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18 January 2019

Il y a 27 ans, le 11 janvier 1992……

Il y a 27 ans, le 11 janvier 1992, l’oligarchie militaro-financière, avec la complicité d’une minorité élitiste déracinée, décidait de violer la volonté populaire en rejetant les résultats d’un scrutin qu’elle avait elle-même organisé dans le cadre d’une ouverture «démocratique» qu’elle avait elle-même octroyée, privant les trois fronts vainqueurs des élections d’ouvrir une période nouvelle : celle de l’alternance au pouvoir et de l’auto-construction sociale. Près de trente ans après l’indépendance, le pouvoir aura organisé une élection-piège pour débusquer et déraciner les germes d’une entente nationale au moment où la société était prête à s’engager dans une de ses nouvelles mutations.

Toutes les personnalités sages avaient prédit à l’époque que cette politique irréfléchie d’éradication et ce viol de la volonté populaire, allaient déboucher sur une ère d’instabilité et provoquer un conflit fratricide. Une véritable guerre cachée qui durera plus d’une décennie et qui permettra d’accentuer les injustices et de creuser un peu plus le fossé entre ce régime sans légitimité et ce peuple sans souveraineté. Le régime se lancera dans une aventure mortifère qui libérera les haines au sein de la société et plongera le pays dans les abysses de l’horreur, se soldant par près de 200 000 morts, des centaines de milliers d’orphelins, de veuves, d’handicapés à vie, des millions de déplacés et des milliards de dollars de préjudices matériels. 
Sous couvert du fumeux slogan de « sauver la démocratie », l’oligarchie, devant la sanction populaire, voulait en réalité sauver ses privilèges mal acquis. Et plus que cela, en générant un climat de terreur, elle fera main basse sur les richesses du pays, en créant des milliers de nouveaux milliardaires au sein de ses clientèles et de ses parentèles. 
27 ans après cet acte irréfléchi et criminel, l’oligarchie a-t-elle vraiment sauvé la démocratie ? A-t-elle sorti le pays de sa crise politique ? 
A qui a profité ce drame ? Qui sont les nouveaux milliardaires ? Les enfants du « ghachi » ou les ventrus de l’oligarchie et leurs rejetons ?
Des questions qui restent posées !

Salah-Eddine SIDHOUM.


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12 Commentaires sur cet article

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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    10 janvier 2019 at 9 h 07 min - Reply

    Je crois à mon humble avis et devant la gravité de la situation politique que traverse notre cher pays, qu’il est de notre devoir d’engager un débat fraternel et serein entre nous, loin de l’invective et des jugements péremptoires. Et pour cela nous devons nous débarrasser de nos œillères idéologiques et partisanes et surtout des discours formatés des  »srabess » distillés durant les années 90 via la presse de Zoubir et fawzi.
    Je salue avant tout l’analyse empreinte de lucidité et de sagesse de notre frère Hamou Didouche.
    A mon humble avis :
    1. Les élections législatives de décembre 1991 ont été les plus libres depuis l’indépendance. Les citoyens avaient le choix entre une multitude de candidats et de partis et cela s’ est déroulé dans le calme sans aucun incident notable de l’aveu même du  »ministre » de l’intérieur. Pourquoi ceux qui ont dénoncé ces élections n’ont-ils pas dénoncé les législatives de 97 où la fraude était patente de la part du pseudo-parti né avec des moustaches? Pourquoi n’ont-ils pas alors appelé l’armée au secours de la « démocratie »? Pourquoi n’a-t-on pas appelé l’armée au secours quand l’oligarchie a imposé le « candidat du consensus » en 99?
    2. Les élections de 91 ont dessiné la carte politique réelle du pays avec les 3 tendances lourdes : nationaliste (FLN rénové de Mehri), social-démocratie (FFS) et islamiste (FIS) et balayé les partis sortis des laboratoires.
    3. Le témoignage du Dr Taleb concernant le 2e tour et les intentions du FIS transmises par Hachani était clair. Pas de majorité absolue et gouvernement d’unité nationale. Pourquoi a-t-on passé sous silence ces faits?
    4. En cas de dérapage du parti majoritaire, le président de la République avait les prérogatives constitutionnelles de dissoudre l’assemblée nationale et d’appeler à de nouvelles élections.

    Pourquoi ne pas respecter toutes ces données et sortir d’emblée les blindés? Ce n’était pas la sauvegarde de la démocratie et de la République qui les intéressait mais la sauvegarde de leurs privilèges.
    Je tiens à redire ce que j »avais écrit en 1994: N’importe quelque autre parti qui aurait gagné les élections aurait subi le même sort que le FIS. Le régime avait besoin d’une démocratie de façade pour pérenniser le système et non pas d’une authentique démocratie avec un peuple souverain.

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  • Karim
    10 janvier 2019 at 10 h 55 min - Reply

    Ce sont des parvenus illégitimes, qui ont confisqué le pouvoir au peuple.
    Certes, ils sont depuis toujours soutenus et appuyer par la france et elle le paiera trés chere.
    Le « Krack de la fin des temps », nommé recemment par un ex-ministre des finances britannique, cette hyper crise economique qui arrive à grand pas, c’est inévitable, elle declenchera, la colére et la rage du peuple envers cette saloperie de clique d’assassins, de voleurs, de traitres et de prostitués.
    Et ce n’est pas la planche à billet d’ouyahia qui sauvera le pays, ni les militaires et autres corporations securitaires qui retablirons l’ordre et encore moins les valets hypocrites du DRS, déguisés en croyants, qui apaiseront le peuple

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  • ibn Arabi
    10 janvier 2019 at 12 h 59 min - Reply

    Merci Mr. Sidhoum pour cet article. Il est difficile de croire que les gens ayant mal acquis des privileges pourraient se lamenter sur le sort du peuple. En 2012 un officier du DRS (Ali Benguedda declarait a Nicolas Beau « …nous sommes les derniers pied-noirs …. » (voir l’article sur google publie en 2014 oar Algeria-Watch). En fait, tout cela avait commence avec la reoccupation du pays par les troupes de Boukharouba. Maintenant, pour sauver ce qui reste il faut commencer par dissoudre la police politique, realiser une veritable reconciliation nationale sans heurts et sans rancune. Place a la liberte d’expression, de la presse.

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  • Samah N.
    10 janvier 2019 at 13 h 00 min - Reply

    Après tout ce que le peuple algérien a vécu(depuis l’indépendance)comme violence politique,frustration et déception comme résultat d’un régime despotique guidé(?)plutôt aveuglé par ses propres intérêts, faisant fi de tout espoir pour vivre pacifiquement et dans la sérénité de toute une nation,tronquant par là-même l’avenir de plusieurs générations!
    Après tous ces déboires et ce temps perdu,le moment n’est-il pas venu pour arrêter ce genre de mascarades électorales…Et commencer par le véritable socle de l’unité nationale à savoir: une assemblée constituante en due et bonne forme!?

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  • Karim
    10 janvier 2019 at 20 h 51 min - Reply

    Triste anniversaire, le pays a été plonger dans une nuit noire d’horreurs et de massacres permanent, pendant prés de 12 longue années et ça passe comme une lettre à la poste, chut, silence, taisez-vous..
    Rien, pas un jour de prison pour les responsables, même pas une garde à vue.
    Croyez vous sincerement que cela restera lettre morte? Que cela restera impuni?

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  • Alili
    10 janvier 2019 at 23 h 29 min - Reply

    Salah-Eddine SIDHOUM, votre article pourrait servir de plaidoirie de l’accusation lors procès du régime.

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  • lambda
    12 janvier 2019 at 19 h 33 min - Reply

    Pour faire une analyse juste il faut aussi décortiquer le phénomène FIS et le radicalisme qui a permis au système de se pérenniser ? je pose la question et je suis adepte de ni état policier ni état théocratique cher a Hocine Ait Ahmed. la question qu’il faut se poser même avec un FIS au deuxième tour se serait il suffi du partage du pouvoir ? la mouvance islamiste netatit pas aussi responsable de crimes avec son aile armée ? Ne voit on aujourd’hui des partis islamistes faire le jeu du pouvoir ? le radicalisme du FIS pouvait il se suffire de quelques sièges au deuxième tour et laisser le FLN et FFS passer ? la majorité silencieuse qui n’a pas voté c’est quoi sa réaction ?

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    • Rachid Ziani Cherifi
      16 janvier 2019 at 17 h 55 min - Reply

      drôle d’impartialité, vous mettez sur le même pied d’égalité (et de criminalité) un CRIME consommé quantifié, une facture d’un quart de million, cote à cote avec ‘une supposée crainte susurrée par ceux là même qui ont avorté » dans le sang une expérience débutante, et provoqué 1/4 de million de vie humaines sous prétexte de sauver la république et la démocratie? vous voyez maintenant qu’est ce qu’ils ont sauvé, sauf si vous êtes atteint d’un daltonisme idéologique qui vous empêche de voir ce que voit le’ citoyen lambda (pas vous)et au lieu de juger un Crime à l’encontre du peuple, de la constitution, du choix du peuple, vous nous servez cette arnaque usé et abusée qui légitimé en filigrane ce putsch.

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  • Zaama
    13 janvier 2019 at 13 h 16 min - Reply

    « 27 ans après cet acte irréfléchi et criminel,l’oligarchie a t-elle vraiment sauvé la démocratie?A-t-elle sorti le pays de sa crise politique? »
    Autre question qui mérite aussi d’être posée la majorité silencieuse qui ne vote jamais quand est-ce qu’elle pourra sortir de son mutisme?On ne peut pas planter sa tête dans du sable pour enfin crier « au secours la tempête arrive »!
    On a vu sous d’autre cieux des présidents élus au suffrage universel par seulement 20 pour cent des inscrits sur leurs listes électorales!Et le scrutin a été validé!

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  • Ali Verin
    13 janvier 2019 at 14 h 28 min - Reply

    Remerciements pour cette analyse si claire et si pénible à digérer. Qu’on le veuille ou non, n’oublions pas les modèles de société et de gouvernance qui ont précédé l’indépendance: violences étatiques, élections truquées, justice bafouée, torture systématisée, l’Action Psychologique, les SAS, le règne incontesté des ‘gros colons’ et de leurs sbires. Tout cela a marqué un peuple entier, en dépit des apparences. C’est bien simple: le crime colonial se perpétue sans avoir à montrer sa face.

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  • Amar
    13 janvier 2019 at 19 h 59 min - Reply

    ’27 ans après cet acte irréfléchi et criminel,l’oligarchie a-t-elle vraiment sauve la démocratie? ».Mais l’oligarchie à horreur de la démocratie.C’est un groupe de malfaiteurs ayant un total contrôle sur le pays.L’autorité du peuple,la démocratie,elle s’arrache.Et seulement une vigilance accrue et continue de ce peuple pourrait la maintenir.

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  • Alilou
    15 janvier 2019 at 22 h 43 min - Reply

    Quitte a me faire couper l’herbe….
    1957…la fin des carottes debut de placement des futures enfants de la france et des agents doubles…Abane assassiné et tous les autres …au point ou Ben M’hidi ne voulait pas vivre pour voir le resultat tellement il le savait déjà…la France n’a jamais quitté l’algerie et cette derniere n’est independante que sur papier…Q.

    Le reste n’est que behri….le piège etait flagrand depuis 88….et le resultat previsible….belkheir conseilker a la presidence….et chadli president …la joke

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  • Congrès du Changement Démocratique