Édition du
11 December 2018

Assassinat par la DST en novembre 1954 de Kacem Zeddour Mohammed-Brahim Une affaire d’Etat

El Watan

13 NOVEMBRE 2018

Arrêté le 6 novembre 1954 à Oran par la DST, transféré à Alger, il est déclaré «évadé» des locaux de la police le 13 novembre 1954. Sa disparition deviendra de 1955 à 1956 une affaire d’Etat sous la IVRépublique française, appelée «l’affaire Zeddour».

A la veille de la commémoration du 64e anniversaire du déclenchement de la Révolution, et au lendemain de la déclaration du président Français Emmanuel Macron : «La France doit regarder en face son passé récent et brûlant», précédée de la reconnaissance de la torture devant la veuve du martyr Maurice Audin, j’ai souhaité rappeler par devoir de mémoire l’itinéraire et les conditions tragiques de la disparition de Kacem, couvertes par les plus hautes autorités politiques françaises.

Le 13 septembre 2018, le président français, Emmanuel Macron, présentait à la veuve du martyr de la guerre de Libération d’Algérie, Maurice Audin, assassiné par les parachutistes en 1957, les excuses de la République.

Dans une déclaration rendue publique, il reconnaît que «la mort de Maurice Audin a été rendue possible par un système arrestation-détention mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période»«Le système s’est constitué sur un fondement légal, les pouvoirs spéciaux votés par le Parlement en 1956».

Cette reconnaissance officielle du système répressif donne l’espoir de voir enfin la République française regarder avec courage et objectivité son histoire coloniale, et particulièrement en Algérie.

Comme l’a déclaré au Quotidien d’Oran (13 octobre 2018) Roland Dumas (ministre des Affaires étrangères pendant 10 ans sous Mitterrand), anticolonialiste convaincu, «L’Algérie a toujours été une colonie au sens le plus cruel du terme». La répression des Algériens pendant 130 années était inhérente au système colonial, «un système brutal», comme l’a qualifié l’ancien président français François Hollande, «un crime contre l’humanité», comme a eu le courage de le définir Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence.

Bien avant le vote des «pouvoirs spéciaux» et dès le début de l’insurrection, ce n’était pas un système «arrestation- détention» qui a été mis en place mais un système bien plus inhumain, «torture-exécution-disparition».

Le premier cas connu est celui de Kacem Zeddour Mohammed-Brahim, arrêté par la DST le 6 novembre 1954. Le 13 novembre, sa famille est informée de son «évasion». Une année après, l’hebdomadaire français L’Express informe, à travers un article, l’opinion publique en France, en Algérie et à l’international des conditions de son meurtre et de la disparition de son corps.

Dès ce jour, son cas devient une affaire d’Etat. Un rapport intitulé «L’affaire du Oued Amiz» (il s’agit en fait de l’oued Hamiz) se retrouve sur le bureau du président du Conseil, Edgar Faure. Les responsables directs de son meurtre seront identifiés mais couverts par François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur. Et c’est lui-même, devenant ministre de la Justice, qui ordonnera un non-lieu.

C’est précisément le 10 novembre 1955 que L’Express publiait un article sous le titre de «La mort d’un étudiant». «Il y a à Alger une affaire en cours d’instruction où des policiers haut placés sont compromis. Il s’agit du meurtre d’un jeune étudiant musulman de 31 ans, Zeddour Kacem»… «Une mise en scène macabre a été organisée pour faire croire à la disparition de Zeddour.

On le savait nationaliste. On savait aussi qu’il venait de faire un séjour au Caire»… «Son corps ficelé est mis dans un sac… jeté à la mer à 40 km au large d’Alger»… «Malgré la complaisance du médecin légiste qui avait conclu à la mort par immersion, les parents furent prévenus et reconnurent leur fils sur les photos d’identité judiciaire. Ils se sont constitués partie civile.»

Qui était Kacem Zeddour Mohammed-Brahim ? Kacem est né à Oran le 2 février 1921 au numéro 5 de la rue Cambronne (appelée jusqu’au début de l’indépendance Haouch Mhadja), dans le quartier Saint Antoine, dans une famille aisée, de lettrés et de Ulémas. Son père, Cheikh Tayeb El Mhadji, était un éminent théologiste, connu et reconnu dans le monde musulman. Il enseigna les sciences islamiques dans sa mosquée, sise à Tahtaha (M’dina J’dida) de 1912 à son décès en 1969.

Kacem fait ses études à l’école Pasteur où il obtient son certificat d’études en 1937 tout en suivant les cours de son père, apprenant l’arabe et le Coran. A 22 ans, il ouvre un commerce d’artisanat à la rue Kara Mohammed (M’dina J’dida), boutique qui servira de lieu de réunion et de boîte aux lettres aux militants du PPA, parti où adhère Kacem très jeune.

C’est dans ce local que seront tirés les tracts par Kacem, Hammou Boutlélis et Abdelkader Maachou. Il est arrêté avec d’autres militants en avril 1945, incarcéré à la prison militaire d’Oran, pour «atteinte à la sûreté de l’Etat et trahison, et avoir sciemment participé à une entreprise de démoralisation de l’armée et de la nation ayant pour objet de nuire à l’intérêt national en adhérant au parti nationaliste, dit PPA». Il est libéré le 20 janvier 1946.

Il s’inscrit cette année à l’université «Zitouna» de Tunis où il obtient «El Ahlia» en juin 1948. Pendant ce séjour tunisien, il continua la lutte mais la plaçant dans un cadre plus large, celui du Maghreb. Il publiera pendant cette période un bulletin Le guide (Eddalil) qui sera consigné dans les accusations retenues contre lui en 1955 par le tribunal d’Alger.

En 1949, il réussit le concours d’entrée à «Dar El Ouloum» (La maison des sciences) de l’université Fouad 1er du Caire pour des études de littérature arabe. En octobre 1953, il obtient une licence en histoire de la littérature arabe. Il validera son diplôme le 26 novembre 1953 au consulat général de France. Cette période de cinq années passée au Caire sera pour le jeune Kacem exaltante, tant il sera témoin d’événements qui bouleverseront le Moyen-Orient et le Maghreb (la Révolution égyptienne de 1952, l’arrivée au pouvoir en Iran de Mohammed Mossadagh comme Premier ministre, mais surtout la préparation des luttes pour l’indépendance des trois pays du Maghreb).

Tout en étant un étudiant assidu et brillant, «d’un niveau exceptionnel, ordonné et méthodique, faisant l’unanimité autour de lui», comme le précisera l’un de ses condisciples, il fera preuve d’activités débordantes.

Il est invité, de par ses connaissances approfondies, en histoire, littérature, sciences islamiques, dans toutes les rencontres universitaires et politiques du Caire. Il entretient une correspondance importante avec des universitaires et chercheurs de nombreux pays : Hollande, Allemagne, Italie, Inde, Liban, Suisse, et Etats-Unis. Il dominait parfaitement l’arabe, le français, l’anglais et le perse.

Il aura aussi une activité journalistique. Il rédige des articles, des éditoriaux et des analyses dans la presse égyptienne, mais aussi en Iran et en Algérie (El Manar) sous le pseudonyme de Zeidoun ou de Kacem El Djazaïri.

Cependant, c’est son activité politique qui dominera. Dès son arrivée au Caire, il rejoint «le bureau du Maghreb» où siègent l’Emir Abdelkrim El Khattabi, le leader de l’insurrection du Rif au Maroc, dont il deviendra très proche, les Algériens Chadly Mekki et Mohammed Khider. Il côtoiera le Tunisien Habib Bourguiba, le Marocain Allal El Fassi. Il se lie d’amitié avec le général Néguib, l’un des leaders de la Révolution égyptienne et avec Abdelkrim Azzouz, le secrétaire général de la Ligue arabe. Celui-ci le chargera d’une mission en Algérie et ce sera la seule confidence qu’il fera à son frère aîné Si Mohammed.*

Pendant cette période, il voyagera beaucoup au Moyen-Orient, en Europe et au Maghreb. Avant de quitter l’Egypte en janvier 1954, il fera un périple qui le conduira en Grèce, en Yougoslavie, en Italie, en Suisse et en France où il séjournera 12 jours et rencontrera Messali El Hadj, puis rejoindra le Caire via Tunis.

De cette période égyptienne de Kacem, c’est l’un des pères de la Révolution algérienne, M. Aït Ahmed qui apportera avec honnêteté, dans son livre Mémoires d’un combattant, le témoignage suivant : «Arrivé en mai 1952 au Caire, je suis accueilli par trois camarades, Chadly Mekki, Mohammed Khider et Kacem Zeidoun (Zeddour), un étudiant originaire d’Oran.

De tous les personnages que les événements vont faire entrer en scène au Caire, Kacem est celui qui disparaîtra le premier, dans des circonstances tragiques, au lendemain du 1er Novembre 1954… Possédant une double culture, française et arabe, et une excellente formation acquise en Algérie, dans l’action militaire au sein du PPA-MTLD, il nous fera bénéficier de sa bonne connaissance des milieux politiques égyptiens.»

Il quitte Le Caire en janvier 1954 pour l’Algérie, dans une 4CV conduite par un américain faisant un rallye d’endurance. Selon les sources de l’enquête, il transportait des messages du Caire à des militants en Algérie. Qui est cet américain ? Cela reste une énigme. Cependant, le fait est avéré par deux photos existantes prises le 30 janvier 1954 en Tripolitaine (Benghazi), l’une montrant Kacem aux côtés de l’Américain et un troisième personnage, et une deuxième, Kacem seul auprès de la 4CV dont le matricule est bien visible.

Il arrive à Oran à la mi-mars 1954. Jusqu’en octobre 1954, il visitera de nombreuses villes en Algérie. Selon le témoignage d’un vieux militant d’Oran, Mouloud Hassaïne, vers fin octobre 1954 ont déjeuné chez lui Larbi Ben m’hidi et Kacem.

Kacem est interpelé une première fois par la DST le 3 novembre. Relâché, il est interpellé une deuxième fois le 5 novembre et interrogé jusqu’au soir, puis libéré. Le 6 novembre, il est arrêté le matin. L’ordre de le faire arrêter par la DST serait venu de Paris. C’était la dernière fois que sa famille le voyait.

Les 7 et 8 novembre, une cousine de Kacem, Mme Fatma Zeddour Mohammed-Brahim, ayant des connaissances parmi les élus d’Oran, notamment ceux du PCA, entame des recherches, accompagnée par un avocat d’Oran, Me Hazan, concluant à son absence de tout lieu de détention à Oran (témoignage recueilli par moi-même auprès de la dame).

Le 9 novembre, son père et son frère Si Mohammed se rendant aux bureaux de la DST, sis à Sidi El Houari, apprendront qu’il a été transféré à Alger. Ils s’y rendront le 13 novembre. Au Gouvernement général d’Alger, ils seront orientés vers les locaux de la DST à «Climat de France» (Bouzaréah). Là, après une longue attente, ils sont reçus par un inspecteur qui leur annonce que Kacem s’était évadé la veille. Rentrés à Oran, ils déposent plainte pour «séquestration» sans aucune suite.

Le 30 novembre, soit 17 jours après la prétendue évasion de Kacem, L’Echo d’Alger, sous le titre «Découverte d’un cadavre à l’oued Hamiz», relate : «Le corps, entièrement en décomposition, se trouvait dans un sac de jute de fabrication française, ligoté avec une ficelle de pêcheur. Il s’agit d’un Européen. Le docteur Godart conclut à une mort par immersion… La brigade mobile, sur ordre du commissaire Tomi, s’est rendue sur place… Le corps a été enterré dans une fosse commune du cimetière européen de Fort de l’Eau».

Le 13 juin 1955, L’écho d’Alger porte en gros titre à sa Une «Parcourant l’Algérie, la Métropole et l’Egypte, Zeddour Mohammed, étudiant, servait d’agent de liaison entre les chefs nationalistes d’Algérie. Le tribunal correctionnel d’Alger le condamne par défaut».

Le journal développe : «A la suite des attentats terroristes du 1er novembre dernier, l’enquête ouverte dans le cadre de la sûreté extérieure de l’Etat, menée par les services, la DST d’Oran appréhenda le 6 novembre 1954 l’étudiant Zeddour Mohammed-Braahim Kacem (31 ans) né à Oran, licencié en lettres arabes… voyage en Europe, remet des plis cachetés à Paris, puis se rend à Niort afin de rencontrer Messali… Au cours de la même année (1953), après un bref séjour en Algérie, retourne au Caire où il prenait contact avec Ben Bella… Le 12 novembre, il s’est échappé des locaux de la police d’Alger. Il est condamné par défaut à 5 ans de prison et
150 000 F d’amende»
.

Pendant toute l’année 1955, pour accréditer la thèse de l’évasion, des rumeurs arrivent aux oreilles de la famille : il a été vu au Maroc, au Caire, au maquis…

Le 7 novembre 1955, dans la soirée, un jeune algérien, à l’allure de policier, se présente au domicile familial et informe son frère Si Mohammed que Kacem ne s’était pas évadé, mais tué et son corps jeté à la mer.

Il lui donnera rendez-vous pour le lendemain au café du «cercle militaire», au centre-ville. Si Mohammed se présente au rendez-vous et rencontre la personne de la veille, accompagnée de de deux policiers européens. Ils lui relatent toute l’affaire de la disparition et lui recommandent de prendre attache avec l’avocat algérois, Me Pierre Popie (assassiné le 25 janvier 1961 par l’OAS), mais d’abord avant, avec le commissaire Charles Seccaldi-Reynaud. Ce dernier reçoit Si Mohammed chez lui, à la Scala d’El Biar.**

Ceccaldi rapporte dans son livre La guerre d’Algérie perdue un témoignage accablant contre le commissaire Lonchamps de la DST et le patron de celui-ci, Pontal.

C’est Loffredo, inspecteur de la DST, qui rapporte la scène directement à Seccaldi. «Voici ce que m’a déclaré Loffredo : ‘‘J’ai interrogé Kacem courtoisement. Il n’a pas parlé. Il n’y avait pas contre lui d’indices corroborant de l’accomplissement d’un acte criminel. Il n’y avait qu’un délit d’opinion’’. C’était un nationaliste actif. J’ai proposé à Pontal de le prendre en filature et qu’il soit en étroite surveillance. Il était un militant nationaliste important…

Pontal refuse et le livre au commissaire Lonchamps en lui ordonnant de le faire parler… Lonchamps m’appelle pour réanimer Zeddour, lequel ne respire plus… Nous avons un cadavre dans les locaux de la DST. C’est encombrant. Pontal a décidé que le cadavre doit être jeté à la mer, c’est ce qui a été fait… Loffredo me donne une photographie du cadavre rejeté par la mer. Je montre la photographie du cadavre au frère de Kacem, il affirme aussitôt : ‘‘C’est Kacem !’’»

En complément de ce témoignage, un autre rapporté par Sadek Sellam dans la préface du livre de Ceccaldi : «Loffredo, inspecteur de police à Alger, informe (pour des raisons qui lui sont propres) Vaujour du meurtre de Kacem. Il avait décidé que l’affaire ne serait pas ébruitée pour raison d’Etat» (une bande sonore de cet entretien existerait).

C’est Ceccaldi, selon son témoignage, qui inspire l’article paru dans L’express (cité plus haut). Ainsi naît l’affaire Zeddour qui aura un important retentissement en Algérie, en France et ailleurs, notamment au Moyen-Orient. L’une des conséquences est la démission de Germaine Tillon du Cabinet Soustelle.

Représentée par Me Popie, la famille dépose deux plaintes, «identification du cadavre» et «contre X». Des dizaines de courriers sont adressés aux élus, aux ministres concernés et au président du Conseil.

Le 26 novembre 1955 (Réf 668/55), Jacques Soustelle répond «qu’il a prescrit le 23 novembre au procureur d’Alger l’ouverture d’une information judiciaire relative, en premier lieu, à l’identification du corps découvert à Fort de l’Eau le 30 novembre 1954».

Le 15 décembre 1955, le ministre de l’Intérieur, Maurice Bourges Maunoury, adresse un courrier (Ref SN/CP) à Pierre Mendes-France l’informant avoir «tout spécialement signalé cette affaire à l’inspection générale de l’Administration. Bordon s’est aussitôt rendu à Alger pour procéder à une enquête.»

Le 8 mai 1956, Charles Hernu, député de la Seine, exhibe la copie d’une lettre adressée à François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur, sur «l’affaire Zeddour». Réponse lapidaire de ce dernier : «Chaque Algérien est un fellaga en puissance». Interpellé une deuxième fois, Mitterrand, cette fois-ci ministre de la Justice, répond qu’un non-lieu à été prononcé.

L’on rappelle pour mémoire que le professeur Massignon, orientaliste au Collège de France, mettait en garde Mitterrand dès novembre 1954 contre la torture. Il répondra : «Monsieur le professeur, dans le passage de la pensée à l’action, il y a de l’impur.»(1)

Le professeur Massignon est délégué à la fin novembre 1955 par Guy Mollet, auprès du père de Kacem, qui le rencontrera au domicile, à Oran, de l’avocat Me Thiers, pour le convaincre, en vain, de retirer la plainte.

Enfin, il est utile de citer un document qui confirme l’ensemble des témoignages. C’est un «blanc»(2) dans les archives du président du Conseil, Edgar Faure. Ce «blanc» s’intitule «Affaire Oued Amiz».***

«Un jeune étudiant musulman a été arrêté par les services de la DST à Alger en novembre 1954… Une partie des services de la DST a exercé des sévices sur sa personne jusqu’à ce que mort s’ensuive».

«Le commissaire L… s’est rendu chez le directeur de la sûreté, monsieur Vaujour, pour lui demander s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que le scénario suivant soit monté : Le cadavre de l’étudiant a été enroulé de treillis de fer… jeté à la mer à l’embouchure de l’oued Hamiz… Les services de police déclarent que le cadavre de l’étudiant était celui d’un Européen et non d’un musulman, le cadavre d’un matelot nordique péri en mer…. Aujourd’hui, la famille a porté plainte. J’estime que des sanctions doivent être prises contre les fonctionnaires de ces services et en particulier contre le commissaire L…».(3)

Fin 1956, «l’affaire Zeddour» est classée. Aucune preuve n’a été apportée par la justice pour prouver qu’il s’agit bien du cadavre de Kacem, et ce, du fait de l’impossibilité de pouvoir matériellement comparer les empreintes digitales du cadavre à celles de Kacem. Les fiches anthropométriques des dossiers de son passeport et de sa carte d’identité avaient disparu de la préfecture d’Oran. Il en est de même de sa fiche d’écrou de 1945, elle aussi disparue de la prison militaire d’Oran.

A cet effet, un Mémoire est rédigé par Me Bessener, avoué, assisté par Me Delville du barreau d’Oran et MePopie.

«Au cour de l’instruction menée par le doyen des juges d’instruction d’Alger, un fait troublant est révélé : la disparition des différentes fiches anthropométriques des empreintes digitales».

La seule preuve restante est la reconnaissance spontanée, par Si Mohammed, de son frère Kacem sur la photographie du cadavre présentée par Ceccaldi. Si Mohammed ira au cimetière européen de Fort de l’Eau. Le gardien lui indiquera la fosse commune tout en avouant avec certitude que le cadavre était celui d’un musulman, car circoncis.

Non-lieu, affaire classée… ; ainsi, Si Kacem passera aux oubliettes. Il sera évoqué par l’appel de l’UGEMA le 19 mai 1956 : «Etudiants algériens ! Après l’assassinat de notre frère Zeddour par la police française… Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres». Ou encore par Djamila Bouhired, lors de sa condamnation à mort le 17 juillet 1957 : «Vous me condamnez à mort comme vous avez tué mes frères Ben M’hidi, Boumendjel et Zeddour…».

Après l’indépendance, son cas n’est jamais évoqué bien qu’à Oran, la place Karghenta, la maison de la Culture, une cité universitaire et l’école des transmissions de l’ANP portent son nom.

Si l’on connaît les conditions de sa mort, les auteurs de son assassinat et de la dissimulation de son corps, avec précision, l’on ne sait toujours pas comment les services de la DST sont arrivés jusqu’à lui ? L’engagement du président Macron à l’ouverture des archives et à leur accès par les familles ouvre des perspectives nouvelles pour la réponse à la question que les Zeddour Mohammed-Brahim ne cessent de se poser depuis 64 ans après les faits.

La réponse à cette question peut se trouver notamment dans les archives du bureau des services secrets français au Caire, pour la période de 1950 à 1954 et celles de l’ambassade de France, ou encore dans les archives personnelles de M. Maurice Couve-Murville, ambassadeur de France au Caire au moment des faits.


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  • achraf
    17 novembre 2018 at 9 h 44 min - Reply

    Ellah yarham hadha ECHAHID ainsi que tous les CHOUHADAS de la REVOLUTION …..EUX ils ont donné ….nous qu’est ce que nous avons donné??????????pour notre patrie???????




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  • Congrès du Changement Démocratique