Édition du
21 November 2018

UN JOURNALISTE ÉCROUÉ POUR OUTRAGE AUX INSTITUTIONS, DEUX POUR DIFFAMATION

 ( AFP )  25 octobre 2018
Deux journalistes algériens ont été placés jeudi soir en détention préventive après avoir été inculpés de diffamation, et un troisième pour outrage aux institutions et atteinte à la vie privée, ont annoncé leurs avocats.
Placé en garde à vue lundi soir, le directeur des sites d’information Algérie Direct et Dzair Presse, Adlène Mellah, a été inculpé jeudi « d’outrage aux institutions« , « enregistrement ou prise de vue sans autorisation ou consentement » et « atteinte à la vie privée », puis incarcéré, a indiqué à l’AFP son avocat Me Adelghani Badi.
Il risque jusqu’à cinq ans de prison.
Il est visé par des plaintes émises par Anis Rahmani, PDG d’Ennahar, principal groupe privé algérien de média, par le préfet d’Alger Abdelkader Zoukh et par le PDG du conglomérat algérien d’électronique et électroménager Condor, Abderrahmane Benhamadi.
Selon son avocat, il a été déféré en compagnie d’un ancien footballeur, d’un comédien et du frère d’Amir.dz, un cyberactiviste basé à l’étranger, qui dénonce sur sa page Facebook aux deux millions d’abonnés, les supposées turpitudes de certains dirigeants algériens et que ses détracteurs accusent de se livrer au chantage.
Jeudi soir, la gendarmerie algérienne a annoncé avoir démantelé un réseau utilisant les « réseaux sociaux et Internet à des fins criminelles ».
L’enquête porte sur des faits de chantage, publication de photos dégradantes sur Facebook, d’émission de fausse monnaie, de diffusion de données personnelles obtenues illégalement, d’atteinte à la vie privée et de diffamation, précise la gendarmerie qui n’a pas divulgué l’identité des personnes arrêtées.
M. Rahmani et Ennahar TV sont depuis plusieurs semaines l’une des cibles privilégiées d’Amir.dz qui dénonce leurs liens présumés avec certains dirigeants algériens.
De leur côté Abdou Semmar et Merouane Boudiab, respectivement rédacteur en chef et journaliste du site d’information Algérie Part, placés mardi en garde à vue, ont été inculpés de « diffamation » contre Ennahar, sur plainte de M. Rahmani, a indiqué à l’AFP leur avocat, Me Amine Sidhom.
« Nous ne connaissons pas exactement l’article » visé par la plainte « car nous n’avons pas encore obtenu copie du dossier », a-t-il expliqué. Algérie Part a récemment relayé des accusations lancées contre M. Rahmani par Amir.dz, a constaté l’AFP.
La diffamation est passible de deux à six mois de prison, selon le code pénal algérien.


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3 Commentaires sur cet article

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  • Rédaction LQA
    26 octobre 2018 at 10 h 22 min - Reply

    Abdou Semmar placé sous mandat de dépôt pour diffamation contre Ennahar (Avocat)
    HuffPost Algérie

    ABDOU SEMMAR
    Dans une déclaration au HuffPost Algérie, l’avocat du journaliste Abderrahmane Semmar, a indiqué que l’éditeur du site Algerie Part était poursuivi par diffamation contre le groupe Ennahar. Me. Amine Sidhoum a formellement démenti les accusations “de chantage et extorsion” avancées par la même chaine de télévision privée.

    “Les accusations de chantage et extorsion dont fait état la chaîne de télévision privée ne figurent pas dans le dossier judiciaire de Abderrahmane Semmar”, a fait savoir la même source. “C’est faux”.

    “Abdou” Semmar a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi 25 octobre 2018 après avoir été entendu par le juge d’instruction près le tribunal de Said Hamdine.

    Il sera à nouveau entendu, avec le présentateur TV Merouane Boudiab, le 8 novembre prochain par le juge d’instruction, apprend-on de même source.

    Abdou Semmar et Merouane Boudiab, journaliste et présentateur TV, ont été interpellés mardi par la gendarmerie.

    Plusieurs médias ont lié cette arrestation ”à la guerre menée au “Facebookeur” Amir DZ.

    La chaîne de télévision privée Ennahar TV évoquait ce matin une accusation “d’extorsion et de chantage” à son encontre.




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  • Mohand
    27 octobre 2018 at 12 h 37 min - Reply

    Nos journalistes « ne valent pas grand chose » ça passera une fois encore inaperçu, sans bruits et pour ettoufer encore plus,le passage habituel des services chez les familles concerner pour les « avertirent ».
    Il ne faut surtout pas noircir le pouvoir, l’occident a encore besoin de son balai à chiotte.




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  • malik
    28 octobre 2018 at 23 h 17 min - Reply

    dommage de harceler un jeune journaliste comme Abdou Semmar que nous respectons pour son travail honnête. En plus il est d’une grande intelligence et investi de courage et d’objectivité. Laissez-le tranquille ! On attend impatiemment de lire AP.
    Les autres journalistes doivent être, eux aussi, libres d’exercer leur profession sabhanallah !




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