Édition du
19 May 2019

Fafa rénove la Casbah !!!

 17/12/2018 10h:33 CET | 

Grotesque !

C’est un remake d’un film indigeste sur le déni des autorités et leur fuite en avant. Leur aveuglement pour le bien de notre pays.

Ces images font mal. Très mal. C’est un remake d’un film indigeste sur le déni des autorités et leur fuite en avant. Leur aveuglement pour le bien de notre pays.

En 1997 Ricardo Bofill est venu à Alger. Perché sur un piédestal, il dira quelques mots vains sur l’urbanisme et l’architecture de la ville invité par le wali de l’époque. Il avait fait sa communication à huis clos en l’absence des architectes, jugés indésirables, par le maître des céans.

On nous signifiera que la communication a été annulée alors qu’elle eut bel et bien lieu. On fit venir depuis d’autres architectes pour nous faire la leçon à nous les insignifiants architectes locaux qui n’avons pas droit au chapitre et encore moins aux chiffres mirobolants exprimés en devises fortes qui en l’espace d’un contrat fantasmagorique l’Algérie devient un paradis offshore.

La présidente de la région île de France en visite à Alger ramène dans ses valises un certain Jean Nouvel pour je ne sais qu’elle mission. Réfléchir sur la Casbah d’Alger crois-je savoir. Aujourd’hui il s’est exprimé et je n’ai même pas écouté ce qu’il dit dans cette vidéo pour la simple raison que ça ne m’intéresse pas. Il a donc parlé et ça fait bien pour ceux qui l’ont fait venir. Lui la sommité mondiale.

Une caution, croient-ils. Un bureau qui, il n’y a pas longtemps, a fait faillite, bien rincé par les entreprises de réalisation de la philharmonique de Paris. Elles lui ont reproché ses travers pharaoniques d’ exploser les budgets de ses projets et il a fini par laisser des plumes. Avec quelques-uns des architectes français il figure l’image étincelante de la France dans le monde. Ils travaillent quasiment uniquement dans le cadre restreint des contrats globaux, c’est à dire invités par des entreprises qui ont la main mise sur les grands projets et qui distribuent les marchés d’étude à tour de rôle au fil des concours restreints.

Tous ses projets, sans parler de leur architecture, là n’est pas le propos, sont des gouffres d’argent; ayant pour client les monarchies du golf, les dépositaires des grandes marques mondiales de la mode, les grandes enseignes hôtelières et groupes privés etc… Nouvel traîne donc une image non transposable à celle de la Casbah.

Vu l’état de misère endémique dont souffre la médina depuis toujours ce n’est pas l’apparition onirique du french architect qui la départirait de ses lambeaux. C’est trop gros et cela décrédibilise plus qu’autre chose les initiateurs de cette grotesque invitation. J’espère que le trésor public n’aura pas à transférer des devises pour une énième étude fortuite au moment où le pays recourt au financement non conventionnel pour continuer à payer jusqu’à l’ânier chargé de nettoyer de leurs immondices les ruelles de la ville meurtrie.


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3 Commentaires sur cet article

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  • majed
    17 décembre 2018 at 19 h 46 min - Reply

    t’as tt a fait raison, la casbah fait du surplace et combien de BET et d’organismes polonais et italiens sont venus à alger pour des ateliers avant de partir dare-dare et puis on recommnce, C’est un remake depuis 1962, vainement!

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  • Karimo
    17 décembre 2018 at 23 h 46 min - Reply

    Nous marchons à reculons, avancez l’arrière comme dit l’autre. L’Algérie bled al îzza wal karama selon Fahamatouhou, du bluff. 20 ans de règne de Fahamatouhou ont fait plus de mal au pays que la décennie noire ou rouge c’est selon.
    Un autre marché pour macron qui s’entête à ne pas cautionner une autre wakhda, la 5ème.

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  • MALEK
    18 décembre 2018 at 1 h 47 min - Reply

    Depuis toujours, la Casbah est considéré comme le coeur et l’authenticité des valeurs, des traditions et de l’identité de la population, les traitres du pouvoir l’on volontairement abandonné au sort qu’on lui connais, afin que le peuple oubli ses reperes, sa memoire, ses héros, son histoire pour devenir l’algerien d’aujourd’hui totalement devaloriser, un peu comme l’on fait les pouvoirs arabe depuis 1950, concernant Masjid Al-Aksa, ne pas rappeller son existence à leurs peuples afin d’éteindre son existance de leurs memoires et du coeur des musulmans
    Aujourd’hui, la casbah est totalement defigurer, croulant au milieu d’immondices et s’effondrant toujours un peu plus chaque jours.
    Tout ça n’est pas innocent, « la colline au mille charmes » comme l’appelait affectueusement Cervantes malgrés ses années de prison, lorsqu’il decrivit la casbah des son retour en Espagne, est convoité pour un future projet immobilier de residences hauts standing au style mauresque-casbah-terrasse, genre pitoresque ultra-chic pour ultra-riche.
    Pour rappel, il existe sous la casbah d’énormes sources d’eau potables et les turcs y decouvrirent du minerai d’argent.

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  • Congrès du Changement Démocratique