Édition du
11 December 2018

RÈGLEMENTS DE COMPTES A ALGER  

  Abdellah DZ                  Déc.2018

Depuis l’affaire des 701 Kg de cocaïne, la scène politique en Algérie est en ébullition au niveau du pouvoir. Elle est en train d’éructer tout genre de scandales. Des généraux emprisonnés puis relâchés sans explication aux non concernés que nous sommes, des condamnations de journalistes et autres blogueurs sans mandat, des limogeages de hauts gradés, un remaniement au sein du FLN, un premier ministre qui charge la police et la gendarmerie d’étouffer toute manifestation, des fuites de grosses masses de devises, sans parler des scandales antérieurs qui vont, probablement, être mis à nus.

Que se passe-t-il?

Est-ce la rupture, un recadrage, une intrusion d’autres joueurs  (l’oligarchie financière), qui a provoqué ce méli-mélo?                                                                                                                              Ça m’a tout l’air d’un bref règlement de comptes entre la présidence et l’armée, détentrices du pouvoir. Quelles sont les motifs puisque le mariage de raison a toujours été consommé d’une façon concomitante depuis l’indépendance?

Vont-ils divorcer? Ce n’est pas évident.  Ils finiront par s’entendre sur le dos de la bête blessée.

La rente semble ne plus suffire. Le baril de pétrole avoisine les 50 dollars, à peine de quoi suffire à fixer un budget de fonctionnement. Il faudrait donc couper à tous les niveaux, sans toucher aux ventres budgétivores de la présidence, des faux moudjahidines, de la grande muette et de l’administration du régime. On coupera ailleurs, dans la santé, l’éducation, les services sociaux, les services offerts aux citoyens etc…. là où on peut réprimer en cas de contestation.

Le pouvoir se renforce du côté de la présidence où règne maintenant la famille du président. Ils sont cinq, sœur comprise, décidés à prendre le pouvoir par succession au  moribond. Ils viennent de déstructurer  complètement le grand parti FLN où se ramasse toute la saleté du pays. De l’autre côté, ils sabrent dans l’armée et les services de renseignement par des limogeages et des mises en retraite anticipés. Le général major, chef d’état-major et néanmoins  vice-ministre de la défense est dans le viseur pour une mise à la retraite dans les prochains jours d’une façon scabreuse.        Les comploteurs qui parlent au nom d’un président qui ignore même son existence, abdiqueront-ils  ou engageront-ils un bras de fer avec la fratrie bouteflikienne  et leurs supports?

Si le plan réussira, nous nous acheminerons  donc vers une dynastie des plus féroces où tout se décidera à l’image de l’histoire de leurs ancêtres. Nous serons gouvernés par le royaume des nains.

Le peuple algérien se renforce également. La jeunesse en est très consciente de ce qui l’attend. Les journalistes se mobilisent davantage pour faire leur vrai travail d’informer le peuple. Les avocats et les procureurs ne veulent plus traiter des dossiers vides d’une façon arbitraire. Le peuple s’organise. Il ne sera pas question d’instaurer une monarchie. Ce peuple  veut des élections libres. Il veut une transition assurée par une nouvelle armée de jeunes officiers instruits, honnêtes, propres et sincères. Seule garantie pour un passage forcé. Le défi est lancé.

Dans tous les pays du monde, les campagnes électorales commencent assez tôt. Nous sommes à quatre mois des échéances et rien n’est annoncé. Les nains veulent d’abord s’assurer qu’ils ont tout balayé sur leur chemin et enfin annoncer leur candidat. Avec la venue d’un revenant Belkhadem, l’option Ouyahia, l’énigmatique, est certainement à écarter.

En attendant, nous sommes dans l’expectative et attendons ce qu’il en sortira de cette guerre mafieuse. Une chose est presque certaine: les éléments constitutifs d’une énorme déflagration sont présents. A Dieu ne plaise, ce régime criminel et ses affidés réitèreront l’OAS et sa politique de la terre brûlée. Le dernier discours âpreté au président qui ne parle plus au peuple depuis le 8 Mai 2012 est très révélateur sur la guerre que le régime prépare encore une fois contre le peuple.

L’histoire de Blanche Neige et des sept nains ne fait que commencer.

 


Nombre de lectures : 925
4 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • Narimane
    6 décembre 2018 at 15 h 23 min - Reply

    Que peuvent les gens honnetes contre les plus grosses fortunes , l’ armée ,les chars ,l’ aviation, etc.Ils se sont meme accaparés des institutions, Sauf un miracle divin peut nous sauver




    5
  • Karimo
    6 décembre 2018 at 16 h 25 min - Reply

    Bonsoir à tous

    Depuis l’éclatement de l’affaire de la cocaïne qui a mis à nu les pratiques du pouvoir en place, tous les événements qui se sont suivis (changement de responsable, limogeage, emprisonnement, APN, FLN etc…) avaient pour but de brouiller les cartes afin que l’enquête ne dévoilera jamais les vrais commanditaires de cette sale affaire qui a éclaboussé le clan Fahamatouhou. Ce clan, a peur de perdre le pouvoir et sera ainsi jeté en pâturage, il est prêt à s’allier avec le diable pour rester au pouvoir quitte à mettre toute l’Algérie en péril (ça rappelle effectivement la sinistre organisation OAS), après moi c’est le déluge.




    5
  • klouzazna
    7 décembre 2018 at 11 h 03 min - Reply

    dans l’aisance les coyotes s’entrelacent et dand la crise ils s’entre-devorent … c’est la loi de la jungle instauree en 99 par le choix le moins mauvais …




    4
  • tayeb
    7 décembre 2018 at 14 h 37 min - Reply

    Comme il a dit lui, nous avons les gouvernants que nous méritons.
    Le jour où il y aura, des algérien(ne)s qui seraient prêts, à courir tous les risques, pour changer cette catastrophique situation, on peut s’attendre à un futur meilleur.
    La leçon, nous devons l’apprendre, de ceux qui se sont sacrifiés, pour libérer le pays du système colonial français…
    Le reste n’est que littérature.




    3
  • Congrès du Changement Démocratique