Édition du
13 December 2018

L’ALGERIE DANS L’ŒIL DU CYCLONE

 

« L’adoration de l’antique veau d’or ne s’est jamais déliée de l’esprit infâme du culte ancestral. Inscrite dans l’implacable dominance et le fétichisme du gain sans décence ; elle est le visage hideux de l’idolâtrie de l’argent, imposée à jamais comme mode de vie. »

Profondément attristé par la quasi absence de réactions de la classe politique nationale ; empêtrée dans des querelles byzantines. Et face aux possibles sanctions que les États Unis peuvent imposer à l’Algérie, et dont les conséquences seront incalculables pour une conscience territoriale déjà extrêmement fragilisée ; cette âme solitaire munie que d’une modeste plume mais héritière de celle de Ferhat Abbas, ne peut se taire devant tant responsabilités, lance un cri cœur.

Un cri de cœur, à l’hôte actuel de ce peuple, où et de tout temps qu’il fut un invité, d’abord pour partager le sel ancestral, a eu doit aux parades les plus solennelles adoubées d’honneurs ringards, comme cette semaine à Oran, au niveau de l’université d’Oran, à la cérémonie de célébration du dixième anniversaire de l’ouverture de l’American corner à Oran.

Dans l’imaginaire de ce siècle ; mythique est Silicon Valley, berceau de l’intelligence artificielle et des autoroutes virtuelles, et macabres sont les élites cognitives de ce grand pays qui est les États Unis, empêtrées et attisâtes des querelles historiques du monde dont la genèse a été reléguée aux calendres grecques.

Dans la mémoire des hommes intègres, il fut jadis un philosophe, qui dans un moment de lucidité entrevit que “Ce culte est le soupir d’une incestueuse créature se voulant à jamais être vue comme opprimée. Il est l’âme de son monde ténébreux ; sans cœur et sans foi. Il est l’esprit de conditions sociales d’où la raison est exclue. Il est l’opium de son propre peuple“.

Incontestable cri de détresse d’un des leurs, devant tant de dévastations et dont les mirages et fausses prophéties d’un culte immoral qui ne sont en réalité que misère et désolation pour toute une humanité en quête de sa subsistance dans un quotidien terrible.

Une guerre de trop se prépare, une autre guerre de belli-régence. Mais au fond, le paradis et l’enfer se sont depuis longtemps égarés, devant la folie des hommes, et surtout devant ceux qui se croient élus.

Violence, contre-violence, c’est le lot quotidien de simples gens de ce monde, victimes de terribles conflits interminables ; ou esclaves d’une économie sauvage, transfrontalière, tentaculaire et hideuse ; les damnés de cette terre qui n’a pas choisi ses cadavres.

Se résoudre à cette fatalité, c’est admettre l’animalité de toute l’espèce humaine qu’aucune prédilection supposée, ne peut justifier.

Médusée, face à son destin, contemplant l’inéluctabilité d’une autre guerre, une guerre de trop, l’humanité, toute religion confondue, se console dans l’imploration d’un arrière-monde qui à jamais s’est muré dans un silence sidéral et que la raison essaye de déchiffrer sans succès.

Si ce sentiment est l’expression de soumission de la totalité des peuples ; y inclus le peuple américain ; devant les voies impénétrables d’une conscience transcendantale, il n’est nullement la capitulation devant le culte, et surtout pas celle du peuple algérien.

L’Algérie qui fait aujourd’hui face à d’énormes pressions du même culte pour se renier à elle-même et se démarquer de ses partenaires commerciaux, saura puiser dans son histoire la force de sa résistance.

Pour rappel, les oracles de mauvais augure à un point crucial de l’histoire de ce grand pays furent en porte à faux avec les aspirations de notre peuple.

Au cours d’un moment crucial, l’esprit de Novembre élit le sentier des prophètes et autres sages, lança un appel sincère de ralliement aux égarés du culte, mais peine vaine.

Dans le sillage d’une réminiscence du rêve Andalou, les plumes mystiques de cette terre brulée, s’inspirant des écritures de Saint Augustin en premier, de Moses Maimonide en second, et d’Averroès, surent répondre aux attentes des uns et des autres dans la décence et la responsabilité d’un mouvement certes insurrectionnel, qui malgré la guerre imposée, a su maintenir un équilibre précaire entre les princes des ténèbres d’autant, à l’image de ceux qui sont tapis aujourd’hui dans l’ombre et qui président au destin des États Unis, et à l’autre image, celle de George Washington et consort inspirateurs de nos leadeurs durant et après la révolution.

L’Algérie, une terre du vivre ensemble, ne peut cosigner une aberration de trop : la guerre de tous et contre tous. Dans cette logique, la vie ne saurait avoir de sens et ses déboires sont inscrites dans le livre des morts, prémonition de la damnation de tous.

Le monde rêve d’un leadership d’une Amérique, mais pas celui de Leo Strauss, Bernard Lewis ou de leur avatar Samuel P. Huntington, le Tomas de Torquemada, Grand Inquisiteur du Choc des Civilisations.

Le monde rêve de cette Amérique, qui malgré toutes ses imperfections durant sa genèse reste une possibilité à méditer.

Il fut un instant éphémère, celui de l’administration du 35eme Président des États Unis J. F. Kennedy, figure prémonitoire par ses positions humanistes, affirmé par la disparition tragique de son frère Bobby Kennedy. Et pour les puristes de la politique ; Henry Kissinger, un autre prince des ténèbres s’est fut refusé un poste de sous-fifre dans cette administration mythique.

J. F. Kennedy, élu le président le plus accompli des temps modernes a su esquisser les chemins d’une paix durable dans un monde conflictuel, d’abord en désamorçant la crise cubaine. Ensuite dans un discours historique qui jeta les jalons d’un vivre ensemble, considéré la voie la plus naturelle pour l’humanité.

Au cours d’une carrière très brève et dans un geste impétueux clama ces mots prémonitoires contre les tenants du choc des civilisations : ‘’Ne soyons pas aveugles par nos différences – mais concentrons notre attention sur nos intérêts communs et les moyens par lesquels ces différences peuvent être résolues. Et si nous ne pouvons pas mettre fin à nos différences, nous pouvons au moins contribuer à la sécurité du monde dans la diversité.

Car, en dernière analyse, notre lien commun le plus fondamental est que nous habitons tous cette petite planète. Nous respirons tous le même air. Nous chérissons tous l’avenir de nos enfants. Et nous sommes tous mortels.’’

L’Algérie et son peuple se reconnaissent toujours dans ces paroles prophétiques, n’ont jamais cessé d’y œuvrer à maintenir leur oriflamme. Tout cela, sans toutefois répéter haut et fort à celui qui veut l’entendre qu’on ne trouve pas la solution d’un problème dans la solution d’un autre problème posé à une autre époque par des gens différents, d’où l’inéluctabilité de la défaite du culte, quoique prédisent ses mages d’hier, d’aujourd’hui et à venir.

Khaled Boulaziz

(1) Discours inaugural du Pape 2016
(2) https://www.tsa-algerie.com/achat-darmes-russes-lalgerie-risque-des-sanctions-americaines
(3) Karl Marx : Sur la Question Juive
(4) John J. Mearsheimer and Stephen M. Walt: The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy
(5) Ferhat Abbas ou le rêve Andalou : Le quotidien d’Algérie
(6) J. F. Kennedy – Plaidoyer pour la Paix : Le quotidien d’Algérie.


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5 Commentaires sur cet article

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  • Ali
    5 octobre 2018 at 0 h 31 min - Reply

    Ou est la relation entre le texte et le titre?????




    2
  • Amar
    5 octobre 2018 at 16 h 33 min - Reply

    Article qui n’explique pas les causes de l’état actuel du monde.Et par conséquent ne fournit aucune issue de secours.Nous vivons les derniers sursauts d’un capitalisme infernal,qui plante ses griffes puissantes sur toute la terre.
    Il n’y aura pas de sanctions contre le regime d’Alger,ce régime appartient aux sanctionneurs depuis surtout le coup d’état de 1992.
    Les neoconservateurs,les armuriers, les banquiers etc,etc s’en foutent de Saint Augustin, Maimonides,Averroes et tous les bons penseurs.Ce qui compte pour eux c,est leurs intérêts,et le contrôle de ce monde.Par tous les moyens.C’est la realpolitique.
    Nous ,Algériens ne devrons pas avoir peur d’une bagarre pour défendre l’algerie.Mais il faut commencer par faire déguerpir l’ennemi numéro un :ce régime.




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  • Kamel Bouras
    5 octobre 2018 at 17 h 29 min - Reply

    Que voulez-vous dire? Je n’ai rien compris…




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  • Saliha M.
    5 octobre 2018 at 23 h 18 min - Reply

    L’auteur compte beaucoup, apparemment,sur des systèmes politiques issus d’idéologies antagonistes dépassées(communisme et chiisme) pour protéger la planète terre du libéralisme sauvage,mais il semble que c’est l’aberration elle même de continuer dans cette voie sans issue, inhumaine, liberticide , qui a muselé les bouches et lié les mains aux pieds !




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  • Djamel El-Aoufi
    6 octobre 2018 at 12 h 14 min - Reply

    « L’Algérie et son peuple se reconnaissent toujours dans ces paroles prophétiques,(de J.F.Kennedy),n’ont jamais cessé d’y œuvré à maintenir leur oriflamme ».
    Quelle Algérie et quel peuple!?
    Celle qui ne produit rien et vit sur une rente épuisable!?
    Ou celui qui a abandonné le combat et accepté d’être gouverné par un cabinet noir qui a comme façade « une momie »!?
    L’Algérie de 2018 est dans une situation pas du tout enviable,pire que celle de « l’adoration de l’antique veau d’or »!Mais celle de « la culte de la personnalité »,éphémère ,celle là!Et, qui a trouvé de prolixes mages,propagandistes,dépassant le seuil des vrais Rois mages!




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  • Congrès du Changement Démocratique