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11 December 2018

Harragas algériens disparus en mer en Italie : le récit d’un rescapé

TSA
EXCLUSIF – Harragas algériens disparus en mer en Italie : le récit d’un rescapé

La commune de Rais Hamidou est secouée depuis quelques jours par la tragique disparition en mer de plusieurs de ses enfants.

Sur les 13 jeunes qui ont pris la mer mercredi 14 novembre en direction de l’Italie, seuls trois ont été retrouvés et sauvés par les garde-côtes italiens, vendredi, au large de la Sardaigne. Sur les dix autres qui ont choisi de rejoindre le rivage à la nage après que leur embarcation ait été immobilisée par une panne de moteur près de la côte, trois sont décédés et leurs dépouilles ont été repêchées -la dernière a été repêchée ce mercredi- alors que les sept autres sont toujours portés disparus.

| LIRE AUSSI : Deux migrants algériens morts, huit autres perdus au large de la Sicile

L’un des rescapés, actuellement détenu dans un centre de rétention de migrants à Cagliari, en Sardaigne, a été joint par sa famille au téléphone. « On n’a de nouvelles d’aucun (des disparus), il y a un rescapé de La Vigie (quartier de Rais Hamidou) et un d’Annaba », a-t-il confirmé lors de la communication téléphonique dont un enregistrement a été communiqué à TSA.

« Les autres qui sont partis à la nage, on n’a aucune nouvelle d’eux et personne ne peut dire s’ils sont vivants ou morts », a raconté le rescapé, confus. La panne du moteur n’est pas la seule difficulté à laquelle les 13 jeunes Algériens ont dû faire face. Selon le témoignage du rescapé, les conditions météo étaient très défavorables. Le voyage en mer qui « dure normalement 18 heures a duré 30 heures », a-t-il relaté.

La disparition des 8 jeunes harragas qui ont choisi de se jeter à la mer pour rejoindre le rivage à la nage est expliquée par ces mauvaises conditions. « La distance n’est pas grande, mais il faisait noir et les conditions étaient difficile, la mer agitée et il y avait un fort vent d’est », a expliqué le survivant.

« Il y avait le froid, la faim, la panique, la peur. Certains ne pouvaient pas nager, mais ils ont essayé et ils ne sont plus reparus », a regretté le rescapé. « Nous sommes tous les fils du même quartier, comme des frères, il n’y a eu aucun problème ni de bagarre entre nous », a-t-il assuré.


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5 Commentaires sur cet article

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  • AresKi
    21 novembre 2018 at 21 h 56 min - Reply

    HASBOUN ALLAH WA NI3MALWAKIL, YA ALLAH DETRUIT LE POUVOIR ALGERIEN QUI TUE ET EXPULSENT NOS ENFANTS DE LEURS TERRES, YA ALLAH TUE LEURS ENFANTS COMME ILS TUENT
    NOS ENFANTS, AMIN.
    Je connais personnellement deux peres dont chacun à perdu son fils.
    tous deux ont obtenu leurs bac avec succes, je temoigne que mes amis sont issues de bonnes familles de hautes moralités, contrairement à ce que veulent nous faire croire les journalo-degueullasses des services.




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  • Dria
    21 novembre 2018 at 22 h 38 min - Reply

    TRISTE HISTOIRE, TRISTE SORT, TRISTE FIN …ET LE PLUS TRISTE CA DEVIENT UN FAIT DIVERS. QUI EST LE PIRE DES DEUX CEUX QUI CHOISISSENT DE MOURIR AINSI DANS L’ESPOIR DE TROUVEZ MIEUX (harragas) OU CEUX QUI ACCEPTENT DE LES VOIR MOURIR AINSI SANS RÉAGIR (nous autres algériens tout statut confondu).




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  • mehdi
    22 novembre 2018 at 9 h 19 min - Reply

    Comment peuvent-ils rester, de marbre, devant ces dramatiques naufrages, des jeunes !
    Sont-ils insensibles à ce point ?
    S’ils avaient le moindre degré de l’honneur, ils auraient démissionné, depuis belle lurette.
    Non, non, et non, ce n’est nullement l’inconscience des jeunes, mais c’est le désespoir qu’ils avaient installé dans le pays qui les pousse, à courir tous les risques, pour une vie meilleurs, ailleurs.
    C’est à se demander comment peuvent-ils dormir le soir, devant les désastres , qu’ils ont semés , dans ce pays ?




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  • lyes Laribi
    22 novembre 2018 at 13 h 25 min - Reply

    Avant tout, je présente mes condoléances aux familles de ces jeunes Algériens. Algérie, un pays acquis après un long sacrifice qui a duré plus de 132 ans de combat. Un combat mené par les meilleurs de ses fils puis il y a l’indépendance tant espérée par un peuple pour se libérer du colonialisme et accéder au meilleur malheureusement rien n’a été acquis. Des charognards sans foi ni loi ont accédé au pouvoir et ils se sont vengé sur le peuple pour avoir chassé Fafa. Ils ont fait pire que les colons. Je l’ai dit et je le redis, il faut un nouveau novembre pour cela le peuple a besoin des ben boulaid et des abane et Larbi Ben mhidi pour mener ce nouveau combat. Comment ne pas tenter le diable, quand la richesse du pays est partagée sur seulement 5% de la population. Triste nouvelle et réalité.
    Allah y arham Ouled dzair.




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  • Amar
    24 novembre 2018 at 20 h 15 min - Reply

    HARRAGAS,ou pas HARRAGAS,nous algériens finirons par disparaître non seulement dans la mer,mais aussi dans l’amertume,le malheur,l’humiliation,l’indignite,la colère,la rage etc.etc.Et je ne blâme pas uniquement la mafia au pouvoir,car c’est sa raison d’etre,et nous leur avons laissé le champ libre.Notre léthargie politique nous a ligoté et ce n’est qu’avec un sursaut intelligent et libérateur que le problème puisse être approché.Ma génération,venant juste après l’indépendance porte aussi une responsabilité quant à la situation actuelle.Or ce qu’a écrit FRANTZ FANON reste toujours d’actualité: »CHAQUE GÉNÉRATION DOIT,DANS UNE RELATIVE OPACITÉ,DÉCOUVRIR SA MISSION,L’ACCOMPLIR OU LA TRAHIR. ».
    Mes condoléances aux familles des disparus.




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