘ya pas d’elite ën Algerie, c des salaries comme les autres, aucune volonté pour contester la tyrannie et l » imbecilité de ces harkis de l’Algerie
    le recteur d’ alger 1 se comporte en conquerant vaniteux avec son bas niveau en communication, et ses chayatines à sa botte comme des valets sans dignité
    oh!!! Krim belkacem, Abane Ramdane, Larbi Ben Mhidi ……si vous voyez ce spectacle




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  • samir
    28 septembre 2018 at 8 h 58 min - Reply

    je defie Tahar Hadjarde faire paasser des sondages dans la communauté universitaire sur la satisfaction ou l » insatisfaction sur ces grosses têtes sans vraies têtes dans les universites
    en particulier celle d’Alger1 et de rendre public les resultats.
    ďans les pays developpés les sondages sont periodiquement réalises dans tous les secteurs même pour les chefs d »etats




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  • Congrès du Changement Démocratique