Édition du
21 November 2018

APRÈS MOHAMED TAMALT,  LE JOURNALISTE SAÏD CHITOUR EN TRAIN DE MOURIR EN PRISON 

www.maghrebemergent.info

Le journaliste  algérien a perdu 32 kilos durant ses 16 mois de détention sans procès.  Malade, ses jours sont désormais en danger.

« Mon frère Saïd est en train de lâcher prise. Son état est très alarmant. Il faut faire quelque chose. C’est urgent ». Ces mots désemparés prononcés par la sœur du journaliste algérien Saïd Chitour, 54 ans, détenu sans jugement depuis le 5 juin 2017, disent le désarroi de sa famille.  Le journaliste algérien correspondant de plusieurs médias anglo-saxon  (Washington Post, Bbc news, ect..)  attend dans la prison d’El Harrach depuis 16 mois qu’il est en détention préventive, d’être jugé ou libéré. Au dernier parloir, sa famille est sortie horrifiée par l’accélération de sa dégradation physique.

« La tumeur née à la base du crane au début de l’année est en train de grandir à vue d’œil. Il a encore beaucoup maigri ces dernières semaines. En fait, il est méconnaissable », témoigne un proche.  Ses avocats se sont vu refusé toutes les demandes de mise en liberté provisoire. Said Chitour a été accusé en novembre 2017 par le tribunal de Bir Mourad Rais d’avoir fuité des “documents gouvernementaux sensibles” à des diplomates étrangers. Il a été déféré pour un jugé par un tribunal criminel. Said Chitour a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, « je n’ai pas accès aux documents décrits dans les accusations » a-t-il affirmé au juge d’instruction selon sa défense. Saïd Chitour souffre d’un diabète sévère et d’une hypertension chronique.

Le spectre de la mort en détention de Mohamed Tamalt

La campagne de solidarité lancée à l’automne dernier en Algérie et dans le monde pour la libération de Said Chitour n’a donné aucun résultat auprès des autorités algériennes qui refusent de le juger ou de le libérer. Reporters Sans Frontieres (RSF) a lancé une pétition pour sa libération il y a un an et CPJ, le comité pour la protection des journalistes a interpellé le Premier ministre Ahmed Ouyahia en novembre 2017, exigeant la libération du journaliste algérien.

Enfin, sa mère de 83 ans a envoyé en juin dernier une lettre implorant Bouteflika d’être clément avec son fils et de le rendre à sa famille après une année de prison sans jugement. Les manifestations de solidarité avec Said Chitour se sont taris cet été et sa détention préventive s’est installée dans une durée insupportable pour les siens et dangereuse pour son état de santé. La poursuite de la détention de Said Chitour et sa dégradation physique rappellent fortement le sort de Mohamed Tamalt, journaliste algérien arrêté au printemps  2016 et condamné à deux années de prison ferme pour offense au président de la république.

Il avait entamé une grève de la faim durant l’été 2016 qui a conduit à son affaiblissement et à son décès en détention, le 11 décembre de la même année.  La mort de Mohamed Tamalt en détention a provoqué une grande émotion dans la corporation des journalistes et a soulevé la question de la faiblesse de la solidarité active avec les collègues détenus dans des conditions arbitraires pour des faits supposés liées à l’exercice de leur métier. Deux ans plus tard, l’histoire est en train de se répéter presque à l’identique.


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8 Commentaires sur cet article

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  • Abdellah Chebbah
    17 octobre 2018 at 11 h 14 min - Reply

    Dans quel pays sommes-nous? A quelle époque? De quel démocratie parle t-on? Quelque soit le délit commis, s’il en a un, cet homme doit être jugé. Au nom de quelle justice, des journalistes ou tout autre humain doit-il périr dans une prison. Il est innocent jusqu’à preuve du contraire. Il doit être relâché.




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  • Karimo
    17 octobre 2018 at 17 h 19 min - Reply

    Quels documents gouvernementaux sensibles? on a rien à cacher sauf la manipulation et la manigance. On achète tout de l’étranger. Les étrangers font tout pour l’Algérie même dans le domaine sécuritaire, n’est ce pas M. OULD KADOUR de BRC actuellement PDG de la vache algérienne Sonatrach?. Tous les projets sont gérés par les étrangers, alors? Libérez Monsieur CHITOUR Said ou bien vous attendez un ordre de l’étranger pour le faire.




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  • MALIK
    17 octobre 2018 at 23 h 35 min - Reply

    hram âlikoum ! il est malade ! où est votre coeur? Lâchez-le !




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  • Abderrahmane
    19 octobre 2018 at 7 h 55 min - Reply

    Un ami d’enfance, on se connaissait avant d’aller au primaire, un gars qui aimait son pays depuis sa plus tendre enfance. Il était capable de rigoler des heures durant, et ce, même devenu adulte. Que puis-je faire pour lui?




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  • rachida
    19 octobre 2018 at 13 h 25 min - Reply

    Il y a ceux qui aiment l’Algérie et d’autres qui adorent la vache laitière.
    Il faut bouger.




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  • mohamed
    19 octobre 2018 at 20 h 21 min - Reply

    ne faits pas que parler faites une petition pour exiger sa liberation pour des soins et faites son jugement apres
    ecrivez une lettre ouverte au president ou faites appel aux organismes internationaux des droits de l homme pour chez nous n y comptez pas il n ya meme pas le droit de l animal




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  • Mouskoutcho
    22 octobre 2018 at 12 h 06 min - Reply

    Y a un truc qui ne va pas chez nous, un journaliste est mort en prison, un autre est en train de mourrir demuni de tout dans sa cellule pas un mot dans les JT et presses ecrites du monde entier sur eux.
    Peut être que d’autres valent plus cher?
    ou que les juifs qui sont à la tete des medias mondiaux, proteges la pourrture local?




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  • klouzazna
    13 novembre 2018 at 3 h 50 min - Reply

    dans l’histoire des hommes,l’impunite et l’amnestie devises des voyoucraties ont toujours recompense des trahisons … trahisons du devoir…du pays et du peuple




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  • Congrès du Changement Démocratique