Édition du
19 May 2019

Les droits humains socle commun pour toute démocratie.

Par Mohammed YACOUB

Bien avant, la déclaration universelle des droits de l’homme, le 10 décembre 1948, les peuples s’engageaient déjà dans des mouvements de luttes pour à la fois, arracher leurs droits et garantir un avenir de paix et de progrès pour les générations futures. 70 ans plus tard, les droits humains sont toujours menacés, les libertés embrigadées et les peuples confrontés aux problématiques de sécurité, de gouvernance, de développement et de démocratie.

Aujourd’hui, l’humanité fait face à plusieurs défis: la guerre, la violence, la pauvreté et le dérèglement climatique qui menace la biodiversité et l’écosystème de notre planète. Il remet en cause la capacité des générations futures à répondre à leur besoin sans nuire à la nature ni détruire le lien humain. La problématique d’un développement durable respectueux de la nature et cultures populaires, doit préoccuper, non seulement les gouverneurs, mais aussi les peuples et plus largement les citoyens.

La montée du libéralisme et l’expansion du pouvoir de la finance ont nettement fragilisé l’équilibre social, aggravé les inégalités et étendu la misère et la pauvreté. Le recul de la paix qui se manifeste dans l’extension des guerres menaçant la stabilité et l’intégrité des pays, et renforçant ainsi les courants extrémistes qui mettent en péril la cohésion des populations et le vivre ensemble. Le conflit au Moyen Orient, qui obéi à des considérations géopolitiques, a réactivé la question des droits des peuples, leur droit tout d’abord à la paix, à la liberté et à l’auto-détermination.  La guerre en Syrie, au Yémen, en Libye, la question palestinienne, les tueries en Birmanie et leurs conséquences dramatiques (les réfugiés, les épidémies etc..) sont au cœur des débats  et restent sans solutions fiables ni durables. Faudrait-il se rappeler qu’en période de guerre ; des crimes, des exécutions, des tortures et des massacres sont commis chaque jour, contre les populations civiles, sans que les organisations internationales puissent peser de leurs poids pour arrêter la machine de guerre et rétablir la paix. Les souffrances des peuples palestinien, syrien, libyen et yéménite et tous ceux qui se battent pour exister et résistent à la soumission méritent notre compassion et notre solidarité. Leurs aspirations à la liberté et à la souveraineté ne peuvent nous laisser indifférents. Les sacrifices consentis nous interpellent pour donner le meilleur de nous-mêmes pour dépasser les entraves et reconstruire la paix.

L’Algérie n’est malheureusement pas à l’abri des menaces dues aux désordres mondiaux. L’Algérie ne fait pas exception, elle n’est pas le phare des libertés et des droits humains, bien au contraire, le pays est bien contrôlé ; le champ politique et médiatique verrouillés, les journalistes, les activistes, les blogueurs incarcérés, la liberté de confession, d’expression, de réunion, d’organisation et le droit à la grève et à la manifestation non respectés. Chaque jour, on assiste aux piétinements des droits, des textes et des lois au regard des magistrats et de la justice qui ne peut rien face à la corruption et à l’administration. Autrement dit, la justice est loin d’être libre, elle est instrumentalisée et subordonnée à l’Etat.

Qui ne connait pas le dossier des disparitions forcées et le combat des familles des disparus pour la vérité et la justice. Le combat des femmes pour abolir le statut de mineure à vie et rétablir l’égalité républicaine en droits et en devoirs. Le combat pour les libertés culturelles et linguistiques synonymes des libertés démocratiques. Qui ne se rappelle pas des assassinats politiques, Krim, Khider, Boudiaf, Mecili, Matoub et bien d’autres. Qui ne se souvient pas de la décennie noire et les crimes commis contre le peuple. En définitif,  les violences et les traumatismes infligés aux populations ont aggravé les conditions de l’exercice du droit humain.

En dépit de toutes les restrictions en matière de libertés ; les acteurs politiques, syndicaux et associatifs continuent à se battre, parfois au prix de leurs vies, pour faire valoir leurs revendications, réhabiliter le citoyen dans ses droits et dans sa dignité et faire avancer le combat pour la démocratie et l’Etat de droit.

Nous considérons que tout peuple sur terre, tout citoyen mérite sans aucune distinction de genre, de couleur ou de confession, de vivre sa liberté, d’exercer sa citoyenneté et de jouir de tous ses droits civiques, politiques et culturels.


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3 Commentaires sur cet article

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  • Rachid.zrdd
    14 décembre 2018 at 18 h 54 min - Reply

    Merci beaucoup mohammed yacoub pour ce passage qui incite la conscience humaine a mieux définir la situation actuelle que nous vivons, rappelons l’histoire et le long combat pour la liberté et le respect de l’autre face aux menaces géopolitiques que ce monde a connu.

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  • BEGGAH NOURREDINE
    14 décembre 2018 at 22 h 41 min - Reply

    Merci pour cette excellente contribution par rapport aux droits humains dans le monde et dans notre pays. Je pense que la démocratisation des régimes et l’indépendance de la justice sont une condition sine qua non pour l’aboutissement des droits les plus fondamentaux de l’homme. La raison d’état ne doit jamais être un obstacle devant les droits humains, et la liberté doit être subordonnée à la responsabilité, et pour y arriver il faut se débarrasser des systèmes éducatifs rudimentaires pour insérer les populations dans le monde des libertés

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  • Kaci
    9 janvier 2019 at 19 h 06 min - Reply

    Soyez plus clair et dites nous ce que vous entendez par droit humain.

  • Congrès du Changement Démocratique