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20 March 2019

Graves révélations de l’avocat du journaliste Adlène Mellah : L’arrestation s’est faite sur la base de réquisitions du 18 février 2018


Graves révélations de l’avocat du journaliste Adlène Mellah : L’arrestation s’est faite sur la base de réquisitions du 18 février 2018

EL WATAN SALIMA TLEMCANI 18 DÉCEMBRE 2018 

Arrêtés le 9 décembre non loin de l’Opéra, à Alger, où ils prenaient part à un rassemblement de soutien aux artistes poursuivis en justice, le journaliste Adlène Mellah, le photographe Abdelaziz Ladjal et Abdelhafid Negrouche, un citoyen qui était à la cafétéria Tantonville, font l’objet d’une comparution immédiate après deux jours de garde à vue au commissariat de Bab El Oued.

Seul Adlène Mellah a été placé sous mandat de dépôt, alors que les deux autres mis en cause ont été laissés en liberté provisoire pour les mêmes inculpations d’«attroupement sur la voie publique», «incitation à l’attroupement», «désobéissance et outrage à la force publique».

L’avocat du journaliste se déclare scandalisé par le contenu des deux réquisitions sur la base desquelles la police est intervenue en cette journée du 9 décembre pour disperser quelques artistes regroupés devant l’Opéra et procéder à l’arrestation de trois personnes, dont le journaliste. «Lisez-bien le contenu de ces deux réquisitions signées par le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh. Les deux sont datées du 13 février 2018 et leur destinataire est le contrôleur Noureddine Berrachedi, chef de la sûreté de wilaya d’Alger (qui n’est plus en poste depuis plus de cinq mois) auquel il est demandé d’utiliser la force publique dès le mercredi 14 février 2018 pour empêcher tout rassemblement ou marche de protestation non autorisés, tenus par des organisations syndicales sur le territoire de la wilaya d’Alger.

Ces réquisitions ont été faites lors des marches des médecins résidents à Alger», explique maître Amine Sidhoum, en se demandant «si la force publique a besoin d’une formation sur la procédure ou si elle fait exprès pour détruire ce qui reste des institutions de l’Etat».S

L’avocat ne met pas de gants pour s’en prendre aux services de police qui, selon lui, ont violé le code de procédure pénale. «Ils arrêtent trois personnes, dont le journaliste Adlène Mellah, pour les mêmes griefs et avec des réquisitions illégales, les présentent au juge, qui les inculpe sans voir sur quelle base ils ont agi. Plus grave encore, le magistrat place le journaliste en détention et met en liberté provisoire les deux autres. Peut-on justifier les griefs et les décisions du juge avec des réquisitions datées de février 2018 et de surcroît destinées à un officier de police qui n’est plus en activité depuis quatre mois. Il y a là une flagrante violation de la loi. Les arrestations sont arbitraires et la procédure de comparution immédiate et d’inculpation nulle et non avenue», dénonce l’avocat.

Très en colère, il exhibe un autre document trouvé dans le dossier judiciaire. Il s’agit d’un rapport écrit à la main par un policier et adressé à son chef hiérarchique. Il rend compte du contenu de la discussion entre Adlène Mellah et son épouse, durant sa garde à vue au commissariat. «Comment pourrais-je croire qu’un policier puisse ignorer que la communication entre un prévenu et un de ses proches au niveau de la garde à vue est protégée par l’article 51 bis du code de procédure pénale.

Les policiers savent qu’ils n’ont pas le droit d’écouter les personnes qu’ils mettent en garde à vue. Ils savent que la violation de l’article 51 bis est passible de sanction. Alors non seulement l’agent n’a pas respecté la loi, mais en plus il rédige un rapport à son chef hiérarchique pour l’informer de ce qu’il a entendu, et ce rapport se retrouve dans le dossier judiciaire. Où sommes-nous ? Y a-t-il un état de droit dans ce pays ?» lance Me Sidhoum. Pour ce dernier, le procès d’aujourd’hui «va dévoiler de graves entorses à la loi».
A rappeler qu’Adlène Mellah est déjà sous le coup d’une poursuite judiciaire en raison de ses écrits sur son site électronique. Il avait été placé sous mandat de dépôt durant plus de deux semaines, puis remis en liberté provisoire en attendant son procès prévu au mois de février prochain.


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9 Commentaires sur cet article

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  • ibn Arabi
    20 décembre 2018 at 18 h 56 min - Reply

    La loi a ete baffouillee des l’assassinat de Abane Ramdane.

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  • rachida
    20 décembre 2018 at 21 h 57 min - Reply

    Des médecins tabassés ensuite incarcération des journalistes et des artistes et à qui le tour? Aux robes noires qu’on a voulu humilier pourquoi? Pour la continuité de la HOGRA!

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  • Dria
    20 décembre 2018 at 21 h 59 min - Reply

    Il nous invite a nous revolter, mais hélas notre égoïsme nous interdit de bouger, nous avons peur de nous sacrifier pour rien, nous croyons qu’en agissant en tant que spectateurs on limite les dégâts.
    On ne fait rien pour changer la donne, on s’en remet a dieu, comme si on était aussi pieu qu’on le prétend, ainsi soit il amen.

    Pourquoi tourner autour du pot, il nous reste une chose a faire ,CHOISIR UNE DATE AVANT QU IL NE CHOISISSE UNE POUR LE SCRUTIN OU VOTE DE LA HONTE…

    Tous les voyants sont au rouge, il n’y a rien a espérer de cette racaille , qui ne veut point qu’on lui livre bataille. Il faut réagir prenant exemple sur la mobilisation de ces « gilets jaunes » et pourtant ils ont en face un président jeune, qui parle et agit. Le nôtre ayant le double son âge, absent durant deux quinquennat, présent par des messages et une photo qui date de 20 ans ,
    Sommes nous con à ce point , il n’y a vraiment rien de bon en nous…

    Wallah nous n’avons plus le temps de dire et redire il faut réagir même s’il est trop tard, il faut choisir un camp , mieux vaut réagir que de voir les hommes, périr les uns après les autres. On est déjà victime alors ne vous dites surtout pas que ce sont des questions intimes.

    Quel sera la date de ce nouveau 1 novembre, qui aura le privilège de le proclamer, on l’attend avec joie.

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  • lyes Laribi
    21 décembre 2018 at 9 h 32 min - Reply

    Voici une définition de la loi sur net :
     »
    Le mot loi est un terme générique pour désigner une règle, une norme, une prescription ou une obligation, générale et permanente, qui émane d’une autorité souveraine (le pouvoir législatif) et qui s’impose à tous les individus d’une société. Son non respect est sanctionné par la force publique. Par extension, la loi est l’ensemble des lois. Elle est la principale source du droit.
    Une loi est aussi un texte adopté par le Parlement et promulgué par le Président de la République, soit sur proposition des parlementaires (députés ou sénateurs), soit à partir d’un projet déposé par le gouvernement tel que la France.

    Au sens figuré, la loi désigne l’autorité, le pouvoir. Ex : faire la loi, la loi du plus fort.

    Au pluriel, les lois sont des conventions, des codes, des règles qui régissent la vie sociale. Elles peuvent être écrites ou tacites. Ex : les lois de l’honneur, les lois de la guerre.

    En matière de morale, la loi est l’ensemble des règles de comportement que tout individu conscient et raisonnable est censé observer.
    « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse être érigée en loi morale universelle. » Emmanuel Kant (1724-1804), Critique de la raison pratique, 1788

    En mathématiques, une loi est un postulat ou un énoncé qui est vrai sous certaines conditions.

    En physique, une loi est un principe qui régit l’ordre du monde dans un domaine particulier. »

    En lisant cette définition, j’ai remarqué que la loi tel qu’elle est établie en Algérie, elle est au sens figuré. C’est la loi du plus fort où la loi établie par le système tyrannique et oppressif instaurer depuis la confiscation de l’indépendance par une bande charognards s’octroyant le droit de vie où de mort sur toute un peuple. Surtout il devient très oppressif envers ceux à qu’il a fait goûter son miel, bien sûr un miel empoisonné.

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  • Abdellah Chebbah
    21 décembre 2018 at 11 h 23 min - Reply

    La seule loi qui existe en Algérie c’est la loi du plus fort, celui qui a les armes. Les autres ne sont que théories.

  • rachida
    21 décembre 2018 at 12 h 15 min - Reply

    Lp président français parle et agit et un général est descendu dans la rue nous continuons à lutter pacifiquement.

  • Belakhdar
    21 décembre 2018 at 13 h 44 min - Reply

    IL FAUT D’ABORD CONSTRUIRE L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE POUR CONSTRUIRE LE RESTE DE L’ETAT
    DE DROIT CAR L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE INCARNE LE FONDEMENT MÊME PAR EXCELLENCE DE LA RESTAURATION D’UN ETAT DE DROIT CAR SANS CETTE INDÉPENDANCE LA JUSTICE NE PEUT PAS AGIR POUR PROTÉGER LES DROITS DES CITOYENS ET RENDRE DES JUGEMENTS ÉQUITABLES . AUCUNE LOI DE LA RÉPUBLIQUE NE PEUT S’APPLIQUER DANS TOUTE SA RIGUEUR AVEC CETTE ABSENCE D’INDÉPENDANCE DE L’APPAREIL JUDICIAIRE . L’INTERFÉRENCE ET L’IMMIXTION DU POUVOIR POLITIQUE ET AUTORITAIRE DU PAYS DANS LA GESTION POLITISÉE DE L’APPAREIL JUDICIAIRE ENLÈVE TOUTE CRÉDIBILITÉ A NOTRE SYSTÈME JUDICIAIRE ET LE TRANSFORME EN UNE SIMPLE BOITE D’ENREGISTREMENT DES DOSSIERS JUDICIAIRES A TRAITER NI PLUS NI MOINS .

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  • Mahindad
    22 décembre 2018 at 15 h 32 min - Reply

    La dernière fois avec Abdou Semmar et Merouan Boudiab c’était la gendarmerie et maintenant pour Adlen Mellah c’est la police. La main invisible serait-elle aussi puissante.

  • Larbi
    25 décembre 2018 at 11 h 40 min - Reply

    POURQUOI LES 2 POIDS 2 MESURES QUAND IL S´AGIT DE BENHADJ ALI MEME PAS LE DROIT DE PRIER MOLLES REACTIONS EST CE QUE CES GENS NE COMPRENNENT PAS QUE SI ILS SE TAISENT ET NE PAS DEFENDRE UN AUTRE ALGERIEN CA LEUR ARRIVE A EUX VOILA LE RESULTAT AVEC CETTE BANDE DE VOYOUX POUR AVOIR UNE VRAI LIBERTE DES ELECTIONS LIBRE ET DEMOCRATIQUE IL FAUR DEFENDRE TOUT LES ALGERIENS SANS EXEPTIONS SINON ON PATINE SUR PLACE AZUL SALAMLIKOM.

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  • Congrès du Changement Démocratique